IN8TBUCTI0N A LA CLASSE VERTE
entre les mains quantité de choses merveilleuses dont vous pouvez faire un usage également utile et agréable^ il n'y a pas jusqu'à vos proverbes ' qui, quoique les moindres de vos amusements, peuvent aider à vous ouvrir l'esprit. Voyez comme je fais parler chacun son langage, les laquais comme parlent les laquais-, une honnête personne diroit-elle jamais : aDites-leà Monsieur et à Madame aussi, si vous voulez^?» Une femme y parle poliment et sagement, et vous y trouverez bien de quoi vous entretenir raisonnablement quand vous le voudrez. On dit qu'il y en a de boudeuses qui ne veulent point faire comme les autres, et que, quand le jeu est en train, elles commencent seulement à rire. Hélas! les petites mignonnes, que nous leur sommes obligées de vouloir bien se réjouir! ne voudroient-elles point en être remerciées? Le propre d'un mauvais esprit est d'aimer à se faire prier. Quand vous n'êtes pas de même sentiment sur le jeu qu'on jouera, tirez au doigt mouillé ou à la pluralité des voix, et que celles qui en demandoient un autre que celui qui est échu et dont le goût n'a pas été suivi se rendent de bonne grâce à celui des autres. Prenez aussi l'habitude de parler modérément et sensément; les filles bien élevées ne parlent que d'un ton doux et modeste , ne se servent que de termes polis, et attendent ordinairement qu'on les interroge 5 il y a des mères trës-sévères là-dessus. M"' la princesse d'Elbeuf
» Voir le !ome 11 de» Conseils aux dcmoisellet. • Voir le Proverbe VI.
110 LETTRES ET E^ÎTRETIENS ^VR L*éDCCATI01i.
rire avec éclat une personne AKideste et bien élevée le Saint-Esprit, comme vous savez, dit lui-méio que le rire du fou s'entend, parce qu'il rit avecédal mais que celui du sage ne s'entend point, et cd parce qu'il est maître de tous ses mouvements et h sait modérer. Cependant, tout vous met hors li vous. Si une boule entre dans un irtm-madame,^ voilà assez pour faire des cris et des éclats de rire encore plus si vous gagnez une partie. Je ne con damne pas un petit mouvement de joie qui paro en ces occasions ; mais il ne faut pas que cela aiU jusqu'à faire des cris immodérés et en perdre coi tenance. Il faut déshabituer les rouges de ces exd de joie : à plus forte raison le devez-vous, vo«s ai très, qui devez être toutes raisonnables.
tt La force est une vertu qui nous fait poursohn avec courage nos entreprises et surmonter les olisti clés que nous trouvons dans les autres et dans noo* mêmes au bien que nous avons entrepris, sans noi rendre aux difficultés, soutenant les événements f cheux avec fermeté et sans abattement.
« A qui est-elle le plus nécessaire de nous ton cette vertu de force, Beauvais? — C'est à celle ^ le plus de défauts, dit la demoiselle, et les plus dif ciles à détruire. — Oui, je le pense comme voa8,»d M"**" de Maintenon. Puis elle ajouta : « Celles qui o le plus de défauts ou qui sentent qu'elles ne sontp si bien nées doivent-elles se décourager et s'init| ner qu'elles ne pourront jamais venir à bout de i détruire? — Non, madame, dit la demoiselle, par que notre mérite dépend de notre travail^ «dé de