‹ Lettres et extases de Gemma GalganiChapitre 25 sur 59 · Sur le même sujet · texte numérisé non relu

Sur le même sujet

Père, quelle consolation n'éprouve-t-on pas à faire l'obéissance ! Je me trouve dans un calme si parfait que je ne puis

i. C'était de résister constamment à ses inclinations même les plus innocentes. Voir la lettre 5g, paçe 68.

2. En n'accueillant pas avec trop de facilité des apparitions sur la nature desquelles on ne paraissait pas encore fixé.

me l'expliquer. Et tout cela, je m'en aperçois, est un effet de l'obéissance. Mais à qui en suis-je redevable?... Soyez infiniment remercié de m'avoir appris tant de choses, donné tant de conseils et libérée aussi de tant de dangers. Avec le secours de Jésus je veux tout mettre en pratique, afin de le contenter. Mais vous, Père, vous connaissez à fond ma fragilité comme aussi ma tète dure.

Si donc il m'arrive parfois de retomber dans mes défauts habituels, vous ne vous inquiéterez pas, n'est-ce pas? Je demanderai pardon à Jésus et me proposerai à nouveau de ne plus recommencer. Savez-vous, Père, que vendredi soir, ce bon Ange me fit fâcher? Mais je ne voulais pas du tout l'écouter, et lui, continuait à me dire une foule de choses. A peine arrivé : « Dieu te bénisse, dit-il, ô âme confiée à nia garde! » Imaginez-vous, Père, que je lui répondis de la sorte : « Ange saint, écoutez-moi, ne vous salissez pas les mains avec moi1; allez-vous-en, allez à une autre âme qui sache apprécier les dons de Dieu. Moi, je ne sais pas. » En un mot, je me fis comprendre. Mais lui me répondait : « Oh! que crains-tu? — De désobéir, répliquai-je. — Non, dit-il, c'est ton père qui m'envoie » Alors, je le laissai parler, mais je lui témoignais mon dédain : « Tu crains, continua-t-il, parce que tu crois abuser des grands dons que Dieu t'a faits? A 'appréhende donc pas. Je demanderai à Jésus pour toi la grâce d'en profiter. Il suffit que tu me promettes de correspondre à tous les secours que tu recevras de ton père. Et puis, ma file, ne redoute pas tant la souffrance. O mon enfant! quelle transformation dans le monde, si tous y étaient obéissants! Dis-moi, qui a le mieux obéi parmi les créatures? Ta céleste Mère. Oh! comme l'obéissance de Jésus était plus parfaite que la tienne! Regarde : il obéit toujours avec promptitude et volontiers; tandis que toi, tu te laisses redire les choses trois ou quatre fois. Ce n'est pas là ce que t'a enseigné ton Sauveur! A obtempérer de la sorte, ta nas aucun mérite. Veux-tu un moyen pour obéir avec mérite et perfection ? Fais-le par amour pour Jésus. » Après ce beau petit sermon, il s'en alla.

Combien je crains, Père, que vous ne soyez mécontent '.

i . Expression dictée par l'humilité de l'angelique enfant.

Mais tandis que je m'efforçais de lui dire : « Ne vous salissez pas les mains », lui, répétait : « Vive Jésus ! » Donc, vive Jésus, et lui seul! Pardonnez-moi, je n'écouterai plus l'Ange; et vous, ne l'envoyez plus, alors! Vive la croix de Jésus! Vive le prochain De profundis de Jésus. Oh ! enfin, j'ai appris à souffrir, même dans le délaissement. Une grande bénédiction : je suis la pauvre Gemma de Jésus seul.

84. — Elle demande pardon, parce qu'il lui semble avoir désobéi.

Père, — Votre lettre de ce matin ne m'a pas remplie de confusion comme cela m'arrive parfois, mais elle m'a laissée dans la paix et la résignation. Vive Jésus! J'ai prié jusqu'à ce jour pour que Jésus fasse tout ce qui lui plaît et ce qui peut contribuer au bien "de mon âme. Aujourd'hui encore, je redoublerai d'instances, et puis qu'il en soit de moi ce que Dieu voudra. Ne ferais-je pas injure à Jésus si je me laissais abattre? Il se montre pour moi un protecteur si puissant! Je vous ai écrit cette lettre, craignant que vous ne fussiez fâché contre moi, parce que (selon votre expression), j'avais prophétisé la vôtre1. Je ne le ferai plus, Père, jamais plus, jamais. Je suis maintenant à genoux pour vous demander pardon de tout. Non, non, non, je ne me permettrai plus défaire ce que j'ai fait et de dire ce que j'ai dit. Mais à présent, j'en ai un repentir continuel2, je ne le ferai plus jamais, jamais, jamais. Ecrivez désormais quand vous voudrez, je n'en dirai plus rien ; il serait même préférable que je ne le sache pas. Père, je voudrais essayer de m'excuser : mais non, je veux me taire. Vive Jésus ! Je désirerais vous communiquer bien des choses ; mais je ne sais par où commencer. J'espère que tout vous est connu. Adieu, Père; une grande, grande et continuelle bénédiction. La pauvre Gemma.

i . Voir page 1 26 de la Vie complète.

Page 1