MAIT&ESSE 6£NÉR4LS DIS CLASSES
Janvier 1713.
M"* de Gomerfontaîne m'écrit une grande lettre pour me persuader de lui prêter des secours pour établir chez elle l'éducation de Saint-Cyr. M"'' d'Aumale me presse de lui accorder tout ce qu'elle me demande. Je vous avoue que j'ai un peu de peine, parce que Tentreprise est un peu difficile. Notre abbesse a tant de gens à ménager, elle garde si peu ses pensionnaires , elle en est si peu maltresse , elle change si souvent de confesseur qu'il me parolt très-difficile qu'elle puisse bien élever les enfants qu'on lui donne. Elle est charmée de la simplicité et de la droiture qu'on trouve dans nos classes; mais c'est à force de temps et d'application qu'on leur inspire. Il est bien vrai que la meilleure invention qu'on puisse trouver pour communiquer notre éducation est ce que M"* de Gomerfontaine projette : Champlebon^, première maltresse, ma sœur de Pinard*, seconde, une demoiselle de Saint-Cyr, troisième, mademoiselle de Ferons* au-dessous, une petite fille pour modèle et pour chef de la première bande. Voilà ce qui se peut faire de mieux -, mais vous savez la peine que j'ai eue à rendre cette pre-
> Lettres agréables, ^. ld38«
s Voir page 128.
» Élève de Sainl-CjT, religieuse de Gomerfontaine.
♦ Élève de Saint-Cyr.
186 LETTRES «r niTMmm «m a?AMNUTioif •
mière maîtresse absolue dans sa classe ^ on ne peut pourtant bien gouverner aatremenL il ne faut aucun partage dans l'autorité ni dans les maximes; il faut que toutes les subalternes renvoient tout a la première , qu'elles prennent son esprit , qu'dies aient les mêmes maximes. L'exemple que nos maîtresses donnent là-dessus Csit pliis d'eftft encore sur nos petites filles que toutes les plus belles choies qu'on peut leur dire. Mais puisque M** de Gomerfontaine et M"* d'Aumale veulent qu'on en esnje, voyez avec notre abbesse quelle noire vous lui donnerez. Pour modèle je préférerois M"* de Momaj', qui est assez raisonnable pour aller faire un voyage qui peut être utile à la gtoire de Dieu, et qui me fera un grand plaisir.
Vous voyez bien que cette lettre est pour l'ab- 1 besse et pour vous, afin que vous régliez toutes choses ensemble ; le tout sous l'autorité de notre ' mère. Faites mes compliments, je vous prie, et mes remerclments à mes sœurs de Sailly , de la Neuville , de Vandam et du Londe ] mois je me suis prescrit à n'écrire qu'au conseil ; le reste me mèoeroit trop loin, et vous voultz me conserver.
Je crois qu'on ne fera pas le siège de Fri bourg ^ 11 n'y a rien à désirer ni A demander que la paix.
1 GAbridle de Momay de Montehemull ; elie ii*mdt coeore que quinze ans, devint Dame de Saint-Louis en 1719, et niourut en 1782, âgée de qualre-vingt-eiaq m. Elleavidi inw MBorqui devint supérieure de la maison de Saint-Louii.
' Le siège Ait fkit et Fribour ^s, M «toi laiaa la pih de RanUdlle 6 mars 1714.
M Lk HAmiB (171»). 287
2i5>. - LETTRE A MADAME DE LA MAIRIE.
Le 9réTritr 1713.
^ Je n'ai point de nouvelles de M. d'Évreux, et je
vous assure, madame, que je les altends avec autant
' d'impatience que vous, dans l'espérance qu'elles
* vous seront favorables. L'amitié que j'ai pour vous " me fait déârer de vous aider, mais j'y ajoute encore
* uoe aut're vue plus utile. Je ne sais si je me flatte ' sur l'éducation de Saint-Cyr, mais je vous avoue
que je la crois très-bonne ; je voudrois de tout mon cœur la communiquer et l'établir dans les autres maisons où il y a des pensionnaires : la vôtre me parott plus propre qu'aucune autre à ce dessein. Vous avez bon esprit, votre communauté est petite, et j'ai lieu de croire qu'elle est raisonnable, par la manière dont elle entre dans ce que vous voulez, et dans ce que de jounes filles de cbez nous leur vont apprendre. Il n'en est pas de môme des autres couvents ; ils ont leur esprit, leurs coutumes, et nos demoiselles qui s'y feront religieuses auront à les prendre, à s'y conformer, et à lâcher d'oublier ce qui se fait à Saint-Cyr. Ainsi , cette éducation ne fera pas tout le bien que je voudrois; mais si vous pouvez vous attirer beaucoup de pensionnaires et lès bien élever, on pourroit espérer que les autres maisons seroient tentées d'imiter la vôtre, et d'autant plu» que nos méthodes et nos pratiques ôtent
288 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*60UGATI0!f.
une grande partie de la peine de l'instruction. Nos Dames de Sainl-Louis se sont usées dans les commencements en faisant tout elles-mêmes : il est établi présentement que les classes sont les plus douces charges de la maison, et où nous mettons les malsaines ^ les demoiselles apprennent tout les unes aux autres, et les maltresses n'ont qu'a être présentes et à voir si tout s'y fait. Cette présence est absolument nécessaire, car les enfants badineroient si elles n'étoicnt contenues. M*** d'Esplas vous a fait voir ce détail.
