MURAT A DE SIMONE
An camp de Piale, 9 juillet ISIO.
A monsieur de Simone, commissaire en chef de la marine à Svilla.
Monsieur le conseiller d'Etat, j'ordonne au général Partouneaux de faire un essai d'embarquement de sa division, faites donc mettre à la mer tous les bâtiments de transport, et comme je prescris de laisser garnison dans cbaque barque afin de les exercer aux manœuvres de la rame et autres, vous ferez mettre .^es transports à la mer, toutes les fois que le général Partouneaux vous le demandera. Je désire que vous me fassiez connaître si vous avez des nouvelles du convoi de Garofalo et de celui qui conduit le chebec le Wacjram; faites-moi connaître aussi si toutes les canonnières et les bâtiments de transport à Bagnara sont radoubés et rentrés à Scilla : envoyez l'ordre au Pizzo et à Pietranera de faire partir tout ce qui se trouve dans ces différents mouillages. Faites travailler à force aux réparations des transports qui en ont besoin.
Archires du prince Murât. K. XV, p. 78.
9 juillet 1810.
iiu (jênéral Tiigny, commandant en chef l'artillerie.
Monsieur le général, faites-moi connaître si les pièces de siège et de montagne et enfin si tout ce qui doit faire partie du premier passage est embarqué. Je vous autorise à délivrer à la marine toutes les munitions qu'elle a demandées pour l'approvisionnement des canonnières réparées à Bagnara.
Archives du prince Murât. R. XV, p. "8.
Au cirap Royal de Piale, le 9 juillet 1810,
A monsieur le ministre des Finances.
Monsieur le ministre, je vous adresse le traité signé à Paris le
23 juin 1810 et par lequel les créances du Trésor de France sur celui de Xaples ont été définitivement réjjlées, je désire que vous en preniez connaissance et que vous vous occupiez des moyens d'y satisfaire.
Arcliiios (lii prince Mural. It. XV'II, p. "26.
5101. — MIRAT A DAURK
9 juillet 1810.
Au ministre île ht Guerre.
Monsieur le ministre, nous n'avons rien de nouveau, cependant l'ennemi a fait encore embosser aujourd'hui une fréyate et deux bricks de plus et travaille encore à de nouvelles fortifications. Je ne conçois en vérité pas comment avec des forces maritimes si supérieures, il se tient collé sur sa côte et n'entreprend pas de me détruire. Nous avons donné hier au soir une alerte à l'ennemi, tellement grande qu'il a passé toute la nuit sous les armes et que les différents camps ont été levés et replacés aujourd'hui dans la matinée, ce qui porte raisonnablement à penser que le général Stuart ne compte que sur ses moyens maritimes et qu'il n'a pas le projet de se battre, si je venais à débarquer. Quoi qu'il en soit, c'est déjà avoir obtenu un assez beau résultat que d'avoir paralysé entièrement le commerce des .anglais en Sicile, n'est-ce pas déjà les en avoir chassés, puisque, par la position que j'ai prise et les mesures que je vais prendre, il ne sortira du port de .Messine et il n'y entrera aucun bâtiment marchand.
Archives du prince Mural. R. \VI, p. 2S2.
5102. — MLK.AT A DAURE
Au camp Royal de Piale. 10 juillet 1810.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, il n'y a rien de nouveau, l'ennemi rappelle ses croi.sières et rappelle ses forces. Ce matin deux nouvelles frégates sont entrées dans le port et ce soir nous avons découvert un
• ROYAUME DE XAPLES. — 1810 443
vaisseau venant du nord. Les Anglais emploient toute espèce de moyens pour faire prendre les armes aux Siciliens, mais il parait que jusqu'à ce moment, tous leurs efforts ont été inutiles. Le service des subsistances conimeuce à s'assurer, celui de la marine va très mal; j'ai la certitude que nous payons deux fois, puisque vous payez à Naples et que je fais payer ici, car voilà au moins trente mille ducats que j'ai mis à la disposition de la ALirine.
J'ordonne que vous rappeliez M. Lefebvre qui se trouve ici employé comme inspecteur; j'ai des raisons pour cela; je vous préviens que vous êtes très mal entouré et que jamais on n'a fait tant d'affaires dans les deux ministères de la Guerre ei de la \Larine que depuis six mois ; j'ai des preuves en main en parlant ainsi, et il faut bien que je sois aussi sûr de votre pureté pour vous parler aussi clairement. .\]cz les yeux sur M. (juillaume. Eh bien! Oîi sont les nouvelles de M. Cazzetti de Palerme? Comment avez-vous pu vous décider aussi légèrement sur cette mission? J'espère que vous aurez fait arrêter ce fameux Bruneti. Ayez bien les yeux ouverts sur Poydavant. Je vous autorise à ne pas envoyer le cutter l'Achille. Jamais on ne fut dans une plus belle situation que celle oîi je me trouve. Je vois quatre vaisseaux, six frégates ou corvettes, sept à huit bricks et cent bâtiments armés collés à la côte depuis le Phare jusiju'à Messine, n'osant plus s'en détacher, et je force tous les petits bâtiments de commerce qui passent à se ranger à la côte, en faisant courir sur par les bâtiments de ma flottille légère. J'ai vu hier trente bâtiments se détacher sur un de mes scoridors qui donnait chasse à un bâtiment marchand. Cependant l'expédition s'organise et je suis toujours prêt à profiter du premier moment favorable pour la tenter.
Mous n'avons que dix malades dans les trois divisions; il fait ici le plus beau temps du monde et nous n'avons pas eu encore un seul jour de chaleur.
Archires du prince Murât R. WI, p. 2S3.
5103. — àlURAT AU GENERAL GRK.XIER
An camp de Pia'e, 10 juillet 1810.
Au Cjéncral Grenier, chef de l'état -major cjénaal.
Monsieur le général, envoyez un officier d'état-major à Scilla^ auprès de l'ordonnateur de la marine, pour lui demander de ma
AU JOACHIAI MURAT
part pourquoi les distributions fie la marine n'ont pas été faites hier; cet officier en passant à la Torre d<'l (^avallo fera tirer quatre coups de canon sur les barques mouillées à la Tour du Phare; il s'informera auprès de M. de Simone du nombre des barques réparées qui sont arrivées à IJa'jnara, et si les distributions ont été faites aujourd'hui à la marine, tant à Scilla qu'au Pizzo.
Archites du prince Uurat. R. XV, p. 79.
5104. — MURAT A DK SIMOXE
Au camp de l'iale, 10 juillet 1810.
A monsieur Je. Simone, eonintandanl en chef la marine à Scilla.
Monsieur le conseiller d'Etat, j'ai décidé d'organiser l'escadrille de tous les bâtiments léjjers de ma flottille et d'en donner le commandement à M. le capitaine de fréyate Bongourd. Je désire en conséquence que vous fassiez partir demain, dans la journée, pour le Pizzo, les trois corsaires l'Achille, le Gallo et le Wacjram, ainsi que les scoridors; je ferai connaître ensuite le nom des comn)andants. Je donnerai des instructions particulières au capitaine Bongourd; faites également partir pour le Pizzo les deux bombardes.
Archives du prince .Murât, K. \\", p. 79.