V5. — MURAT A \AP()F,K
r<.rli«i, le ->:. oclobre 180S.
SiRK,
Je préparc l'oxpédilion do Sicile, je rassemble Ions les moyens (|ui jKuvenI en faciliter le succès : un parc de 00 pièces darlilleric de sièfie va èlre transporte dans la (lalahre, un second de .M) |)ièces de cam|)a<]ne \a être éjjalement réuni sur le (((dfe de (îioja. liCs \ ivres et les munitions nécessaires seront dirijjés sur le même point. 200 l)àtiments de transport sont déjà dési«[nés; i,(K)0 marins vont être formés en bataillons et je n'attends plus que les trou|)es (|ue j'ai demandées à Votre .Majesté et vos derniers ordres pour me rendre de ma personne en (ïalabre. Kn attendant, tous ces |)réparatifs se font ouvertement. Ainsi (|ue je lai annoncé à Votre Majesté, toutes ces mesures que je prends doivent donner un résultat positif, car les Anylais seront obliyés de tirer de forts renforts de l'Kspa'jne, et alors le but que se propose Votre .Majesté d'opérer une ('ivcrsion est atteint, ou bien ils abandonnent l'ile au\ moyens de défense qu'elle a aujourdluii. Ce sera le moment de tenter mon expédition qui ne pourra que léussir, et je suis autorisé à penser qu'ils ne se liasarderont pas à retirer des forces d'Kspajpie, quand Votre Majesté va les atta(pier avec des forces aussi supérieures.
Parmi les moyens dont j'ai besoin, il en est (|ue je ne puis |)as me procurer ici. Il existe à Home une compa<jnic (!e sa|»eurs qui m'est indis|)ensable, ainsi que deux compajjnies h pied du 1'' r('';[inient. J'aurais éjjalement besoin de deux olflciers du <]éuie des trois (pii se trouvent à Home. Le «jénéral (laiiq^cdon me dési;îne MM" Percheron etMarion. .le prie VOtre .Majesté de ('oniier les ordres (|u Mlle croira nécessaire à ce sujet. Je dois seulement lui observer (|ue si l'îlle ap|)rouve rex|)éditi(m que je prépare, il n y a pas un moment à perdre |)oiir faire arriver les .S,0()0 lidiiimes (pie j'ai deiii.uiflés, ainsi que |)om- les deux compaipiies d artillerie et de sapeurs (|ui se
niain|iiîiil. » Il p.irai.ss.iit, r-cril d'.Airlui-.son, lioirihlcrnciit mécontent diiniinislrp de la Marine il'i;;nalclli) dans le (Icparicmcnl de (|tii rien nn sv troinail prèl. Il parait (pi'il a ilc au nu>niPnl de iiinnlcr riiez le Roi |)Oiir .s'en |(laiii(lre rt «pie l'on a été ù I instant de renoncer ù l'cxpi-dition. >
KO V Al MF. DK \ \PLES. — ISOS 371
Iromont à nome, puisque celle expédiliou doit cire exécutée du ■25 déceiubre au 10 jauvier.
Jai anuoucé à Voire Majesté par mou deruier rapport, que trois barques anglaises étaient venues s'échouer sur les côtes de Sorreuto avec 8 officiers et 3 femmes; des ordres furent sur-le-champ expédiés pour les faire arriver à Xaples, mais le commandant de Sorreuto les avait déjà renvoyés, lorsque mes ordres arrivèrent, n'ayant pas cru devoir les considérer comme prisonniers; ce commandant vient délre destitué.
La prise de Capri a porté l'enthousiasme dans tout le royaume et principalement dans les Calabres. Le commerce commence déjà à jouir des avantages que nous eu attendions. Il est entré hier dans le port de Xaples une trentaine de bâtiments chargés, venant des ■Calabres, de Livourne et de Marseille. Je suis déjà informé qu'il se prépare beaucoup d'autres expéditions.
J'ai arrêté hier un plan de défense de l'île de Capri (|ue m'a présenté le général Campredon; avec 10,000 ducats et mille hommes de garnison, je la rendrai inabordable. Je crois pouvoir assurer à Votre Majesté qu'Elie doit être sans inquiétude sur ce point de l'Italie. La nouvelle de la prise de Capri a été pour la Cour de Palerme un coup de foudre, et l'on prétend généralement ici que les préparatifs que je fais sont plus (pie suffisants pour la faire partir avant même le débarcjuement.
J'ai annoncé à Votre Majesté qu'on préparait à Trieste une quarantaine de bâtiments de transport destinés pour l'Espagne; je viens d'être informé qu'ils viennent d'arriver à Messine au nombre de 37, escortés par une frégate et deux bricks, et qu'ils doivent continuer leur route pour se rendre à leur destination.
