CATHERINE
Archiies du prince Murât. U. 550. I .
3(U0. — MIH.AT M VMXŒ KIC.KXK
(Porlici) -li) iion-mbre 1808.
Afi Vicc-Iloi d' Italie.
Mon cher neveu, j'ai reçu la lettre de V. A. du 12 novembre; j'ai été très sensible à l'intérêt (pie vous voulez bien prendre à mon 2' régiment de chasseurs à cheval ; je ferai partir d ici à la lin de ce mois 200 hommes pour Mantoiie pour ce régiment ; j'enverrai aussi des recrues pour mes deux rt'gimcnts d'infanterie, mais il m'est impossible d'envoyer montés ceux que je destine pour la cavalerie ; j'espère que S. M. sera assez bonne |)our me f.iire |)r(icurer des clievjiiix, je serai exact à faire (q)érer le rembourseineut <le ce qu ils auront coûté.
Je remercie V. A. de la bonté (|u'elle a de me prévenir des derniers ordres de IFruperenr relalivement à mmi haras; je la remercie surtout d av(»ir bieu voulu faire donner des fonds au directeur général. Des ordres sont donnés pour le remboursement de cette avance.
HOVAIMK DK XAPLKS — 18 )S 415
Le 28''"'' régiineiit de dra;{ons partira le 25 de Capoiie pour les Etats Romains. Mon ciief d'ctat-major adressera à celui de V. A. son itinéraire; le 25'™' est en route des Calabres pour la même destination. Quant aux régiments d'infanterie, étant sur le point de tenter une expédition contre la Sicile, je ne pourrai les faire partir que lorsque les détachements de l'armée que vous commandez seront arrivés.
Je ne saurais trop |)rier V. .\. d'en accélérer le mouvement.
Désirant donner à V. A. I. inie preuve de l'attachement et de l'estime que je lui ai toujours portés, je viens d'écrire à l'Empereur pour lui demander la permission de pouvoir vous offrir mon grand ordre des Deux-Siciles. Je désire fort que S. M. accueille favorablement ma demande, je désire surtout que V . \. voie dans ma démarche le désir que j'ai de chercher à resserrer par toute espèce ■de liens ceux qui nous unissent déjcà si étroitement.
.Archiies (lu prince Murât. R. \[l', p. 49.
3611. — MLR.^T A \APOLI-:0\
Portici, le 20 novemlire 1808.
SlHK,
Ainsi que Votre Majesté me l'a ordoiiné, je vous adresse l'état ■de situation de la huitaine; je vous adresse aussi l'état de ce qui manque au complet |)our larméc d? Votre Majesté. Le 28"''"'' végiment de dragons partira de Capoue le 25 pour se rendre dans les Etats romains; le 25""" régiment de chasseurs est en route du fond de la Calahre pour la même destination. J'attends toujours les ordres de votre ministre de la Guerre pour le mouvement des 52'' ■et 102'' régiments d'infanterie. Ces mouvements ne s'accorderont guère avec l'ordre que me donne Votre .Majesté de menacer la ;Sicile par toute espèce d'opérations, et je crains surtout que celui •de la Galabre n'y produise un très mauvais effet. C'était aujour- •d'hui, sans doute, le moment le plus favorable de chasser les Anglais de la Sicile.
J'ai la certitude que la Cour vient de faire embarquer tous ses •effets et qu'il y a beaucoup de fermentation parmi le peuple. La prise de Capri a réveillé la nation; on ne parle que de l'expédition delà Sicile; c'est une espèce de croisade; tout le monde veut en •être. Des batailloais de gardes nationales m'adressent des pétitions -pour marcber. Il est fiîcheux, peut-être, que Votre .VLijesté ne
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veiiillo |»as s'expliquer plus positivement à eet égard. Ou peut avoir à regretter d'avoir laissé échapper une si belle occasion. Les brigands sont poursuivis partout par les gardes nationales Deux de leurs plus fameux chefs viennent d'être tués. Panetto avait troublé jusqu'à ce mouient-ci la province de la Terre de Labour; sa mort en assure pour toujours la tran(|uillité. L'autre, Melle, exerçait la même influence dans les Calabres; il n'avait que 22 ans, et déjà il avait commis 122 assassinats; enfin tous déposent, partout, les armes. L'esprit public continue à être bon; la tranquillité est générale, la conGance dans le succès de Votre Majesté est parfaite. On vous croit déjà à Madrid, et je partage bien cette opinion.
