‹ Lettres et entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 90 sur 120 · DK LA CLASSE BLEUE · texte numérisé non relu

DK LA CLASSE BLEUE

Je vous ai recommandé, mes chères filles, d*avoir soin de ma sœur de Saint-Périer; j'ai la même prière à vous faire pour ma sœur de Bouju, qui ne

* Lettn'8 et Avis, p. 403.

Lune, maigre, horrible, quoique ce fût une per-- >iine bien faite et fort aimable. Si elle avoit eu u goût pour Touvrage, il lauroit préservée de tomer dans ce malheur. »

H"*' de Bouju dit : «Permettez-moi, Madame, de MM demander ce que nous devrions faire si quelnés personnes de rang distingué vouloient nous DDner à faire quelque ouvrage exquis et d'un grand 985in , et si notre constitution nous défendant ces wtes d'ouvrages, nous pourrions les accepter. — >

oi est la personne, reprit M"* de Maintenon, qui se- /^ lit en droit devons en donner, puisque vous devez >u% tenir dans un entier éloignement du monde P — entends, dit M"** de Bouju, la reine de France; >inme le Roi donne les places de demoiselles, itte maison sera toujours plus connue qu'une nuire. [■• la duchesse de Bourgogne, par exemple, pour- >it nous en demander de cette sorlc. — Je ne rois pas que M°^ la duchesse de Bourgogne voulût Biuser ce désordre dans votre maison, reprit M°" de laintenon; elle est trop jalouse de la régularité qui Y doit observer-, mais, après tout, nos rois sont )8 maîtres; vous devriez seulement commencer ar leur faire représenter humblement que vos consitutions vous défendent de travailler à ces grands urrages, que l'éducation des demoiselles dont vous tes chargées indispensablement prend votre temps, ue vous en êtes incapables , ne les sachant point lire, et qu'il seroit très-dangereux pour vos demoidles que des personnes séculières fussent ici tout \ jour i leur montrer à travailler; s'ils persistoient

celles qui sauront lire et écrire» qu'ellesne rapprendront plus, de s'en servir pour montrer aux autres;

De prêcher toujours l'amour du travail dans toutes les classes ;

De soutenir la dentelle aux jaunes, quand les autres ouvrages manquent;

De conserver soigneusement les carreaux, pour y pouvoir travailler quand on veut.

i9G>. — LETTRE A MADAME DE GARNIER»,

L'URK des MAITAKSSKS OtS BLSDKS.

Marly, t706.

G)mment est-il possible que je ne vous aie jamais écrit, ayant tant de raisons de vous aimer? Je le fais avecplaisir, ma chère fille, et je vous conjure de vous former pour les classes, et d'imiter ma sœur de Saint-Périer. Donnez-vous tout entière, comptez sur rimperfection des demoiselles, ne vous ea impatientez jamais, repnenez-les doucement, continuellement, raisonnablement et brièvemeot^ ne les poussez point, n'attendez point leurs réponses, cernez et priez le père de la moisson : vous ou d'autres recueillerez dans la saison. N'ayez rien à dire à la première maîtresse, finissez tout par vous--mème, gouvernez dépendamment de cette première, n'en soyez point honteuse, et ne projetez jamais dé faire

^ Lettres et AvUj^^ 412.

* Marie-Anne de Garnier ût profession le 20 mal 1705 et ne rut en 1754, âgée de soixante-quatorze ans.

AUX DEMOISELLES DE LA CLASSE JAUNE (t70ft). 139

soin , VOUS voir filer et coudre pour autrui , ^t ma sœur de Radouay (c'était Téconome) recevoir humblement cinq sols pour le prix de son travail, que de vous voir amuser à ces bagatelles et a ces ouvrages qui vous sont si défendus. Si jamais cela vous arrive, je viendrai de l'autre monde après ma mort, dit^Ue en riant, faire un bruit effroyable pour épouvanter celles qui auroif3nt des occupations si contraires à mes intentions. i> Elle ajouta ensuite d'un ton plus sérieux : « Il ne faut s'occuper ici que de choses solides et retrancher tous les ouvrages inutiles et superflus ; mais en même temps que je ne veux point de magnificence, je veux une très -grande propreté, surtout au linge de la sacristie, qui non-seulement doit être beau , mais d'une finesse proportionnée au saint usage auquel il est destiné. »

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