MURAT AUX CAPITAINES-GENERAUX
3 mai ISOS.
A messieurs les capitaines-généraux commandant les provinces ' .
Monsieur le Capitaine général, vous aurez sans doute ap|)ris avec douleur les événements malheureux du ^ mai. Le souvenir de cette journée sera pour moi un souvenir d'amertume ; mais le Ciel m'est témoin (jue j'ai été contraint de repousser la force par la force, et «pic^ c est mal'jré moi (jue des Français ont tiré l'épée contre des Kspajpiols, et (|ue le sanjj ili'^ deux nations amies a coule, .le vous adresse ci-joint copie de mon ordre {\\\ jour, avec une rie mes proclamations et une de la .luiita d'Ktat; vous ne man- (|uere/ pas de v<mis apercevoir (pie la clémence a suivi de près la yrande sévérité (piil a l'alln d'ahruvi déployer pour arréler le désordre et l'effusion iU\ san;;. Toul est maintenant icntre dans lordrt"; le passé est entièrement (uihlie, il s'ajjit de réparer le mal, il faut faire j)lus, il faut le faire oublier et travailler de concert an honlieiir de votre Patrie. C'est dans ces vues ipn- la Junla suprême (lu (îouvernenieut m'a nomiur- son président ; je ne trahirai point sa confiance. Je ne me dissimule pas tous les devoirs (|n'(dle m'impose; je les remplirai, parce (pie je compte sur le coneoiirs de tous ses elfoils et de toul son /ele, |iai(e (|iie je compte sui les différents corps de troupes espajjiioles (pii sont loin de la ca|)ilale, conirin* sur la jjarnison de Madrid, (pii s'est couverte de ;[loii-e en se réunissant aux Irruipes de rKmperenr, pour conlenir el réprimer la po|)ulace de Madrid. Oui, iiKUisienr le Capitaine ;[éiieral. je compte heaiicoiip sur vous. Ces nobles sentiments (pii vous distinguent si éini-
' l'iililiir par le C" Mirât, Murnl. lieiilenanl di l' l'impirrur en Kxf)ii(/>ie. Pièces jiisliricaliv(îs, ii" Wl.
LIEUTEX^ANCE E\ ESPAG\E. — 1808 47
iiommoiit me répondent de votre zèle. \ ous ne pouvez que continuer à suivre le chemin de l'honneur. Vous vous rallierez au Gouvernement; vous unirez vos efforts aux siens; vous rivaliserez enfin (le zèle avec lui pour maintenir la tranquillité publique et empêcher que la secousse des événements de Madrid ne se fasse sentir dans votre province.
-Monsieur le Capitaine général, je suis flatté que cette circonstance me fournisse l'occasion de vous donner l'assurance de l'estime particulière que votre réputation et vos talents vous ont si justement méritée.
Archives du prince Mnrat. R. XIII, p. 156.