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Mon cher Père, — C'est encore Jésus qui a toujours pitié de moi, qui s'entretient avec moi et qui me traite avec d'autant plus de douceur que je l'offense davantage. Hier matin il me sembla que, après la sainte communion, il me parlait ainsi (j'ai l'habitude chaque matin de demander à Jésus comme première
i. Dieu lui fait ainsi comprendre peu à peu qu'elle n'entrera pas en religion.
grâce qu'il me fasse entrer au couvent) : « Mais sais-tu, ma fille, qu'il y a une vie encore plus heureuse que celle du couvent?» Et i\ n'ajouta pas autre chose. Je me suis demandé plus d'une fois quelle peut être cette vie-là ; mais je ne parviens pas à la découvrir. Néanmoins, je la désire tellement que j'y pense toujours. Je voudrais la posséder, et sans retard. Je demande à Jésus qu'il me fasse entrer dans cette vie plus heureuse ; mais il me répond d'en demander la permission à mon confesseur. Et celui-ci ignore encore tout; mais ce soir je le lui dirai. Priez beaucoup pour moi et bénissez-moi. — Je suis la pauvre Gemma.