‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 28 sur 120 · A M. L'ÉVÉQUE OE CHARTRES · texte numérisé non relu

A M. L'ÉVÉQUE OE CHARTRES

désobéissance; quMI faut être exacte à Tobéissance jusqu'au scrupule; que ce n'est pas là qu'il faut appliquer cette liberté de l'esprit de Dieu, et combien il est aisé de l'avoir avec Texactilude, etc.

Combien, pour la pratique de leurs vœux, la clôlore doit être sévère; que plus les Dames en charges pour le gouvernement seront obligées d'avoir des commerces au dehors, plus les autres doivent se renfermer au dedans.

Qu'elles doivent aspirer à répandre partout l'odeur d'une vraie piété, ayant à se soutenir par elles-mêmes, De pouvant tirer de secours d'aucune autre maison ; combien elles ont besoin d'être intérieures pour s'acquitter de leurs devoirs, et d'avoir un extérieur édifiant, étant toujours observées par une troupe de jeunesse aisée a scandaliser, etc.

Avec quelle fidélité elles sont obligées de suivre les intentions de leur fondateur en ne se départant jamais, sous quelque prétexte que ce soit, du soin des pauvres demoiselles, en no recevant jamais de bienfaits, en ne prenant point de pension, quelque bien qu'on leur offrit, n'étant chargées que de celui pour lequel la fondation est faite, et ne pouvant espérer de récompense pour les bonnes œuvres que Dieu ne leur demande pas. Qu'elles ne parent leur église que pour la décence et la propreté; qu'elles ne se donnent point de commodités particulières, et que tous leurs soins et leurs épargnes soient uniquement pour les demoiselles; qu'elles conservent Téloignement qu'elles ont pour les parloirs.

Qu'elles ne laissent introduire nulle nouveautés

iO.

114 LETTRES ET ENTBETIEXS SUR L'ËDCCATION.

dans leurs habits, nulles diversités dans la direotion^ avec quelle fermeté les anciennes doivent faire subsister cet esprit de Tinslitut -, combien elles doivent Taimer et Testimer, et inspirer ces senti* ments aux jeunes. !l faut bien marquer cet endroit qui leur défend de donner et de recevoir ni pour elles ni pour les demoiselles, et les exhorter à Tobserver exactement sans se servir des exemples de dispense qu'on pourroit avoir donnés dans les premiers temps -, que, bien loin de prier leur évéque d'accorder des entrées chez elles, elles doivent lui demander instamment de n'en accorder que le motnt qu'il lui sera possible-, quelle conduite elles doivent garder, si des princes et des princesses, se servant du droit qu'ils ont dans les fondations royales, en« troient chez elles, qu'il n'y ait que les supérieurs qd leur parlent, et que les autres s'éloignent le plus qu'elles pourront.

ALOAS ASSISTANTS*.

A Venaillef, le 16 décembre 169S.

Vous avez raison, madame, de me renvoyer la lettre de M. d'Hozier^, et de ne plus songer qu'àpro-

i Letires édifiante», t. 111, leUre 1 99. — Lettres et Avis , p. 21B.

* Le deuxième noviciat des Dames de Saint-Louis se termina à la fin de 1C93, et cenes-ci ayant tait les vœux solennels., la malsoil reprit son ancienne forme avec plus de régniarilé. M"** de Fontainoi Hit élue supérieure y W^ du Pérou a%sisia»tt^ M">* du Toorp aiat* tresse générale des classes. M™' de Veilhant dépositaire^ ele.

* C'était le généalogiste de la maison de Saint-Louis.

â HAIIAVB DO PÉROU (1698). 115

fitcr du temp6 que' la Provkleiice vous donne. Vous medeomndez des avis : eh! que pourrai -je vous dire que je ne vous aie dit mine fois? Aimez votre institut, comprenez-le dans toute son étendue, et sacri* fi»-TOOB pour en remplir les obligations. Pesez bien ee que c'est que le vœu que vous faites à Tégard des domoîselleB : Jepnnnetê iT employer toute ma vie à miruire et ékver b$ demoiselles de la maison de Ssànt-Louis. C'est donner tout, que de n'excepter risD. Le mot d'élever s'étend à tous les soins des nèies-, il fiiut donc être persuadée que, leur ayant Toué tout le temps de votre vie, vous ne pouvez en prendre sans leur voler, et qu'il n'y a, pour votre reiâcbement et votre plaisir, que celui que la règle fOQS marque. 11 faut que tout le reste soit pour votre snetification et pour la Gn de votre institut, qui est b mettre la religion dans le cœur de vos fiUes, et prendre, pour les former au bien et pour les préserver hmal, tous les moyensqui vous seront marqués. La même droiture et la même bonne foi qui doit vous occuper d'elles quand vous en êtes chargée doit toomer vos soins ailleurs dès que l'obéissance vous l'ordonne, et vous devez alors oublier vos demoi- «Des, sans vous en mêler sous quelque prétexte pe ce soit. J'espère, par la bonté de Dieu, quevous serez bien éloignée des grands péchés. Mais prenez garde à ne vous pas méprendre dans le bien-, le zèle eit quelquefois indiscret, et la charité nest pas toujours bien réglée. On a connu le fond du cœur d'une 6De; elle a eu de la confiance en vous^ il paroit que TOUS la portiez à Dieu : on veut suivre cette bonne

