LETTRE A UNE DAME DE SAINT-LOUIS
Je suis bien contente du soin que nos Dames prennent d'observer ce que les demoiselles font au diœor : cette application m'édifie plus que si elles étoient en extase, mais il ne faut pas qu'elles soient si exactes à empêcher les demoiselles de s'asseoir pendant la messe :1a plupart des enfants se trouvent mal à genoux, et quand il fera chaud elles s'éva«* nouiroient tout à fait. Il faut remarquer si ce sont toujours les mêmes ^ et, si d'ailleurs elles sont lâches et indévotes, il faut les exhorter à se contraindre peu à peu' pour être respectueusement devant Notre-Seigneur. Il faut leur apprendre à prendre pour ce petit repos d'autre temps de la messe que celui du sacrifice, et après tout il vaut niieux que quelques-unes abusent de cette tolérance que de bire mal à celles qui sont véritablement délicates. Ceci n'est que pour les maltresses, les demoiselles doivent l'ignorer.
1 Lettrtê ei Avu, \t, 237.
106 LETTRES ET ENTRETIENS SUA LlÊDCCATION.
44 '.-LETTRE A UNE imÊOlVBlJkJE M LA CLAM BLEUE.
'(Elle la rtpnxaâ de ^dd^ïtef dèf«Mi.]f
L« 16 man 1693.
C'est assurément un mof en sâf de retomberqtie la confiance qu'on a dans ses propres forces ; mais il est à craindre que votre retour à Dieu n'ait pas été sincère, puisque la rechute a été si pfômpte. N'espérez point de vous convertir par les seules conversations que vous aurez avec des gens de bien -, il faut auparavant que la volonté soit bonne, et j'ai lieu de douter que la vôtre soif gagnée. En attendant qu'il plaise à Dieu de vous toucher, je vous (demande positivement une conduite réglée et soumise. Les maltresses que vous avez sont de saintes filles, et si vous ne comptiez sur votre goût naturel, vous n^auriez nulle peine à vous ouvrir à elles. VoUs avez El* Balbien^ qui est une fille d'un vrai mérite, et qui vous donnera de véritables secours si vous lui parlez sincèrement ^ mais elle connoflra bien vite si vous ne cherchez qu'à vous amuser et à amuser les autres.
Je vous suis bien obligée de la confiance que vous avez en moi; vous me trouverez toujours prôte i vous servir, a vous attendre et à vous entretenir.
* Lettres édijiuntes, I. H, leMre 1C4. ~ Lettres et Avis , p. 467.
* Voir la noie 4 de la pap:e 80. Pendant que Ior Dame» de Saint- Louis faisaient leur nouviMu noviciat , on avait appelé pour les remplacer deé Dames externes et M"" IJalbien y tenait la classe hleuc.
pourvu que yous commenciez par contenter vos maîtresses, par vous défaire d'un air de hauteur, par prendre des manières simples et modestes, par TOUS éloigner des moins pieuses, comme je vous l'ai déjà idit, et pour tout dire, en un mot, par changer tout ce ^ui est dans votre extérieur, qui pour Tordijp^fe lest une s^iifi de Tintérieur. Je prendrai mes inesures avec vous à mon retour, selon ce que vous aurez fait pendafit mpp absence.