‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 49 sur 94 · MURAT AU PRIXCL EUGENE · texte numérisé non relu

MURAT AU PRIXCL EUGENE

Xaples, le ti mars IKIO.

A S. A. S. le lice-Roi d'Italie.

Mon cher neveu, j'ai reçu la lettre de Votre Altesse Impériale qui m'annonce la marche de quelques troupes françaises sur mon Royaume. J'ordonne à mon chef d'état-major d'informer le ministre de la Guerre de l'Empire de leur arrivée dans mes États.

Archives du prince Murât. H. XIV, p. 464.

ROYAUME l)K NAPLES. — 1810 2l;î

4795. — MUHAT A AGAR

Aaples, le 6 mars ISIO.

Au minisirc des Finances.

Monsieur le iniuisfre, je désire que vous me présentiez un projet de décret pour faire payer un double droit à toutes les denrées coloniales entrant dans le Royaume.

Faites payer deux mois de pension à tous les moin<'S supprimés.

.^ichiïes du priiue Murât. R. XXXIII, lettre 71.

Naples, le 8 mars 1810.

Au minislre des Finances.

Monsieur le ministre, dans le conseil d'administration des Domaines, je vous ai témoigné le désir que j'aurais de pouvoir adopter une mesure pour forcer les receveurs des Domaine.? k faire leurs versements par mois, ainsi que les receveurs des contributions directes, des fonds provenant des corps de biens affermés, et dont, par conséquent, les revenus sont connus et certains. Méditez mon idée et présentez-moi un projet de décret en conséquence.

Je désire que vous me fassiez connaître les noms des intendants qui n'ont pas encore fourni l'état des couvents supprimés, vous leur témoignerez mon mécontentement sur une négligence aussi coupable.

Je désire qu'il me soit fourni un état de toutes les denrées domaniales existantes, province par ])rovince. Donnez vos ordres en conséquence au directeur général des Domaines.

Je pense qu'il est juste d'assujettir à un droit d'enregistrement les successions directes que des raisons politiques eu avaient affranchies dès l'époque de cette nouvelle institution. Présentez-moi un projet de décret en conséquence.

J'ordonne que vous mettiez en vente, payables eu argent comptant dans le délai d'un an, toutes les bonnes maisons appartenant aux Domaines; vous mettrez également en vente les mauvaises, mais j)ayables en cédules.

21V JOACnni MIRAT

J'.ii décidé que tous les biens affectés à la dotation de l'Ordre des Deux-Siciles seraient réunis aux Domaines et que cet ordre serait inscrit sur le (Irand Livre; présentez -moi un projet de décret à cet égard.

Je désire que l'administration des Domaines ne soit chargée d'effectuer directement d'antre payement que les dépenses fixes, désirant que toutes les autres dépenses im|)révues le soient directement par le Trésor ou par tout autre moyen, méditez cette idée et présentez-moi un projet de décret en conséquence.

Faites-moi un rapport sur la succession du Prince Canosa, ou pour mieux dire, reproduisez-tiioi celui qui m'a déjà été présenté une fois.

Sur ce...

Joacliim Xai'oléox.

Anhites rlii prince Murât. R. XV'I, p. '210.

4797. — MUH.AT A D.AURE

Naples, 8 mars 1810.

Monsieur le ministre, il fut arrêté dans le conseil d'administration de la Marine que pour pouvoir fixer le budget de l'artillerie et du génie, il était indispensable d'avoir des bases certaines, et j'ordonnai que les commandants de ces deux armes et celui de la marine se réuniraient pour me présenter un travail combiné sur l'armement et la défense de toutes les places du Royaume qu'ils croiraient devoir conserver, ainsi que des ports et batteries des côtes.

Donnez des ordres et des instructions en conséquence à ces commandants et présentez-moi le plus tôt possible le résultat de leur travail.

.archives du prince Mural. R. Wl. p. 210.

4798. — \.\ REI.XK CAROLINE A LA RELVE HORTEXSE

* A Muuich, 9 mars (1810).

Ma chère Hortense, me voici arrivée à Munich, je suis restée cinq jours en route et je ne me suis reposée que quelques heures à Stras-

HO V Al! AIE l)K M A PLI. S. — 1810 215

boury. Tu ne peux te figurer les mauvais, les délestables chemins; jusqu'à Strasbourg, passe encore ; dans le VVurtembourgeois {sic) c'est encore supportable en comparaison des chemins de la Bavière. La fonte des neiges a inondé les chemins d'une telle manière que les chevaux nagent, taudis que les roues restent enfoncées dans les ornières. Enfin je suis arrivée comme par miracle sans accident hier à minuit, je ne suis presque point fatiguée et une bonne nuit de sommeil a réparé toutes mes fatigues.

