N.AI'OI.ÉON
.Irchives du jiriiue Murât. D. 479. 7.
3528. — MUR.AT A SALICETI
19 oclobrj 1808.
Monsieur le ministre, le général Partouneaux me prévient qu'il est très urgent d'envoyer en Calabre des fonds pour la solde et les subsistances ; faites-moi connaître si ces différents services sont assurés pour le mois d'octobre.
La nouvelle de la prise de (lapri a produit dans les Calabres sur l'armée et sur le pays la plus grande sensation.
' Lettre inédite.
358 JOACHIM AIIKAT
J'ai ordoniu' à l'oidomialoiir en clicl d ouvoycr à Caj)ii un commissaire dos ("iiicrrcs |)()tir y èdc cliai;{é du scm'vIco do I île. J'ai ordonné aussi d'y (Mivo\or un médecin en chef de l'année avec denx ollieieis de sanle, poni" me taire nn rapport sur son liopital. Assnrez-vons de ICxécntion de cet ordre.
Donnez l'ordre an l)ataillon dn 20' réj^iment qui se tron\e à La (lava, d'en partir pour les (lalahres pour ;^ rejoindre le reste dn réjjiment. Donnez en même temps l'ordre au balaiilcm de la Tour-d'Anverj]ne qui est en (lalabrcdc venir remplacer à La Gava le bataillon du '20' ré'jiment; mais orfjanisez le mouvement de manière (jue la Tour d'Auver«j;ne ne (|uilte les Calabres que lorscpu^ le batailbm du ^O*^ ré'jiment y sera arrivé. Faites partir de \aples le ;i' ré;[imenl italien pour Monteleone dans les (lalahrcs où il relèvera les Suisses qui s'y trouvent. Je vous observe que ceux-ci ne devrcmt en partir qu'à l'arrivée du ;V régiment italien. Ordonnez à un détacliemeni de 70 hommes dn 20' lé'jiment (jui se trouve à la Torre del (Ireco, d'eu partir pour La (lava à l'effet de suivre le mouvement du bataillon (|ni doit se rendre en (lalabre. Vous m'adresserez l'itinéraire de tons ces corps. Vous ferez |)révenir de ces mouven)ents le maréchal Périynon, le général qui commande à Salerne, et le général Partouneaux.
Taites-moi connaître l'état de tout ce qui a été envoyé en vivres et munitions de tonte espèce à (lapri. Faites remplacer tout ce (|ui a été envoyé d Iscliia dans cette île. .Activez par tons les moyens |)ossibles la fal)ri(|ue dci^ |)oudies. Donnez les ordres au colonel (|ui la dirige pour (|u'elle se procure en Calabre tous les fers coulés et antres objets nécessaires (lu'elle pouira retirer de l'établissement qui y existe.
Réitérez vos ordres aux intendants des provinces pour le prompt envoi du contingent des hommes qu'on leur a demandé. Je désire que les régiments de chasseurs et les escadrons de vélites soient définitivement organisés pour la (in de novembre.
Envoyez-moi nn |)rojet de décret |)our la nomination de général de division, |)our le général de brigade Prince de Pignatelli Slnmgoli, avec la commission de mon aide-de-camp. Envoyez-moi aussi une commission d'aide-de-camp, |)oni- le général de brigade Catagnas.
Je vous renvoie ci-joint une lettre du colonel Dedon avec un projet de marché j)our 100 |)ièces de canon en fer à faire venir rlAvignon; prenez toutes les informations nécessaiies |)onr rendre ce marché le plus avantageux |)f»ur mon trésor et donnez-lui votre approbation.
ROV.AIMI-: I)K XAPLES. — 1808 359
Faites-moi coiiiiaitre ce que fait le général Abbé ' à Xaples et donnez-moi des renseignements sur son compte.
