Î K — LETTRE A MADAME I» SAILLY
MA1TBK8SK DIS K0C0S8.
Miri 1701.
J'espère , ma chère fille , que vous ferez fort bien aux rouges, parce que j'espère que ce sera Dieu qui
> Lettrée et Àvit^p, 311.
* Marie-Madeleine-Catherine de Sailly de Berral, née en 16S0,
SM LETTRES ET ENTRETTCnS SQB t*ftDOCmON.
sera en vous et par tous. CbnsuTler nm sœar du Londe, qui connoK fort cetife classe ; elfe est trè9importante^ c'est la où il faut commencer i former Jésus- Christ dans le cœur de ces âmes moDcentes; les premières impressions sont bien fortes. LiiserTos règlements : votre saint évêque les* a approuvés, quoique ce ne soit pas encore Ib forme ordînaiire. Ne parlez point à vos filles en particaKer que je ne TOUS le dise*, attachez-vous à les connoltre*, aÛnvous des lumières que ma sœur de Gruel dmt vous avoir données en hs quittant, et de cellies-de ma sœur du Londe. Priez beaucoup pour ces enfents, et adressez-vous à moi pour tout ce qui vous embarrassera tant soit peu *, vous me trouverez toujours disposée à vous aider autant que je le pourrai ; lisez et relisez le petit chapitre de l'éducation des demoiselles, qui est dans votre dernier règlement, afin d'élever vos filles dans cet esprît-là. Je prie Dieu de vous conduire dans tous les moments de votre vie.
1 i3 1. — LETTRE AUX MAITRESSES DES CLASSES.
Septembre 170t.
Votre institut est composé d'intérieur et d'exlérteuf \ vous êtes Cake pour iasiruire. et pour vous livrer sons réserve à Tédiication des demoiselles;
morte en 17 49. Elle Ht profession le 12 man 1701. C'était la 8œur de M"^ de Bervai.
» Letlrct UAviSf p. 280.
AUX'VAlTHBSSeS DES GtAbSES (trOS). 355
coffiraeirt accommodier cette dissipation a^ec le recoeiilement et arec la pratique dii silence qui est dans votre règfe? Toili, mes chères filles, sur quoi roulent vos difficaftés. Yous accommoderez tout si Tcos érîtet rempressemenl dans vos actions, et si vous prenez le milieu dans votre conduite. Gardervous bien de parler continuellement â vos filles ; garAez-vous bien- de ne leur* parler qu'aux rnstruc* tions; toute» le» extrémité» sont à éviter; mettezvous bien dans Fesprit que l'éducation est un och vrage fort leAt, quMl farut y travailTer tous les jours , omis tranquillement, qull fout reprendre vos enfants tanMt doucement, tantôt sévèrement, toujours chrétiennement, toujours raisonnablement ; qu'après avoir séné, il Eaut attendre patiemment le fruit qur peut être réservé pour une autre maîtresse ou dans une autre classe. Mettez-vous encore dans l'esprit qu'il faut accommoder leur intérêt avec le vôtre, qu'il faut prendre du temps pour vous recueillir, qu'il faut en employer à vous reprendre pour elles, qu'en tout cela le bon sens et la bonne volonté doit régler. Vous voudriez que tout le fût, et savoir combien de paroles il fout dire el combien de pénitences il faut donner -, ce que vous désirez est impossible ] il faut faire selon l'occasion, ne se piquer ni d'être sévères» ni d'être douces ] H faut donner quatre pénitences publiques par semaine, si on les mjrite^ il faut être longtemps sans en donner, si on n'y voit point de nécessité-, mais ce discernement, sera plus aiflé à trouver en quatre pâcsonAcs qu'en seize,, et c'a été une de mes raisons pour rendreles premières mal-
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tresses si absolues. Il faut tâcher d'en donner de raisonnables, et que les autres se conforment i dles, autrement vos classes n'iront jamais bien. J'ai dit souvent et montré moi-même à égayer un peu les instructions, aCn de réveiller l'attention des enfants*, mais il ne faut pas que cela aille jusqu'à devenir une récréation.
Il ne faut pas accoutumer les filles à faire tant de questions ^ les avertissements ne sont pas une pratique pour les classes ^ la meilleure invention que je vous puisse donner pour gouverner vos demoiselles, c'est de vous en faire estimer, car tant qu'elles vous verront faire des fautes, elles feront des^hans(»i8, se moqueront de vous, et auront peu de créance en ce que vous leur direz : on n'en fait point accroire aux enfants, ils voient plus clair qu'on ne pense. Adieu, vous devez être contentes de moi.
PABMiillE MAITIKSSI DES BLEUES.
(Les demoiieUei auront I*esprit qae noot leur donneront eneorc plu par not eiemplet que par nos paroles.)
Ce 6 noTembre 170t.
Je vous sais très-bon gré, ma chère fille, de votre tendresse pour les bleues , et je voudrois qu'elles
> Lettres et Avis, p. 337.
t Umê ^e Glapion, dès qu'elle eut fait profesaion, Ait envoyée i l'âpothicairerie, où M»* de Maintenon, pour imortir ta déUeataaae et soii goût pour le« choses d'esprit, lui ût apprendre Toiage dea