‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 41 sur 104 · V. — LE MARECHAL BERTHIER A MURAT · texte numérisé non relu

V. — LE MARECHAL BERTHIER A MURAT

Bayonne, le 26 juin 1808.

MoNSEIGXIiL'R,

L'Empereur voit avec peine que la santé de V. A. L , loin de s'améliorer, ne lui permet pas de se livrer aux affaires. Si V. A. continue

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ainsi d'être malade, S. M. permet que vous parliez de Madrid, aceompa'jiié de rnn de vos aides-de-caiiip, en annonçant (pie vous venez à la rencontre du Roi d'Kspa'pie. Dans ce cas, V. A. !. avant son départ donnerait un décret |>ar lequel la .lunle composée du (lonseil et des ministres, présidée par l'un de ses membres, aura le <l[ouvernement, pendant l'absence que Fera V. A. pour aller au devant du \\(n '. Le «jénéral Savary (pii restera à la tête des iiriaiics, devra avoir entrée et voix délibérafive à la Junte. I,e général IJelliard couliuuera ses fonctions aupi'ès du «{énéral Savary ; l'état-major de l'armée et les ai(!es-de-camp de Votre Altess(>, e\ceplé celui (pi'clle clioisira |)our racconq)a<{ner, resteront auprès di\ général Savaiy, (]ui se trouvera commander l'armée dont le Roi d'IIspagin* sera «jéiu'ral en ebef.

Je vous j>rie, nmn Prince, de recevoir les nouvelles assurances de mon respectueux attacbemeut.

Le Vice-connétable, major-(jéuctal, Piiuce i)K Neufciiatki,.

Ardiivcs du prince Mural. D. 181. ^(i his.

' Au reçu de coKc Icllro, le 29 juin au soir, Murât s'rmprcs.sa de rendre, le décret dont on lui parlait, prit couyé de La Forest et de l'Vévillc, (•crivit à Savary et monta aussitôt en voiture pour se rendre à Bayonue.

liC 2 juillet, lielliard écrivait à Murât : » Toutes les personnes (|ui ont eu l'honneur de vous connaître à Madrid et plus particulièrement tous les ministres et miMubres de la Junte, m'ont témoi;jné tous leurs regrets de votre départ et combien elles étaient peinées d'avoir été |)rivées du bonheur de vous taire leur cour, avant ipie vous (juittiez Madrid... » (Archives du prince Alural. D. 182. 29.)

De son côté, la Grande-Duchesse de Bery était partie de Paris pour se rendre à Bayoune; elle y arriva le 26 juin dans l'après-midi, t La veille, Napoléon était allé à cheval visiter, eu compagnie de Duroc, la charmante propriété de Luuga. Après l'avoir minutieusement examinée, il la loua surle-cliamp pour sa sœur (Caroline. ALirat arriva à lîayonne le 3 juillet, assez malade pour avoir été porté eu litière de .Madrid à liayonne par sa compagnie de chasseurs-basques. Il se rendit iuinK'dialenu'ut dans la maison de Lau<ia, sur les bords de la Xive, où sa lenime était inslaib'-e.

tt Le 10 juillet 1808, à8 heures du malin, XapoK'on, accompagné d'un seul officier d'ordonnance, sortit de .Marrac el descendit sur les bords de la .\ive, se dirigeant vers I..auga où habiiait sou bean-lrère le l'rince Murât, el sa sœur (Caroline Bonaparte. Ils eurent une assez longue coulérence, et lors(|u'elle tut terminée, le (îrand-Duc de Berg monta en voiture et (juitta liayonne, se dirigeant sur l'an, pour aller de là essayer de rétablir aux eaux de Barèges sa sauté ébranlée par le climat de Madrid. L'ICmpercur rentra aussitôt à .\larrac el ne sortit pas de la journée. ^ (E. Dlckrk, Epliémérides iinpcriales. Les journées de Napoléon « liaijonne. Bayonue, 1908. In-S".)

likitkx'ANCl: en mspagne. — isos 217

3405. — LE GÉNÉRAL BliLLL^KD A MLKAT

Madrid, le i juillet 1808.

Mo\ Princk,

J'ai riionncur d'envoyer à Votre Altesse Iinj)ériale la traduction des lettres et arrêtés de la Junte du ({ouvernenieut qui concerne V. A. !.. Tous les jours, Monseigneur, les membres me témoignent leurs regrets de ne plus vous avoir auprès d'eux et je suis de leur avis.

Il y a maintenant une stagnation dans les affaires, une inertie et une mollesse inconcevables. Il est vraiment temps que le Koi vienne dans ses Etats, sa présence fera beaucoup de bien et déjà les femmes demandent quel costume elles devront prendre pour aller à la Cour et Votre Altesse sait qu'en ce pays les femmes et les prêtres influent beancoup sur l'esprit public.

Il n'y a rien de nouveau à Madrid qui est toujours tranquille; on y débite, comme à l'ordinaire, beaucoup de sottes nouvelles, mais c'est l'usage de ceux qui n'ont rien à faire.

J'ai l'honneur d'être avec respect, de Votre Altesse Impériale

Mon Prince

Le très humble et très obéissant serviteur.

Aug. BEI.f.lARD.

Archives du prince Murât. D. 1S2. 30.

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