Le général Donzelot me rend compte que des Albanais offrent de lever deux régiments et de les faire passer à mon service. Je prie Votre Majesté de me faire connaître si elle y trouverait quelqu'inconvénient.
Le colonel du régiment de La Tour d'Auvergne est absent, et il n'a pas les talents nécessaires pour commander; il a laissé son administration dans un état affreux. Il est très urgent que Votre Majesté le fasse remplacer; et je dois, dans ce cas, vous désigner le major qui le commande, comme un officier très distingué et comme très capable de rétablir l'ordre et la discipline dans ce régiment.
Le 52'"" régiment de ligne est dans le même cas. Son colonel est absent et il serait dangereux de laisser plus longtemps ce régiment sous le commandement du chef de bataillon actuel; son instruction est bien loin de celle des autres corps de l'armée. Je ne désigne personne à Votre .Majesté pour le remplacer.
Je suis informé que les troubles qui s'étaient manifestés en Toscane et dans les Etats Romains, et qui avaient été suscités par les agents anglais, ont été apaisés. Je sais, à ne pas en douter, que le S. Père regrette de n'avoir pas profité de mon passage à Rome pour rentrer en grâce avec Votre Majesté et entamer des négociations. Je le répète pour la cinquième ou sixième fois à Votre Majesté, vous pouvez faire tout ce que vous voudrez et de Rome et de son gouvernement, je garantis que personne ne prendra les armes pour le Pape.
Je suis...
Guerre et Archives du prince .Murât R. XXI\, p. 24.
HOVAl MK DIC XAPLES. — 1808 417
3fil2. — AIl'HAT A SALIGKTI
(Porlicij -20 novembre 1808.
Au minisire de la Police.
.Monsieur le ministre, le courrier de Calabre vient d'être arrêté auprès de Lagouegro, d'autres l'ont été tout récemment sur différentes routes : il est urgent de prendre des mesures pour arrêter le mal. Ordonnez que les escortes soient doublées et demandez aux différents commandants des divisions et subdivisions de vous faire connaître les endroits les moins surs afin d'y placer des postes. Je suis très-fàcbé que le courrier de Calabre ait été arrêté, car outre le retard que nous éprouverons pour recevoir des nouvelles de Sicile, les depècbes qu'on a enlevées pourront apporter des renseignements intéressants à Palerme. Faites-moi connaître les mesures que vous avez prises pour la sûreté des routes.
AicluTcs du priiKe Miiiat. H. XVI, p. 23.
3613. — MLR.Al' A SALICETI
(Porlici) -20 novembre 180X.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, le syndic et le gouverneur de la commune de Pisciotta, dans le Cilento, Province de Salerne, ont été obligés de s'éloigner de leur résidence pour éviter les vexations et les insultes qu'ils éprouvaient de la part de monsieur Colombier, commandant le régiment de la Tour-d'.Auvergne, commandant cet arrondissement. \]\\ sergent du même corps s'est également permis de faire donner 25 coups de bâton sur la place au syndic de la coinnume de Rovio; en général les officiers de ce corps se conduisent très mal. Faites-vous rendre compte de ces faits; témoignez mon mécontentement et faites punir sévèrement l'officier et le sous-of(icier qui se sont comportés aussi indignement.
.1i'<liites (lu prince Mural R \UI, p. i'i.
418 JOACniM MURAT
301^. — ML'UAT A SALICKTI
22 novembre 1808.
Au tninis/re de la (iiicrre.
