‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 30 sur 120 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Observez les grandes mangeuses et faites -leur donner de plus grosses portions^ tout cela doucement et par manière dessai, et nous en parlerons à non retour.

50». - LETTRE A MADAME DE FOxNTAINES.

(EUe loi ciiToie le petit traité de VEtpHt de l'InêtUut des filles de SaitU-Louis^ et lui en tait i'éloge.)

Mai 1 «94.

Je crois, ma chère mère, devoir remettre entre les mains de la bibliothécaire un écrit qui doit demeurer a tout jamais dans la bibliothèque de Saint- Cyr'. Faites-en bien acheter la lecture à W^' de la Haisonfort, et si on désire quelque chose dans sa conduite, voila un moyen sûr de Tobtenir. 11 faut que je sois bien désintéressée de ne me pas garder le plaisir de le lui montrer, car je crois qu'a la vue d'un tel volume toute sa vivacité se renouvellera*;

* L'une des religieuses de Cliaillot, qui continuait à gouverner le noviciat.

* Lettres édifiantes^ t. IV, S «lettre. — Avis aux religieuses de SÊhu^Louist p. 80.

* C'est le traité de V Esprit de Vbmituty qui est plus loin, Rïfe 135.

* Pour comprendre celte phrase, il faut lire le ch. x de VHisi. àe la maison royale de Saini-Cyr, relatif au quiélismc, dans lequel K** de la Maisonfort hit le principal personnage.

132 LETTIieS ET ENTIIETIENS SUR L'^OUGATION.

mais, madame, ce sera bien pis après la lecture, car | c'est un ouvrage dicté par l*esprit de Dieu pour Tu- {. tilité de notre chère maison. Le mépris du monde et ' l'estime de votre vocation y sont parfaitement bien traités, mais ce sont deux sujets sur lesquels les Dames de Saint- Louis sont bien avancées. Rien n*est si beau' que ce qui est sur les vœux et sur rinstilut*) il démêle bien nettement ce que j'avois toujours pensé confusément sur la grandeur de votre fonction et rhumilité de votre personne ; il vous appelle servan- * tes des demoiselles, et vous charge de mettre la re- ^ ligion dans leur cœur; c'est l'idée que j'ai toujours * désiré que vous eussiez de votre état. Rien de plus ? élevé que vos occupations, rien de plus humble \ quand il n'est question que de vous; nul rang, nulle 1 autorité, nulle envie d'élre estimées, considérées cl ' respectées qu'autant qu'il est nécessaire pour con- ' duire les filles dont vous êtes chargées. Oh ! que Dieu ' bénira votre travail quand il se fera dans cet esprit, ' et que cette fondation royale si riche et si bien bâtie, ' si bien protégée et si voisine de la cour, sera remplie par les plus humbles religieuses qui soient dans ' rÉglise! Voilà, ma chère fille, ce que je vous souhaite et ce que j'espère de voir bien avancé avant ma mort. Lisez et relisez ce que je vous envoie, il doit être appris par cœur de toutes nos Dames, et je serai ravie de l'entendre au réfectoire. II faudra me le rendre pour le mettre dans nos recueils.

1 M<»« de Maintenon dissimule bous ces éloges la part qu'elle eut à la composition do VEnprit de Vhntitut, et dont nous trouverons la preuve dans l'entretien suivant.

ENTRETIBN AVEC LES DAMES DE SAINT-LOUfS (1694). 133 51. — ENTRETIEN AVEC LES DAMES

rX SAIRT«10UIS.

Aoât 1694.

M'* de Maintenon dit aux religieuses de Saint- Louis, à l'heure de la récréation, qu*elle avoit passé la matinée à lire le traité de TEsprit de leur institut an novices, qu'elles lui en avoient paru charmées et mvoient toutes résolu de l'apprendre par cœur pour y avoir sans cesse recours, dirent-elles, dans kors doutes et leurs tentations. La communauté, qui avoit déjà reçu ce petit traité avec beaucoup de joie et d'empressement, marqua à M°^ de Maintenon l'envie qu'elles avoient de l'avoir chacune en particnlier. A quoi elle leur dit qu'on ne jugeoit pas entore a propos de le faire imprimer, parce que leur naîaon étoit alors si a la mode que chacun le voudroit Bre pour faire sa cour, et non-seulement le lire, mais en juger*, a et je ne veux, ajouta-t-elle agréablement, ni qu'on le loue ni qu'on le vitupère. » Elle permit seulement qu'on l'eût en manuscrit; elle en copia plusieurs elle-même et en fit copier par quelques personnes de confiance, et les distribua a mesure qu'ils furent écrits. Les religieuses de Saint- Louis, témoignant une grande admiration et un grand plaisir de ce que le Roi, leur fondateur, avoit bien voulu mettre une approbation de sa main sur le livre qu'on en consente au dépôt, comme un dou- I. «2

ble témoignage de sa piété et de sa volonté à leur égard, M"*** de Maintenon leur dit : a Cet écrit étant long, je lui ai proposé de le parcourir seulemeoli mais il Ta voulu lire tout entier : il Ta trouvé parfaitement conforme à ses intentions, et il désire que vous y soyez à jamais fidèles. » Elles supplièrent M""'' de Maintenon avec instance de mettre aussi quelque chose de sa main à la fin de ce livre qui ptt marquer la part qu'elle y avott', et faire connoHit dans la suite combien elle prétendoit qu*eUes y d^ meurassent inviolablement attachées; elle leur li* pondit avec bien de la modestie : « Vous moquci^ vous de moi de vouloir que je mette mon hm auprès de celui du Roi P et ne voyez-vous pas ^% convient beaucoup mieux qu'il paroisse à céUes qi vous suivront que ce livre vous a été donné par votre saint et premier évéque, qui, ayant fait vos régies, a encore voulu vous marquer plus en particuUor dans ce petit traité Tesprit de votre maison PL'ainîlié que vous avez pour moi vous attache à tout oe qui vous en vient et vousiait juger que les autres seront comme vous, mats l'autorité du pasteur doit fidn encore une plus forte impression. »

* Voir la leltre précédente aTCC les noies.

A HADAXE DE FONTAINES ( 169-1). ISl

à ma sœur Marie-CoDstaoce^, et croyez moi toute à

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