‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 53 sur 120 · A MADAME DE CRUEL · texte numérisé non relu

A MADAME DE CRUEL

130 «. — LETTRE A MADAMi: DE GRUEL,

rUHIÈU MilTBESSE SES ROUOES.

5 mars 1701.

Vous admirez beaucoup trop ce que je fais pour rotre classe, mais, tel qu'il est, vous ne 1*imilez pas avez. Tous parlez à vos enfants avec une sécheresse, no chagrin, une brusquerie qui vous fermera tous les cœurs -, il faut qu'elles sentent que vous les aimez, pe vous êtes fâchée de leurs fautes, pour leur propre otérèt, et que vous êtes pleine d'espérance qu'elles e corrigeront-, il faut les prendre avec adresse, les aicourager, les louer, en un mot, il faut tout emiloyer, excepté la rudesse, qui ne mène jamais peronne à Dieu. Vous êtes trop d'une pièce, et vous eriez très-propre à vivre avec des saints ^ mais il aot savoir vous pliera toutes sortes de personnages, st surtout à celui d'une bonne mère qui aune grande amille qu'elle aime également.

7 mars 1701.

J'ai toujours oublié de vous dire ce que j'ai romarqué, il y a quelques jours, en vous entendant expliquer l'Évangile -, il me parolt que vous embrassiez trop de matières, il en faut peu pour des en-

* Lettre* et Àih, p. 276. — ExtruU des écriu, p. 4.S0.

• Lettre* é'tijiantes, t. IV, letlre 193. — Lcitret et Avh, |>. 185.

moi, ne donnez point cela à faire à vos enfants, ditesleur plutôt quand elles font mal : Comment pouveivous accorder celte action avec l'Évangile, avec un tel précepte de la loi de Dieu? De plus, ne trouvet-on pas la vraie grandeur dans la doctrine de Jésos- Christ ? Par exemple, leur citer saint Paul, qui aimoit mieux travailler de ses mains dans un temps où il étoit tout occupé à prêcher TÉvangile aux nations que d'être à charge aux fidèles. Cette éducation tsimple et chrétienne que je vous propose ne vous fera pas tant d'honneur, et ne plaira pas tant aux gens du monde qui aimeroient mieux une éducation plus vaine (|ui orneroit davantage Tesprit de leurs enfants et leur donneroit quelque chose de plus brillant. Mais vous ne les élevez pas pour plaire au monde-, c'est pour en faire de bonnes chrétiennes, des filles sages et raisonnables, car il ne faut rien de bas, rien de petit; point de contes, point en faire accroire; leur donner les choses pour ce qu'elles sont-, ne leur point faire un crime d'une bagatelle; ne leur point donner pour obligation une chose de perfection, comme on fait presque dans tous les couvents. On fera les mêmes réprimandes à une fille qui aura manqué d'entendre la messe un jour ouvrier, comme si elle Tavoit fait un dimanche*, et quand elle est dans le monde et que ses affaires ne lui permettent pas d'aller à la messe un jourouvrier, elle croit qu'elle pourra bien aussi s'en dispenser une fête ou un dimanche pour la même raison, parce qu'elle n'en aura pas compris la différence. Vous n'aurez jamais de force dans vos instructions.

AUX OANBS DE SAlNT-LOUrS (I70l). 325

que par la vérilé : quand vous leur dites, par exemple, que la transgression de leur règle est de soi un péché, et qu'ensuite elles le vont demander à leur confesseur, qui leur dira encore plus librement qu*à l'ordinaire que, puisque la plupart des règles des religieuses n^obligent point, sous peine de péché, à plus forte raison celles qu'on fait à des personnes qui ne sont point engagées par vœux ne les y obligent point*, jugez si après une telle décision, qui est convaincante, elles s*en tiendront à la vôtre, et le cas qu'elles feront ensuite de toutes les autres que vous leur ferez. Il vaut donc bien mieux les exciter i aimer leurs règles, parce qu'elles sont le témoignage de la volonté de Dieu sur elles, et que ce n'est que par la fidélité à les suivre qu'on Thonore véritablement-, que par des petites infidélités, on se dispose insensiblement à des infidélités plus considérables. De plus, il faut faire remarquer que ces transgressions de leur règle ne sont pas seulement de simples imperfections, mais des péchés, non à cause de la règle, mais à cause qu'on ne la transgresse ordinairement que pour suivre une passion ^réglée qu'on devroit cogibattre, et aussi à cause des circonstances qui accompagnent souvent ces transgressions; enfin leur faire honte de celte mauvaise disposition qui fait qu'on ne craint que ce qui est péché, que ce qui damne, et qu'on passe facilement sur ce qui déplaît à Dieu. Il faut instruire avec simplicité et netteté, faire voir à vos filles la doctrine dans sa pureté, sans s'amuser à leur dire des choses curieuses et inutiles, la foi simple et la docilité i I. a«