116 LETTRES BT BKTRETIBNS SUR L*ÉD(JCATION.

œuvre, et cette bonne œuvre n'est plus pour vous : la grâce cesse avec la mission, soyez-en bien persuadée. Marchez selon la foi-, sou venez- vous de ce qu'on vous dit le jour de votre noviciat sur la vocation : (( Dieu vous envoie où voire supérieure vous u envoie, et c'est pour ces emplois que Dieu vous (( donnera la grâce. » Soyez ferme sur ces principes; ils feront votre paix, votre sûreté et l'union de votre communauté. Me vous mêlez jamais des affaires les unes des autres-, s'il se présente à vous quelque désordre sans l'avoir cherché, avertissez votre supérieure, et après cela n'y pensez plus. Vous savez, ma chère fille, combien il y a que je dis la môme chose; votre expérience vous en a beaucoup appris; les saintes filles que Dieu vous a données' en savent mille fois plus que moi : profitez de tout, faites bien des provisions, mais surtout aimez Dieu. Donnezvous à lui sans aucune réserve, ne comptez point sur vous, et le reste vous sera donné. Prenez l'esprit >de communauté, évitez les singularités, même dans le bien ; que votre vie paroisse commune, et qu'entre Dieu et vous ce soit celle d'un ange, ou plutôt celle < de Jésus-Christ. Je me laisse aller au plaisir de vous entreteniret à l'ardeur que j'ai de voir une piété solide établie chez vous; demandez-la pour moi et priez çpour le Roi de tout votre cœur.

> Lea l'eligiouFes de CIiaMlot.

A HADAliR OK MOKTALEMBERT (1694). 117

BAHB Dl BAXHT-LOCIS.

(Elle Un explique let devoirs det Dames d<ï SainULoois, et josqu'AÛ cHet dolteal porter la perfeelioii de leor étal.)

Vous me demandez, madame, d'écrire quelque chose sur les obligations d'une Dame de Saint-IiOuis; je vais le faire simplement et dans la présence de Dieu, après lui avoir demandé son secours.

Je crois que l'état d'une Dame de Saint-Louis doit être très-parfait, ayant à accommoder ensemble la vie active et le recueillement absolument nécessaire pour conserver l'esprit de Dieu.

Une fille active, habile et remplie de talents, ne se soutiendra pas sans une piété solide et intérieure-, son humeur l'emportera-, elle se lassera et travaillera sans règle et sans persévérance.

Une fille tout intérieure, scrupuleuse, attachée à ses pratiques, abstraite et toute hors des besoins du prochain, ne remplira point les devoirs d'uninstitut (aitpourlebiendecemème prochain, etpourdesen- ' (mis qu'il fautformer par tous les soins, les instruc^ I lions et le bon exemple qu'on pourra leur donner.

Quelle vertu faut-il donc à une Dame de Saint- Louis pour se livrer au prochain, sans se dissiper, j pour travailler toute la vie sans se lasser, et pour

» LetireM édijiantei, U I, 130* lettre, p. 596. — Mém. de Langm de Gergy, t. 1, p. 347, — Avis aux H. de Saint-Louis, p. 3.

agir toujours dans la présence de Dieu, en paroissant tout occupée des choses extérieures! '

Cependant cet état est possible, Dieu n'en ayant point fait dans lequel on ne puisse faire son salut, en proportionnant toujours ses secours et ses grâces à nos besoins.

Il faut donc qu'une Dame de Saint -Louis soit bien convaincue qu'elle ne peut rien sans lui, et qu'eiiese détrompe de Terreur de croire qu'avec de l'esprit, de la raison et du courage, elle remplira son devoir.

