‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 9 sur 104 · MURAT A LIX^FANT DON ANTONIO · texte numérisé non relu

MURAT A LIX^FANT DON ANTONIO

KT AUX MEJIBHES DE LA JUNTE d'ÉTAT

2 mai 1808.

Monsieur mon Cousin, messieurs les membres de la Junte d'Etat, le sang français et le sang espagnol ont coulé aujourd'hui dans la ville de Madrid, nos communs ennemis sont parvenus à armer un moment des Espagnols contre des Français, et vous avez pu vous convaincre vous-même, depuis mon séjour dans cette capitale, que c'est malgré moi que je me suis vu contraint de repousser la force par la force. Ma lettre de midi vous a déjà fait connaître mes intentions. Pour garantir à l'avenir aux bons habitants de Madrid la tranquillité, faites de suite une proclamation à la ville de Madrid, à la nation espagnole, faites-lui connaître les résultats funestes de la journée, engagez-la à ne plus se laisser égarer à l'avenir. Annoncez-lui que le roi Charles IV est arrivé à lîayonno, que les deux souverains s'en sont entièrement remis à l'Empereur pour le jugement de leur querelle, ils doivent avoir une entière confiance en l'Empereur. Faites-lui connaître que l'intégrité et l'indépendance du royaume seront garanties, ainsi que la conservation de leurs privilèges, et que si les Espagnols jugent quelques changements nécessaires à leur (Constitution, ils ne seront faits que de leur gré, d'après leurs lumières et leurs opinions.

Engagez les capitaines et les généraux espagnols d'avoir citntiam-e dans l'Flmpereur et de l'aider de tous leurs moyens à la conservation de l'ordre et de la trainpiillii*' publi(|iie ; reiulez les capitaines '{énéraux, les archevêques, les alcades, les cbefs dcn (udres religieux, les corregidors, responsables des événements. Faites sentir aux membres du clergé et de la noblesse (|ue la conservation de leurs privilèges dépendra (iclu conduite (pi'ils liendroni avec l'Empereur.

LIEUTENAXCE E \^ ESPAGNE. — 1808 35

(Jue dans la jouruée le désanneinont général soit fait dans la \ille de Madrid, que demain ceux qui seraient trouvés avec des armes (|iirloonques, et surtout des poignards, soient regardés comme eniicinis (les Espagnols et des Français et qu'ils soient fusillés sur-le- (lianip. En un mot, je vous engage à prendre des mesures telles pour que la tranquillité publicpie ne soit plus compromise.

Je vous préviens. Messieurs, qu'à l'avenir je désire être informé de toutes les mesures et déterminations que vous prendrez analogues aux circonstances actuelles. Je ne dois plus rester étranger à vos délibérations, qui doivent toutes tendre au retour de Tordre et de la tranquillité publique. Je désire aussi que vous fassiez connaître officiellement à la Xation la protestation de Charles IV et que vous continuiez à gouverner au nom du Roi d'Espagne, sans nommer lequel.

Archiies du prince Murât. R. XIII, p. 238.

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