326 LETTRES ET EKNIBTIBRS SHH L*iDUCâT10!f.

l'Église convenant mieux à des filles que îles raû

nements qui exciieroient leur cunosîté et quisoui

les embrouilleroient. Ce seroit aussi une exceik

chose de retrancher la multiplicité des livres^ nu

ne but pourtant pas pousser cela trop loin^cariL

occuper les enfants, il faut les former, et la lad

bien choisie et bien faite est très-utile; ilneiaud

donc pas retrancher les livres, mais la varialé

maximes, des conduites et des moyens ; ils devrai

tous renfermer le même esprit sans s'écarter d<

•que doivent faire tous les chrétiens dans une

simple et commune. Ce qu on leur fait lire par 4

port à la vie religieuse, quoique excellent, ne J

sert ordinairement pas beaucoup: elles croient:^

cela n'est bon que pour le cloître, et quand e

n'ont pas dessein de s'y renfermer, elles laissent a

ce prétexte toute piété; et ce qui arrive encore

ces choses exlraordinahres qu'on leur lit, c'est qu

près leur avoir fait une lecture de demi-heure

faut en passer une autre i leur faire entendre c

cela ne leur convient pas et que ce sont des 01

duites de Dieu qu'il faut admirer. Quand on ji

contre par hasard de ces choses merveilleuses qu'

trouve dans la vie des* saints, il ne les laut j

laisser passer sans fruit et sans les instruire, et Je

laire voir que Dieu a sur ses créatures des condui

différentes qu'il faut suivre avec fidélité, quand il

inspire, et avec soumission à:ses ministres.

Ain DANBS DE SAINT-LOmS (l70l). 325

que par la vérité : quand vous leur dites, par exemple, qae la transgression de leur règle est de soi un péché, et qu'ensuite elles le vont demander à leur confesseur, qui leur dira encore plus librement qu'a Tordinaire que, puisque la plupart des règles des religieuses n'obligent point, sous peine de péché, à plus forte raison celles qu'on fait à des personnes qui ne sont point engagées par vœux ne les y obligent point-, jugez si après une telle décision, qui est amvaincante, elles s'en tiendront à la vôtre, et le cas qu'elles feront ensuite de toutes les autres que TOUS leur ferez. Il vaut donc bien mieux les exciter i aimer leurs règles, parce qu'elles sont le témoignage de la volonté de Dieu sur elles, et que ce n'est que par la fidélité à les suivre qu'on l'honore véritablement^ que par des petites infidélités, on se dispose insensiblement à des infidélités plus considérables. De plus, il faut faire remarquer que ces transgressions de leur règle ne sont pas seulement de simples imperfections, mais des péchés, non à cause de la règle, mais à cause qu'on ne la transgresse ordinairement que pour suivre une passion déréglée qu'on devroit combattre, et aussi à cause des circonstances qui accompagnent souvent ces transgressions; enfin leur faire honte de cette mau- ▼use disposition qui fait qu'on ne craint que ce qui est péché, que ce qui damne, et qu'on passe facilement sur ce qui déplaît à Dieu. Il faut instruire avec simplicité et netteté, faire voir à vos filles la doctrine dans sa pureté, sans s'amuser a leur dire des choses curieuses et inutiles, la foi simple et la docilité i 1. 28

328 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L'ÉMICATIOlf. ia!$<. — ENTRETIEN AVEC LES DAMES

DB 8AINT-L0C1S.

Dans une de nos journées de travail, Had nous dit : « Vous me demandez que je vous iostr sur les classes : Inexpérience vous en apprendra que je ne saurois vous en dire *, c'est moins l'ei qui m'a appris ce que j'en sais, que co que j'ai périmenlé moi-même dans le temps que j'élevoi princes. Il faut avoir une conduite proportioi aux divers caractères^ il faut une conduite fei mais il ne faut point trop gronder ; il faut sou fermer les yeux et ne point tout voir, et sui prendre garde à ne point aigrir vos filles et i les pas pousser à bout indiscrètement. Il y a des ji malheureux où elles sont dans une émotion, ( un dérangement, prèles à murmurer ; tout ce vous feriez alors, toutes les remontrances, le K^s réprimandes, ne les remcttroient pas dans dre. Il faut couler cela le plus doucement que peut, afin de ne point commettre son autorité, arrivera quelquefois que le lendemain elles fc des merveilles. Il y a des enfants si emportés ei ont des passions si vives, que quand une fois ils ràehés, vous leur donneriez dix fois le fouet de s <|ue vous ne les mèneriez pas à votre but^ ils incapables dans ce temps-là de raison, et le cl ment est inutile. Il faut leur laisser le temps (

^ Recueil des Répomes, ^» "3.