Je suis bien que Tégalité qui est à Saint-Cyr, et le pouvoir absolu qu on a sur les demoiselles, rend noire éducation plus facile que chez vous, où les parents se mêlent de leurs enfants , où la iille de bourgeois veut être mieux traitée que la demoiselle, et que Ton ménage en effet, parce qu'on espère quelque avantage de la famille. On ne peut pas être parlout désintéressé comme à Saint-Cyr, où Ton n'a besoin de personne, où Ton donne toujours sans rien recevoir; mais on approche du plus près qu on peut de ce désintéressement, et j'espérerois que, rendant des filles bien instruites, bien soumises et bien raisonnables, le bruit de votre éducation se ré- ' pandroit et que votre intérêt même s'y trouveroit. i Celte occupation qu'on donne aux filles, loin de les fatiguer, leur fait plaisir et ôte tout ennui ; en formant les autres, elles se forment elles-mêmes et deviennent excellentes mères de famille. Notre manière est douce : on les prend par raison, par émulation , par amitié, par récompense, par distinc-
A UADAME DE LA MAIRIB (1713). 289
lions-, les demoiselles aiment tendrement leurs maitresses,elles se trouvent heureuses, et leur affliction est grande quand le temps de leur sortie approche.
Il est vrai que nous avons d'excellents confesseurs qui savent nos règles mieux que nous-mêmes, qui s'y conforment, qui prêchent la docilité, le respect et la confiance entière pour les maîtresses, pendant que les maltresses prêchent la docilité, le respect et la confiance entière pour les confesseurs. Tout s'entend pour le bien, et Dieu bénit tout. * Voici mon plan : si M. d'Évreux ne le renverse point, ou si Dieu ne dispose pas de moi sitôt, je vous donnerois M"' de Lasmastre*, si vous continuez a en être contente -, je vous enverrois encore quelque autre*. M"' d'Esplas iroit après Piques voir comment vont vos pensionnaires^ je vous enverrois pour trois mois une petite fille qui seroit leur modèle. J'ai quelques pensionnaires à placer, et peutêtre que Dieu mettroit au cœur de plusieurs de nos filles d'entrer dans cette bonne œuvre, car elles ont du zèle pour donner aux autres l'éducation qu'elles ont reçue. Je vous demanderois seulement de placer leur dot, afin qu'en cas de malheur elle pût les suivre.
* Demoiselle de Salul-Cyr.
290 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*É0CCaT10N. 246».- LETTRE A MADAME DE LA MAIRIE.
A YcrtiilJe», ce 9 ours 1711. j
J'ai à répondre à deux de vos lettres, madame, I Tune du 6 et Taulre du 7 de février, que j'ai reçues i en môme temps. [
Je serai fort aise d'entretenir votre confesseur : od ne peut rien faire de bon sans ce secours-lâ. Vous êtes trop heureuse d'avoir un évéque comme le vôtre -, s'ils étoient tous de même, les couvents en iroient mieux. Nourrissez vos enfants dans un grand respect pour les prélats et pour tous les prêtres: c'est un des articles de notre éducation -, on m'a dit que vous les avez.
Si vous aimez mes avis, ma chère fille, j'aime fort de mon côté à vous en donner; ainsi ils ne vous manqueront pas-, comptez une fois pour toutes qu'ils seront toujours soumis à votre évéque : je n*ai pas fait un proverbe à Saint-Cyr que feu monseigneur de Chartres n'ait vu ; c'est le moyen que Dieu bénisse tout.
Ce n'est pas qu'en général j'aime les petites communautés, je crois que les grandes sont plus régulières^ mais c'est, dans le cas où nous sommes, que je crois qu'il sera plus facile de communiquer l'éducation à Saint-Cyr à un petit nombre d'enfants qu'à un grand. Réglez- vous sur le nombre que vous pouvez loger-, vous feriez plus de bien par les pen-
* Lettres et Avis, p. 87 4.
sionnaires, si vous les élevez bien, que par des reli* gieuses -, celles-ci chantent les louaqges de Dieu, les autres le feront connottre, et le bien de Tinstruction va à Tinfini.