Le lieutenant du fameux brigand V entetresca vient d'être arrêté en Calabre, où il est mort de ses blessures. Trois autres chefs dont j'ai annoncé dernièrement le débarquement, ont été aussi arrêtés.
Je suis...
Guerre et .Artliives du prince Miirat. R. XXIX, p. 12.
35VG. — MIRAT A SALICKTI
iPoi(ici) 2t) o(tul)re 1808.
Au ministre de la Guerre.
Monsieui' le ministre, je suis informé que le service des subsis-
taiic'i'S viciil (le ni;iii(|ii('r (hiiis la l'ioviiue de Hari, vi (|U(' les comimiiirs ont été requises (It* l'ouriiir des \ ivres à la Iroiipe; l'aitesdoiK", une lois |30ur toutes, l'aire le service j)ar les lournisseurs, qui étant cxaeleiueut payés |)araissent eoiq)ables.
Aicliives du prince Mural. U. \VI, p. '20.
3547. — MIRAT AU GÉXÉRAL LAMARQH-:
(Porlicii 2(3 orlobre ISO.S.
Monsieur le chef (le rélal-niajor'jénéral, j'ai autorisé le colonel commandant ma <{arde ' ,à prend reu ne \ingtaine des déserteurs corses pour les incorporer dans ma garde ; les antres doivent être incorporés dans le ré«{iment Hoyal-Corse. Donnez des ordres en consécpu'nce. Donnez l'ordre au I " ré<]inu'nt (rinlanterie napolitaine de se jciulre à \aples.
Archives du prime Murât. K. \1V, p. "25.
3548. — MURAT Al (il-LM^RAL LAXISSK
(Porliii) i6 oclobre ISO.S.
Au Grand MarécJial du Palais.
.\I(Uisienr le .Maréchal, on afficlie à la porte de jxtrcelainc dn vieux palais les listes de mes décisions sur les pétitions (|ni nu' sont présentées; vous les ferez afficher à l'aienir dans la cour du vieux Palais.
Arcliiips du prince Mural. K. .\I\', p. 2(i.
.35^9. — MUR.AT A COMBIOS
Porlici. -28 -iclohrp 1808.
A monsieur le Direcleiir des j:ostei du Uoijaume.
Mf>nsiein' le direcl<'nr des l'oslcs, je désire (jne vrtus lassiez ]>artir de \aples tons les jours, à une heure déterminée, un courrier qui sera charjjé de mapporter ici tontes mes lettres; le mi-me courrier ne devra ipiitter l'orli»! (juaprès avoir ete cliarjjé' de mes
' I)ii même jour, l«!ttrc au colonel (^iOmpùre, coiiiniandunl l;i ;|.ii(l(' du Roi. pour riiiitorisci' .i choisir 20 déscrli'iir.s cor.ses.
* />' {ubiissoti t'i (]liampnffn\i — 22 orlolire I.S08. — »... I,i' Roi sort, Iravaillc, monte à clieval comme a roiditiairc, niais je le Ironie forl chanyé...
ROVAIMI': I)K \APLES. — 1808 373
dépèches pour XapU's. Vous pourriez, ])ar exemple, faire partir \otre courrier après l'arrivée de celui de France; faites prévenir de cette disposition tous les ministres afin qu'ils puissent en profiter pour l'expédition de leurs dépèches.
Archives du prince Murât. R. \IV, p. if».
3550 — MLR.AÏ .A J -D. CAVAIG.VAC
Porticii 28 octobre 180S.
A monsieur le directeur f/énéra/ des Domaines.
Je désire que vous m'adressiez un r;îj)port sur l'oryanisation de l'administration de la Loterie.
Archives du prince Murât. R. \IV, p. 20.
3551. — MIRAT AL GE.VERAL LAMAUQLE
(Porticii 28 odobre 1808.
A monsieur le général Lamarque, chef de l'Etal-major.
Monsieur le général, donnez l'ordre au ;î"°*^ bataillon d'Isembourg, qui a dû arriver à Salerne le 25, d'en partir sur-le-champ pour se rendre à Chieti, pour y relever le bataillon du 10^"''' auquel vous ordonnerez de se rendre à La Cava où je veux réunir tout ce corps.
Donnez Tordre au 3'' réj]iment italien qui doit arriver demain à Lagonegro de se rendre dans la Pouille, pour y relever le jQjème régiment que vous ferez diriger sur Monteleone.