Envoyez à la 2' division (|iii est à Salerne, le 3' bataillon d'Isembourjj qui se trouve à. Xaples ; faites partir de Gaëta pour la même destination un détacbement de 1 1 3 bommes des cbasseurs des montagnes.
Arcliises du prince Murât. R. W I, p. 14.
3529. — AIURAT AL GK.VKRAL GAAIPREDOX
19 oc:obre 1808-.
A monsieur le général Campredon.
Monsieur le général, donnez Tordre au colonel d'Hautpoul de vous adresser un rapport sur le système de défense de l'ile de (îapri et sur les ouvrages nouveaux à y établir. Enfin je veux rendre l'île inabordable. Qn <^f <iit surtout le soin de bien fortifier le poiiEt de notre débarquement et toute la partie de l'île du coté d'.^na- Capri, parce que je pense que celui qui en est le maître l'est de toute l'île.
.-\rcliives du prince Mural. R. \1V, p. :23.
3530. — XAPOLUOX A MURAT '
A Saint-Cloud, le "20 ..clobre 18)8.
Mon frère, indépendamment des états de situation que vous envoyez au ministre de la Guerre, je vous prie de m'envoyer toas les samedis un petit état de situation de l'armée de Xaples divisé en trois cbapitres, armée française, armée italienne et armée napolitaine.
Votre bon frère,
Xai'oi.kov.
Arcliiies du prince Mural, l). 470 8.
' Joan-XicoIa.s-IjOiiis .Abbé, né à Trépail ('MarQc\ général de Itrignde \c l" mars 1807, général de di^i.'^iou le 31 juillet ISil.
* Du même jour, ordre à l'ordonnateur en ciief d'envoyer à Capri un commissaire des (juerres Le médecin en cbef de l'armjc devra reconnaître l'bôpital et y laisser deux officiers de santé.
' Lettre inédite
360 JOACHIM Air H AT
:3531. — XAPOLKOX A MURAT'
A Saint-Cloud, le "20 octobre 1 «OS
Mon fièro, \ous commandez mon armée de Naplos. Kn celle qualité vous devez écrire au minislrc de la (luerre el lui rendre comple de lout, non par le canal d(> \olre eliel' irélat-major, mais directement. Cela ne m'empêche |)as que vons ne m'écriviez, mais c'est avec le ministre (pie \ous devez correspondre ])onr obtenir des réponses et pour tout ce qui regarde l'armée. Votre chef d'étatmajor doit écrire pour envoyer les étals de situation et donner les détails. 11 faut (pie le ministre de la (iiierrc re{;oive tous les jours une lettre de vous, avec les mouvements.
Votre bon frère,
\AP0t,KO\.
Arcliiies du prince Murât. D. i~0. f>.
:3532. — .MLR.AT A SALICI.TI
\'a|ili-s, -20 OLiohre 1808.
Au minisire dr la Police.
Monsieur le ministre, je suis informé que le général commaiulant la jirovince de Teramo et l'intendant de celte même province ne sont nullement d'accord, mon service en souffre; celui de lii gendarmerie s'en ressent nécessairement, les ordres se contrarient; tous les deux exigent des rapports, l'un défend d'en donner à l'autre; dernièrement l'intendant à rouvcrturedu Conseil général de la Province donna un dincr, le général en donna un autre aux militaires pour ne pas se trouver a\ec les civils. Je ne puis laisser subsister plus longtemps un tel état des choses dans un pays où l'on a tant besoin de conciliation. Les mêmes altercations existent dans les provinces d'.Avcllino et de Molise. Iscrivez aux diflérentes autorités civiles et militaires (!c ces provinces pour leur témoigner mon mécontentement et |)(un' les ra|)|)eler aux égards (pi'ils se doivent entr'eux.
Comme je regarde avantageux pour mon service d'envoyer un ofGcier-général pour commander les deux régiments cpii se Irou-
' LcUrf inédito.