Je ne croyois pas que vdus aviez tant de pensionnaires. Inspirez-leur l'horreur du péché, le souvenir de Dieu dans la journée, la docilité pour leur confesseur-, vous avez parfaitement bien fait de lui communiquer vos règles : il faut aimer se concerter pour le bien.
Il est vrai que vous gardez trop peu les enfants qu'on vous donne; c'est ce qui doit exciler votre zèle à leur inspirer la religion et la raison, tant que vous les avez.
Il faut plus regarder la sagesse que le savoir dans vos chefs; nous en avons qui apprennent de leurs filles ce qu'elles ne savent pas, et leur montrent ensuite ce qu'elles savent.
Dieu a répandu dans Saint-Cyr une droiture qui fait que les plus grandes répondent au catéchisme qu'une petite leur fait comn^e elles répondroient à leur évèque; on obtient tout d'elles par la piété, la douceur et la raison -, je voudrois de tout mon cœur que vous eussiez le modèle que vous désirez -, mais vous remettez tout à l'été, et je puis vous échapper bientôt. Il est impossible que votre communauté» raisonnable comme M'**d'Esplas la dépeint, ne goûte une conduite qui élèvera mieux leurs filles et qui leur donnera moins de peine. J'avois bien pensé à vous proposer de venir à Saint-Cyr, mais je ne Tosois, dans la crainte que votre évéque ne Tapprouv&t
pas. Je me réduisois à votre jeune religieuse, qui nous a paru capable de profiler de ce qu'elle verra a Saint-Cyr -, mais vous me remettez encore au mois '. de juin •, je comprends bien que vous êtes nécessaire chez vous -, faites donc ce que vous jugerez à propos. |
J*ai tenu ferme pour la petitesse de Féglise do dehors de Saint-Cyr' : la magnificence de la foodttion et du fondateur paroissoient en demander une grande *, mais il se rendit à la raison, et Saint-Cyr est un village où il y a trois églises : qui y seroil venu ? quelques paysans. Ce n'est pas la grandeur des bâtiments qui honore Dieu, ma chère fille, c*est le sacrifice qu'on y offre, et la ferveur des prières qui s'y font. Je crois vous avoir déjà mandé que, dans la règle de Saint- Augustin, il ne parle que d'oratoire, et que les peuples doivent aller aux paroisses. Ne vous rendez pas là-dessus.
Je suis bien aise de ce que vous envoyez M**' de Lasmastre aux pensionnaires, quoiqu'elle soit au noviciat.
C'est bien fait dans les récréations d'apprendre Esther ; mais comme vos enfants sont peu avec I vous, préférez l'inslruclion de la religion aux talents i agréables, mais une religion solide et en pratique-, ' donnez-leur des principes pour toute leur vie, et que 1 les libertins môme ne puissent tourner en ridicule. I
* L'église du dehors de Saint-Cyr . c'est-à-dire la parUe où était admis le public, pouvait à peine contenir quarante à cinquante perëonncs. (Voir l'Histoire de la maison royale de 5<im/-Cyr.l M"»* de Mainlenon fait cette observation à M«* do la Mairie, parce (ju*on rebâtissait alors la chapelle ou église de Bi»y.
A 1IADA31E D^LA VIEFVILLE (1713). 293
Quand une fille sort d*un couvent, disant que rien ne doit faire perdre vêpres, on se moque d'elle; quand une fille instruite dira et pratiquera de perdre vêpres pour tenir compagnie à son mari malade, tout le monde r approuvera; quand elles auront pour principes qu'il faut honorer son père et sa mère , quelque mauvais quils fussent , on ne se moquera point; quand une fille dira : quune femme fait mieux de bien élever ses enfants et d instruire ses domestiques^ que de passer la matinée à l'église^ on t'accommodera très-bien de cette religion^ elle la fera aimer et respecter *. Prêchez sincèrement, ma chère fille, celle dévotion pratiquée selon Tétat où Dieu nous a appelés.
Mart 1713.
J'ai vu voire confesseur, madame, dont j'ai été très-édifiée *, je lui ai parlé de l'éducation de Saint- Cyr avec un zèle que je sens bien qui va à l'indiscrétion. Je voudrois communiquer tout ce que Dieu et notre expérience nous a découvert là-dessus et dont nous voyons tous les jours les fruits. Il m'assure que les mêmes maximes et les mêmes pratiques
' Les ennemis de M™« de Maintenon ont dit que l'âge l'avait rendue bigote jusqu'à la stupidité ; quand elle donnait ces préceptes si sages, elle avait soixante-dii-huit ans !
* Uttreê et Avis, p. 818.
294 LETTRES ET ENTRETIENS JMm L^tMTCATION.
lont à GomerfoTvlaîne. Je le souhaite de tout dob] cœur.