Je vais rester à Munich jusqu'au 15, car l'Impératrice n'arrive à Braunau que le IG. Si j'avais prévu ce retard, j'aurais peut-être fait ce voyage moins précipitamment, ou je serai restée deux jours de plus à Paris.

Je profiterai de mon séjour ici pour voir Munich en détail, car à mon premier voyage ', j'étais trop souffrante pour pouvoir sortir. Le Hoi de Bavière est toujours fort gai et la Heine fort aimable, ils me paraissent bien aises du retard qui m'oblige de rester quelques jours de plus chez eux; leurs enfanis sont charmants.

Parle-moi de IKmpereur et présente-lui mes respects.

P. -S. — Embrasse X'apoléon et Louis de ma part et dis à la Princesse de Bade qu'on m'avait envoyé des chevaux, des écuyers, des escortes dans tous les États du Grand-Duc de Bade, mais je n'ai pu en profiter, car cela aurait retardé mon voyage, et je voyageais sous le nom de la Duchesse de Cassano, j'ai refusé aussi le Roi de Wurtemberg et celui de Bavière.

Je ne suis pas moins sensible à son attention. Je serais fâchée que cela lui ait déplu, mais je compte l'en remercier <à mon retour.

Donne des nouvelles de moi à tout le monde. La voiture ne m'a point fatiguée et je me porte cà merveille.

Arihites du prince Murât. R. XXXII, lettre 35.

Du 0 mars IKIO.

Monsieur le général, chef de Télat-major général, je désire que

' En (it'rembre 1805, Cardiine .Miirat était partie île Paris pour aller rejoindre à Vienne son mari; celui-ci envoya "i sa rencontre son aide de camp Kxelmans pour lui dire de l'attendre à Munich ; elle séjourna donc à la Cour de Bavière du 20 décemlire 1805 au 17 Janvier 1806 et assista au mariage du prince Eugène avec la princesse Auguste de Bavière.

les ordres soient doiioés pour que les différents régiments de l'armée ainsi que les généraux se rendent sur-le-champ aux destinations indiquées par le tableau ci-joint. Ceux qui sont hors du Itoyauuie s'y rendront à mesure de leur rentrée. Ce tableau porte l'emplacement que je désire faire prendre <à mou armée et les commandements que je destine aux différents généraux. Donnez des ordres en conséquence. Vous ne ferez partir le 4*^'"' régiment de ligne de Caëta que vers le 25 de mars, et vous ne retirerez des Abruzzes le 10"""' que lorsqu'il aura été relevé par la Tour-d'Auvergne. Le 101"""' ne devra quitter la Pouille que lorsque mon 2"?"- d'infanterie légère y sera arrivé.

.'archive» du prince Murât. R. XIV, p. 46fi.

Naples. du II mars 1810.

A monsieur le général Cavaiqnac, à Monleleone.

}A' le général, lorsqu'à mon arrivée, je vous annonçai mon prochain voyage eu Calabre, et que je vous autorisai à dire que ma promesse dans cette circonstance ne serait pas vaine, j'étais loin de penser que, précisément à la veille de mon départ, je recevrais l'ordre ' de l'Empereur de partir pour Paris pour aller assister à la célébration de ses noces. Je pars cette nuit, mais je garantis mon retour pour le 15 avril à IVaples, et du 25 au 30 à Monteleone; cependant continuez à poursuivre les brigands et à rassurer mes bons Calabrais contre les mauvais bruits que la malveillance ne manquera pas de répandre sur le but de mon voyage en France.

Le 1" régiment de ligne, le OS*""", le lOl""™" et le lO*""" sont en marche pour les Calabres et pour Castro Villari; mes équipages et ma garde sont aussi en route pour Cosenza et Monteleone, de manière que je serai au milieu de vous, au moment même où toutes mes troupes pourront y être réunies; cependant tous les préparatifs de l'expédition se feront. J'ai été vivement contrarié de l'incident qui me fait ajourner le bonheur que je me promettais de me voir pour la première fois au milieu de mes fidèles sujets des provinces des

- ' Lettre de Napoléon à Murât datée de Paris, 26 février ISIO (u*" V780 de ce volume).