ROVAIMK })V: X'APLKS. — 1808 361
vent en Espaj^ne, ordonnez au général (îanibs de se rendre à \aples où il recevra Tordre de se rendre en Catalogne.
Archives du prince Alurat. R. XVI, p. 16.
3533. — L.\ REI.VE CAROLIXE A LA RKI-XE IIOHTEXSE
Xapics. 20 octobre ISCX.
Je no t'ai pa.s écrit, ma chère Hortense, d'abord parce que j'étais malade, ensuite parce que je n'ai pas pu trouver d'écritoire, cela (!oit t'étouner, mais il y a un tel désordre ici que si je n'avais pas l'espoir que mon ap|Kirtenient lût bientôt fini, je tomberais malade. Tu sais comme je suis rangée et comme j'étais bien logée à Paris, et bien, ici, il n'y a pas d'appartement pour la Heine. Le Roi Joseph <avait défait rap|)artement pour en faire des corridors et avait logé la Reine Julie sous les toits. 11 faut monter trois cents marches j)our venir chez moi, un petit appartement où il n'y a pas une armoire, tous les chiffons sont dans ma chambre, pas une serrure ne ferme car la Reine de Palerme en a les clefs. Et puis je suis contrariée, ma santé n'est pas bonne. Je ne reçois pas une lettre de Paris, on me les prend peut-être, car je ne puis pas croire, ma chère Hortense, que tu as voulu que je commence la première.
J'ai vu Eugène qui a été charmant et rempli d'ailcntions ])our moi, je te dirai tout cela dans ma première lettre. J'ai appris avec peine que l'Impératrice était toujours souffrante, présente-lui mes respects et dis-lui quej'es])ère ne s'en portera (sic) que mieux après.
Adieu, chère et bonne Hortense, écris-moi souvent car sans cela je déserte Xaples, parle de moi à tous mes amis, àce(s/V) que l'Empereur appelle " mes amoureux " et dis-moi s'ils sont toujours tristes de mou absence.
Caroline.
.Arihiies du prince Murât.
:35;îV. — ML RAT A DLGH.ATEL
20 oclobre 1808.
A monsieur le direclciir gênerai de V Enregistremenl, à Paris.
Monsieur le directeur général, je vous recommande particulièrement monsieur Guisches, conirôleur des contributions directes, ses
362 JOilCIiiM 11 IRAI'
lions services lui doniirnl <l«'s droits à imo jtlarc (rinspcclour. ('oiiiiiu» il \a s'en |)r(''Sc'iiUM- iiiio dans lo noinraii drpjirlcmciil (|tii doit se créer à Moiitaubaii, je vous |)rie de la lui faire oblcnir.
Arcllircs (lu prince Murnt. II. MV. p "ii.
;{.-,:;:>. — MLI{ AT AL (IKXKIl AI, P.AUTOIM: AI \
'20 oiioltre lx;m.
A monsieur le (/énnal P//rl<)iinc(/i/.r, à Monlelove.
Monsieur le jjéiiéral, je lais parlir ixuir la (lalahrc le hataillou du 2(V ré}]inient et le 3' réjjimcnl italien . J'en retirerai le bataillon de la Tour d'Auvcrjjne et les Suisses, ces troupes ne devront en partir qu'à l'arrivée de celles (|ui devront les remplacer. Vous ^fjajjncz beaucoup par ces difTérents mouvements. Je rapprocbe ensuite un bataillon d iscmbourjj qui se trouve à Xaples de Lago \'c<{ro.
Je suis étonné (|ue vous me demandiez des fonds, ils sont exactement faits et à l'avance, et vous devez les avoir reçus dans ce moment.