Je suis Tâchée aussi de ce que vous avez été obligée '^ d'ùler votre sœur, qui est de mes filles, d'aofÂ^ f des pensionnaires, à cause qu*elle y parioîtUtf. 1 J*ai tache d'expliquer à votre confesseur conto . nos Dames se font soulager ici par les enfants ment 1 et que nos filles les plus malsaines veulent aller an ' classes.
J'ai fait écrire M"** d'Aumale à votre confesseur, pour lui offrir de lui montrer Saint-Cyr, s*il a le loisir de le voir. Il aura hien de la peine à tirer de Vargent de M. Desmarets'; rapproche de la paii n'en donne pas encore, et quand la pa*x sera faite, on n'en sera pas mieux les premières années-, mais c'est beaucoup de ne plus craindre de voir augmenter ses maux et d'espérer qu'ils vont diminuer.
Vous faites parfaitement d'exiger de vos petites filles de travailler pour la maison, pourvu que vous ayez la bonne foi de préférer l'éducation au travail. L'éducation es! votre obligation, le travail est une habileté, mais qui leur est encore plus utile qu'à vous.
Je vous prie d embrasser de ma part M*"* de Champlebon^ je ne me console de l'avoir perdue que par être persuadée que Dieu Ta voulue chez vous et qu'elle y fera de grands biens, si elle vous aide a y établir l'éducation de Saint-Cyr.
Votre confesseur est bien content des Conversa'
* (>)nlnMeur-gi;néral des Onanccs.
À MADAME DB U VIEFVILLE (1713). i05
iions : elles peuvent vous aider à former la rnison des enfants*, mais souvenez- vous que les perroquets apprennent tout ce que Ton veut sans Tentendre, el que si vous n'expliquez aux enfants ce que vous leur apprenez, ce sera un temps perdu pour vous et pour elles. Adieu, ma chère (ille, je ne puis finir quand je parle de Téducation de Saint-Cyr ; je donnerois de mon sang pour le communiquer a toutes les maisons religieuses qui prennent des pensionnaires : elles feront de plus grands biens que nous, parce qu'elles élèvent des filles qui auront de plus grands établissements '.
(Avis sur réduealion des pensionnaires.)
FonUioebleso^.le 9 tTril 1713.
Je comprends parfaitement que vous ne pouvez point faire chez vous ce qui se fait a Saint-Cyr; mais vous pouvez en prendre l'essentiel, qui est la solide piété qu'on y inspire. Je me découragerois là-dessus pour vous, si je n'avois pas vu votre confesseur, car sans secours vous ne pouvez rien faire, et tout ce que notre expérience et notre vigilance nous a appris nous seroit inutile si nous n'avions pas de bons confesseurs. C'est par eux que se fait le bien : vous ne pouvez trop prêcher et pratiquer au dedans la
' Voir la note de u page 217.
* Lettres édifiantes, t. V|, leitre 137. ^Lettres et Avis, p. 384.
docilité pour les confesseurs, et eux ne peuvent trop inspirer aux filles la confiance de celles qui ks gouvernent. \ ^.^
Il est certain que, ne gardant vos pensionnaires | ^^ que peu d'années, vous ne pouvez être soulagée pir ^ le secours des grandes ^ il faut en tirer le plus qu'on ' ^ peut et y mettre de l'émulation*, il y en a toujours 1 ^ de plus avancées les unes que les autres, et celle I ^. qui assemble les syllabes peut montrer a assembler les lettres, et ainsi du reste. Le peu de temps qu*OQ vous laisse doit vous renfermer dans ce qui est le plus nécessaire : la lecture, l'écriture, Tarithmétique, et préférablement à tout, le catéchisme bien expliqué et appliqué à leur état.
Il faut élever vos bourgeoises en bourgeoises; il 1 ne leur faut ni vers, ni conversations; il n*est poiot question de leur orner l'esprit. Il faut leur prêcher les devoirs de la famille, Tobéissance pour le mari, le soin des enfants, l'instruction à leur petit domestique, l'assiduité à la paroisse le dimanche et les fêtes, la modestie avec ceux qui viennent acheter, la bonne foi dans le commerce, etc.
à II faut leur conseiller de demander a Dieu un bon confesseur et de le choisir dans la vue de leur salut, de se laisser conduire comme un enfant; il faut qu'elles édifient leurs parents, leurs amis, leurs voisins, qu'elles donnent de bons conseils et de bons exemples.