Knvoyez à Capri le régiment de Royal corse; les grenadiers et voltigeurs exceptés, et retirez de cette ile toutes les autres troupes. Les grenadiers et voltigeurs de ce corps se réuniront à La Cava ou
il a même moins bon visage que lors de son arrivée à Xaples. Le ciiaDgemcnt lie climat, les eau.\, et peut-être la fatigue avaient rendu la Reine assez incommodée dans les premiers moments, ainsi que beaucoup de personnes de sa suite. Aujourd luii elle est mieux, et S. M. a voulu donner un bal à Portici où la Cour s'est établie depuis hier, i (Aff. Étr. .\aples, 132.)
' Jean-Baptiste Cavaignac, né à Gourdon (Lot) le 10 janvier 1775, député du Lot à la Convention, marié à .\Luie-Julie-01iuer de Corancez, auteur des Mémoires d'une inconnue. Il avait été nommé administrateur de la Loterie nationale, en France, le 21 mars 1799, après avoir été éliminé par le sort du Conseil des Cinq-Cents.
374 JOAClini Ail RAT
à Noccra. Ces six oompa<{nics rl'ôlite lormcront un bataillon cl seront commandcos par un chef de bataillon. Faites relever à Iscbia j)ar le 1" régiment napolitain, le 2;i° ré;[inient d'inlanterie légère, que vous ferez venir à \aples. Les conipa<{nies de jp-enadiers et de voIli;];eurs du 1" ré;pment d'inlanterie léyère devront rester à \aples. Kcrivez an «jénéral Partouncaux de suspendre le départ de la Tour d"Anver<jne cl des Suisses, et prévenez-le de l'arrivée du 10'"" réj{iuient dans son corps d'armée.
Knvoyez-inoi demain l'itinéraire de tous ces inonvenients; laites
porter les ()rdr(>s au ;V réjîinienl Italien, au 101 et 10' ré;(iinenl (pii
est à Clliieti, par des conniers e\traoidinaires. Hemellez \o.> di-pèclies au directeur général de la poste qui les fera porter par ses courriers.
Donnez Tordic au r)2' cl au 102'""' régiment de se tenir prêts à marcher.
.Ariliitcs du prince Mural 11. \1V, p. '27.
3552. — MLK.ar A SALICKTI
(Porlici 28 octobre 1S08.
Au ministre de la Police.
Monsieur le ministre, l'Empereur vient de m'auloriscr à envoyer à Paris le cardinal lUillo ', détenu à (îacta, en conséquence vous devez prendre toutes les mesures nécessaires pour l'aire arriver en sûreté ce cardinal à sa destination. Vous me ferez connaître le jour de son départ.
Archives du prince XIur.il. U. \VI. p. 20.
3553. — Ml HAT A CLAlUvK
Le 2!) oclol)re l«()S.
M I,i: (loviri;, mivistiik i»i: \.\ <;{i;iuti':. Je reçois votre lettre du 21 courant; c'est ave:- plaisir (|ue je vois les nouvelles relations ()ue jevais avoir direc-tement ave- vou.><.
' Liiijji Riiflo Scilla, né le 25 noùl 1750 à Sanl^OiioTrio, i-ii (Àiliilirr. iiiiiiifiiicardiniii m 181)1, siitri'dn sur le Irùnc «'■piscopai de Xaples an canlinal Ziirlo, le 9 août 1802 11 rcfnsa Av prêler scrmeot au roi Josopli et fut exilé. Il reprit pusscssioD de «on sièyc co 1815.
HOVALAIK DK XAPLKS. — 1808 375
Vous rendrez bien justice à mes sentiments si vous êtes persuadé de la satisfaction que j'éprouverai toutes les fois que je pourrai vous donner des preuves de mon ancien attachement.
Si je n'ai point correspondu directement avec vous jusqu'à ce moment, c'est parce que l'Empereur m'avait dispensé depuis longtemps de correspondre avec ses ministres et m'avait habitué à des rapports directs avec lui; d'un autre côté, mes occupations ne m'en ont pas trop donné le temps jusqu'à ce jour.
Autorisé par 1 Kmpereur et par les circonstances à croire possible l'expédition de la Sicile, et persuadé qu'elle ne pourrait être tentée dans des moments pins favorables, j'ai demandé à S. -M. 8 000 hommes, et cependant tous les préparatifs se poursuivent ici avec la plus grande activité et je n'attends que l'arrivée de ce renfort pour me rendre de ma personne en Calahre; je vous prie de solliciter ce secours auprès de l'Empereur et de me faire connaître son itinéraire, parce que je mettrai d'ici des troupes en mouvement aussitôt que j'aurai la certitude qu'elles y seront remplacées. La tranquillité parfaite qui règne dans tout mon royaume et le bon esprit de mes peuples me permettent de dégarnir momentanément les provinces de Naples et des Terres de Labour.