Je ne puis faire ce que vous désirez pour l'anymentation de l'indemnité des vivres de campajjne. VOus connaissez tout l'att;:clienient que je porte aux braves lrou|)es que vous commandez et c'est avec rcyret que je me vois forcé |)ar le mauvais état où j'ai trouvé mes (inances, à ne pouvitir |)as leur donnei- dans celle circonslance une j)reuve de tout mon intérêt, mais je crois faire beiucoup en faisant exactement payer tous les mois et à l'avance la solde, 1 indemnité Ac^ vivres de cainpajjne et les masses; alors le soldat n'est nullement malbeureux. J ai ordonné au minisire de la (inerre de faire prescrire par rinlendani aux communes de fournir les vivres moyennant l'indemnité que le conseil d'administration faisait payer aux détacbements voya;[eanl isolément.
Sans doute, je ferai l'expédition de Sicile, vous pouvez l'annoncer hautement. Je vous autorise même à envoyer de leinps en temps, lorsjpie le IMiarc sera libie, (pielques détacbements sur la cole de Sicile, alind'y reconnaître la nature de la coteel un endroit favorable à un débarquement. 'l'acbez donc de savf)ir |)ositivemenl le nombre de trou|)es (]ui se trouve dansce moment-ci en Sicile. On m'assure que le général Molilerno est parti pour l'Kspajpu' avec liOOO Xapolitaiii-;. 2 000 hommes de troupes anjjlaises sont arrivés avant-hier sous (!apri, afin de secourir celte ile; mais ils n'y ont parti que pour la voir évacuer par leurs compatriotes, 'l'nut nous
ROYAL M K DK VAPLKS. — ISOS 3fi:i
porto à croire que les Anglais n'ont pas le |)rojet de défendre la Sicile et que toutes leurs forces et leurs vues sont dirigées sur le l*orlu<{al et rKspajjue; c'est véritablement le moment favorable jjour l'expédition de Sicile.
Monsieur le général, j'ai la plus grande confiance en vous et je suis très content, comme je vous l'ai annoncé, de votre manière de servir en Calabre. Cependant si votre santé ne vous permettait pas d'y rester plus longtemps, je vous accorderais le congé que vous me demandez, ne prévoyant pas qu'il soit possible que la tranquillité des Calabres soit troublée dans ce moment. J'ai fait relever par l'adjudant-commandant Sénéclial l'adjudant-commandant Marcband.
Arcllires du prince Murât. R. \IV, p. 2i.
3536. — AILRAT A SALICIiTI
20 octi.brc 1S08.
Al/ ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, le cbef d'état-major de l'artillerie et l'intendant Heaudevin, chargés de l'inspection des chevaux du train napolitain, ont prévenu le chef de l'état-major général de l'armée qu'il existait 51 chevaux hois d'état de servir. Ordonnez-en la vente, en leur prescrivant de se conformer aux lois et règlement militaires à cet égard.
Arclihrs du prince Murât. I! . \1V, p. 1".
3537, — AILRAT A SALICETI
21 ortubre 180*«.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je reçois votre rapport; faites venir à \aples les officiers anglais et les marins jetés sur la côte de Sorrento et qu'on continue à avoir pour eux les égards qui leur ont déjà été prodigués. Oii'on tâche de faire arriver à Castellamare l'embarcation, afin de l'y faire réparer.
Arcliivci du prince Murât. II. \VI, p. 17.
