Conservez précieusement cette droitui4||4éjà II
DB SÀIMT-LOUIS.
(Sur Mie atee leipiel ellet doitent m domier i PêdocAlâM du demoiselles.)
11 mars 1708.
Quelques jours après, M*"* de Maîntenon parlant avec les religieuses de Saint-Louis dés bons ou mauvais événements de la guerre pour la nouvelle caiih
' Leiiret édifiantes, t. Y; p. 981i — lUcueil des Répomo, p. 388.
S06 LETTRES ET BirrilfiTlDfS 8U« LtMJCATMNI.
établie chez vous sur l'égalité des trâitemeats que vous faites aux demoiselles. Je vois avec nd eztrtae | plaisir que, malgré le respect, la reGonaoïMiiiGe et la sincère affection que voua avez pour le Roi, fooi ' ne distinguez point les QUes que vous tenez directe' ment de sa main. J*ai le même plaisir de voir mes parentes oubliées, et que vous ne compftez ni p^ote^ tion, ni recommandation, ni élévation de naissance, mais sur leur seule vertu et leur plus grand besoin. J'espère qu'après de pareils exemples personne ne sera en droit de vous detriaiider des distinctioiB. N'en accordez jamais, mes chères filles, sous quelque prétexte que ce soit, ni au dedans, ni au dehors, et si vous avez quelque préférence a faire, que œ soit pour celle qui auroit le moins dé ressourM d'ailleurs, si elle se trouve par elle-même propre! remplir la place qui se présenteroit.
AVEC hU DAViS DB SAOTMi^UIS (I70A). 907
agne, die leqr dit qu*il y avoit actuellemeBt & la Dur deux sortes de généraux, les uns qui vouloient emeurer pour voirie Roi, et attendoient ses ordres our partir; les autres, au eontraire, qui mouroîenl 'envie de s*en aller au lieu oi^ ils dévoient passer i campagne, quoiqp*ils n y fussent pas qUigés, les rroées n'étant point encore rassemblées , parce u'en attendant ils pourroient rendre quelques ser« ices au ftpi, en considérant les chemins, les passaes,en observant les mouvements de Vennemi, etc., endant qu'ils étoient inutiles auprès de lui ; et que un d'eux, nommé M. de BerwickS qui n'étoit rrivé que depuis quelques jours, lui avoit dit que i le Roi ne lui donnoit son congé, il le demandeoit incessamment. Puis elle demanda à M"*'' de ^eilhant lesquels étoient les plus affectionnés au ervice du prince et le servoient le mieux. Elle dit |ue Rodriguez^ répondoiti la question. M"^ de laintenon, l'interrompant vivement, lut dit : a Je eux votre pensée, ma sœur, et non pas ceHe de (odriguez. » Elle répondit donc que c'étoient ceux ni vouloient partir. « Faites l'application, répondit 1°*'' de Maintenon ; et je crois qu'une religieuse de ^aint-Louis qui voudroit faire des prières extraorlinaires, qui déroberoit pour cela tout ce qu'elle
* Jacques Fitz-iamed, duc de Berwick, fllii naturel de Jacques U, laréchal de France en H 06, e( qui gagna en H 07 la Û^taiDa 'Almarza.
* Jésuite espagnol, auteur de, la Pratique de la perfection cfirêlenne, ouvrage très-esHmè dans le dlx-seplfème Biède et Iradsft ix rois en français. On le U||Ut beaucoup à 8|Unl«€|rr.
208 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L'ÉDOGATIOlf.
pourroit sur sa classe, au lieu de ménager du temps pour en employer davantage auprès des demoîselH (|ui s'estimeroit heureuse et bien dévoie d^avoir sb gagner quelques petits quarts d'heure de lecture oi d'oraison, ne seroit pas, a beaucoup près, si agréable a Dieu que celle qui, pour lui plaire, et s'acquitter le plus qu'elle peut de son quatrième vœu, doue tout son temps libre à ses demoiselles. »
Toutes les maîtresses s'écrièrent sur Tainoar qu'elles avoient pour les classes, assurant qu'cUesoe prenoient rien sur le temps qu'elles y doivent être, et ne faisoient que les exercices d'obligation, mais qu'étant quelquefois obligées de les avancer, oi croyoit peut-ôtre alors qu'elles les déroboient. « Je sais bien, dit M'"'' de Maintenon, qu^on airoeks classes, que vous êtes ponctuelles à y aller danslo temps marqués; mais je crois, ajouta-t-elle d'un toi de raillerie, qu'il y en a quelques-unes qui le sont encore plus à en sortir ; que l'on donne aux classes ce qui est absolument nécessaire, et que Ton seroit bien fâchée d'en donner davantage ou d'y aller oi peu plus tôt qu'il ne faut; ce sont nos généraux qoi attendent les ordres pour partir. Il y a cependaet une diiïérence bien consolante pour vous entre ceux qui veulent s'en aller et vous, parce qu'en partaiot ils s'éloignent de la présence du Roi, et que vous ne vous éloignez pas de celle de Dieu en quittant l'oraison pour aller faire sa volonté, puisqu'il est tcmjours avec vous, et qu'on le trouve plus sûrement où il nous veutqu*où notre volonté propre et notre i dévotion particulière nous portent.