Une division forte d'environ 8 000 hommes est chargée de la défense de la Calabre, mais cette division est insuffisante pour l'expédition de la Sicile. Je suis donc résolu d'organiser à Cozenza une 2' division que je ferai commander par le général Reynier.
Elle sera composée des 10% 52% 101% 102" et du bataillon des chasseurs des montagnes; j'y attacherai le l''' régiment de chasseurs à cheval napolitains, avec l'artillerie nécessaire. Les 10"^ et lOP régiments vont se mettre en route pour cette destination; les 52' et 102% aussitôt que j'aurai reçu l'avis de l'arrivée des troupes que je demande à S. M.; en attendant j'ai ordonné à mon chef d'état-major de vous communiquer les autres divers mouvements que je viens d'ordonner.
Le 3" régiment italien se rend en Fouille pour y remplacer le 101*^ régiment.
Le 3' bataillon d'Isembourg remplacera à Chieti le 10' régiment de ligne qui se réunira en entier dans la province de Salerne pour se rendre de là à Cozenza.
Le régiment Royal-Corse est destiné à former la garnison de (^apri. Ses si\ compagnies d'élite ont ordre de se rendre à Salerne pour y former le bataillon d'élite.
376 JOACIIIM MURAT
Les (lilTcicnls ditaclienuMils (|iii oui liiil l'cxprililioM de Ciipii iTiiIreroiit dans louis corps rcspcctil's.
Le 1" réyiment (riiilanleric lé<jère napolitaine sera rliaijjé de la déleiise des iles (rischia et de Procida ; ses six eoiiipafjiiies de ;}renadieis et de volti;teuis resteront à \aples pour \ l'oiiner nn bataillon d'élite.
Le !23'' régiment (rinl'anlerie, (|ni arrive de (lalaltre et tpii a besoin de repos, entrera d'isrliia à Xaples.
Le 3" bataillon du 10:2', (jui est à (îaela, viendra rejoindre son corps à Xaples.
Les SIX compagnies de grenadiers el voltigeurs du 2' régiment (rinfantcrie napolitaine vont former un bataillon d'élite.
Celles du I" régiment suisse et celles (|ui arrivent dr Kome en formeront un autre. Ces bataillons d'élite que je ferai commander par des officiers vigoureux, sont destinés à former avec ma garde une réserve des 2 divisions que je destine à l'expédition.
J'ai pensé que 1 000 bommes de la Tour d'Auvergne et le bataillon de Uoyal Africain étaient suffisants dans ce moment pour la défense de (îaëta.
Par ces dispositions je réunis des corps disséminés depuis iongfem|)s et je forme un corps d'armée d'environ 18000 bomun-s pour l'expédition de la Sicile.
La prise de Capri en portant l'enlbousiasme dans toutes les |)rovinces de mon royaume, a jeté la conslernation dans tontes celles de la Sicile. J'ai avancé plus liant que jamais l'expédition de la Sicile ne pouvait cire tentée dans des circonstances plus favorables. Il n'existe j)as plus de 10 000 bommes de toutes armes en Sicile, force à peine suffisante pour faire la garnis(Mi des différentes places de cette île. L'ennemi ne peut donc mettre presque per.sonne en campagne, et je ne pense pas que lors(pM' l'Empereur marclie sur l'Espagne avec des forces aussi considérables, les Anglais puissent venir renforcer les troupes de Sicile, et ils n'ont sans dont*' pas la prétention de vouloir conserver en même lernps cette île et le Portugal. Tout send)le donc les avertir qu'ils ne peuvent conserver la Sicile, puisque avec tous leurs vaisseaux réunis ils ne sauraient empccbcr un débarquement, et qu'il y aurait pour eux plus de probabilité de pouvoir se maintenir eu Portugal, puisque les Français, pour y arriver, doivent r()M(|uérir avant loule l'Espagne. I) un autre eût»-, je pense avec qnchpie raison que la Cour de Palerme s'embarquera à la nouvelle de tiolre (icl),n(|iicm(iil cl (ju'alors l'île n'opposera ancnur espèce de i(''sis(auce. Je n aurai
H OV Al Al H l)K XAl'LES. — ISOS 377
donc qu'à taire les sièges de (|uel(]ucs places et je n'en serai pas moins maître de tout l'intérieur du pays.
