INSTRUCTION A LA CLASSE VEKTE
un élat moins dangereux pour le salut. Je vous apprends, au cas que vous ne le sa'^hiez pas encore, que c'est une bonne chose de savoir s'ennuyer, mais c'en est encore une meilleure d'ôlre d'un assez heureux caractère pour ne le pas faire, et de savoirtellement s'accommoder de sonétatqu'on en porte toutes les contraintes de bon cœur, et sans ennui. Vous vous plaignez d'être toujours assises; comparez cette petite contrainte avec celles que nous avonsà la cour, et assurément elle ne vous paroîtra pas digne d'être comptée. Mais vous avez sur cela une étrange bizarrerie : quand on vous mène au jardin, vous ne voulez pas vous promener, et, à la classe, vous voudriez n'être point assises et courir. Que ne faites-vous chaque chose dans le temps? Il faut courir, sauter, danser au jardin, et travailler à la classe.
« N'aimez-vous pas bien vos maltresses à présent? — Toutes répondirent oui. — Mais il faut, dit Mar dame, que ce soit raisonnablement, et point comme on faisoit autrefois; on ne dit plus : ah! ma chère petite mère une telle, que je l'aime! quel joli petit visage! quelle mignonne taille! quelles jolies petites mains ! Je vous crois bien revenues do ces sottiseslà. Adieu, mes chères enfants. »
d'esprit que les personnes avec qui vous serez. Ces jeux-là sont bons à mille choses-, quand vous jouez, par exemple, kfaime mon amt>, vous dites : Je Taime parce qu'elle est douce, je la halrois si elle étoit rude ^ vous voyez par là que la rudesse est le contraire de la douceur. Je l'aime parce qu'elle est vigilante, je la halrois si elle étoit paresseuse; cela vous donne occasion de réfléchir, et de dire : Mais la paresse est-elle le défaut contraire à la vigilance ? n'est-ce point plutôt la lenteur, ou l'indolence, ouïe manque de soin? Chacun dit là-dessus son sentiment et prend son parti*, puis vous appelez une maîtresse pour voir qui a raison, et cela ne peutproduire qu'un bon effet. De même, si Ton vous conte une histoire, parlez-en selon qu'elle est gaie ou tragique, belle ou édiOante, et faites un peu agir vos esprits pour en tirer quelque moralité ou quelques éclaircissements. Vous venez de voir jouer Jonaihas^; que ne vous en entretenez- vous? que ne dites-vous : je n'entends Ijj^ un tel vers, une telle expression, je ne sais que veut dire ce mot, et ainsi des autres choses? Toutes vos tragédies vous sont très-utiles, elles vous apprennent à bien prononcer, à n'être pas décontenancées; elles vous occupent agréablement et sans aucune petitesse. Vous avez ici des choses que des princes et des princesses du sang n'ont point. J'ai employé les plus beaux esprits à vous faire des vers et les plus habiles musiciens à composer des chants; tout cela vous devroit rendre très-aimables. Vous avez
^ Tragédie de Duché, faite à l'In.ilatioD d'Esther.
mon Dieu, dit-elle vivement, ne se soovient-on point de sa jeunesse, et combien on s'est ennuyé à réglise, avec sa mère? combien on avoit de peine à s'appliquer à écrire, à travailler? comme on se lassoit des choses sérieuses? enfin, combien on pensoit différemment de ce qu'on pense? pour moi, je m'en souviens à merveille. Ne Tavez-vous pas toutes éprouvé. » Chacune en convint avec Madame, qui ajouta : « Je ne comprends pas l'injustice d'exiger des autres ce qu'on sait bien, en sa conscience, qui coûtoit tant à faire. Je ne dis pas qu'on n'oblige point les enfants d'apprendre tout ce qu'il faut qu'ils sachent, ou qu'on ne les mène point à l'église, parce que cela leur fait de la peine, mais je ne voudrois pas qu'on en fût étonné, qu'on les pressât trop, qu'on ne leur donnât jamais de relâche, ou qu'on jugeât qu'une fille est légère parce qu'elle sort volontiers de son banc, ou qu'après avoir lu quelques lignes, elle regarde un oiseau qui vole. Cette vive vaudra peut-être mieux qu'une sournoise qui vous parott plus sage. Ce n'est pas même parler juste de dire qu'une rouge est légère, car cette joie, cette vivacité, ce pétillement des enfanls, qui fait qu'ils ne peuvent demeurer en place, est un efiet de la jeunesse : on est ravi de se sentir jeune, d'avoir de la santé, on n'a rien dansl'esprit ^ si quelque chose fâche, cela ne dure guère. On ne sauroit bien juger qu'une personne est légère qu'elle n'ait dix-huit ou vingt ans ; la légèreté est proprement dans les sentiments et dans la conduite : jc'est de ne pouvoir se fixer, de vouloir tantôt une chose, tantôt une autre, de ne