« Il est encore à craindre, dit-elle, que ce ne soit pas toujours la piété qui excite à faire des prières extraordinaires, mais Tamour du repos. On se trouve bien à l'oraison, parce qu'on se délasse, qu'on cesse de penser à des choses désagréables et ennuyantes, qu'on n'a point le bruit des enfants, ni la conversation des grandes, ni les contraintes qu'il faut avoir auprès d'elles sans s'en apercevoir-, on y cherche sa consolation-, l'amour-propre s'en nourrit*, on est quelquefois plus satisfait d'un quart d'heure de prière qu'on a faite en particulier que de toutes celles qui se font avec les autres. Supposons même qu'on ne cherche qu'à servir Dieu, si l'amour qu'on a pour roraison fait aller à l'église dans les temps où la règle en donne la liberté, comme les dimanches et fêtes, le zèle des classes ne doit-il pas faire faire la même chose? Vous devriez plutôt être portées à y aller trop souvent qu'à vous en retirer volontiers. Quand on aime Dieu, on est ravi de faire quelque chose pour lui plaire, et on n'y regarde pas de si près pour ne rien faire de trop. Les personnes charitables qui ont du bien ne se contentent pas de donner à un pauvre seulement pour l'empêcher de mourir -, on lui donne largement et au delà de ce qui aeroit absolument nécessaire. »
Puis elle dit, d'un air touché : a Vous verrez un jour ce que vous deviez à vos classes, c'est sur quoi . Dieu vous jugera. Une Carmélite qui, au lieu de s'appliquer à l'oraison, voudroit aller au parloir instruire la jeunesse, comme les Ursulines, seroit fort en danger de son salut ; elle feroit une œuvre excellente
^310 LBTTBBS ET SSITBBTJBNS BOft ÛÈWiCKTUa.
en elle-même, mais je suis assurée que eetle benne œuvre ne la conduiroii pas au ciel, parce qu'elle n'est pas pour elle dans l'ordre de Dieu. Je dis h même chose d*une religieuse de Saint-4jouis qsi n'iroit pas volontiers aux classes, ou qai les qoittsroit pour aller méditer; la fin de votre etablissemeÉ est 1 éducation, comme celle des Bernardines esté chanter les louanges de Dieu et celle des Hos|Hblieras de servir les malades. Si vous compraMi l'excellence de votre œuvre, et combien Vous phÎKi i Dieu quand vous vous appliquez h insfucer la piété à vos demoiselles, que vous leur donnez une faoooe maxime, que vous leur 6tez l'occasion de Caire oa k dire du mal en demeurant avec elles et les amasMt innocemment ; car tout est bon quand il est fait dav la vue de glorîGer Dieu, d*empëcher qu*il oe soit offensé, ou pour Tutilité du prochain; si, dis-je, vous étiez bien persuadées de ces avantages, vooi iriez plus aux classes que Ton pe voudroit, et il faodroit vous retenir. Je ne désapprouve cependant pss le goût que vous avez pour la prière ; au oonlrairSi car votre vie doit être une oraison continuelle; il faut que vous viviez de Dieu, que vous uiacchieses sa présence et que vous l'ayez en vue dans toota votre conduite, sans cela vous vous lac^-ries et oa pourriez vous soutenir ; mais je trouve quMl p'yt point décharge plus propre i ce recMeillenoentoon- 1 tinuel que vos classes ; tout vous y porte ou vousf I appelle : vous y faitesdesuntes instructions, vouf f entendez des lectures pieuses, on y chante de^ psaumes et des cantiques, on y garde le^ileq^ce ; tpu^cab
AVBC LBI PAMES DE ftAIMT-LOUIS (1708). 211
^i8M*t-il bien de Dieu ? Quand saint Paul a dit : a Priez saos cesse , v il n'a pas prétendu qu'on soit tout le jour i l'église, parce qu'il parloit à des chrétiens de toutes sortes de professions dans leiquelles il vouloit qu'ils demeurassent ; il explique aussi de quelle manière on le doit entendre en disant: « Soit que vous buviez, soit que vous man^z, ou fassiez autre chose, faites tout au nom du Seigneur. »