HOVALMK DE \APLKS. — IslO 217

Calabres et à la tête de mes troupes, de la conduite desquelles je n'ai qu'à me louer.

.ircliives (lu prince Murât. R. \IV. p. 4ti".

A Munich, 12 mars 1810.

Depuis mon départ de Paris, je n'ai pas encore roçu une seule lettre de toi, ni même de tes nouvelles indirectement, aussi je suis inquiète et bien inquiète, je ne sais si tu te portes bien, je ne sais si tu es en route, je l'espère cependant, mais espérer, ce n'est pas être sûre et j'ai besoin de recevoir une lettre de toi pour rentrer dans mon assiette ordinaire.

Je ne t'écris qu'un mot pour te donner de mes nouvelles, et je profite d'un courrier qui passe précipitamment et qui vient de Vienne pour aller à Paris.

Je partirai le 14 pour être le 1(5 à Braunau. Je ne te dis rien pour mes enfants, car j'espère que ma lettre te trouvera en route. Adieu, mon ami, dépêche-toi de venir afin que nous soyons bientôt réunis.

Caroline.

P. -S. — Le Roi m'a fait voir ce matin un cheval qu'il te destine et qui est de toute beauté, il doit le faire partir pour Xaples; il me comble d'attentions, la Reine est aussi parfaite, elle me charge de te dire bien des choses.

.■\rcliiies du prime Murât. D. 566. 15.

\aples, 1-2 mars 1810.

Au miiiis/rc des Fi/ia/ices.

Monsieur le ministre, faites vendre tout ce qui reste des denrées coloniales confisquées, réalisez les fonds provenus et qui proviendront des différentes ventes. Je désire avoir ces effets en portefeuille. Présentez-moi un décret pour faire vendre au con)ptant le

218 JOACHIM MLUAT

plus (le domaines que vous |)Oiirrez. Vous pourriez consentir à eu recevoir le payement en bons effets que vous tiendrez également en portefeuille. Je vous autorise à faire toutes ces ventes sans enchères, pourvu qu'elles vous rapportent de laryent ou de bons effets. .achetez le plus de diamants que vous pourrez, payables en domaines. Finissez le plus tôt possible l'affairedes huiles. J'aimerais mieux que vous vous fissiez donner un lant par salme ' qu'on vous payerait en lettres de change pour la seule permission d'exportation, sans faire d'autres conditions ni prendre d'autre engagement que celui de délivrer les licences. Poussez le plus vigoureusement possible la rentrée des contributions; cela sera d'autant plus facile que presque tous les propriétaires ont vendu leurs grains et tpj'ils vont vendre leurs soies et leurs huiles.

Occupez-vous sans relâche de v(»lre compte à rendre, enfin ne négligez-rien pour mettre à ma disposition le plus d'argent possible. Vous sentirez facilement que ce voyage va m'occasionner beaucoup de dépenses. Je ne vois pas pourquoi vous ne mettriez pas en circulation trois ou quatre millions de cédules, cette opéralion faite avec adresse me procurerait sur-le-champ une rentrée considérable. Je m'en rapporte entièrement à votre zèle pour mon service et à votre attachement à ma personne.

Le travail aura lieu au Conseil des ministres comme lors de mon dernier voyage, mais le résultat m'en sera adressé à Paris par estafelfe et non point par auditeur.

Sur ce...

Jonchim Napolkox.

.■\rclilves (lu prince Mnrat I). 566 1."j.

Xaples, le 12 mars 1><10

Au VI i ni aire des Finances.

Monsieur le ministre, je vous ai fait connaître ce matin mon intention de faire réaliser tous les produits des denrées coloniales et je vous ai ordonné de les tenir en portefeuille à ma disposition. Prévoyant les dépenses qu'occasionneront mon voyage à Paris, je désire que vous y fassiez passer tous ces fonds en bonnes lettres de change que vous adresserez à .M. Baguenault. Comme peut-être il

' La salme était une mesure de capacité comprcDant environ 200 litres.

ROYAUME DE XAPLES. — 1810 219

serait difficile de me procurer de suite une assez grande quantité de papiers sur Paris, vous pourrez prendre des effets susceptibles d'être négociés à Paris sur Amsterdam, Francfort et autres \illes d'Allemagne ou même d'Italie pour recommander la plus grande promptitude et exécuter les dispositions que je viens de vous prescrire

Sur ce

Joachim Xaî'OI.éov.

Archives du prince Murât. D. 566. 15.

4804. — AILRAT A AGAR

\aples, le l'2 mars ISIO.

