‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 51 sur 120 · I)L LA (LASSE BLEUE · texte numérisé non relu

I)L LA (LASSE BLEUE

La lettre que vous m'avez écrite est parfaite, soit pour le caractère, soit pourTorthograplie-, le style est simple et net, il n'y arien d'inutile, et on ne peut en être plus contente que je la suis; j'ai de grandes espérances que je la serai sur des endroits plus essentiels. Il me semble que les demoiselles entendent mieux raison que jamais, qu'elles deviennent plus honnêtes, plus humbles, plus soumises, plus recour noissantes envers la communauté; tout cela, mes chères filles, parce qu'elles deviennent plus chrétiennes. Comptez qu'il n'y aura que la religion qui vous donnera et qui vous assurera le mérite auquel vous aspirez, et qui n'est que vanité et légèreté quand Dieu n'en est pas le fondement. Je vous verrai les premières, et je vous donnerai tout le temps que je pourrai, m'estimant trop heureuse si je pouvois aider à vos maîtresses à graver dans vos cœurs le véritable bien.

> Lettres et Avis, ^. 'i82.

I3i«. —LETTRE AUX DAMES DE SAJNT-LOUIS.

5 décembre 1700.

Il in*a paru nécessaire d'expliquer encore ce qui regarde la chaire de maltresse générale des classes-, je dois faire savoir quel a été mon dessein en la proposant, et vous savez toutes que je n'y ai jamais rien changé , quelques tentatives qu'on ait faites pour que la maîtresse générale entre dans le détail du goovemement des demoiselles. On me représente la force de la constitution *, c'est pourquoi j'ai voulu la lire avant d'écrire ceci, et c'est avec vos constitutions et vos règlements devant les yeux que je vais vous en faire une explication que je soumets à voire évéque, comme tout ce que j'ai écrit pour vous.

Jo ne lis rien dans la constitution qui ne soit trèsconforme à l'idée que j'ai eue pour cet emploi : c'est fme intendance générale sur les classes; qui dit générale ne dit pas particulière. Le règlement dit encore moins : elle doit veiller nan-seulemeni sur la conduite des demoiselles, mais sur celle des maîtresses et faire que tous les règlements soient observés; tout cela s'entend en général , car on n'a ni prétendu donner une supérieure aux maîtresses des classes, ni que la maîtresse générale entrât dans la conduite particulière des demoiselles; le règlement lui marque toutes ses fonctions dans un grand détail.

I* Lettres et AvU^ p. 179.

306 LETTRES ET ENTRETIBS» SUR t'ÉMCATIOEf.

J'ai toujours regardé et institué la maîtresse générale comme la protectrice, Tavocate et le procureur des demoiselles ; la protectrice en veillant dans la maison et dans le conseil pour leurs intérêts, en épargnant pour augmenter leur bien, en empêchant autant qu'elle le pourra qu'on détourne leurs fonds, en faisant leur condition la plus avautageuse; leur avocate en soutenant leurs droits et parlant pour elles, et en leur faisant donner tout oe que la supe* Heure a ordonné pour leur nourriture, habilteroent, meubles, commodités; leur procureur eo plaçart leur argent, en le faisant valoir, en écrivant pour elles en toutes occasions. La maîtresse générale est chargée entièrement des noires; elle assiste les de» moiselies à la mort, parce que la première maîtresse ne pourroit rendre ce service qu'en abandonnant les autres. La maltresse générale doit faire observer les règlements, voir si les filles sont bien nourries, bien vêtues, si elles ont autant de maltresses qu il leur en est marqué, si, lorsqu'elles y manquent, les suppléantes les remplacent, si les places du chœur sont toujours remplies; voila les soins de la maltresse générale.

Comme elle sera toujours une des premières de la maison par sa place dans le jconseil, on a jugé à propos d'établir encore cette autorité entre la supérieure et les demoiselles des classes pour que l'on en menace les demoiselles et qu'on s'en serve pour des récompenses ou punitions extraordinaires. Mais elle ne doit entrer dans ce détail des classes qu'autant que les maltresses particulières ont bc-

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