J'ai déjà annoncé à S. M. (|u'un équipage de 30 pièces de campagne et im de siège de GO étaient dirigés sur Monteleone; que 50 chaloupes canonnières ou felouques armées seraient terminées d'ici an 15 décembre; que 200 bâtiments de transport étaient déjà à ma disposition et(|ue 4 000 marins allaient être formés eu 8 bataillons; que les vivres, les mimitions nécessaires au génie allaient aussi être rassemblés sur Scilla. Enfin tout est ici dans la plus grande acti\ité, et lorsque S. M. m'aura fait connaître ses dernières volontés et transmis ses instructions, je lui réponds d'être vingt jours après en Sicile. Je vous prie d'observer que l'expédition doit être faite du 20 décembre au 10 janvier, et surtout pendant que S. M. occupera si sérieusement les Anglais eu Espagne. Je désire, M. le ministre, que vous mettiez ma lettre sous les yeux de l'Empereur et je vous prie de me faire connaître le plus promptement possible sa détermination.
Vous trouverez ci-joint l'état de situation de l'armée.
J'ai chargé mon chef d'état-major de vous adresser les états de situation et de vous fournir tons les détails dont vous pouvez avoir besoin.
Sur ce, M. le ministre, je prie Dieu, etc.
Jo.ACHIM XaPOLÉOX.
Soyez assez bon aussi pour obtenir la rentrée duu escadron de ma garde qui se trouve en Espagne. Celle du Roi Joseph y est maintenant arrivée. Je suis ici sans garde à cheval.
Guerre et .\rchives du prince Murât. R. XIV, p. 2S.
3554. — MIRAT A XAPOLEOX
(Porticii !e -29 octobre 18()8.
Sire,
Je reçois les trois lettres de Votre Majesté du 19 et 20 octobre; des ordres ont été donnés pour retirer des îles les troupes de Votre Majesté : Royal-Corse formera la garnison de Capri, le 1 " régiment d'infanterie légère napolitaine, celles d'Ischia et de Procida.
J'adresse ci-joint à Votre Majesté la formation des trois divisions (jue je destine à l'expédition de la Sicile ; ce corps d'armée est plus
:î78 JOACIIIM MIRAT
([lie siiflisant pour on faire la coïKinèlc, mais, mal<[ré la lian<|uillité ([iii rè<{iu' dans mon royamiu', j'ai hcsoiii (|uc V Otio Majcslé lasse remplacer dans la proviiuc de Xaplcs, par les S 000 hommes (jiie je lui ai déjà demandés et pour y élre en réserve, les troupes (jue j'en lais partir pour la Calahre. Je prie instamment Votre Majesté de me faire connaître sa dernière détermination, .rose le répéter ici, les An<]lais ne sauraient m'empéclier d'aborder la Sicile, et je n'ai pas besoin de «pos vaisseaux, et si Votre Majesté s^; décidait à m'en envo'^ei-, ils pourraient utilement être employés devant Palerme |)our empêcher l'évasion de la (^our et de ses richesses, ils opposeraient en même temps une puissante diversion.
Tous les préparatifs se font avec la plus yrande activité, j'aurai au 15 décembre 80 petits bâtiments armés à ma disposition; les vivres, les munitions, les équipages de siège et de campagne se réunissent dans la (Palabre, enfin tout sera prêt avant la fin de décembre.
Sire, V. M. me |)rescrit de correspondre directement pour tout ce (pii a rapport au service de son armée, avec son ministre de la Ciuerre; j'obéirai à cet ordre qui surcharge mon travail et qui me forcera quelquefois d'être laconique; j'aurais reçu cet ordre avec peine si j'avais ])u ])enser que Votre Majesté, qui ne m'y avait jamais assujetti jusqu'à ce moment, avait cessé d'avoir confiance en moi, mais je suis sans inquiétude, n'ayant rien fait pour la perdre. J'adresserai exactement à Votre Majesté tous les samedis l'état de situation qu'elle me demande.
I,a tranquillité continue à régner dans tout mou royaume ' ; la prise de Capri a produit un effet inconcevable, il nous arrive tous les jours depuis cette époque des bâtiments de connnerce de tout coté.
Je suis...
Jo.AClIlM .\'aI'()LKO\.
P. -S. — J'apprends à l'instant par un émissaire qui m'arrive de Sicile (|ue tout y est dans la plus grande consternation et qu'on s'y regarde généralement comme con(|uis.
Guerre et Archiies du piiiice .Miirat. R. X\I\, p. I i.