Il faut leur dire que la piété ne s'oppose point à la joie, et qu'au contraire il la faut faire aimer en montrant qu'on sert Dieu avec plaisir : les instruc*
lions publiques et particulières doivent roulsr toutes là-dessus. Il faut quelquefois leur parler en particulier, et peu chaque fois, c'est le plus pressant soin de la première maltresse, c'est dans ce particulier qu'il faut attaquer leurs vices, elles reçoivent bien tout quand il n'y a point de témoins. Quoique ces Glles soient peu de chose, elles ne laisseront pas de faire du bien dans leurs familles, dans leur quartier et dans les différents états où elles se trouvent. J*ai ici une fille qui a étéàSaint-Cyr' et qui sert mes femmes ; rien n'est égal à la vertu de cette fille : elle ne perd pas la présence de Dieu -, elle met sa piété à remplir la journée de bonnes œuvres ; elle dit que le service du prochain est une excellente prière ; elle quitte l'église aussi volontiers qu'elle y va, selon que l'on veut-, elle dit que c'est ce qu'on lui a appris à Saint-Cyr; elle est très-gaie.
Au reste, il faut vous dire que la petite Léger vous fait honneur : elle n'a pas perdu son temps chez vous, car elle est aussi bien tendre pour Gomerfontaine.
Il scroit à désirer que vous ne changeassiez pas souvent de confesseurs -, je n'ose juger du vôtre, dans une seule visite, mais il m'a paru de très-bon sens et d'une grande piété.
Ne vous pressez point sur M"* de Ferens, si elle TOUS est utile dans la moindre chose : ce qu'elle fera pour vos pensionnaires lui sera bon partout. En formant les autres, on se forme soi-même.
' Sans doute comme servante.
298 LETTRE» ET EXTRETIF.Xii SIB L'ÊMuCATIOV.
La ^marche de voire ancienne religieuse edl très-édmante ; elle ne peut remplir plus saintement I sa journée qu'en instruisant. Vous n'êtes point obli- i gée de prendre des pensionnaires ; mais quand vous 1 avez deF raisons d'en recevoir» vous êtes très-cerlii- | nement obligée a les élever chrétiennement et vous \ répondrez de leurs âmes. > 1
Je ne serois pas surprise de voir votre amie sous ^ ma sœur de Champlebon : nos classes sont pleioos de ces exemples-là. Ma sœur de Radouay est aadessous de ma sœur de Gruet, qu'elle a peut-être élevée et que bien sûrement elle a reçue'. Il est absolument nécessaire que la première maîtresse soit chargée de tout, qu'il n'y ait qu*elle qui parle en particulier, qui fasse les grâces, qui donne les récompenses, qui ordonne les châtiments. II faut que les autres suivent son esprit, qu'elles lui renvoient la confiance des enfants, qu'elle ne leur souffre aucun attachement pour elles ; autrement,chaqQe maltresse auroit ses filles, ce ne seroit plus que division et discorde. Nos Dames se trouvent bien d'avoir établi cette subordination ; leur vertu et leur bon esprit les en a rendues capables. Si vous vous éta* blissez quelque réputation sur la bonne éducation, on vous donnera peut-être quelques filles de condition, et alors vous ferez de plus grands biens.
Je voudrois, avant que de mourir, vous voir encore une fois, et que vous amenassiez Champlebon ; cette
> M">« (le Radouay arail fait proression le 13 mars 1C9I et M»* de Gruel le 25 juillel 1699.
yisile ne vous seroit point inutile, je ne dois pas la proposer pour mon seul plaisir.
MAITRLSSK GÉ.MÉRUJC DES CLASSES.
(Sur l'iiniDodestie daus les paroles et sur le mariage '.)
Avril 1713.
Ne -nous contentons pas de nous plaindre, ma chère fille, et de craindre Tavenir -, lâchons d'établir le présent le mieux que nous -pourrons. Vous y pouvez contribuer plus que personne, et vous êtes assez prudente pour ne pas fâcher vos sœurs en même temps que vous ne devez pas souffrir à vos demoiselles de se parler bas les unes aux autres, 11 faut letir passer bien de pauvres discours qu'on entendra, et ne pas tout relever quand il n'y a point . de péché.
M*"* d'Auxy' est hors délie quand elle a un habit neuf; elle me consulte sur rassortiment : j'y entre, et lui donne mes avis en lui disant que cette joie et le goût des ajustements sont de son âge, qu'il faut
* Lettres et Avis, L 11, p. 1^9. — Avis aux religieuses de Saint- Louis ^ p. 759.
* J'espère que le lecteur ne se scandalisera pas de ce cherd'œuvre de bon sens et de naturel.
