LETTRE A UNE PREMIÈRE MAITRESSE
DBS VERTES.
Octobre 169^ ,
J'ai mandé a notre mère que j'avois reçu voire <• première lettre, et combien j'en étois contente ; je n'y répondis pas parce qu'elle vint avec un trop grand nombre d'autres-, je suis ravie de tout ce que i vous me mandez de nos chères filles, et j'ai une grande i impatience de les voir. 11 faut remplir ce temps vide \ qui précède la messe deccquela maîtresse juge à i propos sans vous lier là-dessus par un règlement; i on peut les mener au jardin ou dans une cour quand il fait beau, les faire chauffer quand il fait Iroid, les faire repasser leurs leçons afin d'avoir plus de temps à écrire, les faire marcher et répéter des révérences ou quelque cérémonie quand elles s'y négligent. Enfin, c'est à la maltresse à remplir cette heure comme elle Tentendra -, ne vous gênez pas trop et louez Dieu, ma chère fille, de ne voir aucun vice^ ne vous lassez point de reprendre et d'attendre*, parlez
* Lettres et Avhf t. II.
LETTRE DE l'ÉVKQLE DE CHAUTISKS (iGOô). 201
souvent et succinctement en particulier à vos filles, quelquefois dans votre cellule, et plus souvent dans un coin de la classe. Vous me pourriez répondre que je n^en use plus ainsi , mais c'est peut-être un défaut en moi, et de plus je me presse comme ceux qui, ayant à partir pour un voyage, font en un jour eequ'il faudroit faire en huit. Evitez qu'elles se parlenten secret; ne négligez jamais les instructions publiques, et priez pour elles. Adieu, ma chère fille.