S>.- LETTRE ^ UNE A4MË DE SAINT-LOUIS
Vai|$ 4y0z i^is^n 4&h]M9^r cl^ea^ vous }a politesse des gens du monde ^ il ne vous faut que celle que la charité donne, qui est plus étendue et plus sincère. Il est hop d'être ^imée d/es personnes que l'on gojuvenie, ffîais il ne iaut pas (^ue ce soit pur le relâchementi et U esjt dangereux que les jeunes s'aperçoivent qi^'QDi songe, à I|sur plaire. Il faut aller droit, et c*est à la longue ce qui fera aimer et estimer : on n'ira pas si vite et on ira plus sûrement. Tout ce que vous me dites sur Téducalion est de très-bon sens. Je n'aime pas cette manière de faire écrire les demoiselles dès qu'elles ont quelque chose de mal à propos. En toi^t, on écrit trop à Saint-Cyr *, on ne peift trop les en désaccoutumer, et quand elles écrivent i leurs proches, il faut que ce soit très- simple
1 Lettres et Avis, p. 235.
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ment. Allons en tout à ce qui leur est bon : il vaut mieux qu'elles n'écrivent pas si bien que de lear donner le goût de récriture, qui est si dangereux pour les filles-, ne songeons point à paroltre par leur éducation, mais à la rendre solide, simple et chrétienne. J'écrirai sur cela quand vous voudrei; mais il me semble qu'on aime, à Saint-Cyr, i ama^ ser tous les écrits du monde, et qu'on ne les revoit jamais. Continuez, ma chère fille, à me demander tout ce que vous croirez qui en vaudra la peine, et après cela abandonnez-en le succès à Dieu. Soyons humbles et dociles, et tout ira bien/
43 >• — LETTRE A MADEMOISELLE lyAUBlGItt.
ChantiUy, il mai 1693.
Je vous aime trop, ma chère nièce, pour ne pas vous dire tout ce que je crois qui vous pourra être utile, et je manquerons bien à mes obligations si, étant tout occupée des demoiselles de Saint-Cyr, je vous négligeois, vous que je regarde comme ma propre fille. Je ne sais si c'est vous qui leur inspirez la fierté qu'elles ont ou si ce sont elles qui vous donnent celle qu'on admire en vous : quoi qu'il en soit, comptez que vous serez insupportable i Dieu et aux hommes si vous ne devenez plus humble et plus modeste que vous ne l'êtes. Vous prenez un ton d'autorité qui ne vous conviendra jamais, quoi qu'il
1 Hem» de languet de Gerqy^ t. L p. 415.
A HADBHOUBLLB D ALBIG.NË (l693). JC9
e TOUS arriver. Vous vous croyez une personne riante, parce que vous êtes nourrie dans une on ob le Roi va tous les jours*, et le lendemain la mort, ni le Roi ni tout ce que vous voyez qui caresse ne vous regardera pas. Si cela arrive t que vous soyez mariée, vous épouserez un ilhomme de campagne fort misérable, car vous ^rez pasriche, et si, pendant ma vie, vous époum plus grand seigneur, il ne vous considérera, id je n*y serai plus, qu'autant que votre humeur pra agréable ; vous ne pouvez Tétrè que par votre »ar et vous n*en avez point. Votre mignonne' . aime trop et ne vous voit point comme les augens vous voient. Je ne suis point prévenue re vouSy car je vous aime fort, mais je ne vous pas sans peine, par l'orgueil qui paroit dans ce que vous faites. Vous êtes assurément trèsgréable à Dieu: voyez son exemple. Vous savez ingile par cœur-, à quoi vous serviront tant structions, si vous vous perdez comme Lucifer ? ^ que c'est uniquement la fortune de votre e qui a fait celle de votre père et la vôlre. Vous frez qu'on vous rende des respects qui ne vous . point dus ; vous ne pouvez souffrir qu'on vous qu'ils sont par rapport à moi^ vous voudriez I élever même au-dessus de moi, tant vous êtes ée et altière. Comment accommodez-vous celte ure de cœur avec cette dévotion dans laquelle vous élève? Commencée par demander à Dieu
U^^ Balbien.
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l'humilité, le mépris de vous-même, qui, en effets êtes peu de chose, et l'estime de votre prochain. Je souffrois bien, l'autre jour, de tout ce que vous fîtes à M*"' de Caylus ' : vous devez du respect à vos cousines. Je vous parle comme à une grande fille, paroe que vous avez l'esprit fort avancé, mais je consentirois de bon cœur que vous en eussiez moins et .moins de présomption. S* il y a quelque chose dans ma lettre que vous n'entendiez pas, votre mignonne vous l'expliquera. Je prie Notre-Seigneur de vous changer et que je vous retrouve, à mon retour, modeste, humble, timide, et mettant en pratique toat ce que vous savez de bon ^ je vous en aimerai beaucoup davantag(\ Je vous conjure, par toute l'amitié que vous avez pour moi, de travailler sur vous et de prier tous les jours pour obtenir les grâces dont vous avez besoin*.
* Fille du marriuis de Villelte et couAioe de M»* de Maintimwi, qui l'avait élevée et l'appelait sa nièce.
* Languet de Gergy, après a?oir inséré cette lettre dans set Mfmolres, i^oule : « M"* d*Aubigné n'avoit alors que oeuf à dix «as quand sa tante lui donnoit des leçons si parfaites et si saintes; elle en a bien profité. Après les premières années de son mariage qu'elle ftit obligée de passer dans le plus grand monde, à cause du rang qu*y tenoit la maison de Noaiiles, elle s*en détacha entièrement ; elle ne vonolt plus à U cour ; elle passoit chaque année des temps considérables dans la retraite ; enfin, elle est morte saintement , en 1 7 40, qui est l'année où J'ai commencé ces Mémoires. • (T.I, p. 417.)
A M. L*ÉTÉaOB DE CHARTRES (169$). 111