n C'est une erreur, dit-elle, de croire que la yie intérieure ne consiste qu'à prier : elle consiste de plus à remplir les devoirs de son état et à travailler dangla vue de plaire à Dieu. Croyez-vous que dans le monde nous ne oonnoissions point la vie intérieure, et que, parce que nous ne sommes point religieuses, nous ne puissions y parvenir? Ces bonneg dames, dit-elle agréablement, 3'imaginent apparemment qu'il y a un paradis particulier pour elles, et que nous n'y aurons point de part. Vous von3 trompez, nous sommes souvent plus droites que vous dans notre piété. M. le duc de Beauvillier\ dont je vous ai parlé bien des fois, entend tous les jours une petite messe de grand matin ; quand il y communie, il fait une courte action de grâces ; il va ensuite im con^il, oh il demeure jusqu'à une heure après midi, et il ne pense point à le quitter ppur aller prier, parce qu'il est persuadé qu'il plaît
< « L*un det plui Mges hommei de ma cour et de mon royaume, » âkaîi Louis XIV en 1 070. 11 Ait gouverneur du duc de Bourgogne, ■rinMre d*^! et dief du eonieil des fliunees. <Volr les Utémoirtê é€ Sami'SuftM, i. XXl, p. 67.)
à Dieu en écoutant parler des affaires de TÉtat; je le crois aussi ^intérieur que vous autres. »
Puis regardant en souriant M*"* du Pérou qui étoit supérieure, elle lui dit : «Si vous leur donniez la liberté de faire ce qu'elles voudroient, on les verroit toutes aller chercher des petits coins pour prier, et je craindrois bien qu'il n'y en allât guère aux classes, excepté quelques-unes, que je sais qui les aiment beaucoup et qui sont toujours prèles d'y voler dans tous les moments qu'elles le peuvent. — Il est vrai, répondit M°*"du Pérou, qu'il y en a qui en trouvent toujours les moyens, car, ayant un jour demandé â une de nos sœurs comment elle faisoit pour donner des temps extraordinaires aux classes, elle me répondit : (( C'est que je veux accomplir mon quatrième vœu. )i
j^me Jq Fontaines, qui étoit assistante, dit que depuis deux jours elle avoit passé quelques heures à une classe à la place des maltresses que la mère supérieure avoit assemblées ; que le temps s'étoit passé à chanter et à garder le silence, parce qu'elle n'avoit osé s'avancer de leur faire l'instruction, n'étant que suppléante-, que trois heures lui avoient paru fort courtes, tant elle y avoit trouvé du plaisir, et qu'elle y avoit bien pensé à Dieu. M'**' de Maintenon lui répondit en riant : « C'est que vous n'êtes pas dévote -, celles qui le sont ne s'y seroient peutêtre pas si bien trouvées. » Sur cela M"* de Boissauveur la fit ressouvenir qu'il y avoit longtemps que, parlant à la communauté sur le même sujet, elle avoit dit qu'il ne falloit pas recevoir des novices
ATEC LES DAMES DE SAINT-LOUIS (l708). 213
plus dévotes que M"* de Fontaines, a Je le dis encore, dit M** de Maintenon, ce seroit bien assez-, » ajoutant : « Vous ne devez recevoir aucune fille à la profession qui n'ait une inclination particulière pour les classes, et qui ne s'y porte avec une grande ardeur. Une novice qui n'airneroit pas tout ce qu'on y fait, ou qui s'y donneroit avec peine, marqueroit assez qu'elle n'a pas de vocation pour cet état; comme une fille pleine de répugnance pour les malades n'en auroit pas pour les Hospitalières. »
La maîtresse d'ouvrage, voulant rendre un bon office à ses aides qui étoient du noviciat, dit qu'un jour qu'on leur avoit donné permission de prier Dieu dans les temps qu'elles pourroient avoir de libre, elles lui avoient demandé si elle trouvoit bon qu'elles profitassent de cette permission. « Je suis sûre, reprit M"* de Maintenon, qu'elles auroient bien voulu que vous leur eussiez laissé toute liberté. » Et sur ce qu'elle assura qu elles étoient demeurées de fort bonne grâce à travailler avec elle, sans marquer trop d'empressement ni aucune peine, a Voilà, dit M"** de Maintenon , comme il faut être dans toutes les charges, puisqu'on trouve Dieu partout et que nous ne devons chercher que lui. »
l|aie j^ Pérou ajouta : « Ce qui détourne un peu des classes, c'est ce jour de retraite que la constitution permet; vous avez bien voulu qu'on le pût prendre un jour ouvrier, et sur cela il parolt qu'on a plus de peine à la faire le dimanche et les fêtes, parce que, dit-on, ils sont déjà consacrés à la prière ; je crois pourtant que ce n'est pas tout à fait votre