AVEC LES DA.MES DE SAINT-LOUIS (l70l). SiO

(•aimer, et se calmer soi-môme-, mais aliii cjuils ne puissent croire que vous vous rendez, et que par leur opiniâtreté Ûs sont devenus les plus forts, il Ikut user d'adresse, faire intervenir un médiateur, ou dire qu'on ne remet la chose a une autre fois que pour la rendre plus terrible, et ne pas croire qu*ils soient colères et emportés toute leur vie, parce que dans la jeunesse ils ont les passions vives. Je Tai va dans M. le duc du Maine; c'est Thomme du monde fe plus doux, et dans son enfance, comme il étoit toujours aigri par des maux et par des remèdes violents, il étoit quelquefois dans un feu et dans une impatience, que tout le monde me reprochoit de souffrir. On le mettoit dans un bain bouillant, et parce qu'il crioit, qu'il éloit de mauvaise humeur, on Youloit que je le grondasse ^ mais je vous avoue que je n'en avois pas le courage; je m'en allois écrire, je me faisois appeler, afin qu'il ne crût pas que je tolérois son impatience et sa mauvaise humeur (ce qui, me semole, étoit bien pardonnable en ces occasions); et puis ces remèdes lui échauflbient si fort le sang, que tout ce que je lui aurois pu faire, tout ce que j'aurois pu lui dire dans ce temps-là ne Fauroit point adouci. Il faut donc étudier les moments, prendre les moyens convenables pour corriger les enfants. Quelquefois un regard, une parole, les remet dans leur devoir, ou une conversation particulière, oh vous les faites entrer en raison en leur parlant avec bonté. Il y en a qu'il faut reprendre en public, quelquefois même plusieurs fois, avant de les punir; il y en a d'autres qu'il faut punir d'abord

330 LETTRES ET EKTRBTIENS SUR L*EDrCATlim;

sans fuire paroître de ménagement; enffn hr discrfition et Vexpérience vous apprendront le parti qu*3 faut prendre suivant les occasions-, mais vous ne réussirez point si vous n agissez avec une grande dépendance de l'esprit de Dieu. H fout beaucoup le prier pour les personnes dont vous vous trouvez chargées ; il se faut adresser é lui d*une façon spédale quand vous êtes embarrassées-, ne doutez point qa'ilne vous aide tant que vous vous défierez de vous-même, et que vous aurez soin de demeurer unies i tut.

« Quand vous trouvez des enfants plus difficiles oa mal nées, il faut proGter de tout pour travailler incessamment et patiemment à leur correction, comme de l'occasion d*une fête, d'une lecture, d'aune communion, pour les animer et les encourager à entreprendre elles-mêmes la destruction de leurs débuts ; mais encore une fois, ne les rebutez point par des corrections trop fréquentes^ ou faites sur4e-cliamp; par exemple, si vos Demoiselles parlant dans le réfectoire ou dans Us corridors, ou qu'elles se dérangent, ce n est point le temps de les reprendre ou de les tirer par la manche pour les faire marcher sur une même ligne \ c'est là ce qui les impatiente et leur fait faire de sottes réponses dont on est un peu coupable par son impatience-, on ne réussit pas par cette précipitation ; quand elles sont en mouvement elles ne vous entendent qu*à demi et ce que vous dites augmente le dérangement 5 s'il est considérable, redressez-le avec fermeté et à propos^ sinon, ayez patience tant que le bien surmontera le ma! -, c'est l'avis que saint Paul nous donne dans Tépltre d'aujourd'hui, et comp-

AfK LES BiUlBS DB SAlirr-LOCIS (1701). 3JM

tev que quoi que tous fissiez, H y aura toujours quelques filkes qui parleront ou qui se dérangeront; il est impossible que cela soit autrement dans un si grand nombre. «

Une Buttresse lui dit que depuis quelque temps etts sentoit un esprit de murmure dans sa classe, qoequelques-ones disoient bien de petites choses mal à propos, et elle demanda s'il ne falloit point faire qmlque exemple pour rarréler. « Je vous dirai toujonr» le même chose, dit M"* de Maintenon ; priez pour elles en ces occasions et agissez avec bien de ladiserétion -, je crois que vous rendrez vos filles souples par ne point faire d'attention à leurs petits raisonnements-, quand elles verront que vous ne faites pas semblant de les entendre, ou que vous prenez en riant un trait qu'elles lancent à dessein de vous cbagriner et que vous allez toujours votre chemin, ellies cesseront déraisonner.