114 LETTRES ET ErCTRETlENS SUR L'ÉDUCATION.
joue toute la journée avec M"* la duchesse de Bourgogne*, sa fille est assise à son côté sans dire un seul mot-, les jours ouvriers elle travaille, et les dimanches et fêtes, elle est les bras croisés à regarder jouer, et à s'intéresser au jeu de sa mère, et quelquefois, lasse et ennuyée de regarder, elle ferme les yeux. M"**Colbert, que la reine aimoit beaucoup, et à qui elle faisoit Thonneur de jouer avec elle, avoit sa fille debout près d'elle qui passoit sa vie sans parler. Et moi, dont tout le monde envie la faveur, et qui passe une partie de mes journées avec le Roi, on me croit la personne du monde la plus heureuse, et on a raison pour les bontés dont Sa Majesté m'honore-, cependant, il n'y a peut-être personne de plus contrainte; quand il est dans ma chambre, je me tiens assez souvent éloignée de lui, parce qu'il écrit-, on ne parle point, ou fort bas, par respect, et de peur de Vincommoder. Avant d'être à la cour, où je suis venue à trente-deux ans, je me pouvois rendre témoignage que je n'avois jamais connu l'ennui, mais j'en ai bien tàté depuis, et, malgré toute ma raison, je crois que je n'y pourrois résister si je ne pensois que c'est là où Dieu me veut. Eh bien ! s'il vous falloit être dans ma chambre, sans dire un mot, une partie de votre vie, vous pétilleriez, n'est-il pas vraiPMalgré tout ce que je vous dis, mon poste est bien envié. Cependant il n'y a de vrai bonheur qu'à servir Dieu, mes enfants, et la piété seule peut soutenir d'une bonne manière, et donner toujours une conduite égale au milieu des peines et des ennuis, de même qu'au milieu des prospérités, qui n'est pas
IN8TftOCTieN A MADEMOISELLE D'AOMALB (1705). 119
déjà acquis une ettime et une oonfianM particalières dus aotre maison, où 00 TaToit retenue après ses vingt ans pour servir de maîtresse dans SM dasses, où eU« réossisaoit à mertcllle. Madame voitUrt bien y joindre «Boon quelques demoiselles , et avant leur départ elle eut la bonté de leur donner les avis suivants, adressant principalement la parole à Hit* d*Aaroale^ comme devant être Taide et le eonaeil de M»* l*abbesse. ■ (Kote des Lettres et Avis, p. 525).
Septembre 1705.
« II faut, mademoiselle, vous servir, en cette ocea^n que Dieu vous présente de travailler pour sa gloire, de toute la piété et la raison qu'il vous a données, et employer utilement pour le bien de la maison où vous allez la capacité et les talents dont
> Lettres et ÀviSj p. 125. — Lettres édifiantes, t. V, p. 382.
< M"« d'AumjQe était une élève de Saint-Gyr que M«« de Maintenon avait prise auprès d'elle comme secrétaire après qu'elle eut marié M^** d'Osmond au marquis d'Havrincourt. C'était une perloiuie trèa-instmite, qui 8*acquit bientôt, par son esprit et sa sagesse, toute l'amitié de M™* de Maintenon et les bonnes grâces du Roi. « Elle est très-intelligente sur tout, disait M°^* de Maintenon, etcapablede toutes les choses d'esprit et de celles qui sont les plus baises. Je Ini ai fait apprendre la cuisine, et elle rénseit aussi bien à faire du riz qu'à jouer du clavecin. » {Lettres et Avis , p. 677 •t 685.) Elle refusa les plus beaux partis, et demeura avec M™* de Haintenon jusqu'à sa mort. Elle a laissé des Mémoires manuscrits qoe je me propose de publier.
