ET AUX .MEMBRES DK L.A JU.VTE
3 mai 1S08.
Mon Cousin, Messieurs les membres de la Jnnla d'Etat, j'adresse à V. A. R. un exemplaire de mon ordre du jour, pour appuyer la mesure que vous venez de prendre pour le désarnu'ment de .Madrid
' M. Geoffroy dn Griinrlmaisoii écrit que .Murât n'avait pas su prévoir le soulèvement du 2 mai; les lettres de Murât, celles de La Korcst, le Journal de Rossciti permettent d'alfirmcr le contraire. Murât était rerisei;{né sur le mouvement (|ui se préparait, il le considérait comme inévitable du moment que l'Kmpercur ne se pressait pas de réjjler au plus vite les affaires d'IOspajjne. I.a Forcst écrivait le 21 mai J808 : « Le Grand Duc a surpris le 2 mai la populace de Madrid en llajjrant délit, si je puis m'exprimer aiusi, il a doinié une terrible leçon qu'il méditait et dont le blâme n'est pas retombé sur lui. i'
- Ici se trouve un passajje raturé : - Peut-être trouverez-vous convenable de profiter de l'occasion d'annoncer au l'ortujjal les bontf's de rKui|)er(ur pour dire quelques mots de Madrid, i
' Publié par le Q' Mchat, Murât, lieuleiiattt de l' Empereur en F.sjxiijue. Pièces juslificaUves, n" \\\.
LIEUTENAXCK K \ KSl'Ar.XK. — 1808 Vô
et pour concourir avec \oiis au rétablisscnicnl de roidie et de la tranquillité publique en Espagne. \ ous sentirez sans doute comme moi la nécessité de le faire connaître ensemble avec votre proclamation, à tous les capitaines généraux, à. tous les généraux commandant les corps, à tous les alcades, en un mot, à toutes les autorités civiles, militaires et religieuses. Depuis les événements d'hier, vous ne devez plus vous considérer dans une siluiition ordinaire. I^e bien de la Patrie doit parler avant tout à vos cœurs, il doit obtenir la préférence sur tout autre sentiment personnel et vous seriez coupables même envers votre Souverain, qui désapprouverait entièrement votre conduite, si vous |)ou\iez iiésiter à employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour garantir votre pays des perfides insinuations qui ont porté hier les habitants de .Madrid, les habitants des campagnes voisines à la révolte. Vous ne devez pas balancer à parler à la Nation, à l'éclairer sur sa véritable position et à lui faire comprendre surtout (|ue son intérêt le plus sacré est de rester unie d'intérêt avec la France, et d'avoir une confiance entière dans la générosité et la magnanimilé de l'Empereur des Français qui ne peut vouloir que le bonheur de l'Espagne.
Je crois de mon devoir de déclarer à V. .\. et à la Junte d'État que l'Empereur vous rendra responsables, devant votre Souverain et devant la Xation, si en négligeant de faire usage des moyens salutaires que je vous propose de prendre, les scènes funestes qui ont eu lieu venaient à se renouveler à Madrid ou dans les différentes provinces du Koyaume.
Aitlilïcs du prince Mural.
.32V9. — MUR.iT A L'IXF.AXT U0.\ .iXTOMO
(3 mai 1808.)
Monsieur mon Cousin, je reçois la notification de \ . A. R. sur les projets de quelques militaires français de brûler une maison d'où l'on a tiré hier des coups de fusil. Je préviens \ . \. H. qne je renvoie cette affaire au général Grouchy, en lui ordonnant de prendre tous les renseignements possibles sur la con;'uite du propriétaire de cette maison, et que ce ne sera qu'après les avoir reçus qu'il sera pris une résolution définitive.
Fne seconde lettre de V. .\. H. me demande la liberté de quelques paysans détenus au camp et qui ont été pris les armes à la main.
4(5 JOACHIM MUHAT
D'aprrs mon ordre du jour et \)o\\r en imposer à r.nenii', ils seroiil fusillés. Ma déteriniiiatioii aura sans doule voire approltaliou.
Je vois avec peine (pie \ . A. K., dans la proclanialion de la.liinle de ce jour, ail limite la mesure i\[\ désarmement, en en exeeplani les lusils. il iaul eommenrer |)ar la rendre jjénérale et eiisuile donner dos permis à ceux (pii seront reconnus incapables d'eu laire un mauvais iisaye.
Arcliiics (lu prince Mural.