314 LEn»^ BT KNTREnENf SDft L'tollCAIIM.
intention. — N'estr-il pas aussi marqué, reprit M"* de Maintenon, que la supérieure est en droit de rofuser ce jour de retraite, dis qu'elle le jugera à propos? liais on la presse peut ^ètre, et elle ne peut pas toujours refuser. Il feut pourtant considérer qu*en prenant des jours ouvriers pour Eaire ces retraites, on retire une maîtresse de la classe ; et si vous en faites une par mois, c'est Tôter quaire fois la semaine, car vous êtes quatre â chacune. Cela, joint à toutes les autres, qui vous en retireront né* cessairement» seroit bien préjudiciable à vo» demoiselle^ à qui vous êtes toujours nécessaires. Pour moi, j'aim^rois mieux voir a ma classe cinq maîtresses que quatre, et je serois ravie qu'être cela il me vint encore des demoiselles noires et des rubans couleur de feu^»
2i5<. - [.ETTRE A UNE DÂlIfi DE SA1NT-L0ll$.
J'ai cru qu'il falloit vous laisser quelque lempp dans la classe sans vous rien dire*, mais je crois qu'il faut présenten)(^nt vous exhorter à parjer plfi^ que vous ne faites. Il y a sept à huit jours que ypiis êtes dans le recueillement et le silence ; vous devpz avoir fait une provision de vie intérieure, et mon intention n'est pas de vous la faire quitter. Je désire
* (1 Grandes demoiselles qui aident aux mattresses dans les classes. »
* Lettre$et Avis p. 312.
A HAiUHE M SAIKT-rtMEB (170§). 215
teoleneDl qœ, tâimnl l'esprit de totre institut, TOUS jotgiôet le service de Martbe i la oontempi»tioD de Maddeîne, et que ydos retnplissiez rotre qoétrièiiie vo9o« On n'instrait point sans parler; on d'éièfe point ses enfants en silence; il faodra donc, lÉMi dière fille ^ qiie tons parliez aux demoiselles, qoe tous les repreiiiez soorent et que vous les instruisiez toujours; il faut même que tons entriez dans leun( coiiversatidns et dans leurs jeux, et que tous tfoyez bien persuadée que tous sertcz Dieu quatid tous jouez aux dames, aux échecs^ dans la tue d'acquérir par ces complaisances un pouvoir sur les esprits pour les ilienér à Dieu.
On peut plus exciter par la parole que par le silence : les apôtres, formés par Jésds-Cbrist, instruisoient continuellement; songez donc à remplir toutes vos obligations, ma chère fille. Il y a dans la classe même bien des temps de recueillement où elles gardent le silence; il y a des lectures, des cfaattts; tôtit cela; tôils laisse lé temps de retourner à bieu, quand vous en seriez éloignée, ce que je ne puii eroire quand tous pratiquerez ce qoe je tous propose.
iM^-LETTRB A MADAME DE SAINT-PËRIER,
PRlHliU HAITâISSI AU BLXVIS.
On nous interrompit, il y a quekjues jours, dans
1 Lettres et Àiis, p. 304.
216 LETTRES ET ENTllETIENS SUR L'&OUCATIOX.
le temps que je voulois vous dire, ma chère fille, ce que j*ai déjà écrit ailleurs, qui est que, quand vous avez des filles de grande naissance, il faut redoubler vos soins pour leur éducation ^, mais d'uœ manière imperceptible aux autres , car l'égalité qu'on y garde est excellente. Ce que je demande n'iroit qu'a leur parler un peu plus souvent en pvtieulier, a les employer à tout pour leur ouvrir l'esprit, à leur inspirer une solide piété et tout ce qui peut former leur cœur à la vertu ; ces filles-là dans le monde et môme dans les couvents peuvent faire de plus grands biens que celles qui sont forcées par la misère à i^etourner chez leurs parents. M"* deRochechouart est dans le cas que je vous parle, et il me semble que vous la poussez assez; ce qui me fait espérer que ses inclinations i:^pondront i si naissance.