3t)V JOACHIM Air HAT
;î5:js. — AlURAT A XAPOLKON
\a|)lcs, |p !21 ocldhrp 180^,
Sun;,
Par un (li'iMct rendu à Hayonnc pai- le Koi .loscpli, lo (Iode Xapolétni (levait ôlio adciplc et mis on aclivilô dans loul le r()\aunK\ à compter du l" novembre; cette disposilion ne peut avoir lieu, pour plusieurs motifs, à celle époque. D'abord la tradnciion (h' ( c code, confiée |)ar le Hoi à un nommé Kapbaël, n'étant pas encore terminée et aucune mesure préliminaire pour l'orjjanisation du pouvoir judiciaire n'avait été ari'élée, ci des modifications (|ue les localitc's, les usajjcs et les mœurs de mes sujets rendaient nécessaires, n'avaient ])as encore été discutées. Dès mon arrivée dans mes Ktats, mon premier soin a été de m'occu])er de ces différents objets. La traduction du (Iode Napoléon du royaume d'Italie a été adoptée, on a fixé les sièyes elles établissements pour les différents tribnuiinx et une commission composée des meilleurs jurisconsultes m'a présenté une série de modifications à apporter au Code Napoléon . Quoiqu'on soit ])resque d'accord sur toutes, je me fais cependant un devoir de les soumettre à la sagesse de V. M. et de la prier de m'édairer de ses conseils en me donnant une décision. Celle (|ue \(»trc .Majesté daignera m'adrcsser ne peut que convenir à mes sujets, puis(|u'elle émanera de l'auteur lui-même de cet immortel ouvrage. Ce sera un nouveau bienfait de plus que vous devra la nation napolitaine et j y trouverai moi-même une nouvelle preuve de vos constantes bouté.^ pour moi. Comme ce code doit être suivi (]è?> le premier janvier, je prie V. M. de me faire parvenir le plus promptemiMit (|u'il lui sera jtossible la décision (jue je sollicite.
Je suis...
ArtiiiïPs iinlional.'s. Al''v |7U' (1.30). ri Archives (In prince Mural. H. WIX, |). 0
:',:y.'Al — MURAT A XAPOLIiO.Y
\»pl."s. if -21 (Hlolirc [IS'JH;.
Siiu:, ,
J'adresse à \ntre Majesté le rapport sur re\|)édilion de Ca|)ri,
que je viens de recevoir du gi'rieial liamarcpie; elle verra, parla
copie des ordres qu'il avait reriis, (|ue la garnison anglaise devait
liOVAl .\1K 1)K XAPLKS. — 1808 365
clro piisonniiMC do ;juerrc. Je dôsiic que Votre Majesté trouve assez plausibles les nioliis que ce yénérai doiiue pour ue pas avoir exécuté cet ordre. Quoique le but ait été rempli; quoique Capri, si important sous tous les rapports |)our mon Royaume, ait été perdu à jamais pour les Aiifjlais, je n'vn suis pas moins facile qu'on en ait laissé partir les débris de la «jariiisou, puisque ce sera autant d'hommes de plus que j'aurai à combattre dans l'expédition de Sicile. Je n'ajouterai rien de plus aux détails du général Lamarque, croyant que son rapport ne laissera rien à désirer à V. .M.
Je demanderais seulement des récompenses pour les braves de l'armée de Votre Majesté, ou la permission de les récompenser moi-même. Il me serait impossible de rendre à \olre Majesté l'enthousiasme jjénéral qu'a occasionné, dans tout mon Royaume, « la prise de Capri. Tout le monde attend maintenant, avec la plus grande impatience, l'expédition de la Sicile qui ne pourra jamais être tentée dans un moment plus favorable. J'ai la certitude qu'il ne reste pas plus de 4 000 hommes dans cette île, tant .Anglais que Siciliens. L'ennemi ne pourrait donc mettre personne en campagne, puisque cette force est insuffisante pour la garnison de ses places. Pénétré de l'importance de cette expédition et convaincu que \olre Majesté la favorisera de tous ses moyens, j'ai déjà fait partir de Xaples pour les Calabres le 3' régiment italien, ainsi que le ^^ bataillon du :20' régiment; j'y dirigerai insensiblement encore d'autres troupes, ce mouvement sufllra pour opérer une forte diversion puisqu'il annoncera mes projets sur cette î!e. Je dis partout hautement que j'y serai dans trois mois. Que doit donc faire l'ennemi? Ou y envoyer de puissants renforts, qu'il ne peut tirer que de l'Espagne et du Poitugal, ou bien évacuer cette ile, car je ue puis pas penser que les Anglais aient la prétention de vouloir conserver en même temps et le Portugal et la Sicile, et j'ai dii puissants motifs pour croire qu'ils sacrifieront tout pour conserver Lisbonne.