« l'ai encore à vous recommander à leur sujet de ne leur jamais rien dire de déraisonnable, et encore moins de leur jamais faire faire des choses qu'elles voient bien, ou qu'elles verront un jour de ne Tôtre pas-, vous n'êtes pas obligées à leur rendre toujours raison de ce que vous exigez d'elles, quoiqu'il soit ordinairement bon de le faire ] mais ordonnez avec hauteur, sans changer de ton ni de visage, et dites avec un ton de voix doux et ferme : Mes sœurs ou mesdemoiselles, il faut faire cela aujourd'hui, vous ne ferez point un tel exercice, vous n'irez point en tel endroit, vous travaillerez tout le jour. Mais souvenez-vous toujours, et n'y manquez jamais, de leur

33i LETTRES ET EMTRBTlSlfS SUR L'ÈDUeATMIU

donner du temps pour prier Dieu raprès-midi, les jours que vous ne les mènerez point à vêpres avec ies autres, afin qu'elles prennent cette bonne habitude et la gardent toute leur vie. »

Madame nous dit ensuite qu'ayant entretenu les novices sur Téducaiion, elles lui avoient demandé ce qu'il faudroit faire à une petite fille qui rougiroit jusqu*au blanc des yeux d'orgueil et de dépit quand on la reprend, et qui pourtant ne dit mot; quelle leur avoit répondu que pour elle, elle l'admireroit d^avoir assez de pouvoir sur elle pour se taire; qu'il ne falloit pas faire semblant de voir ces sortes de mouvements, non plus que les répugnances qu'on voit bien qu'elles ont pour de certaines choses qu'on leur fuit faire. « Il faut passer par-dessus sans s'em* barrasser ni leur en faire une querelle, quand elles sont assez sages pour ne point éclater et pour ne point entraîner les autres au murmure manifeste, car nous sommes hommes, et nos passions remueront toujours quand elles seront contrariées. »

DK SAINT-LOUIS.

( Que chacuQ aime son ouvrage et le préfère à eelui d'aatmi ; de la droiUire à souteuir les filles en les receTtnt aui classes à pea près sur le pied qu*on les a données.)

Une des Dames disoit un jour à Madame : « Je ne sais comment accorder le soin particulier que

< Recueil des Réponses, p. 30L

AfK LB »AMCS DE SAUT-IjOUIS (1701). 333

VOUS noos recommandez, d'avancer et de former les douze plus âgées de la classe, avec celui (|ae je voudroîs prendre des plus âgées dont on peut se servir pour inspirer le bien qu'on veut établir dans les demoiselles. — Il faut, répondit Madame, s'occuper de bonne foi de ces douze plus grandes, parce qu'on les doit bientôt perdre, sans néanmoins que cette attention préjudicie au soin général de la classe, qu'il ne faut jamais négliger. J'en dis de même de celui que vous voulez avoir des plus sages, que je crois fort utile. Il est bien certain que si quelques-unes de vos filles avoient un bon esprit, elles le communiqueroient aux autres comme elles se communiquent leurs travers. Vous devez donc tâcher d'en former quelques-unes des plus raisonnables pour vous aider a établir dans vos classes la raison, la droiture, la bonne foi, le courage. — Comment s*y prendre ? continua la mal* tresse. — Comme j'ai fait aujourd'hui aux rouges^ répliqua Madame^ j'ai demandé d'abord quatre des plus raisonnables : on m'a présenté de grandes filles prêtes à monter à une autre classe; j'en ai demandé quatre plus jeunes, qui puissent, en restant plus longtemps, servir à inspirer le bon esprit aux autres; je leur ai parlé l$L-dessus, je les y ai exhortées-, je les verrai de temps en temps pour leur parler raisonnablement. C'est ainsi que je vous conseille d'en user : il faut former les jeunes de quelque espérance, et les avancer sur leurs exercices et leurs ouvrages, pour qu'elles vous aident à former leurs compagnes, et les âgées pour leur bien

3S4 LCTTRES ET EiOllETTEÏfS SUR L*ÊDUCATtO.X.

particulier, parce qu'elles sont le plus pressiez, ayant moins de temps que les autires. »

« II y a dans vos classes, ajouta Madame, nne chose qoi me fait toujours de la* peine, et que je tolère parce qu'elle me pnrolt irrémédiable, c'est qne ces filles dont vous avez pris un soin particulier, et dont pour la plupart vous avez fait des merveilles, deviennent, en sortant de votre classe, les dernières de celle où elles montent et sont comptées pour rien, ce qui les afflige et les décourage, se vopnt tellement déchues qu'au lieu qu'il n'étoit question que d'elles, elles sont comme oubliées. Or il y a peu de personnes qui n'aient besoin d'être soutenues pour se maintenir dans le bien \ et il n*est pas étonnant qu'elles dégénèrent quand elles ne le sont plus comme elles Pétoient auparavant. Cependant je n'y vois guère de remèJe , car la maîtresse de la classe où elles entrent a ses mérites anciens, dont elle est bien plus touchée que des nouveaux, parce que les premiers sont son ouvrage et que ce qui est nôtre nous parott toujours plus mer\'eilleux que les choses où nous n*a\-Dns point dé part. — Que voudriez-vous donc qu'on lit, Madame, dit M™ de Glapion, pour soutenir ces merveilles nouvellement arrivées dans une classe? les mettriez -vous d'abord au nombre des bonnes filles? — Je ne veux rien dire sur cela, répondit-elle agréablement, car je sais bien que, quoi que je puisse vouloir, je ne parviendrois pas â persuader qu'un mérite étranger pût valoir celui que nous regardons comme le fruit de notre travail. La maîtresse des yaun^i, par exemple, à qui celle des