' 1)' AiiIjussou à CJiamjyaqnij — 4 novcnilirc I80S. — i. ... \,a. ;jràcc et raffabitilé de \.\. MM. leur cniicilicril lon.s le.s (•(i-iirs... I>a jjraDde répiiliition (In Hoi, la crainte (|iril iiispirr ( onlrihiicnt aussi i)caucoii|) à iiiaiiiteoir la
nOVAlMl'; DK XAPLKS. — 180S 37»
•Jôôô. — MLIUT A CLARKC
(Porlici; 29 oclobrc 1808.
A monsieur le minisire de la Guerre en France.
Monsieur le miuistre, le Trésor de Xaples fait le service de la correspondance avec Corfou. Les frais qu'elle occasionne s'élèvent à environ 1000 ducats par mois : mon ministre des Finances réclame contre cette dépense qui doit être supportée par le Trésor Impérial; sa réclamation est d'autant plus fondée que nous n'avons d'autre intérêt de correspondre avec ces lies que celui que j'ai moi-même en ma qualité dégénérai en chef. Je vous prie de mettre sous les yeux <!e S. M. mes observations à cet égard avec l'état déplorable de mes Gnances, et je suis persuadé qu'il vous sera facile de m'obfenir le remboursement de cette dépense et que vous voudrez bien vous-même de ce service.
Un autre objet non moins intéressant doit être soumis à S. M. Tous les conscrits qui sont envoyés à Corfou traversent mon royaume pour s'y rendre; tous les hommes réformés ou renvoyés en France le traversent également ; les vivres leur sont fournis ainsi que les indenjnités de route, je suis persuadé qu'il me suffira de porter cette juste réclamation à la connaissance de l'Empereur pour obtenir que les frais déjà occasionnés pour cet objet et ceux de la uiême nature qui le seront k l'avenir me soient remboursés. Je vous prie de prendre à cet égard les ordres de l'Empereur.
.Monsieur le ministre, il existe ici un payeur-général d'armée qui a été chargé jusqu'à ce moment du paiement des troupes napolitaines et françaises ; je dois vous dire que c'est une cinquième roue à un carrosse, et qui me coûte beaucoup. Je m'explique : ce payeur n'a jamais quitté Xaples; tous les paiements se font et ont été faits à Xaples; il reçoit de mon Trésor, et les quartiers maîtres reçoivent de lui. Qui empêcherait que les quartiers maîtres des troupes françaises reçussent directement de mon Trésor, comme cela se pratique de la part des quartiers maîtres napolitains? Outre le bénéfice de 4 "/o que mon
tranquillité Les arrêtés et décrets du Roi étant marqués an coin de la sagesse contribuent encore inTmiment à améliorer l'esprit public, ainsi que l'ordre que S. M tâche de mettre dans les Onances. Les troupes sont au courant de la solde depuis le moment de l'avènement du Roi, depuis le 1" août, quant à la solde qui était due à cette éjjoque, il a été déclaré qu'elle serait payée peu à peu et par partie. î (.Aff. étr. .Vaplcs, 132.)
380 JOACHIM il L HAT
Tiésor;[;i;{n(Ma;ic'cllr iKnivcllcdisposilioii, leserviio s'en ferail mieux et les soldais n'alliMidiaieiil |)as 15 jours et (|iiol(jiielois des mois entiers pour recevoii- leur solde. Je \ous prie de soumettre mon observation à S. M. et de lui dire que ce sera un nouveau i)ienl'ait de plus (pie je recevrai d'elle, si elle dai;jne Taccueillir favorablement. B. \iv, p. ;ii-3-J.
:5.-ir»(i — CAROLIM-; A HOHTKXSI':
Porlici, -l'J octobre (I8O81.
Enfin, ma ch«'re Hortense, je reçois une lettre de toi, j'attendais de tes nouvelles avec bien de l'impatience. Ta première lettre ne m'est point parvenue, j'espère que toutes celles que je t'ai écrites ont éprouvé un meilleur soit, je t'en ai adressé plus de dix de])uis mon arrivée à Xaples. Dorénavant, je les numéroterai, fais de même alin que nous puissions voir s'il s'en perd.
Tu es bien aimable de me parler de mes cliers petits neveux et de leur bonne santé. Embrasse-les mille fois pour moi, mes enfants se portent bien aussi, ils seraient bien heureux de pouvoir jouer avec leurs cousins.
Les détails que tu me donnes sur ta santé m'attristent, je comprends l'ennui que vous devez éprouver du départ de l'Empereur, mais vous le reverrez bientôt, et moi je suis peut-être éloiynée de lui pour bien longtemps encore! (]ette idée me fait beaucoup de peine, parle-lui de moi et présente-lui mes respects. Je me sens un peu mieux, mais je suis toujours bien affligée d'avoir quitté toute ma famille. Pense souvent à moi, ma cbère Hortense, et rappcllcmoi au souvenir de l'Impératrice. Je t'ai parlé d'Eugène et de sa femme dans mes précédentes lettres, je ne saurais trop te répéter combien j'ai été enchantée de la manière dont ils m'ont reçue.