Je prie donc Votre ALijesté de m'envoyer les 8 000 homnu's que je lui ai déjà demandés pour faire cette expédition; cette forc<' réunie à celle que j'ai en Calabre et aux milices qui sont très disposées à s'y joindre, sera plus que suffisante pour ce coup de main. Je tiens pour impossible à l'ennemi de m'empècber de débarquer, et quand bien mènu' \ otre .ALijesté ne pourrait pas m'aider de ses vaisseaux, je crois pouvoir réunir assez de moyens ici, puisqu'il ne s'agit que d'un passage de riiièrc. Je prie Votre .Majesté de me faire connaître le plus tôt |)ossible ses ordres et ses intentions et de vouloir bien m'aider de ses conseils.
300 JOACHIM MUHAT
Je suis inforiué (|iie rcx-Kcinc (laroliiic l'ut consternée à la première nouvelle du débarquement à Capri des troupes de V. M. Des ordres furent expédies dans toute l'ile pour eveiter le patriotisme (les iiahilanls et réunir des renforts. Celte démarche a été inlructueuse, le jjéuéral Stuart tut obli;[é de l'aire partir des Aujjlais.
130 Siciliens, hommes, femmes cl enfants, étaient depuis lonjjlemps détenus dans les prisons de \aples, ils n étaient point considérés connnc militaires, ils avaient été pris sur des balcauv-pécheurs. A la nouvelle (le la prise deOapri, je me déterminai à rendre à leur patrie ces infortunés, persuadé (|n'a\anl été témoins du bon esprit et de l'enthousiasme (|u"a\ aient montrés les Xapolilains à nuui arrivée, ils détruiraient en Sicile les fausses impressions qu'on avait cherché à y répandre sur mon caractère. J'adresse à V. M. le rap|)ort du patron du bâtiment |)arlenjentaire qui vient de Palerme. Elle se convaincra j)ar les précautions extrêmes qui ont été |)rises à son égard, des craintes et de la mauvaise position de nos ennemis dans cette île. J'observe en outre à Votre Majesté que j'avais pris celte résolution priiu'ipalement par l'espoir que j'avais d'avoir des nouvelles sures de la |)Osition des Anjjlais et de pouvoir débarquer des a;{ents secrets qui ne tarderont pas d'en revenir et de me donner 4es nouvelles |)ositives à cet égard.
Je suis...
Guerre el .Ircliiics du prince Miirat. I>. WIX, p. 7.
:35'*0. — MLR.AT A .XAI'OI.liO.V
(Porliiii, le 2\ odobie (I8t8).
SiKK,
L'ambassadeur de Votre Majesté re(;ut avant-hier ses lettres de créance, hier il me fut j)résenté'. Je fis donner à sa léception tout l'éclat que méritait l'ambassadeur de \ otre .Majesté. Sans doute sa
' \jV. 17 octnlirc, (l'Anbu.sson notait (jiic la Heine l'avait rccii et (juc le Hoi n'avait pas voulu encore le recevoir. » Je ne voi.s point le Roi et je ne vni.s point à la ('our, (|iioi(]iie la Heiiii- m'ait trait(i avec beaucoup de l)r)nté et (|u'elle paraisse làclujc des diflicuitis (|ue j'éprouve, n Le 21, en nR-mc Icnip.s (lu'il rendait com|)te de la prt'sentalion de ses lettres de créance, il annonçait (pie le Roi avait londc un jardin l)()luni(jue pri;s de Ste-.Marie-des-.Anyes, ([u'il avait fait don de 12 000 ducats de revenus à la Société royale des sciences, lettres et arts, (pi'il avait prix des dispositions pour la propajjation de la vaccine, et Fait avec la Reine une visite à Pompéïa.