ATIC LES DAMES AB SAIXT-LOIJJS (1701). 335

verte» donnera des filles sur le pied d*excelleules trouvera que les médiocres de sa classe valent infiniment mieux, et n admettra les nouvelles qu'après avoir jugé de leur mérite par sa propre expérience, sans vouloir s'en rapporter au jugement de la maltresse qui les a données^ et avant qu'elle puisse les cosnoltre par elle-même, il se passera bien du iemiis encore; après cela arrivera-t-il souvent qu'dle n'en fera pas grand cas, pendant qu'aux vertes on les trouvoit admirables, parce que chaque maîtresse attache Je mérite à des qualités bien difiërenles. L'une ne comptera que sur la dévotion : si elle n'en remarque pas une bien sensible à une fille, elle ne l'estimera guère, quelque bonne qualité qu'elle puisse avoir; au contraire, elle en trouve une autre bien dévote, elle la prônera comme nne merveille et n'aura pas d'yeux pour voir ses déluits. Une autre qui aimera beaucoup l'ouvrage ne connoilra point d'autre mérite, et si une fille travaille bien, elle la mettra au nombre des excellentes, quelque défaut qu'elle ait. Une autre attachera le mérite à l'esprit, à l'intelligence, aux agréments et à d'autres semblables qualités, et comptera pour de médiocres sujets celles qui n'en seront (las bien pourvues. Je ne voudrois pas exclure du nombre des bonnes filles celles qui se distingueroient par œs sortes de talents, mais ce n'est pas par là que je jugerois du mérite. — Qu'appeUeriez-vous donc, dit use de nos sœurs, «ne bonne et excellente fille? -» Ce seroit, répandit Madame, celle qui auroit des jBcbialiûns portées au bien, qui auroit de la piété,

3S4 LETTRES ET EfnUKTIEïfS SUR L*ËDCCATtO.X.

particulier, parce qu'elles sont le plus pressiez, ayant moins de temps que les autres. »

« Il y a dans vos classes, ajouta Madame, une chose qui me fiut toujours de la peine, et que je tolire parce qu'elle me parolt irrémédiable, c'est qne ces filles dont vous avez pris un soin particulier, et dont pour la plupart vous avez fait des merveilles, deviennent, en sortant de votre classe, les dernières de celle oà elles montent et sont comptées pour rien, ce qui les afflige et les décourage, se voyant tellement déchues qu'au lieu qu'il n'étoit question que d'elles, elles sont comme oubliées. Or il y a peu de personnes qui n'aient besoin d*être soutenues pour se maintenir dans le bien ; et il n*est pas étonnant qu'elles dégénèrent quand elles ne le sont plus comme elles rétoicnt auparavant. Cependant je n'y vois guère de remèJe , car la maîtresse de la classe ou elles entrent a ses mérites anciens, dont elle est bien plus touchée que des nouveaux, parce que les premiers sont son ouvrage et que ce qui est nôtre nous parott toujours plus merveilleux que les choses où nous n'a\'ons point de part. — Que voudriez-vous donc qu'on Ht, Madame, dit M"*^ de Glupion, pour soutenir ces merveilles nouvellement arrivées dans une classe? les mettriez -vous d'abord au nombre des bonnes OUes? — Je ne veux rien dire sur cela, répondit-elle agréablement, car je sais bien que, quoi que je puisse vouloir, je ne parviendroîs pas â persuader qu'un mérite étranger pût valoir celui que nous regardons comme le fruit de notre travail. La maîtresse des yaun^i, par exemple, à qui celle des

AVEC LES DAMES HE SAI.NT-LOUIS (iTOl). 335

vertes donnera des filles sur le pied d'excellentes trouvera que les médiocres de sa classe valent iuûniment mieux, et n'admettra les nouvelles qu'après avoir jugé de leur mérite par sa propre expérience, iiDS vouloir s*en rapporter au jugement de la maltresse qui les a données; et avant qu'elle puisse les connoltre par elle-même, il se passera bien du temps encore ; après cela arrivera-t-il souvent qu'elle n'en fera |>as grand cas, pendant qu'aux vertes on les trouvoit admirables, parce que chaque maîtresse attache Je mérite à des qualités bien différentes. L'une ne comptera que sur la dévotion : si eUe n'en remarque pas une bien sensible à une fille, elle ne l'estimera guère, quelque bonne qualité qu'elle puisse avoir; au contraire, elle en trouve une autre bien dévote, elle la prônera comme nue laerveille et n'aura pas d*yeux pour voir ses déluits. Une autre qui aimera beaucoup l'ouvrage ne connollra point d'autre mérite, et si une fille travaille bien, elle la mettra au nombre des excellentes, quelque défaut qu'elle ait Une autre attachera le mérite à Tesprit, à Tintelligence, aux agréments et à d'autres semblables qualités, et comptera pour de médiocres sujets celles qui n'en seront pas bien pourvues. Je ne voudrois pas exclure du nombre des bonnes filles celles qui se distingueroient par œs sortes de talents, mais ce n'est pas par là que je jugerois du mérite. — Qu'appelleriez-vous donc, dît use de nos sœurs, «ne bonne et excellente fille? -i» Ce aeroit, répondit Madame, celle qui auroit des indinalions portées au bien, qui auroit de la piété,

