INSTRUCTION A LA CLASSE VERTE
(Sur les jeni d^eiprit.}
Madame ayant eu la bonté de nous envoyer érir, ellenousditderentourer, ets'adressant aune Jiresse : « Je ne sais comment elles accommodent ir prodigieuse légèreté avec le dégoût qu'elles font roHre pour les jeux d'esprit que nous leur avons nnés. Il me revient de tous les côtés qu'elles ne aiaient point. » La maîtresse dit qu'elle voyoit le nlraire dans sa classe, que ses filles jouoient àeea IX de tout leur cœur. « Vous me faites un vnl lisir, dit Madame. Plusieurs de vous au sortir d'ici feront de petites sociétés et trouveront quelque oceur dans leurs familles. Eh bien! elles joueront tous ees petits jeux, car on y joue partout, depuis eour jusqu'aux gens médiocres. Le roi d'Espagne lit ravi quand il trouvoit quelqu'un pour jouer DC loi. Ce sera un avantage pour vous de les savoir vous serez par là en état d'y jouer avec autant
heurté édifiantes, t. V p. i il, ^ Recueil d'Instructions, Î37.
108 LETTRES ET ENTRETIENS SDR L'ÉDUCATIOX.
contraire à la charité, de railler une personne d'un défaut corporel ou d'un défaut de l'esprit, ou de l'humeur. Cette demoiselle répondit que c'étoit de reprocher les défauts de l'esprit ou du cœur, tt II ne convient jamais, dit M"* de Maintenon, de relever aucuns défauts*, la charité nous engage à les excuser tous; mais je trouve que c'est une bassesse et une cruauté de reprocher à quelqu'un un défaut naturel auquel il n'a nulle part, et qu'on n'est pas maître de corriger. Les bons cœurs et les esprits bien faits sont incapables de rire de ces sortes de défauts; ils les supportent et les cachent avec soin et avec tendresse pour ceux qui les ont. Mais je trouverois plus excusable de reprocher un défaut de l'esprit et de l'humeur 5 car, après tout, la personne en qui il est pourroit s'en corriger, ou du moins le diminuer; ainsi elle est blâmable de s'y laisser aller; mais cependant la charité nous défend de les reprocher, non plus que les autres. Un moyen d'éviter l'indiscrétion , qui est si désagréable et si insupportable dans la société, est de devenir prudente, de faire réflexion à ce que nous voulons dire, afin de prévoir s'il n'aura aucune mauvaise suite et ne fâchera personne, « La prudence fait encore consulter les personnes sages et expérimentées.; elle fait prendre de justes mesures pour venir à bout de ce qu'on veut entreprendre, et elle n'entreprend rien que de juste, et ne le fait point sans apparence de succès.
«La tempérance est une vertu qui nous modère en toutes choses et nous fait tenir un juste milieu entre le trop et le trop peu. Elle est d'un usage continuel,