* 0 Jeune dame de quatorze à quinze ans qu'elle avoit élevée depuis l'Age de trois ans, el ensuite mariée, t Voir rhii<toire de cette Dame (Jeannette de Piucré , dans les Lettres historiques et édifiantes, t. 1), p. 9(j8).
que la jeunesse se passe, et que j'espère qu'elle viendra plus tôt qu'une autre à des inclinations plus solides. Je crois que cette condescendance porte plus au bien qu'une sévérité en tout, qui ne sert qu'à les rebuter et à les rendre dissimulées. |
Oa m'a dit qu'une des petites fut scandalisée au ' parloir de ce que son père a voit parlé de sa culotte: c'est un mot en usage \ quelles finesses y entendent- ' elles ? Est-ce l'arrangement des lettres qui fait un mot immodeste ? Auront-elles de la peine à entendre les mots de curé, de cupidité, de curieux, etc. ? Cela est pitoyable. D'autres ne disent qu'à Toreille qu'une femme est grosse : veulent-elles être plus modestes que Notre-Seigneur, qui parle de grossesse, d'enfantement, etc. ? Une petite demoiselle s'arrêta avec moi quand je voulus lui faire dire combien il y a de sacrements, ne voulant pas nommer le mariage -, elle se mit à rire, et me dit*qu'on ne lenommoit point dans le couvent dont elle sortoit.
Quoi ! un sacrement institué par Jésus-Chrisf, qu'il a honoré de sa présence, dont ses apôtres détaillent les obligations, et qu'il faut apprendre a vos filles, ne pourra pas être nommé! voilà ce qui tourne en ridicule l'éducation des couvents! Il y a bien plus d'immodestie à toutes ces façons-là qu'il n'y en a à parler de ce qui est innocent, et dont tous les livres de piété sont remplis. Quand elles auront passé par le mariage, elles verront qu'il n'y a pas de quoi rire. Il faut les accoutumer à en parler irèsséîieusemeni et même tristement j car je crois que c'est Vétat où l'on éprouve le plus de tribulations^
A MADAMK DE FONTAINFS (1713). 301
même dans les meilleurs, 11 faut leur apprendre, quand l'occasion s'en présente, la différence des paroles immodestes, et qu'il ne faut jamais prononcer, et des paroles grossières : les unes sont des péchés, les autres sont contre la politesse.
Adieu, ma fille^ je ne puis finir quand il est question de nos filles et du bien de la maison.
Î2tfrîll713.
Quand Dieu m'ôte la parole, ma chère fille, il ne veut pas que je parle ^^ mais puisqu'il me laisse la main libre, il faut que je vous écrive ce que je voulois vous dire. Ce n'est pas une matière nouvelle que j'ai à traiter avec vous, ni l'effet des plaintes qui me seroient revenues de quelque désordre dans nos enfants par peu de vigilance, mais c'est de celte vigilance dont je veux vous entretenir, et que je crains qui ne diminue par la confiance que vous pourriez avoir présentement dans vos filles dent vous èles contente. Vous ne les conserverez dans rétat où elles sont que par cette vigilance ; ne vous fiez jamais à elles; il ne faut pas qu'elles s'y fient elles-mêmes, et si elles veulent conserver leur sagesse, elles doivent désirer d'être veillées. On se trouve seules, on se dit un mot assez indifférent d'abord, il est suivi d'un autre qui ne l'est pas tant, on
« Lettres ei Avis j p. 330.
> M"» de Maintenon arait la Yoix éteinte par un gros rhame. H. 26
302 LETTRES ET ENTRETIENS SLR L'ÈDCCATION.
baisse la voix, et voilà une înidligence qui se forme vos filles ne demeureroieni pas quinze jours dans h règle. Mais, dites-vous, elles ne seront pas toujoan i > gardées à vue, elles trouveront dans le monde deso^ ' 1 casions bien plus dangereuses. Cela est vrai, mais | 1 quand Dieu nous y met, il nous aide ; elles seront i ' plus fortes à vingt ans qu'a dix huit ; le temps peÉi ^ beaucoup, et l'éducation qu'elles reçoivent les ren- ' ^ dra si timides, que j'espère qu'elles se précautionneront. Eniin, ma chère fille, comptez bien qae tout ce que nous avons établi, toutes les inventions que nous avons trouvées, les distinctions, Vémulation, la raison, et, en un mot, ce qui fait cette éducation qu'on admire, n*est rien du tout dès que vous cesserez de veiller jour et nuit. Quand on a cherché à vous soulager, ce n'a pas été pour vous procurer du loisir et du repos, mais pour vous mettre en état de faire ce que vous seule pouvez faire. Vous ne pouvez jamais laisser à une autre le soin de veiller : il faut qu'elles soient gardées par leurs maîtresses, par celles qui les connoissent, et par celles que Dieu en a chiirgées. Soutenez donc celte vigilance en quelque place que vous soyez, et soyez persuadée qu'il n'y aura de solidité dans vos travaux que par cette voie-là. Vous êtes les pierres fondamentales de l'institqt : ne souffrez jamais qu'on change la manière de gouverner vos classes qu'après bien des représentations du succès que vous en avez vu. Si on vous ôtoit des classes, ne croyez pas devoir les oublier et dire : Je n'en suis pas chargée -, vous le serez toujours de foire tout ce
A MADANB DB VANDAN (171S). 1303
|iii VOUS sera possible pour continuer ce que vous iTez vu établir et ce que vous avez établi vous* néme. Bonjour, ma chère fille, prêchez et donnez 'exemple de la vigilance, c'est Tessentiel. N'écoutez I»lus d'autres méthodes, tenez-vous aux vôtres ^ feu i. ré\'èque de Chartres m'a dit et écrit bien des fois : Hbttnt-Sulpice a ses coutumes, Saint-Lazare a les ûennes; atlacbez-vous à celles de la maison de Saint- Louis. » Vous êtes dans Tordre : c'est votre hrèque qui a établi et approuvé tout ce qui se fait diez vous. Je ne puis finir quam} il est question de irotre chère maison.
