MUR.^T A MARKT
Scilla. le 6 juin ISIO.
A monsieur l'ordonnateur en chef de l'armée.
Monsieur l'ordonnateur en chef, faites payer ou rétablir dans le nïagasin de la commune de Scilla les cent tomolis de grains qu'elle vous a vendus ou prêtés.
Comme le temps pourrait continuer à être mauvais, pour ne pas compromettre les subsistances, il est nécessaire que vous envoyiez chercher des grains à Piètre Nere, requérez à cet effet des moyens de transport dans les communes voisines.
Archives du prince Murât. K. \V, p. 36.
(Saint-CIoud, 5 juin 1810.)
Mon très cher ami, j'ai reçu tes deux lettres, une du 20 mai et l'autre sans date. Je vois avec plaisir que tu te portes bien et que tu es content de tes opérations. Je n'ai pu encore parler à l'Empereur de rien, car il est fort occupé, cependant j'attends avec impatience un moment favorable pour lui parler de mon départ. On prépare les fêtes, tout sera terminé dans quinze jours. Dimanche prochain, il y aura la fête de la ville et l'autre d'après, celle de l'Ecole militaire. L'Empereur se porte très bien ainsi que l'Impératrice. Jérôme te dit mille choses. Maman a été bien souffrante et Elisa aussi. Pour moi, je souffre de temps en temns, surtout le matin. Enfin j'espère que cela ira à bon port.
Je pense sans cesse cà toi, à nos enfants. Quand serons-nous tous réunis? Adieu, mon cher ami, je t'embrasse de cœur.
Je te remercie de tes deux lettres, ne m'en laisse jamais manquer, car je suis trop inquiète. J'imagine que tu reçois tous les jours des nouvelles de nos enfants. .Adieu encore, mon ami.
Archives du prince Murât. D. 5C6. -43.
Saint-Cioud, 6 juin 1810.
Mon cher ami, j'espère partir le 30, les fêtes finiront le 25, mais l'Empereur n'entend pas que je parte avant que toutes les fêtes soient finies; il me comble de bontés et il est très bien pour toi.
La première fête, comme je te l'ai mandé hier, aura lieu dimanche prochain, celle de la Princesse Pauline le jeudi suivant. L'Empereur est très bien pour toi, il me demande souvent de tes nouvelles ainsi que l'Impératrice.
Adieu, mon cher ami, donne-moi souvent de tes nouvelles, car j'en suis toujours inquiète, je n'en ai reçu ni hier, ni aujourd'hui. Adieu, mon ami, j'ai une grande impatience de t'embrasser. Adieu, mon tendre et bon ami, je vais écrire un mot à Achille, je suis bien heureuse que tu sois content de lui. Je t'embrasse comme je t'aime, c'est-à-dire bien, bien tendrement.
TOAiK Vin. 22
Elisa souffre toujours un peu. Jérôme le dit mille choses ainsi que le Grand-Duc.
Archiies du prince Murât. D. 56G. 44.
.MLIîAT A DALRE
Scilla, a juin 1810.
Ati iiii/iis/rc de la Guerre.
Monsieur le minisire, j'ordonne que la construction du vaisseau et de la frégate en chanlier se poursuive avec la plus grande activité, de manière à pouvoir tenir la mer au commencement de septembre. Je vous accorde sur le budget mensuel tous les fonds qui vous sont nécessaires |)onr cet effet : ces deux bàtimenst seraient déjà terminés si au lieu d'em|)Ioycr l'argent de la Marine à des forges et autres établissements, inutiles pour le moment, on l'avait applique à leur construction ; ainsi, qu'à l'avenir cela n'arrive plus.
.^rcliiies (lu prince .Mural. K. \VI, p. 2(0.
Scilla, 6 juin 1810.
Au ministre de la Police.
Monsieur le ministre, je vous avais déjà fait connaître que je désapprouvais la mission de Cazzetti en Sicile, aujourd'hui je désapprouve bien plus fortement encore les instructions que vous lui avez données ; on ne marche pas avec cette légèreté en affaire d'État.
