MAITRESSE DES BLEUIS
(Elle lai recommande de n'avoir de préféreace que pour ict plut tagei, et lai parle tor Penoiii de la eoor.)
^ 19 octobre 1703.
Vos dispositions sont a souhait, ma chère fille, et nous ne pouvons trop louer Dieu de ce qu'il fait pour vous par votre saint et habile directeur. Je vous le dis encore, ma joie seroit parfaite si je vous voyois marcher aussi, droit sans un si grand soutien; mais il faut avoir confiance en Dieu, et croire que la provision que vous faites présentement vous nourrira à Tavenir. L'amitié que vous avez pour vos filles ne vous nuira jamais tant que vous les aimerez également; les préférences perdroient les classes et vousmême; il n'en faut avoir que pour les plus sages, et celles--là ne doivent point faire redouter les autres ; on doit attendre les plus imparfaites, et espérer qu'elles se corrigeront. Pourquoi ne leur demandezvous pas tout ce que vous savez que je leur demanderoîs.'' Mon plus grand honneur à Saint-Cyr est qu'on s'y puisse passer de moi ; ce que je fais ne seroit rien, et s'il y a quelque chose de bon il faut qu'il passe à vous, mes chères enfants, et demeure toujours dans cette maison. Je souhaite de tout mon
« Lettres édifiantes, t. V, lettre 11. — Lettres pieuses, p. 188*2. s Voir la note de la page 98 da tome I.
59 LETTEIS ET SSfBBlffMft SUE L*ÉttîCtf lOM.
€«Mir ({u'eUe soit l'école de k Tectai» et ^*4m y me comme desanges, tandis que la comiptien augmente tous les jours dans le monde. Que ne donnerois- je pas pour que vos Ailes vissent d'aussi près que je le vois combien nos jours sont longs ici, je ne dis pas seulement pour des personnes revenues des folies de la jeunesse, je dis pour la jeunesse même qui meurt d*enui parce qu'elle voudroitrse divertir continuellementy et qu'elle ne trouve rien qui contente ce désir insatiable de plaisir? Je rame« en vérité^ pour amuser madame la duchesse de Boulogne, tl n'en seroit pas ainsi si on ne vonloît plaire qu'à Dîeu, travailler et chanter ses louanges comme on fait chez vous-, la paix que cette sorte de vie met dans le co»ir est une joie solide et durable. Adieu, cette matière me mèrieroit trop loin ; je n'écris qu'à vous aujourd'hui 5 assurez vos chères sœurs que les santés auxquelles elles s^intéressent sont fort bonnes»