Ne montrez point cette lettre présentement.
Ce tO tTril 1713.
J'ai vu ce matin M"' de.... dans une misère qui feroit de la compassion dons de simples paysannes^ mais comme je rapporte tout aux demoiselles de Sftint-Cyr, je vous prie de leur faire faire une réflexion la-dfssus. Si les demoiselles vouloicnt travmîller, s'offrir dans des communautés où l'on a beM>in de secours, elles trouveroient quelques places. Vos filles sont trop délicates : on s'en plaint Itartout au milieu des louanges qu'on leur donne.
* Lettres et ÀvU, p. 358.
* Elle fuecéda comme première mattresse des bleues à M»* de Saint-Périer, qui mourut le 31 dérembre 1712, âgée de trenlesept ans.
a04 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*BDUGATION.
D'ailleurs, personne ne peut mieux que vous, mi chère fille, leur expliquer ce courage et cette intelligence qui fait que les unes subsistent où les autres . meurent de faim. |
Les maîtresses des classes devroient se mettre | à la place des infirmières et les soulager le plos . qu'elles pourroicnt dans les temps qu'elles ea ont | besoins en recevant volontiers leurs filles qumqoe ' encore convalescentes. On sait bien laisser uae bande à la classe pour achever un ouvrage ; poitfquoi n en laisseroit-on pas une de languissante (ju auroit froid a Téglise ? On n*cst pas ici assez occupé du bi^n public, chacun tire de son c6té et ne pense pas assez aux autres. J'ai appréhendé qu'on ne tirât trop les demoiselles des classes pour leur faire faire l'ouvrage des sœurs, et qu'on les surchargeât trop; mais les règles générales et nécessaires n'empêchent point qu'on ne pousse une particulière qui en a besoin, qu'on ne fasse balayer une paresseuse, qu'on n'empêche une frileuse de se chauffer, qu'on bâte une lente qui coud trop lentement, qu'on envoie une glorieuse passer le jour avec ma sœur Préval, pour vider les bassins des malades. On peut leur donner ces pénitences-là pour dès fautes, pour des pratiques de piété, pour des épreuves de courage: tout cela ne nuit pas au général de la classe qui va son train et qui suit les exercices. Communique! cette lettre aux maîtresses des grandes classes pour en faire un usage modéré, et sans qu'on s'aperçoive
' h y avail alors beaucoup de malades.
I, qu'on veuille rien changer, car, en effet, il n*y a là 0 aucun changement.
Mai 1713.
Le dessein où vous êtes d'établir chez vous la même éducation que vous avez reçue à Saint-Cyr, au moins dans tout ce qui vous sera possible , me fait prendre la confiance de vous donner ici quel* ques avis, et de vous faire part de ce que notre ex- |. périence nous a appris.
I Sans une continuelle vigilance, tout ce que vous f ferez sera inutile ^ il faut veiller vos pensionnaires I jour et nuit ; une conversation entre elles détruira g en un moment tout ce que vous aurez fait. C'est ^ pour en donner le loisir aux maltresses que nous 4 avons cherché tant d'inventions pour les soulager T; de mille autres occupations que d'autres peuvent ^ remplir. 11 faut avoir toujours les yeux ouverts sur elles avec une attention que rien ne puisse diminuer : c'est là le fondement sans lequel Tédifice tombera ^ la vigilance doit être égale pour toutes. La piété même , qui est ce qu'il y a de plus solide, ne l'est pas assez dans la jeunesse pour résister aux occasions -, c'est pourtant par cette piété qu'il faut commencer, mais une piété convenable à leur état et à leur âge -, ne les poussez point à une
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trop grande dévotion : vous en feriez des hypocrites ou des scrupuleuses *, nous avons toutes sorits d'expériences là-dessus 5 mais il est de tout âge, de toute profession, de tout sexe, d'aimer Dieu, de fuir le péché, de se laisser conduire.
Vous ne pouvez pas imiter le désintéressement de Saint-Cyr : vous n'êtes pas fondée par un grand et magnifique Roi ; vous avez vos règles qui ne sont pas les mêmes; vous pouvez donner et recevoir^ mais il faut, comme à Saint-Cyr, sacrifier votre intérêt au bien des pensionnaires', et ôter celles qui seroient incorrigibles, quelque peine que vous fissiez à leur famille; le bien public doit l'emporter sur celui des particuliers.