• M"'* de Maintenon, en fondant Saint- Çyr, n'avait pas voulu seulement soulager la misère de deux cent cinquante familles nobles et élever deux cent cinquante demoiselles ; elle voulait en faire wie «orte de séminaire, dont les élèves iraient porter dans les cou- Tenta ou dans les ramilles l'instruction et les vertus qu'elles y auraient acquises, ou comme elle le disait, a qui multipllerolent TédnesUon de Saint-Cyr. n ~ m II va, ajoutait-elle, dans l'insUtut da Sftbdt- Louis, de quoi renouveler dans tout le royaume la perftetioD du christianisme. » Elle s'efforça donc de créer des snoeiirtales de Saint-Cyr, et les deux principales furent l'abbaye de Oomerfontaine et le prieuré de Bisy. (Voir VBist. de la maison sFOyale dé Samt'Cyr^ eb. xii.)
116 LETTRES ET ENTRETIENS SUR l'ÉDUGATION.
DE SAINT-LOCIS
(Qu'il ne faut pat presser les enraats sur la dcYolion; disUaclioa de la TÎTacité et de la légèreté. }
La communauté élant allée à la messe de dix heures avec Madame, un jour de récréation, après en être revenues, nous lui demandâmes si elleavoit remarqué que la première maltresse des rouges, qui éloit en retraite, prioit environnée d'une famille. « Oui, répondit Madame, et j'ai espéré qu^elle n'avoit pas entendu d'autre messe, ayant bien vu que toute la classe n'éloit pas à celle de huit heures, car ce seroit se moquer d'en faire entendre deux à ces petites filles : elles s'ennuieroient et ne feroient que badiner. Les enfants ne sont pas capablesd'une longue attention *, il ne faut pas les lasser de prières : celadé« goûte de la piété, quelque chose qu'elles demandent li-dessus^ car ce n'est que par hypocrisie, pour ga« gner les gens à qui elles ont aHaire; elles connoissent si vite le goût de la gouvernante et de la maltresse 1 Il ne faut point du tout compter sur la dévotion des rouges, rien n'est moins certain, l'expérience doit déjà vous l'avoir appris; vous y avez eu quelques petites saintes qui ne l'ont pas été longtemps. Mais,
* Becueil des Béponset, p, 3G7.
INOTROCnOIf A MADEMOISELLE d'aUMALE (1705). lit
eussiez eu de Taversion pour moi, vous n'auriez pas si bien reçu tout ce que je vous ai dit? Cela estcer- Uûn, et que les plus belles choses enseignées par des personnes qui nous déplaisent ne nous font aucune impression et nous rebutent souvent. Ne vous étonnez pas de ce que vous pouvez voir dans cette maison-là de différent de ce qui se fait ici : chaque couvent a ses manières-, celui où vous allez n'est pas fort régulier-, vous serez peut-être surprise de voir aller seule au parloir, dV passer beaucoup de temps, d'y manger, et semblables choses où vous serez portée de croire qu'il y a du mal, et il se peut Uen faire qu'il n'y en ail point, eu égard aux cir- Donstances dont elles sont accompagnées.
« Il n'est pas étonnant qu'il se soit glissé de pareils relâchements sous une abbesse de cent ans, et qui ^toit en enfance depuis près de vingt ans. Loin de rous décourager pour les difficultés que vous trourerez en votre chemin, ne cessez de bénir Dieu des ;ràces qu'il vous fait. Les jeunes personnes de votre ige qu'il rend assez solides pour travailler a leur propre salutsontbien heureuses, combiendoncTétesrous davantage, vous, mademoiselle, qu'il daigne sboisir deâ bonne heure pour vous employer à celui les autres ! Vous ne pouvez trop l'en remercier et rous efforcer d'entrer dans ses desseins, car c'est une ;râoe qui vou& est particulière^ et qu'il n'a pas ac- XMitumé de faire aux personnes de votre âge.
