‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 89 sur 120 · II · texte numérisé non relu

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130 LETTRES ET ENTRETIENS SUR L*éOUCATIOX.

de marquer est ie plus pressé. Mettez-vous en repos dans toutes vos charges, ne donnez pas un moment à la lâcheté, à Toisiveté, ne quittez pas vos emplois pour une prière que Dieu ne vous demande point; mais quand, après cela, votre ouvrage ne sera pas achevé, n'en ayez pas ki moindre peine, vous ie reprendrez le lendemain ou d'autres le feront. Tâchez d'inspirer aux demoiselles le goût de Touvrage, il leur 6St absolument nécessaire; mais vous y réussirez mieux en les divertissant qu'en les fatiguant trop.

Vous faites très-bien de vous servir des demoi* selles et de les mettre à tout; mais il faut que ce soit dans le besoin, et il ne faut pas compter pour un véritablebesoin Tenvie que vous aurez de faire quelques misérables épargnes. Par exemple, vous faites balayer les demoiselles des années de suite pour soulager TinGrmité de leur sœur converse : rien ne seroit plus raisonnable que de lui donner ce secours de temps en temps: il ne Test pas qu'elles le fassent toujours. Les demoiselles peuvent aider aux dames de la sacristie, aux sœurs converses, mais non pas être seules chargées de l'ouvrage.

Il est certain qu'il faut les mettre à tout, il est certain aussi qu'elles ne doivent pas trop travailler, ni être souvent tirées de leurs classes.

Qui trouvera ce milieu? la supérieure aidée et avertie par le conseil ; mais vous devez garder une règle qui vous guidera, c'est de ne rien exiger d'elles que vous ne fassiez vous-mêmes. Vousvoulezqu'ellefi balayent, balayezaussi; vous voulez qu'elles veillent les malades^ veillez comme ellesi c'est-à-dire une

ATBC LES DAMBS DE SAIlfT-LOflIS (1706). 135

itremeni qu'elle : Tégalité de conduite entre les altresses est l'essentiel du gouvernement des dooiselles.

Amusez-les aux récréations, mais ne vous y «ndonnez pas , il faut toujours agir et parler par pport à elles, et remettre rotre délassement avec 16 sœurs. Vous voyez, ma chère fille, que je ne is pas rebutée, et que je songe à vous former; je ois tout, j'espère tout, et je n'ai plus que de la joie f Saint-Cyr. Je me porte fort bien, et j'ai grand gret au temps que je donne ici. Je vous embrasse tout mon cœur.

DE SAIMT-LOUIS.

(De rotilité d'iDipIrcr le goàt de TonTngc aox denoitellet. )

18 tTril 1708.

Le 18 d'avril 1706, M*»* de la Rozière' ayant dit la récréation que Ton étoit fort occupé d'exciter goût des demoiselles pour l'ouvrage, et de leur mner sur cela de l'émulation, Madame dit : kYous i pouvez leur inspirer rien de meilleur-, comptez le c'est procurer un trésor à vos filles que de leur muer ce goût de l'ouvrage, car sans avoir égard la qualité de pauvres demoiselles qui les mettra

I Becueil de$ Réponses, p. 536. •— Lettres édifiantes, t. W

■ Voir t. I, p. 2Ô4.

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des classes, non pour lourmenter et troubler les premières maîtresses, mais pour juger des choses qu'elles doivent laisser à leur disposition et de celles qu'elle doit décider. Il faut que je marque ici que mon intention n'a jamais été que la supérieure nese mêlât point des classes ; j'ai dit cent fois qu'il ne faut pas se mêler des charges les unes des autres, et qu'il faut laisser chacune en repos dans la sienne; mais cela ne peut regarder la supérieure, qui doit tout gouverner, tout conduire et tout savoir. Je ne puis trop conjurer mes chères filles de ne se point troubler les unes les autres en blâmant ce qui se fait^ toutes les plaintes doivent être portées à la supérieure; mais, du reste, il ne faut point trouver les demoiselles mal habillées, mal nourries, mal élevées, etc., parce que vous contristez vos sœurs, quelque vertu qu'elles aient. Quand les demoiselles montent d'une classe à l'autre, il ne faut point s'en plaindre, mais les recevoir toutes également ; j'ai vu faire de grandes fautes là -dessus.

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