‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 100 sur 120 · AUX RBLIGIEUSES DB SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

AUX RBLIGIEUSES DB SAINT-LOUIS

sont gouvernées par un seul esprit et par des personnes si unies que rien ne peut les séparer.

47. Il n'y a que cette union, mes chères filles, qui puisse vous rendre assez fortes pour vous soutenir contre les demoiselles.

48. J'excepte de cette règle certaines confidences qu'elles pourroient avoir à faire sur leur conscience, qui obligent au secret quand ce sont des choses passagères, car si elles doivent avoir des suites, je crois qu'il faudroit prendre des mesures avec la première maîtresse et les supérieures.

19. Les maîtresses subalternes ne doivent point recevoir de ces confidences : il faut les renvoyer a la première maltresse, ou à la maltresse générale, ou aux confesseurs et supérieurs \ le nombre en est assez grand pour que ce ne soit pas gêner les consciences.

20. Gouvernez avec douceur, fermeté et gravité ; ne vous familiarisez point, ôtez même avec les plus petites ces caresses indignes de votre profession, et qui les amollissent et accoutument à ce qui seroit si dangereux dans la suite. L'amour-propre et la mollesse sont les écueils de notre sexe*, penchez plutôt à un peu trop de réserve ^ qu'elles aient cette conduite les unes avec les autres, quelque proches parentes qu'elles soient : les caresses ne peuvent être bonnes et sont presque toujours mauvaises. Ne les louez jamais d'être flatteuses-, inspirez-leur une vertu plus courageuse, mais accompagnée de charité et d'humilité.

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