JOACHIM
D. 181. 14 bis.
Madrid, le 23 avril 1S08.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, j'ai fait connaitre à V. M. par ma lettre d'hier combien, depuis 48 heures, l'esprit public nous était devenu favorable'. Depuis hier soir il est absolument en notre faveur. L'amour-propre
' De Rayonne, le 27 avril, Berlliier répond de la part de l'Empereur » que Sa Majesté pense que l'iiitendant-général Denniée, avec les ordonnateurs qui se trouvent sous ses ordres, siilfit pour assurer le service t> .
' Publiée par A. Lu.\ibroso, Currespoudance de Murât, u" CGLXIX.
^ Hessières à Murât. — liurgos, 20 avril 1808. — t ... J'ai fait appeler
populace égarée, égarée par nos cniuMnis coiniiiiiMs, |)ar des iiiis(''rables avifles do crimes cl de pilhi;[(\ s'est poiice ù de «pands désordres à Burgos; riiilcndanl de la province a failli èlre la viclinie (le son zèle; il a dû sa vie an\ Français (pii Toiil anaclic Nmt couvert de blessures des mains de ces forcenés. Son crime à leurs yeux était sa probité dans l'exercice de ses fondions. Le général Merle a dû faire dissiper cet atlron|)emen( à coups de fusil. Les plus mutins sont restés sur la place; le reste a |)ris la fuite. Cette mesure a rétabli le calme et arrêté les fureurs populaires dont le but des instigateurs était de faire piller et brûler les maisons des |)lus riclies propriétaires'.
.\ Tolède, des pillages viennent d'être commis, des maisons y ont été brûlées, et |)our la seconde fois la force armée espagnole a laissé agir la |)opulace.
Une annonce d'une gazette extraordinaire pour dix heures du soir, a donné lieu hier ici à un rassemblement. Les habitants de Madrid ont crié hautement contre cette annonce, et il a fallu (pi'on ait connu aussi |)arfaitement la pureté des intentions de tous les membres de la Junte d'Etat, pour ne pas s'être cru autorisé à penser (pu^ cette mesure avait eu lien pour faire piller la ville.
Je le déclare à V. A. R., l'Kspagiie ne peut rester plus longtemps livrée a wuv senihlahle anarchie; l'armée que je conunande ne peut pas, sans se de.>^houorer, laisser commettre (\r>^ désordres. Je dois sTirelé et protection à tons les bons Espagnols; je les dois surtout à la bonne vilie de Madrid (pii s'est accpiis des droits éternels à noire reconnaissance pour l'entlionsiasuH' rpi'elle a nH)nlré et le bon accueil (pi elle nous a fait lors de notre entrée dans ses murs. Je dois par votre organe faire cesser ces impiietndes, lassiirer le propriétaire, le négociant, riiabitant piiisible de toutes les classes. Je dois enfin vous dire pour la dernière fois que je ne veux plus pernultre d'attroupement (|nelcon(pie. Je ne veiiai ipie des séditieux, Avii ennemis de la France et de IFspagne dans les individus (pii oseraient encore se iciiniict tenir des propos alarnuinls. Hàicz-voiis donc d'annoncer à la capitale et au\ Ks|)agnes ma g(''nereiise resolu-
' fiessièrcs à Mural. — Burgo.s, le 20 aviil ISUS. — t ... L'aide -Heramp du généial Lariboissicic a fin faire citnnaîtrc à l'olrr .Altesse le ri-sulfal H une émeule populaire (pii a eu lien le IS à Bmjjtis : (pielfpies roiips de fusil qui n'ont ('•té tirés qu'à la dernière extrémité et (|ui ont tué V horanies, dont deux des plus mutins, ont tout fait rentrer dans l'ordie. On a été surpris iri de notre modération, quoique les séditieux eussent été les agresseurs. Nous avons eu un soldat tué de plusieurs eoups de slilel. La (run(piillité est parfaitement ntahlie ri cela fail un 1res lion effet. ^ (.Arciiivcs du Prince Murât I). 1X4. \?,.)
LIEUTEXTAMCK E!V ESPAGNE. — 1808 5
tion, et si vous ue vous trouvez pas assez fort de vous-même pour répondre de la tranquillité |)ublique, je m'en chargerai plus directement.
Je me persuade (|ue \ . A. H., la Junte d'Elat et la nation espa- •jiiole applaudiront à cette détermination, et y trouveront une nouvelle [)reuve de mou estime et de mou constant désir de conirihuer au bonheur de ce royaume.
Que les agents de l'Angleterre, que nos ennemis communs perdent l'espoir d'armer deux nations amies, si esseutiellement liées par des intérêts réciproques. Les bons Espagnols n'auront pas manqué de voir, dans l'attitude tranquille que j'ai constamment gardée, combien l'armée est loin de s'en laisser imposer par des perûdes insinuations et que nous n'avons jamais confondu la saine partie des bons Espagnols avec ces misérables intrigants.
Archives nationales, AP''^' ItiOô. 170 et Artliivcs du prince Murât. K. XIV, p. 205.
3219. — MUH.Vr AL AIAHECHAL IJIiRTHIER
Madrid, 23 auril 1808.
Mon cousin, j'avais demandé, pour ordonnateur en chef des armées d'Espagne, M. le commissaire ordonnateur Daure ' ; si Sa Majesté ne veut pas me l'accorder, je vous prie d'obtenir de Sa Majesté qu'elle me donne M. l'ordonnateur Mathieu Faviers, qui est maintenant inutile à la Grande Armée et qui me sera d'un grand secours en Espagne.
Votre affectionné cousin.