ROVALMI': DE VAPLES. — 1808 .JfiT
])réstMice inc sera toujours cxtrcmcmcnt agréable, et je prie Votre -Majesté de eroire que je désire d'être considéré par elle pour son ambassadeur comme je le suis déjà pour son lieutenant.
Sire, Votre Majesté avait dai^jnc permettre au général lîeaumont, ■qui tut dix ans mon aide-de-camp, l'autorisation de passer à mon service. Ce général ne peut se décider à quitter le service de Votre Majesté et me mande qu'il veut mourir en vous servant; je ne puis qu'approuver sa détermination, puisque si j'avais été comme lui le maître de ma volonté, je ne me serais jamais éloigné de vous, dépendant je suis ici seul, sans officiers français, sans mes aidcsde-camp, trois sont dans les prisons d'Kspagne, un vient de mourir et les autres restent à l*aris. Je ne puis croire que V. Al. ne partage point mes sentiments pour des personnes qui semblent m'abandonner, quand j'ai cessé de leur présenter les moyens de faire leur fortune militaire. Sire, le général Gauthier, qui a ses parents à Xaples, désirerait obtenir de \ otre .Majesté la permission de s'attacher à mon service, j)ersua(lé que ce ne serait |)as (piitter le vôtre. Je prie V. M. de me l'accorder, je lui donnerai le commandement d'un des corps de ma garde. J'aurais aussi une grande obligation à V. .M. si elle daignait permettre à mou aide-de-camp Brunet de se rendre auprès de moi. J'ai beaucoup de confiance dans mes nouveaux sujets, cependant j'espère que V. M. ne trouvera pas mauvais que je lui demande quelques officiers français sur lesquels je puisse compter.
Je suis...
Archives nationales. AF'^ 171 i' (129), et Archaes du prince .Mural. R. X.\I\, p. 10.
35V1. — AIUHAT A SALlCIiTI
(Porlici) 21 oclohre 180S.
Au minisire de la Guerre.
Monsieur le ministre, d'a[)rès le rapport que je reçois du général Lamarque, il ne restait plus à Capri (|ue pour deux mois de vivres, et pour la subsistance de 2,000 hommes, ce qui me ferait croire qu'on a été obligé de fournir des subsistances aux .'Inglais au moment de leur départ. On est bien loin d'avoir trouvé des vivres, d'après ceux que j'ai fait expédier d'ici. Voulant cependant connaître d'une manière positive les différents envois que j'ai ordonnés, je désire que vous me fassiez parvenir de suite l'étal général des
308 JOACIIIM Mil? Al'
vivres et imiiiilions (|H(' vous avez lait |)artir d'ici cl (|iil ont dû arriver à Caj)ri.
■:,y,2. — Mi!i.\r A s.ALici: II
(Purlici) -23 ocl(>l)ri' 1808.
Monsieur le ministre, je désire (|iie vous autorisiez le général Partouneaux à entrer en néjjocialion pour réclian<{<> de mes j)risoMniers eu Sicile. Monsieur (>abar(l, capitaine, (!oil èlre compris principalement dans cette mesure.
J'ai |)ris connaissance de votre rap|)ort sur les emplois vacants dans le 2" régiment de chasseurs à dieval. (lomme vous l'observez iorl bien, ils doivent toujours être rein|)lis par les olïîciers à la suite, non seulenuMit dans ce corps, mais encore dans tous les corps de l'armée na|)olitaine. Je désire mènu' (|ii"à l'avenir on prenne parmi les ofliciers sans tron|)es pour les emplois vacants ou (|ui vieiulront à vaquer |)Our Ions les régiments (jui ne i'oni |)oiiil 1;î guerre. J'i'.pproiive la demaii<'e de retraite en r;!vcur de Lulrini et celle (!e réforme en faveur de Per.-iico, je n'autorise point le quartier-maiire à prendre le commandement d'une compagnie. J'autorise l'admission aux Invalides et aux Vétérans des militaires du même corps désignes par l'inspecteur.