336 LETTRES ET ENTRRTICKS SUR L^ÉDUCATIpN.

qui aimeroit à plaire à ses maîtresses et i les contenter toutes, et non pas celle qui en aimeroit une avec passion et compteroit pour rien de mécontenter les autres-, un esprit droit et simple, qui seroit frappé de la raison et sur qui elle ne couleroit pas comme l'eau sur la toile cirée, une humeur douce et accommodante, une fille qui se prendroit par la douceur, qui ne seroit pas aisée i blesser, qui ne feroît point de peine aux personnes avec qui elle vit, qui seroit courageuse et dure sur elle-même, qui aimeroit l'ouvrage, je ne dis pas qui travailleroit bien, c^r elle pourroit être née maladroite, sans en être moins bonne ] mais je ne choisirois pas pour mes mérites des filles molles, paresseuses et difficultueuses, qui se fâchent aisément. — Gomment éviter, dit-on, de négliger les filles qui montent d'une classe à l'autre, car la maltresse de celle où elles arrivent est obligée de prendre un soin particulier d'avancer et de former les plus âgées de sa classe de préférence à elles? — II est vrai, répondit Madame, qu'elle doit s'occuper beaucoup des filles dont il faudra plus tôt se défaire (c'est on désintéressement que j'ai toujours demandé, et ce qui me fait regarder comme irrémédiable l'oubli des mérites nouveaux venus à une classe)-, mais sans en être occupée comme des plus grandes, je voudrois du moins qu'on les soutint sur le pied qu'on les a données, et que si elles étoient de bonnes filles à la classe qu'elles quittent, on ne les mltpdnt au nombre des mauvaises ou des médiocres à cdfe où elles arrivent. Je.ne désapprouverœs pas oepen-

ATBG LES OANBS DB SAIHT-LOOIS (1701). S37

dant qu'on leur donnât un peu de temps pour les éprouver et pour mériter les distinctions, et je n'approuverois point du tout qu'on mtt au nombre des sages celles qui ne le mériteroient point, ou qu'on leur donnât des distinctions peu de temps avant le changement des classes, sous prétexte de les faire mieux recevoir à celles oil elles sont prêtes démonter, afln, comme Ton dit quelquefois, défaire valoir la marchandise : cela ne seroit pas de bonne foi. »

DE SAINT-LOLIS.

(Se ie point fatigner inaUlemenl, et le fak-e avec courage quand il est

nèeeiaaire.)

«... Vous avez ici tant d'occasions de vous fatiguer, nous dit Madame, que je voudrois bien que vous ne le fissiez point inutilement. Une des peines que j'ai à ma classe^ est de faire asseoir nos Dames : ou elles se promènent, ou elles demeurent debout, et j'en voyois une dernièrement qui raccommodoit la jupe d'une petite fille en cette posture^ n'auroit-elle pas fait aussi bien de s'asseoir? Pour moi, je voudrois qu'on le fit dès qu'il n'y a plus de nécessité de

* MecMeil det Répomeê, p. 76.

* M^^ de Maintenon était alors à la clafl«6 rouge, où elle fit sue- .flwriTement les ronctlons de première, deuidème, etc., maîtresse. (Voir lee noU» des paget 298 et SOO.)