Vous ne pouvez imiter l'égalité entre vos pensionnaires qui s'observe à Saint-Cyr, car il faut en certaines choses les élever selon ce qu^elles sont; la piété doit être égale, mais réglée selon Tétat; l'artisan ne peut autant prier que celui qui n'a rien à faire. Il y a plusieurs endroits où je ne pousserois pas tant les unes que les autres :'il n'importe guère que des filles de basse naissance lisent aussi parfaitement que les demoiselles, qu'on leur donne une belle prononciation , qu'elles sachent ce que c'est qu'une période, etc.
11 en est de même de l'écriture : il suffit qu'elles sachent écrire pour faire leurs mémoires et leurs comptes; il ne faut pas leur apprendre à faire de lettres ni parler de style : un peu d'orthographe leur suffit ; il n'en est pas de même de l'arithmétique, elle leur est nécessaire.
Instruisez vos bourgeoises en bourgeoises ^ ditesleur que rien ne déplaît plus à Dieu et aux hommes que de sortir de son état-, ils sont tous réglés par la Providence, et il s'y oppose quand on veut être ce qu'il n'a pas voulu que nous fussions. Préchezleur la modération, qu'il ne faut pas que le paysan fasse le bourgeois, ni que le bourgeois fasse le gentilhomme ; le monde s'en moque , et considère plus ceux qui demeurent dans leur état et qui y vivent avec honneur et probité. J'ai connu des gens respectés de tous ceux qui les connoissoient par cette conduite.
Expliquez-leur bien les devoirs de la religion : on se contente qu'elles sachent par cœur les commandements de Dieu, sans leur apprendre a quoi ils nous obligent. Elles savent : Un seul Dieu tu adoreras, et adorent la Vierge \ elles disent : Tu ne prendras pas le bien d'autrui, et soutiennent qu il n'y a point de péché a voler le Ro'. J'ai vu tout ce que je dis.
Le plus grand nombre des chrétiens fait consister la piété en pratiques extérieures, confessions, communions de temps en temps, long séjour dans les églises, observances des fêtes et jeûnes-, mais dans tout le reste oubli de Dieu, colères, haines, vengeances, mensonges, avarice, parjures, immodestie, chansons libres, etc.
Je ne me mettrois pas en peine de leur bonne gr&ce, je ne leur demanderois que de la modestie.
C'est dans le parler en particulier qu'il faut leur dire ce qu'elles sont et leurs obligations-, on ne les fâche point quand on leur parle tête a tête, avec rai-
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son et douceur, et ces petites conversations sont des plus essentielles pratiques de l'éducation de Saiot- Cyr, et ce qui nous a fait le plus de bien ; mais ilnV a que la supérieure et la première maîtresse qui lear doivent parler, et elles doivent se concerter poor dire les mômes choses.
Il faut prôcher la raison à toutes également en l'appliquant selon l'état, et surtout empêcher qu'on ne dise aux enfants de ces pauvretés qu'il faut qu'elles oublient ; il ne leur faut donner que ce qui leur sera toujours bon, religion, raison, vérité.
Comme vous gardez peu vos pensionnaires, vous devez vous borner au catéchisme, lire et écrire. C'est perdre votre temps et le leur de leur apprendre des vers et des conversations. Si elles s'en plaignent ou leurs parents, répondez qu'on ne vous les laisse pas assez longtemps.
Mais il est certain que ce n'est pas là l'essentiel de l'éducation de Saint-Cyr, et que vous devez vous contenter d apprendre vous-même les instructions qui sont dans les Conversations pour vous en servir dans vos instructions. Vous passerez bien du temps à leur apprendre par cœur, comme à des perroquets, ce qu'elles n'entendront jamais. Tout cela est bon i Saint-Cyr, où la plupart demeurent treize ans.
Vous ne pouvez être aussi désintéressée qu'à Saint- Cyr-, mais il faut pourtant l'être dans ce qui est essentiel pour vos pensionnaires; nourrissez les miennes frugalement, habillez-les de toile tout Tété, mais brûlez de la chandelle l'hiver pour qu'elles soient vues jour et nuit.
Sacrifiez deux ou trois cents livres de plus pour avoir un bon confesseur.
Bàlissez pour contenir beaucoup de filles, mais non pas pour qu'on parle jamais de vous à Bisy.
Ayez peu de professes de chœur et de converses, mais le plus de pensionnaires que vous pourrez; c'est où vous ferez le plus de bien.
Donnez-leur peu de livres, mais qu'on leur explique ce qu'elles lisent, TÉvangile, saint Paul, saint François de Sales, etc.
iî»'.— LETTRE AUX DEMOISELLES