‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 50 sur 120 · LETTRE AUX DAMES DE SAINT-Î.OUIS · texte numérisé non relu

LETTRE AUX DAMES DE SAINT-Î.OUIS

(itICBtioD qoe nom detoot atoir pour ne point altérer la paix qui est ci.lrp MM, ne rien dire entre antres sur l'éducation des eufants, et ne se poir t rclMter soi-même du peu de suoeèi de ses traraux. i

Je vous répète souvent que ce que vous devez le plus craindre , c'est que la charité entre les Dames

' Leitreê et ÀvU, p. 2S3.

* Loube-Renée de Gniel At profession le 25 juillet 1699 et ■oanit le 20 avril 1730, ftgée de cinquante-deux ans.

* • En ce temps, M"*« de Maintenon entreprit les classes d^une ■ulàre particulière : elle commença par la classe rouge, dont elle w tint chargée pendant une année, et passa ainsi consécutivement •m autres classes et y établit tout ee qu'elle crut le plus utile aux teoisellea. a (^ou du manutcrit.) — Voir la note de la page 298.

^ lUciid/ def réponses^ p. 27.

300 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*ÉDUCATION. i20». — LETTRE A MADAME DU LONDE,

DAME se SAINT-LOUIS*.

Mai tTOn.

N*est-ce pas à vous, ma chère petite mère ', que je (lois une lettre depuis si longtemps? Recevez donc celle-ci d'aussi bon cœur que je vous l'écris, et soyez bien assurée de l'amitié que j'ai pour vous. Je compte fort sur votre capacité pour les classes, quand quelques années vous auront appris à mêler la fermeté avec la douceur : c'est la vertu chérie et pratiquée par Notre- Seigneur, mais il savoit reprendre fortement.

Assurez vos chères sœurs que tout ce qu'elles aiment à Fontainebleau est en parfaite santé. Je commence à compter les jours; les lieux me seroient bien indifférents sans vous, et vous êtes cause que je suis encore attachée. Je demande pardon à ma sœur de Radouay de montrer de tels sentiments, mais il est difficile , et surtout à moi, de cacher ce que Ton sent.

^ Lettres utile» et agréables ^ p. 1208.

* Marie- Charlotte- Angélique du Londe de Lambert. Elle ût profession le 24 février 1700 et mourut le 17 août 1734, âgée de cinquanle-aept ans. • Elle fit ses vœux, disent les Mémoires de Saiut'Cyr, malgré madame sa mère , avec une grande volonté d'y Hve fidèle; aussi les a -t- elle observés si exactement qu'elle nous a été im sujet de grande éditicaUon et de bon exemple, surtout pour l'iustruction des demoiselles, ayant beaucoup de zèle et un talent particulier pour leur faire goûter ce qu'elle disoit. » (Ch. XXVI.)

' Elle avait fait profession depuis peu de temps.

AIX DAMfS DE SAINT-LCUIS !l7<:n'. ;M>3

tnlendre pour la sacristine et pour l'économe? Il ne faut pas compter sur la vertu de ses soaurs jusqu'à ne garder nulle mestre', elles seront peut-être assez iIlCBtiTes sur eiifs-mémes pour vous entendre plu- SMors rois sans n'pliquc r; mais leur coeur ne lais^ sera pas d'être blessé, et tl amvera un jour malheureux qu'elles vous répondront une brusquerie qui TOUS piquera à votre tour, et de là naissent les sécheresses, les aigreurs, les ressentiments -, voilà enlln comme la charité s'altère et se perd. Celles qu'on met aux classes doivent bien se garder de blâmer la conduite des maîtresses qui les ont précédées, ou de se plaindre que les demoiselles <|ui montent à leur classe sont peu instruites ou mal morigénées. Os raisonnements arrivent pourtant fort naturellement, surtout quand on n^a point encore d'expérience par rapport à Téducatior. Est-il possible, dira-ton, qu'on ait laissé des filles dans cette ignoimce? qu'on neleuraitpas appris à lire, à s'habiller proprement? On se persuade que si on les avoit conduites, elles auroient Tait des merveilles-, mais attendez, et vous verrez si vous rectifierez lout ce qu'il y aura de mauvais dans celles que vous gouvernez -, vous connoîlrez à votre tour que vous ferez des réprimandes sans fruit, des catéchismes merveilleux, que vous essayerez des moyens les plus propres à insinuer la vérité, et qu'au bout d'un an vous trouverez des filles qui n'en eonnoltront pas mieux leurs principaux devoirs. H en sera de même de l'orthographe, de la lecture et du travail, et alors vous verrez par vous-même que ce n'est pas toujours aux

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maitrosses qu'il se faut prendre de l'ignorance des filles. L'instruction est une semence qui fructifie plus ou moins selon la terre où elle tombe; il ne faut donc ni blâmer lés autres, ni s'impatienter soimême. Le grand nombre des filles qui profiteront doit vous consoler du peu de progrès des autres.

123». — LETTRE ALX DEMOISELLES

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