Je suis actuellement <à Portici dans un très beau palais, bâti au pied du mont \ésuve, nies fenêtres donnent sur la mer, j'ai la plus belle vue du monde. Je vais aujourdbui à Pompéia, je t'en parlerai dans ma première lettre'.
J'ai donné dernièrement un bal dans une petite maison de campagne appelée La favorite, je comj»tais y passer quelques jours, mais
' FiORELLi {Pompeianarum antiquitatum liistoiia. vol I) note que \c 27 octobre 1808, va prr.scncc de la Reine Caroline et du Fiiiice liérilier, on continua les fouilles datis la maison de l'oiyhe. Le 5 uovcndire, nouiclle visite (le la Reine à l'onipéi.
HOVAIMK DK XAPLES. — 1808 381
celte maison étant bâtie sur le bord d'un grand chemin pave de lave, il m'a été impossible de supporter le bruit des voitures, cette grande route est très fréquentée, chaque tour de roue ébranlait toute la maison. Je l'ai bien vite désertée pour tcàcher de venir dormir à Portici.
Je vais former une maison d'éducation, je vois la chose en grand, je veux que cet établissement soit aussi beau qu'utile.
Je t'embrasse bien tendrement.
Caroline.
.archives (lu prince Mural.
3557. — MURAT A SALICF.TI
■20 octobre 1808.
Au minislre de la Guerre.
Monsieur le ministre, organisez en bataillon les officiers sans troupes et ceux de l'armée morte qui peuvent encore servir, et envoyez-les en Calabre, où je désire les employer à l'expédition de la Sicile. Xe laissez à l'état-major que le nombre absolument nécessaire. Je prendrai de ce bataillon les officiers qui se seront le plus distingués, pour l'organisation des nouveaux régiments. Présentezmoi un projet de décret h. ce sujet.
3558. — MURAT A SALICETI
30 octobre 1808.
Monsieur le ministre, je désire que vous m'adressiez un état des l'onds que vous avez mis à la disposition de ma garde, pour les mois d'août, septembre et octobre; je désire aussi connaitre ceux qui ont été délivrés au génie et à l'artillerie pendant le même trimestre.
Archives du prince Murât R. XVI, p. -20 et 21.
3559. — MURAT A MOLLIEX
30 octobie 1808.
A monsieur le directeur du Trésor Public en France.
Monsieur le ministre directeur du Trésor Public, je vous adresse un projet d'organisation de la Trésorerie de mon l{oyaume que j'avais demandé à mon ministre des Finances; je vous prie d'en
prendre connaissance cl de nie faire pari de vos oiiservatioiis, et de me faire connaître raniélioralion dont il peut être siisce[)til)le. Personne ne peut mieux m'éclairer sur cette matière. Vous m'obligerez de m'envoyer celle (|ui existe en France, ainsi que la loi (|tii llxe les attributions et les rapp<n-ts du ministre directeur du Trésor. C'est bien compter sur votre complaisance et sur le désir que vous m'avez souvent témoigné de m'élre agréable, (jue de vous prier de. me consacrer (pielqu'un de vo.-; moments de loisir; croyez (|u'à mon tour j'aurai beaucoup de plaisir de vous donner des preuves de mon amitié et de ma considération.
.-archives du prince Murât. R. Xl\, p. 33.
:}5(i0. MURAT AU MARKCHAI^ LAWKS
(Portici) le 31 oclobrc 180S.
Mon clier Duc, il y a bien longtemps que je vous ai (piitté, j'ai vu avec plaisir votre voyage, je suis persuadé que vous avez été et que vous êtes beureux, je le suis moi-même devons croire content, puisque je vous vois auprès de iKniperenr. \e le (piitlez jamais, ce n'est qu'auprès de lui qu'est le bonbcur, je ne suis plus beureux depuis (|ue je l'ai quitté.
Vous èles bien per.-;nadé de mon amitié, mais v(nilant vous en donner une dernière preuve, je viens d'écrire à S. M. pour le prier de me permettre de vous envoyer mon ordre des Dcux-Siciles, il acquerra un nouveau mérite, porté par vous.
Vous allez partir, vous allez encore vous battre, et moi, je formerai des vœux pour vos succès. L'Empereur .Alexandre a-t-il été aimable ' ? Kt le Cirand-Duc? A t'on conclu (juehpie cbose ? Tu dois m'enlendre.