a L'ordre de Saint-Bernard, dont est la maison où rousallez, estexcellent 5 tout ce que M"* delà Viefville lous en a dit aujourd'hui me parott admirable. » 11. ^<
118 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*ÊDVGATrON.
rien suivre. Les personnes légères sont encore sujettes à des engouements; elles reulent les choses avec passion et s'en dégoûtent de même fort vite*, il vaut mieux être modérée, aller plus doucement et marcher toujours. Il ne faut pas, encore une fois, s'étonner ni s'inquiéter de la vivacité des jeunes per* sonnes, etsi vous voulez, de leur légèreté; elle passe si vite, on devient si fort sérieuse; Tâge, les affaires, les chagrins modèrent bientôt cette joie de la jeunesse; chacun Ta éprouvé en soi-même. On me reprochoit tant, au commencement, la liberté que je laissois à M"^ la duchesse de Bourgogne pour se divertir, ses promenades, ses courses, ses jeux qui lassoient toutes ses dames; mais je n'en élois point du tout en peine, et j'a vois raison, car, quoiqu'elle soit encore bien jeune, elle est déjà trop sérieuse : elle est, sur les affaires de l'Etat, comme si elleayoit quarante ans. »
i 89 ^ — INSTRUCTION DE MADAME DE MAINTENON
à M ADSMOISELLB D'AUMALl * EN L'INVOTANT A OOMSRFONTAIMS, AmtS DK MAD\MK DK LA VIEFVILLE^.
( • ■«>« de la Vicfifillc, au sortir de Saint-Cyr, s'élant faite religieuse à i*abbttye d'Argensol, de l'ordre de Saiot-Bernard, fut nommée abbesse de Gomerfontaine, lorsqu'elle n'aroit encore que vingt-huit ans. La pr«iiiièrA chose qo*elle fit fut de demander à M"«de Maintenon ses avis et rhonneor <it M protecitoD. Madame fut si touchée de sa vertu, de sa piété et de set bonnes intentions, pour rétablir la régularité de sou abbaye, qai avoH souffert de grandes atteintes pendant les vingt dernières années de Tab-* beise précédente, qu'elle résolut de l'aider en tout ce qu'elle penrroit. Elle commença par lui donner M^l* d'Aumale pour aider à bien élerer les pensionnaires et pour l'assister de ses conseils. Cette demoiselle a*étoit'
noas n'avions fait en vous que des personnes libertines on scrupuleuses. Je dis scrupuleuses à l'excès, ear je sais que le scrupule vient d'abord d'une délicatesse de conscience très-louable, mais il faut qa'il s'apaise par la confiance et la docilité pour son confesseur. Soyez sincères avec Dieu, mes chères filles, et avec cela tout ira bien-, si vous ne Tètes pas, ce défaut ne peut être raccommodé par aucune confession, ni entretiens, ni pratiques, ni prières. Dîca est la vérité même, il faut le servir en vérité ; il aime ceux qui ont le cœur droit -, c'est là ce que je vous désire et à quoi tendent toutes les instructions que nous vous faisons. Soyez chrétiennes et raison- | nables, ayez une piété sincère, libre, gaie, ronde, sans raffinement, comme de bonnes séculières *, vous n'en serez dans la suite que meilleures religieuses, si Dieu vous y appelle. Examinez-vous sérieusement un bon quart d'heure-, allez à confesse dans l'intention de tout dire et de suivre les conseils qu'on vous donnera-, regardez le confesseur comme représentant Jésus-Christ et ayant reçu de lui le pouvoir de vous absoudre -, ne mêlez rien d'inutile dans une action si sérieuse et si importante. Quand vous êtes sorties du confessionnal, ne faites plus d'examen, ce seroit chercher à vous embarrasser, ne vous occupe2 plus que de votre contrition 5 ne vous alarmez point si vous ne la sentez pas : elle est véritable si vous voulez vous corriger et prendre tous les moyens qu'on vous a donnés. Faites votre pénitence-, remplissez-vous de la joie de votre communion et ne pensez plus qu'à vous y préparer. Conservez-vous