888 LE1TRES ET EICTRETIBHS SCR L*ÈOrCATlON.

faire autrement. Si vous voulez voir ce qui 9e fcne daus tous les coins de votre-classe, faites-y un tour, puis asseyez-vous, tantôt appuyée sur «n bont^ h table, ou bien dans vos grandies chaises, une autre fois sur leurs bancs auprès d'elles; enOn ménagccvous, si ce n'est pour la lassitude présente, que ce soit pour celle qui pourroii venir. J'ai été huit jours à me remettre d'une après-dtcée où, passant #utte diose i une autne avec nés maîtresses, je demeurai presque tout le jour debout. Vous ne serez pas toujours jeunes, mes chères ûlles. Si, lorsque vous avez été mallresses, vous avez gardé cette manière de veiller et d'agir autour de vos demoiselles, je ne m'étonne pas qu'on ait trouvé les classes fatigantes. Je vois aussi que quand nos novices ont été là deux heures de suite, elles n en peuvent plus^ elles sont rouges et enflammées. Savez-vous ce qui arrive.? c'est qu'après s'être fatiguée mal à propos par une mortification mal entendue, on est si lasse le reste du jour qu'on en est de mauvaise humeur et avec soi et avec ks autres, car le corps s'épuise *ct J'espriten devient plus faible. Pour fnoi, quand j'établisune de nos petites filles pour apprendre baie à eeHes ^lui arrivent, je la iaisiortirienasseoir, ^1a disciple est i genoux4evant elle, parce qu'elle n^paslongtenps à rester dans cette posture. J^ai Teraarqué dons vos dortoirs que vous faites tout autrement: -vouBOOiffiEfz vos demoiselles assises devant les petites tablescomme des dames à leur toilette. Et qui a jamais entendu parler de cela? n'-avons-nous jfas toutes été coiffées par la femme de chambre de Mtre «èn^, mt frar

ATIC LES lidllS. OB S^tlTT-LOUIS (iTOl). 33^

wgouwrnante-qaÎBoas metàlerre devant elle, la Mftsir un TÎlaio iablîer^^ Ne giiez donc poiot vos «■auelltis^ jeromeir prie; aseeyei-voos pour le» ahilliîrv vous êtes leurs mères, lraitez4es bonne- MBl comme vo». fiUes. Ne dites pos que vous ne pas à vous reposer de n bonne heure : eb I dd vous sortez de votre lit, vous ne pensez pas ■6 vous pourrez être lasses^ quelque vigoureuses que^ DUS VOUS sentiez à six heures du matin, souvenezous qu'il faut agir jusqu'à neuf heures du soir, et nénagezrvOBsa cette intention. Jvs ne prétends>point kar là que vous soyez des filles làchos et qui craignent le travail^ je voudrais des filles qui ménageassent un quart d'heure de repos qu'elles peuvent irendre sans nuire à leurs charge , et sussent perdre rois heures de leur sommeil, se lever la nuit, quand I gèle bien serré, pour soulager une petite fille, ou x>ur faire le tour de son dortoir' si on le croit nécessaire, mener les demoiselles à la promenade le our qu'on auroit plus besoin de se coucher que de se [promener. II faut ici du courage et de la discrétion: ffoilà vos véritables mortifications. Si vos demoiselles ropient une de leurs m.iltresses qui ne mange&t point, qui demeurât toujours dans une posture gênante, qui s'allât enrhumer dans une porte, elles hcanoniseroient sans autre examen, bien qu'elle ne soit pas la plus sage au moins en cela*, elles scroient au contraire scandalisées d!ea voir, une jqui mange

< Les niaitrewes des claises avalent leur cellule dans le« dortoirs des demoiselles.

tout simplement ce qu'on lui donne ou qui évite ce qui pourrait Tincommoder quand elle le peut sans manquer à ses devoirs. J'espère pourtant que ai Tod tient en cela un juste milieu, elles ne pourront ne pas être édifiées de vous voir si simples à prendre les soulagements nécessaires et à ménager vos forcea, et si courageuses pour les sacrifier, et pc»ur n'y pas même faire attenlion dès qu'il s'agit de vos devoirs. »

i38>. — INSTRUCTION AUX DEMOISELLES

DE LA CLA8S1 BLl Ul.

(Sar 11 nffisanfle.)

a II me revient bien des choses, dit Madame, et je les rapporte toutes à vous, pensant toujours à vous, mes chères enfants ; aussi je veux vous parler sur la gloire, sur la suffisance. Monseigneur le cardinal de Noailles faitsa visite présentement au Val-de-Grâce : il m'a dit qu'on s'y plaignoit que les demoiselles de Saînt-Cyr étoient glorieuses , qu'elles n'y étoient point aimées. Je ne sais où vous avez pris cette suffisance -, cela ne se voit point dans la noblesse. Il ne faut jamais parler de votre naissance, et ce n'est que pour vous instruire qu'on en parle. Vous ne voyez pas vos maîtresses vous vanter leurs parents^ elles sontcependanl demoiselles comme vous. Je parlois i la récréation de M*"' de Dangeau : c'est une princesse étrangère, elle est venue en France pour être