Pourquoi voulez-vous que je prenne plus d'intérêt à la Cour de Palerme que l'Empereur lui-même? Que m'importe à moi la conduite que tiendra dans les circonstances actuelles la Reine Caroline? J'ai résolu la conquête de la Sicile, je dois cacher les moyens que j'emploie pour arriver à ce but, je ne conçois en vérité pas d'oij vous naît le tendre intérêt pour cette princesse, jusqu'à lui iournir tous les renseignements qu'elle devait ignorer. Etes-vous assez sûr de Cazzetti pour lui conlier une mission de cette impor-
ROYAl MIC \)K iVAPLES. — 1810 339
tance? Dans quel cas me nieltriez-vons si la Heine se décidait à ni'écrire une lettre? Qui vous a dit (|ue je le désirais? Enfin que ce soit la dernière fois qu'on se permette, à la Police, des démarches inconsidérées; le cas n'était pas si urgent qu'on ne put demander <'t attendre une décision! Ensuite y a-t-il du bon sens à exi<rer qu'on reporte à \aples une réponse au lieu de la faire arriver en Calabre, c'est sans doute pour qu'elle parvienne plus vite. Je suis à même d'avoir ici et promplement toutes les nouvelles dont j'ai besoin.
Les vents me contrarient beaucoup, et certainement bien des commandants de convois sont coupables par leur né'jliyence ; des convois qui devaient être aujourd'hui k Scilla sont encore sur la côte d'.^mantea; mais enfin avec de la patience tout arrivera. L'ennemi ne fait ni démonstration ni tentative pour s'y opposer. Tout annonce qu'on désire beaucoup mon arrivée en Sicile, et que j'y ai un fort parti. L'enlhousiasnu' des Calabiais est à son comble; tous font des vœux pour l'expédition et semblent ne pas douter de son succès. Quant à moi j'en doute moins que jamais.
Faites connaître par les journaux que déjà l'annonce de troupes en Calabre a déyajjé (lorl'ou et facilité son ravitaillement.
L'armée sera toute réunie ici vers le 10.
Le ministre des Einances se |)laint que vous ne lui avez pas adressé l'état de vos besoins; j'espère que vous le lui aurez fait parvenir ainsi que des ordonnances pour que le service de terre et de mer cesse de souffrir.
Je vois six cents et quelques conscrits présents au dépôt, envoyezles aux différents dépôts des régiments.
Arcliiies du prinre Murât. R. XVI, p. 250.
4973. — MURAT A ZLRLO
Siilla, le 6 juin IKIO.
A monsieur le ininislre de l'Intérieur.
Monsieur le ministre, j'ai reçu vos différents rapports; j'espère que ma lettre vous trouvera à Monteleone, où je désire que vous passiez quelques jours afin de vous mettre au courant des affaires de la province, pour laquelle je désire que vous fassiez les mêmes
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opérations que pour la Calabre Citra. Faites arriver à Scilla, ainsi que je vous l'ai demandé, riiii|)rinierie portative.
Archives du prince Murât. It, Mil, p. 15.
4974. — MURAT Ai: MARQUIS DE GALLO
Scilla, 7 juin 1810.
A monsieur le ministre des Affaires Etrangères.
Monsieur le ministre, j'ai |)ris connaissance de votre rapport sur les propositions de mon ambassadeur à Paris relativement à l'acquisition d'une maison située place Vendôme, n" 14. .l'accepte ces propositions sous la condition, comme on en est déjà convenu, que le prix tixé à quatre cent mille francs sera payé en domaines à prendre dans mon Royaume de Naples. Je vous invite à faire part sans délai à mou ambassadeur de mes intentions à cet égard. Les clauses du contrat devront être concertées avec M. Noël, mon notaire à Paris, qui devra aussi examiner les titres de propriété.
Archives du prince Murât. R. Xl'II, p. 15.