Elle ne se soutiendra jamais que par la piété; tout autre projet est sans fondement solide*, Dieu se plaît à renverser ceux qui sont appuyés sur leurs propres forces, et les exemples qu'on en pourroit donner sont en grand nombre.

Que celle donc qui est engagée dans la maison sans ce grand fonds de piété, qui est une volonté déterminée de se donner à Dieu sans réserve, la demande sans se lasser, et qu'elle n'espère rien parelle-méma, de quelque raison et vertu morale dont elle se croie pourvue.

Que celle qui senlcettebonne volonté se réjouiase, maisqu'elle craigne de la perdre, qu'elle laconserve ' par défiance d'elle-même et une entière confiance en Dieu.

Qu'elle partage toute sa vie entre le commerce qu'elle aura avec Notre-Seigneur et les obligations de son état.

Qu'elle commence sa journée par lui donner son cœur, par lui demander son secours et la grice d'agir sans le perdre de vue.

A MADAME DE MOXTaLEMBERT (1694). 110

Qu'elle soit fidèle a son oraison autant qu'il lui sera possible, et qu'elle soit persuadée qu'elle est ; plus nécessaire pour soutenir ràmc que la nourri- I tore ne Test pour soutenir le corps.

On ne meurt pas pour manquer quelques repas, Dais on s'en trouveroit mal à la longue; si une nécessité rare et pressante fait manquer l'oraison, on l'en mourra pas*, mais si cela arrivoit souvent, on l'aObibliroit, on tomberoit malade et on pourroit ttourir.

Qu^elle ne se fie donc jamais là-dessus à un cerliÎD zèle actif qui fait croire qu'on se soutiendra dans k rie dissipée, pourvu qu'on y porte de bonnes intentions et que Ton n'y soit que pour servir Dieu , et qu'elle croie dans une occasions! importante l'expérience de tous les gens de bien*

Je parle ici sans mesure et comme à mes cbers ealants -, je me donne souvent à vous pour l'exemple, persuadée que par l'amitié que vous avez pour moi, ib vous font plus d'impression.

Jamais personne n'a été plus opposée à l'oraison que moi, plus difficile à s'appliquer et plus persuadée qu'agissant pour Dieu il n étoit pas nécessaire d'employer à la prière un temps que l'on pouvoit donner au prochain, et qu'il suffisoit de se livrer aux iN>nnes œuvres dans la vue de Dieu.

Je puis vous assurer qu'on n'avance jamais par cette voie, qu'on n'est point en paix, qu'on travailla sansrègle, qu'on se lasse aisément et que Ton trouve que Ton n'a rien fait p Dur Dieu, mais par humeur, par amour-propre et par des vues très-éloignées de

120 LETTIIES ET ENTRETIENS SOR L'ÉDCCATIO.N.

la pureté d'intention, qui fait tout le mérite de nos actions.

Il n*en est pas de même quand on travaille avee Dieu, et Ton s'aperçoit bien sensiblement qu'il travaille avec nous.

Une Dame de Saint-Louis, bien pénétrée de ces vérités, mettra toute sa confiance en lui sans rien attendre d'elle-même, et deviendra, par son hami* litc, plus agréable à Dieu et plus utile à la maison que celle qui aura plus de talents naturels, si elle met en eux son espérance.

Elle fera toutes les charges avec la même joie, puisqu'elles sont toutes également propres à la sanctifier.

Elle ^era l'exemple de l'obéissance et de la dépendance pour les supérieurs.

C'est encore là un endroit sur lequel je vous conjure d'être inébranlable; il est de l'ordre de Dieu d'obéir; notre sexe est fait pour obéir; votre état particulier est un état d'obéissance ; obéissez donc et obéissez avec joie, vous y trouverez la sûreté et la paix.

Demandez à Dieu de bons supérieurs; mais, qaeb qu'ils soient, obéissez dans tout ce qui n'est pas péché.

Croyez que Dieu, qui a mis l'autorité entre leurs mains, leur donnera des lumières pour vous conduire; priez pour eux, ils sont plus à plaindre que vous.

Tftchez d'avoir de la confiance en votre supérieure, elle doit vous tenir lieu de mère. Suivez en

A MAhAMK DE MONTALEMP-Kin' f 1 69 I ). 121

tout la voie (|ue Dieu vous a marquée par votre vocation^ c'est le plus court, le plus simple et le plus assuré.

Obéissez-lui sans réplique et sans raisonnement ; ce n'est pas obéir que de ne faire que ce que vous jugez devoir faire.