Que vous êtes heureuse, ma chère fille, de ne pas
1 M"**' de Maintcnou parlait ainsi d'après l'esprit même de la foidation de SaiiiM^yr, celle maison n'étant pas, comme nous Vvnaa déjà dit, une maison ordinaire d'éducation, mais une Bouire d*édiflcation et d'instruction pour toute la France. Aussi, quand eUe excitait Louis XIV à soulager la pauvre noblesse eu fondant Saint- Cyr, elle lui disait : « Le bien et hi mal que les gens de eonditioa peuvent faire portent plus dû coups que dans les autres classes de la société , parce ({u'ils sont appelés à donner l'exemple. » Dsih sa pensée, plus on était élevé eu naissance, plus ou devait faire de bien ; mais ce qu'elle exigeait de la naissance, elle l'exigeait aussi de la richesse, car nous la verrons écrire : « Je donnerois de mon sang pour communiquer l'éducation de Saint-Cyr à toutes les maisons religieuses qui prennent des pensionnaires (de la bourgeoisie), elles feroient de plus grands biens que nous, parée qu'elles élèvent des tilles qui auront de plus grands établissenients. n
n mot qui ne soit une bonne œuvre qui ira in que vous ! Vous contribuerez à la gloire de ur la terre, dans le temps que vous jouirez B ciel. Je ne puis m'empécher de porter de : aux Dames de Saint-Louis, ^ous prie de montrer cette lettre à ma sœur lemare' , aCn qu'elle fasse de même dans sa
>. — LETTRE A MADABfE DE SAINT-PËRIER.
ti oetobre 1708.
S avez de la peine à accorder deux cboses vous ai dites et que vous trouvez opposées : que vous devez former autant que vous !Z la conscience de vos Glles à être simple, e et droite^ l'autre, qu'il ne faut pas les ) discoureuses. II n'y a point d'opposition, ce nble, entre les deux conseils : ce ne sont pas s franches qui ont le plus à dire. La franchise isiste pas à dire beaucoup, mais à dire tout, tout est bientôt dit quand on ^t sincère, qu'il n'y a pas grand avant-propos, et qu'il it point employer beaucoup de paroles pour le cœur. Une personne simple dit naïvement elle a sur le cœur, et quand môme elle seroit
rie-Bladeleine de Rocqulgny de Llnemare fil profession le smbre 1706 et mourut en 1749, à soixante-deux ans. Elle i trois fois supérieure.
très etÀvUf p, 362.
If. 40
218 LETTRES ET ENTRETIENS StIR L'EOUCATION.
un peu scrupuleuse, elle se calme par Tobéissauce, et quatre mots lui suffisent. Celles qui ne sont pas simples ne peuvent se résoudre ni à parler ni à se taire ; il faut leur arracher leur confiance, et on se perd dans leurs tours et détours.; c'est ce qui fait ces longues conversations et ces retours a confesse/ on a dit, mais on n'a pas tout dit, on n'a pas voulu dire une circonstance, et puis la peur prend de ne l'avoir pas dite, et on vient la redire ainsi que plusieurs autres. Un cœur droit dit dès la première fois tout ce qu'il sait. Ne voyez-vous pas que les plus franches sont les plus tôt confessées? elles ne cachent rien, et le confesseur, qui connott cette disposition, a peu de chose à leur dire. Tout cela, ma chère fille, est de môme pour les premières mal* tresses : il faut dire peu a vos filles, il faut les*a6coutumer à peu dire d'abord, à ne se pas embarrasser de n'avoir rien à dire, à ne point chercher de quoi dire, à louer Dieu d'avoir peu à dire, car c'est la simplicité. Ces personnes-là doivent dire i ceux qui les conduisent : Je n'ai rien à vous dire, mais si vous voulez me faire des questions j^ répondrai, car je ne veux, rien cacher. Cette disposition à ne rien cacher est cette ouverture, cette droiture, cette simplicité que Ton demande et qui est si agréable à Dieu. Vous voyez bien qu'elle ne £bnsiste donc pas a beaucoup parler. Vous ne pouvez trop vous opposer à ce défaut, il est grand, et les conséquences en sont encore plus grandes. Je suis souvent humiliée chez vous de tant parler, mais il me semble que Dieu le veut ainsi. Je ne sais si vous
ISgTBUCTION A U CU86g iAUKB (170#). 319
«ntendrey bien cette lettre; elle a été souvent interrompue ; je ne répondrai point présentement A Ifi dernière que j*ai reçue de vous. AÎlieu, ma chère fille , c'est d'aujourd'hui en huit que j'espère me trouver avec vous.