120 LETTRES ET ENTRETIE!CS SCR L*ÉMICATIO!f.
VOUS éles remplie. Vous serez matlresse des penrionnaîres-, attachez-vous fortement aux choses essentielles, qui sont de les rendre pieuses, raisonnables, bien instruites de leur religion, sachant bien lire, bien écrire, bien travailler, et ne vous amusez point à mille petites choses indifférentes, que nous avons établies ici pour faciliter le gouvernement d'un si grand nombre d'enfants a la fois, comme la séparation des bandes, le rangement au chœur et dans les classes, etc. Tout cela importe peu, pourvu que vous réussissiez a les rendre de bonnes chrétiennes, et à leur donner un bon esprit. S'il y a quelques grandes pensionnaires, tâchez de vous .en faire aimer, pour leur pouvoir plus aisément inspirer le bien, et même les porter, s'il est possible, à vous aidera bien élever les enfants dont vous serez chargée, ou au moins à être de quelque secours i la maîtresse. Évitez cependant avec soin les anûtiés particulières avec aucune dalles; gagnez*les toutes en leur marquant la même amitié et la même attention; permettez-leur les petites choses qu'elles vous demandent, qui leur fassent plaisir, dès que vous pourrez les leur accorder sans danger, comme vous voyez que nous faisons ici ; insinuez-leur, maisbien doucement, de se rendre utiles à la maison. Votie bon esprit vous fera trouver mille petits moy^is de les persuader, et pour cela, il faut, comme je vous l'ai dit, commencer par vous en faire aimer, sans quoi vous ne réussirez jamais. N'est-il pas vrai que si, depuis que vous êtes ici et que vous m'entendez parler, vous ne m'aviez pas aimée, ou que vous
(Qb*U fuit toi^oan commencer par la doaoeor el la raUon dans les correetiooi que l'on est obligé de faire.)
5 décembre 1705.
Pour répondre à la question que vous me
faites, il faudroit savoir quelle sorte de personne vous voulez reprendre. La maxime de Saint-Cyr est de commencer toujours par la douceur et la raison avant d'en venir à la rigueur.
J'approuve fort la complaisance que vous avez eue pour vos religieuses*, il faut chercher à se faire aimer, et ne vouloir être aimée que pour les porter à Dieu.
Je vous envoie un excellent sujet en vous envoyant Champlebon^, mais je vous annonce qu'il me faudra bientôt rendre M"' d'Aumale, je n*ai fait que Vous la prêter*, charité bien ordonnée commence par soi-même^ et nous avons besoin d'elle ici. Il faut lui donner le temps d'établir Champlebon *, Saint- Laurenl' fera fort bien en second. Je vous envoie trois petites pensionnaires : Tune est une enfant dont j'ignore la naissance^; les deux autres sont demoi-
' Uitres édifiantes, t. V, lettre 98. — Lettres et ÀvU, p. 572.
* L'une des demoiselles de Saint-Cyr envoyées à Gomerfontaine.
* Antre demoiselle de Saint-Cyr.
* « C'éloit un enfant de cinq ana, qu'elle trouva seule sur son chemin, ayant seulement un billet sur son corps qui marquoit qu'elle avoit re^u le baptême et son ftge; Madame s'en chargea;
122 LETTRES ET EKTRBTIBNS SUR L'BOUCATION.
Puis, M°" de Maintenon, leur adressant la parole à toutes, leur dit av^ bonté : « Adieu, mes eafants; si vous aimez SaiiU-Cyr, vous ne pouvez en donn^ de meilleures marques qu'en vous comportant bien en tout. Soyez douces et accommodantes, ne soyez point prêcheuses, faites tout le bien que vous pourrez, et si vous ne vous accommodez point de cette maison, nous serons toujours prêtes à vous recevoir; mais si celles d'entre vous qui veulent entrer au noviciat trouvent qu'il commence avec lerveur, et qu'il y ait lieu d'espérer d'y former de bonnes religieuses, nous vous enverrons encore de nos meilleurs sujets. » Puis les embrassant chacune en particulier, elle leur dit : « Adieu, mes enfants, vos larmes m'attendrissent, je suis présentement tout occupée de votre abbesse. »