Jugez charitablement des intentions de votre supérieure dans le choix qu'elle fait pour les emplois; s'en parlez jamais, et que votre obéissance ait les trois qualités qu'on vous a dites aujourd'hui.

Que le corps obéisse pour les choses extérieures; que le cœur obéisse par Taffection à ce qui vous est commandé ; que l'esprit obéisse par la soumission à ne point critiquer ce qu'on lui commande.

Soyez donc soumise à vos pasteurs, à vos supérieurs et à tout ce qui a une autorité légitime sur vous.

Choisissez un guide après l'avoir bien demandé à Dieu, et quand vous l'aurez choisi, abandonnez-vous à sa conduite avec une docilité d'enfant; ouvrez-lui votre cœur avec simplicité ; ne craignez point qu'il vous connoisse; allez de bonne foi; dites- lui vos maux avec toutes leurs circonstances.

Quand vous consultez un médecin, quel soin prenez-vous de l'instruire do votre tempérament, de vos rechutes et de vos foiblesses ! Regardez votre conducteur avec un extrême respect, puisqu'il tient la place de Notre-Seigneur et qu'il a reçu de lui le pouvoir de vous absoudre. Soyez soumise à tous ses avis : si vous avez peu de lumières, vous avez besoin d'être aidée ; si vous en avez beaucoup, sacrifiez-les I. 11

avec plaisir. Soyez simple comme des enfants clans tout ce qui regarde votre conscience.

Ne désirez point de dispense pour Tobéissance, obéissez de bon cœur, et regardez toute opposîlion làrdessus comme Teffet de Torgueil et du libertinage ^ . Votre fondateur pouvoit vous donner toutes sortes d'exemptions, de prérogatives et d'indépendances; mais par la droiture de son esprit et la solidité de sa piété, il a mis une des plus grandes fondations qui soient dans TÉglise sous la plus entière dépendance de révêque.

Qu'une Dame de Saint-Louis soit attachée à sa règle, qu'elle l'observe de bonne foi, qu'elle n'y trouve rien de petit, qu'elle considère que l'observation de sa règle est ce que Dieu lui demande.

Que pouvons nous faire de grand pour Dieu P tout esl égal à son égard \ son ordre et notre amour pour lui en font toute la différence.

L'observance de la règle prend tout votre temps, elle ne vous laisse pas un moment, et c'est de cet emploi de votre temps que dépend votre bonheur présent et à venir.

Vous aurez assez prié quand vous aurez bien employé les heures que vous êtes au chœur, et vous prierez encore tout le reste du jour si, vous tenant en la présence de Dieu, vous faites vos actions pour lui.

Vous lui serez agréable dans votre récréation; elle sera méritoire, si vous la prenez dans l'esprit de votre règle.

* Voir la DOle de la page 66.

A «ADAVe DB ■0KTALEIB.MIT(f694). 123

A peine trouvcprz-vous les occasions d'offenser Dieu, et vous vous perfectionnerez avec une grande facilité.

Quel bonheur a une Dame de Siiint-Louis de pouvoir espérer qu'elle n'ouvrira pas la bouche que pour Dieu, et de savoir <)u'elle lui plaît en reprenant une demoîsene, en faisant une punition à une autre, et que tout est digne d'une récompense éternelle quand il est fait pour lui!

Or, tout ce qui est de votre règle est par rapport à lui; cet accomplissement de la règle est le remède et le préservatif de tous les maux qui sot it à craindre dans les communautés; cet emploi du temps n'en laisse point de reste pour s'ennuyer, pour discourir inutilement, pour lier des commerces particuliers, sources de toutes sortes de désordres.

De la manière dont les journées sont disposées, une Dame ne peut avoir de conversation particulière sans dérober ce temps à quelqu'un de ses devoirs.

DéCez-vous de tout ce qui vous éloigneroit de cette vie commune, et regardez comme une illusion les vues de perfection qui vous tireroient des obligations de votre état.

Vous recevez tous les jours de si merveilleuses instructions là-dessus, que vous ne serez pas excusables, si vous n ayez une piété droite et solide. Vous savez que c'est Tamour-propre qui nous fait prendre les chemins extraordinaires, en nous faisant dédaigner notre devoir comme moins propre à nous attirer des louanges.

Vous n'en mériterez pourtant que dans cet accom-

plissement de votre devoir (si nous pouvoos en mériter) ; et ce ne sera que par cette voie que vous deviendrez parfaites.

