PBEMIÈRI MAITRESSE DIS BLEUES
18 jaillet 1703.
Ma sœur de Bouju m'a dit qu'elle vous a envoyé la liste des filles qu'elle vous destine à la fin des trois mois*-, je crains qu'on ne vous en donne trop : elles
* Voir, daQ8 les Cotueiiê aux demoUelles, etc., t. U, le Proverbe 111.
• Lettres et Avis, p. 843.
' La liste des jaunes qui devaient monter à la classe bUue.
A IIADAIIB DE GLAPION (1703). 53
ne paroissent pressées au chœur-, d'un autre côté, 1 en sort souvent ^-, faites donc ce qui vous conmndra, et mettez toujours quinze filles sur le banc l'en haut, afin que du dehors nos troupes paroissent complètes.
Arrangez \os familles j et envoyez-m'en le projet sn me confiant le secret^ faites vos chefs les plus neilles de la bande, si vous le pouvez. Je ne sais si c'est par intérêt , mais je commence à faire grand cas des avantages de Tàge.
J*ai parlé à du Saussay, elle veut être religieuse ; Doais selon la bonne coutume de la maison elle n'est pas pressée d'entrer au noviciat.
Je prie Dieu, ma chère fille, de bénir votre retraite, d'ouvrir vos yeux à la lumière, d'échauffer votre bon cœur, qu'il a fait bon pour lui , de vous donner une volonté déterminée de le servir sans retourner un moment en arrière, de vous faire connoltre la grandeur de votre vocation ^ celle des simples chrétiens est grande, celle des religieux encore plus grande -, s'il y en a un grand nombre qui rampent, c'est leur faute, et non pas celle de leur vocation, qui est très-élevée; celle dune Dame de Saint- Louù esi sublimé y quand elle voudra en remplir tous les devoirs. Celle qui commence l'établissement sera bien précieuse à Dieu si elle se livre avec courage pour son salut *, mais il faut se donner sans réserve , et qu'il n'y ait pas un moment dans la journée qui ne soit une bonne œuvre.
. * Celle» qui avalent atteint vingt ans*
a LETTRES ET ENTnTlIII& «JE L*tolICATION.
i64^— LETTRE A MAI^AME BU PÉROU, ■Airacssï cfti^iAU in ciasses.
Septembre 170a.
Il y a quelque temps que fentendis dire que deux tm trois bleues aroient passé la nuit auprès du corps d'une petite rouge -, il nefeutpasles y laisser seules, elles n'y seroient pas en sûreté •, mêlez-les toujours avec des Dames ou avec de bonnes sœurs converses, ou au moinsavec des noires les phissageset de celles qui sont prêtes à sortir pour être religieuses. Rien n'est meilleur^ pour elles et pour nous , que de les occnper-, elles seront trompées si elles «^attendent à passer leur vie au chœur et dans leur cellule , et si elles vouloient un peu raisonner elles verroient qu*il feut que l'ouvrage de la maison se fasse : on Âût le pain, la lessive, on frotte, on fait Fa cuisine , on a peu de converses, elles y sont quelquefois malades, et les religieuses suppléent *, ainsi tout ce que vous leur ferez faire, à Saint-Cyr, sera toujours peu de- chose en comparaison de ce qu'elles feront ailleurs^ employez-les donc au service de la maison sans scrupule , et tâchez de les accoutumer a ne se pas dissiper par l'action.
Je suis bien édiftée de nos voisines*; Tabbesse me paroit une sainte fille , et je vous voudrois , de tout
> Lettres édifiantes, t. V, lettre 5. — Uttres et A vis , p. 1 8?. * Le couvent des Bénédictines de Saint-€yr ou de Notre-Dame dcB Anges. M"« d'Aligre en était alors abbesse.
mQO eœar, fie tous pnimri lui donner des ndirei en loi fûsÊûL foules sortes de plaisin.
JTai écril ao Burédial de Bouliers pour sai perente^ ii me promet de U faire carmélite dans son gouTememeol^ plus tous rexeieerez, eUplus xoos aanucrez sa réception.
Tichez de Enir celle année aiec d*DQKÎerSafin que le Koî commence à nommer^ Uanoée prochaine, aox places qui ¥aquecQni chez tous^
Je donnerai, on de ces jours, le Toîk i une liaare qni désire qoe toute la cour soit à sa cérémonie; je proposoia de la Elire i portes fermées; maison m'a dit que ce seroit une nullité i des vœux solennels; il iaotdoncse résoudrea voir rire le peuple^. Adieu, ma chère fille; je comptois vous écrire plus ample** ment, mais le temps me manque.
18 odoèra i70a«
Je souhaite fort, ma chère fille, que vous mettiez la charge de maîtresse générafe sur le pied que je croîs le roeilletir. Il n*est pas question qu'elle fasse dee coupe d'autorité sur les deinoiselles ; cela n*est bon i rim ; îà font que tout soit réglé chez vous, par rapport i leur bien et i Fusion qui doit être enlre vous*. La matiresse générale est pour avoir une vue
< Généalogiste de la maison do Saint-Louis. • Voir sur cette Maure, qui éUiik religieuse à Moret, ce que dît Saint-Simon. (T. III, p. 124 de Tédition de 1863.) ' Leures et ÀvU, p. 134.
59 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*ÉmJCAlMI.
sar les classes, afin qu'il ne leur manque aucun secours spirituel ni temporel; ses soins sont trèsbien expliqués dans son règlement et dans son usage; comme elle est dans le conseil, elle sera toujours en état d'empêcher qu'on ne manque jamais à ce qu'on doit aux demoiselles^ elle doit être parfaitement instruite de Tintention du fondateur, et prendre pour les demoiselles tous les soins du dehors, afin que les maltresses soient renfermées dans les classes. Suivant l'esprit de cette charge, il faut que la maltresse générale facilite aux maltresses le gouvernement, qu'elle les autorise, qu'elle les avertisse de ce qu'elle voit, qu'elle ait un grand soin que les maîtresses soient remplacées, qu'elle s'oppose le plus qu'elle pourra aux suppléantes : il n'y en aura toujours que trop souvent, et les demoiselles en souffrent; mais il faut que ces soins soient de bonne foi, et qu'on ne s'attache pas littéralement au nombre sans regarder ce que c'est que les sujets qu'on y met. Tant que l'on comptera mes vues pour quelque chose à Sainl-Cyr, il faudra vous consulter, et mes sœurs de Glapion et de Bouju ^, sur les classes, parce que vous avez vu et compris toutes trois ce que j'ai cru y voir de meilleur. Donnez donc et recevez les avis de bon cœur; agissez bonnement et sans hauteur; ne donnez point de récréation aux classes sans consulter les maltresses ; vous avez vu de près les mouvais effets que cela produit; vous devez toutes agir de concert, et si quelqu'une s'en séparoit, allez
> Elles élûienl premières maUreasea des bleues et dea jaune«.
A MADAVB DE VONTALraBERT (1708). 51
à voire sapérieure. Adieu» ma chère fiUe; portez- Toos bien, je tous prie.