TOME Vlll
X'aples, le 3 mars IKIO.
Au minhire îles Finaurcs.
Monsieur le ministre, je désire (|iie vous l'jissiez solder tout ce (|ui est dû à ma garde pour la solde et les appointements des officiers, |)our le mois de février, ainsi que pour celui de mars; prenez vos arrangements pour que ce paieuient soit effectué dans la journée.
Archives du prince Mural. It. WXIII. lettre "0.
.V792. — MURAT A \APOLKO.V
Xaples, 3 mars ISId.
Sire,
S. \. I. le Vice-Koi me prévient <|ue, pai- ordre de V^otre .Majesté, 5 300 hommes doivent rentrer dans le Hoyaume, les(|nels joints à ceux déjà arrivés de Kome forment un total d'environ onze mille hommes. Si ces troupes sont destinées à faire l'expédition de la Sicile, je remercie hien Votre Majesté; mais si elles doivent lester à ma charge dans mou Hoyaume, je ne puis dissimuler tout mon embarras. J'ai déjà eu l'honneur de vous le dire à Paris, il m'est impossible de les payer. Sire, les revenus de l'Etat sont plus qu'absorbés, et cependant le budget ne comprend pas les troupes d'Espagne, et j'ai un arriéré à solder. Je ne sais où donner de la tète; si V^otre Majesté ne vient à mon secours on ne permet pas l'expédition, Sire, je le déclare, il est impossible que je fasse face à tant de dépenses autrement que par une contribution de guerre, et je suis sûr que Votre Majesté est bien loin de vouloir en imposer à mes sujets qui méritent vos bontés par tout le dévouement qu'ils vous portent.
J'ai passé hier une revue de quinze mille hommes dont quatorze mille Napolitains. J'en ai été satisfait. J'avais fait remplacer pendant la guerre, d'après vos ordres, les troupes de Votre Majesté sorties du Royaume et j'avais voulu me mettre toujours de plus en plus à même de vous seconder en vous facilitant les moyens de retirer le plus de vos troupes possible pour faire la guerre. Sire,
ROYAUME DE XAPLES. — 1810 211
oti payez les troupes d'Espajjne ou celles entrées dans le Koyaume, ou ordonnez l'expéditiou. Sire, je compte sur vos bontés accoutumées dans cette circonstance véritablement pénible pour moi.
Le brij{anda,<]e continue à désoler les Calabres, j'espère que mon voyajje le fera finir.
Je suis
Joachim 1Vapoi,ko\.
r.uene
4793. — AILUAT A CLARKE
\aples, G mars 1810.
Alt Dur de. Fellre, mini sire de lu Guerre en Ira ne e.
Monsieur le ministre duc de Feltre, j';ii reçu la lettre par laquelle vous nie faites connaître le nom des régiments qui, d'après un décret de l'Empereur, doivent former l'armée de Naples, et S. \. I. le Vice-Roi d'Italie m'a adressé l'itinéraire de celles (|ui,en vertu de ce même décret, sont en marche sur mon Royaume. J'aurai soin de vous faire informer de leur arrivée, ainsi que de celle du détachement du train et des canonniers destinés pour Corfou. Dans l'état que vous m'adressez de la formaliou de l'armée de Naples, le régiment suisse ne se trouve pas porté, et comme c'est par un décret que cette formation a été arrêtée, je pense ou que ce régiment va recevoir une autre destination, ou que l'Empereur a accédé à la demande que je lui ai faite de le faire passer à mon service.
Je n'ai pu me dispenser de faire connaître a S. W. l'embarras extrême où vient de me jeter cette augmentation de troupes, et l'impossibilité où je me trouve de les payer. Comment pourrait-on vouloir encore exiger de mon Trésor le paiement de l'arriéré? Car je puis prouver que tous les revenus de l'État étaient déjà absorbés pour les besoins déjà existants. Monsieur le Duc, je vous prie de parler de nouveau à l'Empereur de mon embarras. Si l'on veut que je paie les troupes françaises dans mon Royaume, il est indispensable que celles de Xaples qui sont en Espagne le soient par le gouvernement français ou espagnol, ou qu'on m'autorise sur-lechamp à faire l'expédition de Sicile. J'ai déjà assez de troupes pour cela et tous les autres moyens sont préparés. Déjà foutes les dispo-
sitions sont faites pour lôuiiir de 20 à 22 000 hommes en Calabre et un camp (le 10000 hommes de troupes de nouvelle levée se forme sur le Sele pour couvrir ma capitale, tenir eu respect toutes mes provinces et me fournir secours en Calabre.
H est un autre point essentiel que je vous prie de mettre sous les yeux de l'Flmpereur, c'est la mise sur pied de paix des troupes françaises dans mon Hoyaume, si l'expédilion de la Sicile n'est pas consentie, car S. M. ne peut certainement pas \ouloir me faire payer sur pied de guerre une armée de paix, et (|uaud S. M. a donné la paix à tout le continent. Le traité de Bayonne d'ailleurs ne m'engage point à payer les troupes françaises sur pied de guerre, ni à payer un état-major général, puisqu'il n'y est seulement question que de troupes françaises, tant infanterie que cavalerie, et nullement d'élat-major et d'administration qui me coûtent de 150 à 180 000 francs par an. Ensuite il est prouvé que je n'en ai nullement besoin, puis(ju'elles sont pourvues de tout par le moyen des administrations napolitaines et que c'est me forcer par là à avoir deux administrations et deux états-majors jjénéraux. Monsieur le Duc, je vous prie de faire valoir auprès de l'Empereur la justice de ma demande et, je vous le répète, le grand embarras où je me trouve; j'aimerai à vous avoir lobligalion de le voir diminuer.
Sur ce, je prie Dieu, monsieur le Duc, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Joachim \.4poi,éon.
Guerre.