‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 105 sur 120 · I7IS · texte numérisé non relu

I7IS

Je crois que vous aurez bienlôl les deux petites Marlinvast; il faudra, dans la suite, tâcher de les faire entrer à Siint-Cyr, afin qu elles aient part aux bienfaits du Roi. Vous pouvez, madame, prendre U plus petite de vos nièces, et employer monseigneur révoque dÉvroux auprès du père Letellier pour en faire mettre une cbcz nous. Ce n'est point moi qui m'en mêle*, le Roi se fait un grand plaisir de donner les places, et il est bien juste de le lui laisser. Ce sera une bonne raison à mettre dans un placet, que celle d'avoir été ruiné par la guerre. Je vous donnerai deux cents francs de pension pour chacune

* Lettres et Avis f p. S4T.

< Voir U note de la page 119 (t. If;.

A MADAME DE LA MAIBIB (ITU). 279

de cos trois pensionnaires, et cinquante livres une fois payées pour les meltre en fond de quelque linge.

Ha», madame, avant que de vous déterminer à prendre df s pensionnaires, faites vos réflexions devant Dieu sur les soins que vous en devez avoir. Elles ne sont gardées qu'à Saint Cyr-, cependant, madame, il est essentiel de les veiller jour et nuit sans jamais s'en lasser -, enfin ce sont des âmes dont vous répondre z : vous n*ètes point obligée à prendre des pensionnaires , mais vous êtes obligée de veiller sur leurs mœurs ^ je ne sais pas comment les religieuses se justifieront sur cet article.

Du reste, voire projet est très bon, et je suis persuadée qu'elles seront très-bien élevées ; les miennes seront bonnes à servir d'exemple pour les tourner comme il vous plaira, et pour leur faire faire trèspeu de dépense, car je ne vous demande que de * conserver leur innocence, de leur foire apprendre ce qu'elles doivent savoir par qui il vous plaira, de leur donner des corps bien faits pour leur taille, de songer a leur santé sans aucune délicatesse, et après cela de vous en servir pour tout ce que vous jugerez è propos.

Rien n'est si raisonnable que toutes vos vues pour bien nourrir vos filles en santé et en avoir grand soin dans les maladies *, Dieu vous bénira si vous êtes encore plus occupée de les sanctifier que de les bien traiter, mais Tun et l'autre.

Le détail de votre lettre m'a fait le plus grand plaisir du monde ; j'aime à tout savoir des gens A

qui je m'intéresse, et je n^aime point les compliments dont la plupart remplissent leurs lettres. Continuez de prier pour moi, et n'oubliez jamais le Roi et Saint-Cyr. Je suis de tout mon cœur à vous.

Ce 10 jaillct f71î.

Vous avez raison de compter pour beaucoup, madame, que je vous prête une demoiselle telle que M"' d'Esplas^, et j'y ai d'autant plus de peine, que je n'espère pas qu'elle réussisse. Elle ne trouvera apparemment de docilité qu'en vous; les autres religieuses ne voudront point changer leur manière et ne se résoudront jamais à ne se point mêler de leurs parentes ou autres pensionnaires , et à les abandonner entièrement à celles que vous aurez choisies. Celle opération est pourtant absolument nécessaire pour l'éducation des enfants et pour l'anion dans la communauté. M"' d'EspIas est sage, douce, et si habile, qu'on l'a déjà mise maltresse dans deux classes. Je prie Dieu de bénir sa mission. Je n'ai pu voir la personne qui l'emmène : j'avois trop d'affaires ces derniers jours-ci. Vous me ferez plaisir, madame, de m'informer de temps en temps de vos nouvelles, car c'est bien sincèrement que je m'y intéresse.

* Lettres et Avis, p. 856.

• Demoiselle de Saint-Cyr que M"» de Maiiitenon envoyait à BlBy pour y réformer les classes.

A MADAME I>B LA MAIRIE (i7iS). 281

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