Monsieur le iiiiiiistic, je vous jjréviciis (jne je (loiiiic l'ordre :ui niiiiistre de la Marine de faire partir |)(»nr Reggio, sous le comniandeineul de Barbara, une division de six scoiidori arnu-s; il sera |)iiu{i|)alcuu'ut cliaryé d'inquiéter et de reconnaître les côtes de la Sicile et de chercher à faire quelques prises à l'eunenii. Appelez Barbara chez vous, dites-lui que je donnerai 2 000 ducats de gratitication à celui qui parviendra à enlever, de Messine à Palerme, le courrier, et qui m'en rapportera la valise; c'est un beau coup de hussard à faire faire. Le chef de bataillon Charpa pourrait lui donner ([uelqu'un de ces hommes à coup de main dont son bataillon est abondamment pourvu.
Faites-moi connaître le jour du départ des 200 hommes de chasseurs à cheval, que je vous ai ordonné d'envoyer à Mautoue pour jg^iiae régiment. Dite.s-moi eu même temj)s le nombre de ceux que vous enverrez pour les deux régiments d'infanterie. J'ai visité aujourd'hui r.^rsenal, tous les galériens m'ont demandé la liberté et Ihonneiir d'aller combattre en Espagne; il faudrait envojer le commissaire général ou un commissaire de police pour prendre le nom de ceux qui n'ont pas plus de trente ans, qui sortent de quelque régiment et qui n'ont été condamnés que pour des crimes légers; on pourrait en envoyer 3 ou iOO à .Mantoue : ce serait autant de mauvais sujets (ju'on écarterait de la capitale.
.\rrliiics du [jrince Mural. II. XVI, p. "2-4.
3615. - MIRAT A .VAI'OLLU.V
l'ortici, 2-2 novembre l«OS.
SiRi;,
Je m'empresse d'adresser à Votre .Majesté les dernières nouvelles que j ai reçues de la Sicile, avec les gazettes de .Messine; je joins à cet envoi une lettre de Hongrie adressée au comte de l'alll'y à N'aples, tous les renseignements qui me parviennent annonrenl (pie la plus grande consternation règne en Sicile.
J'ai été visiter aujourd'hui 1 arsenal : dix nouvelles camuinières
ROYAUME DK \tAP1,F.S. — 1808 419
et vingt scolidori seront terminés dans huit jours, alors j'aurai à peu près quatre-vingts petits bâtiments armés. Je vais envoyer une di\ision de douze parancelles à Reggio, elles serviront cà inquiéter les côtes de l'ennemi et à les recoanaître.
Tous les autres préparatifs seront absolument achevés d'ici au 15 décembre.
J'apprends de Cortbu qu'un plénipotentiaire anglais s'est présenté aux Dardanelles et que le pacha de Janina favorise ouvertement les Anglais.
Votre Majesté a repris à son service le régiment suisse; vous me rendriez un grand service si vous vouliez m'accorder en place les régiments de La Tour d'Auvergne et d'isembourg; je les alimenterai facilement, au moyen du recrutement que je ferai dans mon royaume.
Je ferai partir, à pied, dans la semaine, 200 recrues pour Mantoue pour le 1" régiment de chasseurs à cheval, étant dans Timpossibilitc de me procurer des chevaux dans mes Etats. Je ferai partir aussi des recrues pour les deux régiments d'infanterie.
Votre Majesté verra sans doute dans les gazettes que j'ai donné l'ordre des Deux Siciles aux braves soldats de Votre Majesté qui se sont distingués à Capri. Je la prie de ne pas me blâmer, elles {sic) ne leur seront délivrées qu'après qu'ils auront obtenu de Votre Majesté la permission de les porter. J'ai fortement grondé la police d'avoir laissé imprimer le décret dans les gazettes.
J'attends avec bien de l'impatience des nouvelles de Votre Majesté. Je suis sur que les premières que je recevrai seront de Madrid. Nous continuons à jouir de la plus grande tranquillité.
Je suis...
Guerre et Archives tlii prince Murât. 11. WIX. p. 26.