‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 4 sur 120 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

les choses dont je me souviendrai, bien qu'il y eût déjà du temps que je les eusse entendues d'ellemôme ou par le rapport de nos sœurs. »

« Après avoir déjà recueilli plusieurs choses, me trouvant embarrassée sur une qui me parut de conséquence, je résolus de l'envoyer à madame noire institutrice pour voir si j'avois bien expliqué ses intentions, et par là je me trouvai dans la nécessité de lui découvrir mon secret. En me rendant cet écrit, elle dit que puisque nous voulions qu'elle nous parlât de ce qui pourroit nous aider à bien exercer nos charges et à bien gouverner nos demoiselles, elle vouloit bien qu'on écrivit, comme j'avois commencé, les choses principales qu'elle disoit, et qu'cnsuile on lui montrât ce qu'en auroit écrit, afin qu'après avoir vu si nous l'aurions bien entendue, elle pût encore faire examina par nos supérieurs si elle ne nous auroit rien dit de mauvais ou de dangereux; « car, (( m'ajouta-t-elle, je ne ne suis pas savante, et, avec « les meilleures intentions du monde, jepourrois me « tromper, et je dois prendre d'autant plus de pré- « caution pour ne vous rien laisser qui ne soit bien a approuvé, que l'amitié que vous avez pour moi u vous rend plus>attachées à ce qui en vient, et qu'on a vous a tant dit de m'écouter, et de ne jamais oublier « ce que je pense survotre Institut, que je craindrois « dans la suite que vous ne voulussiez rien croire de u contraire à ce quej'aurois avancé ; mais quand vos

PRÉrACB. XI

tt supérieurs * l'aurQUt approuvé, nous s^^ops tous en « repos, et alors vous aurez raison de ne rien suivre a de tout ce qui ne seroit pas conforme à mes écrits.

« J'avoue que quelque soin que je prenoe de dire la vérité, tout ce que je rapporterai d'elle perdra beaucoup de sa force et de sa grâce étant dit par une autre. Il y a dans tout ce qu'elle dit et dans toutes ses manières une grandeur, un agrément, une so? lidité, une douceur et une noble simplicité qu'on ne peut expliquer; au moins je m'en sens fort iqcapable, et je voudrois bieo que tous ceux qui diront quelque chose d'elle fissent cet aveu plutôt que d'imposer au public par une idée fort au-dessous de la vérité *. o

Les Mémoires de$ Dames de Saint-Cyr confirment ce que vient de dire M°*® de Berval : « Nous entreprimes, disent-elles, de mettre au net le recueil des entretiens que nous avions eus avec M°>* de Maintenon sur l'esprit dans lequel nous devions entendre nos obligations, et surtout celles qui regardent les classes et la manière

* n M. Paul Godet des Marais, éCeque de Chartres et directeur de M">« de Maintenon, M. Joly, supérieur f^énéral de MM. de la MlMion et notre supérieur» MM. les abbés Tiberge et de Brisacicr. »

• J'ajouterai à cette prérace que M°>« de Maintenon ne se eon* tentait pas de corriger le recueil de M*" de Berval, mais qu'elle en écrivait certaines parties. J'ai trouvé aui archives de la préfecture de Versailles un fragment de M"« de Maintenon écrit cntiè-

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