C'est par l'accomplissement de son devoir qu'une Dame de Saint-Louis édifiera toutes les autres sans jamais les fâcher ni les attrister par aucune singularité, qui, en même temps qu elle enorgueillit celle qui veut être singulière, décourage celles qui sont dans une vie commune.

Que vous êtes heureuses do vous être données à Dieu sans réserve, et de pouvoir employer tout votre temps a lui attirer des milliers d'àmes qui passeront dans cette maison !

Vous êtes nées d'un sexe qui devroit naturellement vous renfermer dans le silence, dans l'oubli cl dans le soin de votre sanctification particulière, et Dieu, par ses desseins sur vous, vous a appelées aux fonctions de ses ministres.

Quel honneur! mais en même temps quelle iniidélité si vous n'y répondiez pasl

Qu'une Dame de Saint-Louis peut faire de bien! «et, par la même proportion, qu*elle peut faire de mal! Combien d'âmes peut-elle portera Dieu par ses soins! combien d'âmes peut-elle scandaliser et conduire à la mort par sa négligence !

Votre maison ne peut être médiocre : il faut qu'elle soit sainte ou remplie de trouble et de dissipation.

Il faut que vos demoiselles soient une assemblée d'âmes innocentes et pures qui tendent a Dieu, éloignées de l'esprit du monde, ou que ce soit une troupe

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tout la Toîe que Dieu vous a marquée par votre vocation -, c'est le plus court, le plus simple et le plus assuré.

Obéissez-lui sans réplique et sans raisonnement ; ce n'est pas obéir que de ne faire que ce que vous jugez devoir faire.

Jugez charitablement des intentions de votre supérieure dans le choix qu'elle fait pour les emplois-, n'en parlez jamais, et que votre obéissance ait les trois qualités qu'on vous a dites aujourd'hui.

Que le corps obéisse pour les choses extérieures; que le cœur obéisse par l'affection à ce qui vous est commandé; que l'esprit obéisse par la soumission a ne point critiquer ce qu'on lui commande.

Soyez donc soumise à vos pasteurs, à vos supérieurs et à tout ce qui a une autorité légitime sur vous.

Choisissez un guide après l'avoir bien demandé à Dieu, et quand vous l'aurez choisi, abandonnez-vous à sa conduite avec une docilité d'enfant ; ouvrez-lui votre cœur avec simplicité ; ne craignez point qu'il vous connoisse; allez de bonne foi; dites- lui vos maux avec toutes leurs circonstances.

Quand vous consultez un médecin, quel soin prenez-vous de l'instruire do votre tempérament, de vos rechutes et de vos foiblesscs ! Regardez votre conducteur avec un extrême respect, puis(]u'il tient la place de Notre-Seigneur et qu*il a reçu de lui le pouvoir de vous absoudre. Soyez soumise à tous ses avis : si vous avez peu de lumières, vous avez besoin d'être aidée; si vous en avez beaucoup, sacrifiez-les I. Il

n'ont besoin de personne; elles trouvent leur plaisir dans leur maison.

Elles sont appelées à un plus noble commerce : demander à Dieu, recevoir de lui, et répandre sur les demoiselles, voilà le commerce des Dames de Saint-Louis.

L'intention de leur fondateur a été de leur ôter tout prétexte de liaison dans le monde : il n*a pas voulu qu'elles donnassent les places aux demoi* selles, ni les bénéfices dépendant de leur abbaye de Saint-Denis'.

Qu'elles prient pour leurs proches, quelles les consolent chrétiennement quand elles les voient; mais qu'elles ne se croient pas obligées de se mêler de leurs affaires et de leur attirer des amis.

Qu'elles oublient les connoissances qu'ellesavoieot dans le monde, bien loin d*en faire de nouvelles; qu'elles ne pensent qu'à Dieu et à lui tenir tout ce qu'elles lui ont promis.

Qu'elles soient persuadées qu'elles accomplissent toutes le VŒU d'élever les demoiselles dans quelques charges qu'elles soient, et que celle qui a soin des habits, celle qui est à la porte, celle qui conduit les converses, remplit les devoirs de l'institut comme celle qui est aux classes.

Qu'elles ne raisonnent jamais sur leurs emplois : ils sofat en quelque manière tous égaux ; il n'y aura

> Louis XIV avait fail supprimer par le pape ie Utre d'abl)é de Saint-Denis et il avait donné le domaine abbaUal à la maison de Salnt-Cyr.

A UNB lfO?ICR (1694). 127

de différence qu'à proportion de la perfection avec laquelle on s'en acquittera.

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