‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 45 sur 104 · MONSIEUR LE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE GÉNÉRAL

J'ai reçu votre dépêche du 1" août, ainsi que l'état de situation de l'armée française-napolitaine. Celui qui concerne mes troupes n'est pas satisfaisant; il fixera toute ma sollicitude dès mon arrivée dans mes nouveaux Etats.

Vous m'annoncez que les Anglais ont dû faire une expédition pour l'Espagne et qu'il ne reste plus que 7 000 hommes dans les différentes places de la Sicile. Il serait à désirer que S. M. l'Empereur jugeât le moment favorable pour une expédition.

.le suis sensible à vos félicitations et je vous avouerai que j'avais été surpris en apprenant que vous partiez pour l'Espagne. Vous ne devez pas douter du plaisir que j'aurai à vous consener, aussi vais-je en faire la demande à l'Empereur. Je présume que le maréchal Pérignon est arrivé à Xaples ; je vous croyais déjà j)arti pour une autre destination.

Sur ce, monsieur le général, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

JoaC. X'.APOLÉON.

Guerre.

' Le. nom du destinataire est eu blauc. ("était le yéuéral Royuicr qui avait écrit à Murât qu'il ne restait que 7 000 hommes eu Sicile.

3418. — PROCLAMATIO.V DU HOl JOACHIM X'APOLÉOM

AUX HABITANTS DU GRANU-UUCHK DK BEK(;

Paris, 1 uoùt 1808.

Joar/iim-NopoIéon , par la (jruce de Dku, Roi des IJeif.v-Siciles, Prince et Grand-Amiral de France.

A tous ceux que les préseutes regarderont, saliil!

" Ayant cédé à S. M. rKnipercur des Kraneais, Roi d'Ilalie, Prolecleur de la Confédératiou du Hhiu, notre auyuste beau- Irère, notre souveraineté sur le Grand-Duché de lîerjj, ainsi que tous nos droits en Allemajjne, nous faisons savoir à nos bienainiés et fidèles sujets que nous les avons déga<j;és, et que par les présentes nous les dégageons de leur serment de Gdélité, ainsi que de toutes les obligations qu'ils ont si loyalement remplies envers nous, depuis que la divine Providence nous a appelé à les gouverner.

u En taisant cesser tous les engagements qui les attachaient à notre Maison royale, nous ne saurions rompre les liens de l'aflection qui nous attache à eux, et qui doit se conserver à jamais dans notre cœur par le souvenir de la loyauté religieuse qui distingue leur caractère, du dévouement qu'ils nous ont montré, de la fidélité avec laquelle ils nous ont servi. Ils étaient nos enfants, nous ne cesserons pas de leur porter des sentiments paternels.

u Les regrets que nous éprouvons en nous séparant d'eux, ne peuvent être adoucis que par l'idée des avantages que leur promettent le génie et la puissance de l'arbitre de leur destinées, accoutumé à répandre sur tous les peuples qui lui sont soumis, tant de bienfaits et tant de gloire. >'

Donné en notre Palais à Paris, le 7 août 1808.

Siijné : Jo.icniM \^u'OLko\.

Par le roi :

Le ministre commissaire de Sa Majesté : Sifjné : Agak.

Jouniiil de l' Empire, n" du maidi î(> et mcrtixdi 17 août 18'JS.

3419. — MURAT A XAPOLÉON

Paris, le 11 août 1808. à 5 h. du soir. SlRK,

S'il faut en croire les bruits que la malveillance répand dans la capitule, les affaires d'Espagne vont très mal, le général Dupont serait prisonnier avec tout son corps, Madrid serait évacué, etc.

Sire, Votre Majesté concevra sans peine toute ma douleur, puisque ma maladie a peut être occasionné une partie de ces désastres.

Sire, ma santé est rétablie, on me donne demain le dernier médicament; si Votre Majesté pense que mes services puissent être utiles en Espagne, qu'Elle me donne des ordres, et une heure après les avoir reçus, je serai en voiture.

Les nouvelles que nous recevons de Naples sont très satisfaisantes, la proclamation s'y est faite, ainsi que je l'avais ordonné, d'après l'autorisation de Votre Majesté; la plus grande tranquillité règne dans toutes les provinces, malgré les efforts et le voisinage de la Cour de Palerme; mais il y a beaucoup de désordre dans l'administration .

Tous mes équipages ont passé les Alpes, mes enfans partent dans ce moment, et si je ne savais que Votre Majesté doit arriver ici un de ces jours, je me mettrais en route, mais j'attendrai votre arrivée, afin de recevoir ses derniers ordres.

L'esprit public n'est pas bon, ou travaille beaucoup l'opinion, les deux partis extrêmes semblent s'entendre, mais cela n'est pas inquiétant, la présence de Votre Majesté fera rentrer les misérables intrigants dans la poussière.

Je suis.

JoAC. Napoléon.

Archives nationales, AF'v 1714" (81).

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