.Adieu, mon cber Duc, aimez toujours votre ami qui n'oubliera jamais vos dernières preuves d'allacbement. Tout à vous, j'embi-asse tes enfants.
Jo.iCiiivi \Ai'<»i,i';o\,
.-îrcliireg du prince Murât. D. iSI. 1.
' Le tsar .\lc.\aii(lro, parti do lûpnig.sberg le 10 sc|)loml)rc pour .se rcii.lrc à Krfiirt, avait trouve le 22 scplfiiiltrc à Friecllx-ry, le maréchal lianiics, cDvojr par Xapoléon pour le .saluer. Le tsar avait lait ù Lannes le iiieillenr accueil; le 1" octolire, celui-ci écrivait ii l'Kmpcreur pour lui (leniaudcr la permission de porter le «jrand Cordon de l'ordre de Saiut-André (|u'.AIe\andre venait de lui envoyer. (Voir Reçue diplomaliquc, janvier IX'.K), arlii le de
.M. R. RlTTAHl) DKS l'oKTKS.)
ROVALMK DIO \APLI':S. — 1S08 383
3561. — AIURAT A CLARFvK
31 octobre 180S.
A monsieur le minisire de la Guerre en France.
Monsieur le ministre il manque 17 officiers dans les régiments Suisses que S. M. vient d'atlaclier à son service, il serait très instant de pourvoir à leur remplacement; faites-moi connaître de quelle manière S. M. veut qu'il s'opère.
Arcliires du prinre Murat. R. XIV, p. 33.
35G2. — MURAT \\j (ÎKXÉRAL LAMARQIE
31 oclobie 1808
A monsieur le chef d'élat-major.
Envoyez à Capoue les dépôts de tous les réyim.enls qui sont partis •des Abruzzes pour la Calabre, et de ceux qui partiront à l'avenir. Faites connaître à l'adjudant-commandant Thomas que le ministre de la Marine ordonnera du sort du bâtiment ennemi qui est venu à Capri.
An-liiies du piinco Mural. R. XIV, p. 33.
35()3. — MLUAT A CLARKE
2 iiniprabre 1808.
A monsieur le minisire de la Guerre en France.
Monsieur le ministre, je vous adresse plusieurs demandes qui me sont faites de récompenses en faveur de militaires qui se sont distingués <à l'expédition de Capri; je vous invite à les mettre sous les yeux de l'Empereur. Longtemps des distinctions militaires n'ont point été accordées à l'armée, S. M. jugera sans doute convenable d'en mettre à ma disposition quelques-unes que je pourrai distribuer de manière à récompenser ceux qui les auront réellement méritées et à .exciter l'émulation de ceux (|ui seront témoins de celte distribution.
Arcliives du priiue Murat. R. XIV, p. 33.
384 JOACllIM MURAT
35GV. MURAT A CLARK K
•2 novcmluc 180.S.
A nionsie/ir le ministre de la (îuerre en France.
Monsieur lo miiiislrc, je reçois volro Ictirc du 2i. liCs moineinoiils ordonnés par IKinporour seront exécutés pour répocjne prescrile; je dois néanmoins vous observer que je ne pourrai diriger sur Home (]ne le 102'' régimcnl d'infanterie légère, parce (jue le 5'°"^ régiment de ligne ne se trouve pas à cette armée. Si vous aviez vonhi entendre parler du 52"", veuillez me le faire connaître, je pourrais recevoir à temps une nouvelle décision de l'Kmpercur pour l'exécution de ses ordres avant le 1" décembre; (|uant aux 25"" et :2()*""' régiments de cavalerie qui doivent sortir de mon royaume, je fais partir pour la Calabre et pour la Fouille, pour les relever, les -4""* et 9"°"^ de cliasseurs h cheval, et comme ces régiments ne pourront abandonner leur garnison respective qu'après avoir été remplacés, je crains qu'ils ne puissent être arrivés à leur destination que du 1" au 10 décembre, parce qu'ils se trouvent l'un dans le fond de la Calabre et l'autre dans la Pouille et les Abruzzes. Je charge mon chef d'état-major de \ous adresser l'itinéraire de tous ces mouvements. Je ne dois pas dissinuiler à l'Empereur combien je suis contrarié par la perle de ces corps, et vous le croirez facilement, parce que vous savez mon projet sur la Sicile et parce que réellement il me reste fort peu de monde dans mou ro\aume, mais les ordres de l'Empereur seront toujours sacrés pour moi.
.•\rrlii\cs du priiui- Murât. 11. XII', p. .31.