Le dépôt de ce cor|)s du 2' régiment de chasseurs se réduisant j)resque à rien, je désire que vous écriviez au ministre de la (luerrc en Kranfc pour obtenir de l'Kmpereur la permission de le faire rentrer à Xaples ou bien de lui donner dans l'Italie um* autre organisation.
.Aniilves du prince Murai, il. \VI. [>. 17 IS.
35V:i. — Mt r. AT A SALICKTI
(P.iriK i, -.3 (iiiiibio IS08.
Ah viluislic (/r /</ Polire.
Monsieur le ministie, sur les premiers ra|)porls (|ui me |)arvinrenl de la mauvaise conduite d;i maj(M- (iialia, j<' (is |)renf!re loiih-s les information.; j)ossibles, je vous adresse lonles (elles qui me son! parvenues ju.-'fprà ce jour. lOiis jugez sans doute après cela (pièce! ofliJer est indigne de re:ter |)!iis longtem|)s à mon service.
Archirei Ju |;ri ut- .Mural. U. \V1. p. IS.
HOVAIMK I)K XAPLKS. — 1808 369
35V V. — MIRAT A SALICETI
(Porlici) "20 octobre
Au minisire de la Guerre.
Monsieur le ministre, l'expédition de la Sicile est décidée, et dès ce moment je désire que vous rassembliez sur le golfe de Gioja, entre Scilla et Tropea', un équipage de campagne et un équipage de siège. Je désire que le premier soit composé de la manière ci-après : 6 canons de 12; 8 de 4 de campagne; 8 de 4 de montagne; et huit obusiers, dont 6 de 6 pouces et 2 de 5 pouces et demi. Toutes ces pièces devront avoir les voitures nécessaires, et un approvisionnement de 300 coups par pièce.
A l'approvisionnement ci-dessus, on joindra 3 millions de cartouches.
L'équipage de siège sera composé de 60 bouches à feu, comme il suit :
20 pièces de canon ordinaires de 24; 10 idem courtes de 24; 10 de 16.
Quatre obusiers, dont 2 de 6 pouces, 2 de 5 pouces et demi. Quatorze mortiers dont i à plaques, 3 à la Gomero, de 9 pouces, 3 ideui, de 8, 4 iden), de 5 et 1/2.
Vous ferez fabriquer à la forge de la Mongiana, les boulets de 24, les projectiles et les boites à mitrailles dont vous manquez, il est nécessaire de vous les procurer pour la lin de décembre : mettez cette l'orge dans la plus grande activité. Tirez des arsenaux du royaume, on faites faire des affûts, et les forges qui vous sont nécessaires.
Je désire aussi que vous réunissiez sur Reggio et Scilla 400 mille rations de biscuit; 15,000 paires de souliers, et 200,000 rations d'eau-de-vie.
Dounez-moi l'aperçu de toutes les dépenses qui sont nécessaires pour l'exécution des ordres ci-dessus, que je désire que vous fassiez exécuter le plus promptement possible. J'aurai beaucoup de phiisir à payer, dans cette circonstance, à votre zèle, le même tribut de ma satisfaction que vous avez si bien mérité pour l'expédition de Capri'. Je donne au ministre de la Marine les ordres pour ce qui
I Tropea, province de Calabrt' Llleriore II, aiijourd'liiii proviiRH! de Catanzaro.
- Saliccti avait présidé lui-même, dans la nuit du V octobre, à rembar(|iiemcnt des troupes pour l'expédition de Oapri, veillant à fournir tout ce qui
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lo confcriio. Vous \oiis eiiloiuîrrz ;i\c>c lui pour (]nc loul iiiarclic d'accord.
.^rcliiio) (lu [)rinre Miirat. H. \VI, p. IS.