‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 29 sur 120 · LETTRE A UNE NOVICE · texte numérisé non relu

LETTRE A UNE NOVICE

OUI TEM/Hr LA PLACX DI rEBMltlI ■AXTHESSX DU KOUOIS*.

Je trouvois bien mauvais, ma chère sœur, que TOUS ne me disiez rien de votre classe, mais je me doutois un- peu que c'étoit pour garder la modestie (Tune novice. Je vous pardonne aussi, pour la première Fois, la cérémonie qui est dans votre lettre, pourvu que les autres soient en billet et sans compliments. Attachez-vous bien au règlement, et s'il y ivoit quelque endroit déraisonnable ou impraticable, marquez-le pour mon retour. J'espère que Dieu bénira vos soins et ceux de nos chères sœurs. Traniilez toutes avec une grande patience , sans empressement et sans relâche^ semez sans jamais vous décourager, d'autres feront peut-être la moisson-, mais quMmporie, pourvu que vous ayez fait votre devoir. Faites mes amitiés, je vous prie, à nos petites rouges dont vous êtes contente, et dites a celles daat vous ne Tèies pas qu'il faut se corriger avant mon retour, afin que vous puissiez rendre bon témoignage de la classe en général. Je vous embrasse, ma chère sœur, et toutes celles qui travaillent avec n>iis.

< Lettrée et Âvh, p. 258.

* Cette novice est probablement M^>' de Glapion.

128 LKTTRES ET ENTRETIENS SUR L*É0CCATIOK. 48». — LETTRE A xMADAME DU TOURP»,

MÀITEISSE OiMÉRALS DIS CLASSES.

FonUiaebleau, mart 1694.

Je n'ai rien de particulier a vous apprendre, m; chère fille, pour rendre les demoiselles plus soi gueuses : les réprimandes, les punitions, et les lais ser manquer des choses qu'elles ont négligées» son les seuls remèdes que je connois.

Vous avez raison de dire que ma sœur de... \ de quoi être une excellente maîtresse, si elle peut s< persuader de ce que nous avons jugé devoir èln pratiqué dans les classes : elle a une vertu et de talents qui sont propres à y faire beaucoup de bien mais comptez, ma chère fille, que tout manque ; une religieuse à qui la docilité manque, et qui n<

* Lettres et Avh, p. 264.

' Marie-Marthe du Tourp de la Cour. Ce Tut la huitième Dam de Saint-Louis. Elle avait été élevée à Noisy, flt profession de vœux simples le 1 1 janvier 1687 , et des vœux solennels le 1 1 dé cembre 1093. Ce fut une des Dames renvoyées avec M** de 1 Maisonfort , par ordre de Louis XIV, pour cause de quiétismc (Voir VHist, de la mahon royale de Saint-Cyr, eh. x.) Elle sorti de la maison le 7 août 1 698 , et fut placée au couvent des flUc tle la Visitation de Grenoble, où elle mourut. Voici ce que le Mémoires de M"« du Pérou dirent d'elle : « On peut dire que t fût un grrand dommage d'avoir été obligé d'éloigner cette fllle, qv étoit un très-bon sujet. A ses préveuUoni» prèj, elle parioit d Dieu comme un ange; toutes les demoiselles l'écoutoicnt ave grand plaisir; elle les louchoit, elle les édifloit, les porloit à toti le bien qu'elle vouloil. Avec cela elle éloit si régulière, si auatèr et si vertueuse dans toute sa conduite, qu'on la regardoit comm une sainte. >

A VADAIIB DE MOXTALEMBERT (1694). 125

ines * qui s*ennuient, qui aspirenlau monde» e soient arrangées qu*au dehors, is qu'il pourra y en avoir dans un si grand y quelques-unes, malgré vos soins, qui voue perdre; mais qu'elles n'osent se monqu'en attendant que leur cœur soit touché ni qui en est le mattre, que leur conduite itrainle par la règle et par l'exemple des

es Dames de Sainl-Ix)uis n'entrent jamais en rce avec les demoiselles si leurs charges ne )ligent, et qu'en ce cas elles ne parlent que qui est nécessaire, avec douceur et gravité, les considèrent l'exemple qu'on leur doit; ne se familiarisent jamais avec elles, surtout \ grandes. Imitez les mères qui sont sages : I caressent que les plus petits enfants, elles t les autres dans la crainte et dans le respect, ils soient l'objet de leur tendresse, une extrême attention à ne les pnsscandaliayez qu'on ne peut trop là-dessus être sur les ; elles se mêlent de juger plus tôt qu'on ne

les Dames de Saint-Louis conservent précieul'éloignement où elles sont des parloirs etde mmerce avec le monde •, elles y ont renoncé, i tout leur temps à l'œuvre de Dieu.

, le commerce des hommes roule sur l'utilité le plaisir; elles ne sont utiles a personne, et

la note de la page 6G.

IM LBTTT.ES ET BmtETfE58 SUR L*ÉWCATlO!f.

donne raccroissement. Ne faites pas votre charge par rapport à votre humilité, ni à votre qualité de novice*, il faut ^ue vous la fassiez comme les autres la feront : celte différence feroit de mauvais effets; Quand vous aurez quelques difficultés, écrivez-moi; je serai soigneuse de vous répondre. Vous avez raison de croire fermement que Dieu vous aidera : vous travaillez pour lui, il vous soutiendra et bénira tout

On ne peut leur donner trop d'horreur pour le mensonge-, cependant il faut le détruire dans les nouvelles venues avec une gmnde patience; il faut leur lire souvent les dérensos qu'on a faites, et les faire obéir là-dessus comme dans tout le réiste, observant toujours la différence des anciennes d'avec les nouvelles venues. Servez-vous de toutes sortes de moyens pour les corriger : une exhortation générale à rapproche d'une grande fête, une cor* rection douce en particulier à la veille d'une confession, une confusion publique, une humiliation devant les autres, une amende honorable, un relâchement de plaisir, une posture contrainte^ enfin, tantôt de la rigueur, tantôt de la douceur, et Ion* jours une grande patience.

Continuez <lans la pratiqoe; que ceHe qui préside dans la classe ne soit attachée à rien de particulier, et qu'elle ait les yeux ouverts sur tout ce qui se passe, tant à l'é^^ des enfants <fate <le ceHes qui lenrnpprennent quelque chose. Appliquez* vous surtout à la lecture et à l'écriture. Je prie Dieu, ma chère fille, de bénir vos peines. Priez beaucoup pour les enfants; faites mes compliments

A MJUIAME DE FONTAINES (1694). ISl

iroa sœur Marîe-Constaoce^ et croyez moi toute à

Page 1