Monsieur le ministre, je vous remets des licences que S. M. l'Empereur a bien voulu m 'accorder pour l'exportation des denrées de mon Royaume. Je désire que vous en fassiez usage pour procurer la vente à l'étranger de la plus grande quantité possible d'huiles, de soies et autres productions. L'exportation pourrait en être faite sous toutes sortes de pavillons, excepté celui de l'Angleterre ; et vous n'exigerez aucun acquit à caution, pour assurer la destination de ces denrées, n'ayant pas intérêt d'empêcher qu'elles soient transportées en pays ennemi, et les intentions de l'Empereur ayant été de défendre toute introduction de marchandises anglaises sur le continent, sans prohiber la sortie des produits du continent, même quand ils seraient destinés pour 1'. Angleterre.

J'ai fait envoyer un passeport au sieur Braunhes, consul des Etats-Unis en Sicile. Il doit traiter avec une maison de commerce de Xaples. Vous faciliterez toutes les opérations qui tendront à faire exporter mes denrées, et vous exigerez sur la sortie de ces denrées un droit particulier que vous réglerez par un accord avec les spéculateurs et dont vous ferez faire le versement dans la même caisse qui reçoit le produit des denrées coloniales confisquées.

Sur ce, monsieur le ministre, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

Joachim Napoléon.

Arcliives du prince Mural. D. 566. 15.

220 JOACHIM M un AT

4805. — \IUUAT A XAPOLKOX

\aplc8, le 12 mars '1>SI0]. à midi.

Sire,

.lo reçois la lettre de Voire Majesté qui mordoune de me rendre à la célébration de son mariajje. Sire, jamais ordre ne fut exécuté avec plus de joie. Il ne peut exister aucun empêchement légitime pour moi dans une circonstance aussi importante. Certes mon départ va produire un mauvais effet, les Calabres surtout s'en ressentiront, les brigands redeviendront audacieux, ainsi que les Anglais et la Cour de Palerme; cependant nta garde et mes équipages continuent leur route sur Monteleone, ainsi que d'autres troupes, et les préparatifs de l'expédition se continuent, et je promets, afin de calmer les inquiétudes, d'être de retour avant la fin d'avril. Je pars à l'instant et jespère être rendu auprès de Votre .Majesté le 20.

Je suis

Joachim Napoi-éox.

.•Ircliiies nationales. AF" 1714'.

-Vaples, 12 mars 1810.

Au vii nuire de la Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai chargé mon chef d'état-major de vous faire connaître l'emplacement que je viens de donner aux différents corps de l'armée, ainsi que ses mouvements; assurez leur subsistance.

Je désire, à mon arrivée, trouver prêts tous les comptes de l'administration de la marine, du génie et de l'artillerie, ainsi que le travail que je vous ai demandé sur l'armement et la défense des places du Royaume, enfin sur les besoins de ces deux armes.

Poussez vigoureusement la levée des cinq mille hommes que j'ai décrétée, faites-en la répartition pour les différents corps qui se trouvent dans le Royaume, et adressez-la moi à Paris. Poussez vigoureusement la construction du vaisseau ; je voudrais bien qu'il ùt prêt à être lancé à mon retour; c'est-à-dire, vers la fin d'avril.

ROYAUMI'; DE NAPLKS. — 1810 221

Prenez vos dispositions pour que mes troupes soient mises sur pied de paix au 1'' avril.

Je désire que l'Ecole Polytechnique soit mise en activité le plus tôt possible. Faites surveiller l'instruction du régiment d'artillerie.

Tâchez de porter à quatre cents hommes montés les deux dépôts des deux régiments de chasseurs à cheval. Je vous autorise à cet effet à acheter tous les chevaux qui sont envoyés aux troupes françaises et dont ces corps n'ont pas besoin, mais ne prenez aucun engagement pour le paiement. Ayez les yeux sur les îles. Faites faire les liquidations de trimestre conformément à mes décrets.

Le travail aura lieu en Conseil.

Pour ce qui concerne la police de la capitale et du Royaume, conformez-vous aux instructions verbales que je vous ai données; ne perdez pas de vue l'approvisionnement, servez-vous de tous les chevaux de l'artillerie, de ceux même des particuliers, si vous venez à vous trouver dans une circonstance critique pour faire faire le transport des blés, soit qu'il fallût les tirer de la Pouille, de Terre de Labour ou Molise.

-Archives du prince Murât. R, XVI, p. 220, et AIT. Etr. Naples, 134

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