1 Uccueil dltutructionst p* 587.

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fille d'honneor de M"* la Dauphiae-, n'ayant pas un sol, elle a épousé M. de Dangeau, qui est un gentiOioinine ; elle voit passer devant elle je ne sais combien de gens qui ne sont seulement pas nobles ; vous m'avouerez que cela est bien triste pour elle. Elle pourrait dire : il est bien dur à une princesse de se voir traitée de la sorte, mais non -, il y a dix-sept ou dix-huit ans que je suis avec elle *, je ne crois pas que depuis ce temps-là elle ait jamais dit un seul mot de sa naissance. On dit que vous n'en parlez pas non plus entre vous, c'est donc hors d'ici que vous portez cette suffisance. Celles qui iront dans le monde sentiront bien vite combien la noblesse est misérable-, présentement elle est comptée pour rien; c*estaubien,a la fortune, au savoir-faire, qu'on regarde dans le monde. Vous verrez bien des bourgeois marcher sur votre tète et entrer dans des maisons dont la porte vous sera fermée. Je n'ai pas d'instruction à leur donner là-dessus: elles sont assez humiliées et méprisées. Vous avez ici un grand bien, qui est l'éducation. Les pauvres demoiselles qui sont dans le monde n'ont pas le même bonheur, et la misère est si grande présentement dans la noblesse qu'un père fait sa servante de sa fille, ne lui demandant pas autre chose que de mettre la viande au pot , et n'a pas le temps de lui apprendre la moindre chose, ce qui fait qu'elles ont mille défauts. » Une maîtresse dit à Madame, qu'oyant demandé à M . l'abbé Brunet ce qu'on disoit des demoiselles de Saint-Cyr : Je ne sais si je dois le dire, répondit-il, mais on dit qu'elles sont un peu glorieuses^ qu'elles

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ont des airs hautains, et qn'elies sont on pev sensibles. — Je n*ien suis pas surprise, dit Madame, et pour la sensil)ilité jene dirois point qae cela n'est point de demoiselles -, après avoir été élevées sf doocement, il n'est pas étonnant qu'elles soient sensibles dans le monde à ce qu'on leur dira , car on ne les reprendra pas avec la même charité. »

139'. — WSTRUCTION FAITE A LA CLASSE ROCGE.

(Portrait d*ane penonnc ra{io:niab!e.)

lA?"^ de llainlenon demanda à M"* de Provieuse si elle savoit ce que c'éLoit qu'une fille raisoonable.Lft demoiselle ne sachant pas trop que répondre à celte question^, M*"" de Mainlenon lui dit : a Une personne raisonnable, c*esl une personne qui fait toujours el à chaque heure dajpur ce qu elle doit faire, qui Gom:ncnce la journée par adorer Dieu de tout soacœur, non pas seulement parce qu'on lui a dit de le faire, ou parce que les autres le font, mais qui pense tout de bon à s'olïrir à Dieu et (oui ce qu'elle sera pendant le jour. Elle se lève promptement,. s'habille avec diligence, modestie, et le plus proprement qu'elle peut; fait bien sou lit, arrange bien ses bardes, aide aux. plus petites si elle a du temps de reste. Elle descend à la classe, y prie Dieu avec

» LeUret édifinnies, t. IV, p. 7*5.

* Le lecteur n'oubliera pas que celte iustniclion «^adresse à des enfants de sept à dix ans.

R&ITB A^ LA CLASSff HOUGE ( 1 701). 343-

rcspact^d'ttrecrdéfoHoir^ saoB iMriîiier, sans rire, car rîoi Dt*€8l plos-sérwQx que de prier Dieu. Âprèseela eUr-déyeme' aussi de^teolsonFCttur^- s'il est permis de parfor, elle le fait, ^noii elle garde le sileace et s enCretèent anrec Dieu. Elte^ va au chœur pour enleadre k messe, elle pense à se^ bien placer, dler«gard» si ses compagnes <Mrt de la place, elle so met Yi9-2^Tis d'elfes, elle ne regavde point de to:is côléa pour Toîr ceux qui enirentou qui sortent; elb s'ap^. plfifue aux parties de la messe avec tout le respect et la déyotton dont die est capable, parce que detoutes les choses de la religronp, c'est la plus sainto. Elle retourne i la classe, oh elle s'occupe a ce qui eel manqué-, elle s'appUque à bien' apprendre à. lire, à écrire -, si elle est capable de montrer aux autres, eHe s y donne tout entière^ comme si sa vie en dépenddoit^ elle écoute avec allenUon et respect, tâche de comprendre ce que Ton dit et d en lircr quelque profit pour sa conduite intérieiure ou- extérieure, sdon la matière dont on parle. Avant d'aller dîner, eHe fiait son examen particulier, pour voir en quoi elle peut avoir déplu à Dieu dans la matinée^ pour ■ lut en demander pardon, et prendre résolution de mîeas faire le reste du jour \ elle regarde surtout si eUe n'est tombée en rien dons le principal défaut dont elle aestrepris de se défaire. Voili notre per- SQBMï raisonnable au réfectoire-, qu'y foit-elk? eUe T mange de ban appélit ^ pointer gourmande, la lète suc son assiette^ mais de IxKifiegrice et proprement, et puisque Dieu a bien voulu qu'on* trouvât du plaisir dasa le- manger, elle le preiri sans scrupule et avec

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