EXTASES
1. — Elle volt la laideur d'une âme en état de péché. Elle offre sa vie pour les pécheurs. Elle prie pour une conversion, et l'obtient. Hymne d'actions de grâces à Jésus.
f.Ésus, quand je me trouve en votre auguste présence mes angoisses disparaissent aussitôt... 0 Jésus, Jésus, encore un peu de votre aimable présence.
Quelle épouvante ce soir, quelle épouvante ! Que je n'en vienne jamais à perdre votre grâce! Qu'elle est belle, une âme en grâce avec vous ! Mais qu'elle est affreuse sans votre grâce ! Faites-le voir à tous, ô Jésus ; ainsi personne ne péchera plus.
Oui, Jésus, là, devant vous, je renouvelle mes promesses : si je devais tomber dans le péché, faites-moi plutôt mourir.
Pourquoi me retenez-vous sur la terre?... Si je le désire ce moment où pour toujours je m'unirai à vous ! Jésus, vous me faites souffrir; il faut que je vous le dise : vous me mettez ces idées dans l'esprit, et puis c'est ainsi que vous me traitez.
Mais que voulez-vous, Jésus? Croyez-vous que j'attende votre demande pour vous donner ma vie? Elle est à vous : je vous l'ai déjà offerte. Que désirez-vous, Jésus? Que je vous l'offre encore comme victime pour mes fautes et pour celles des pécheurs? Hâtez-vous, ma vie est entre vos mains... elle est à vous... elle est à vous... Si j'en avais cent, je vous les donnerais toutes. . . Je n'en ai qu'une seule ! . . . Je suis disposée à tout, à tout. Croyez-vous m'imposer un sacrifice en me demandant la vie? C'est une grâce pour moi...
Jésus, usez de toute votre puissance pour réaliser ce qui sera tout à votre gloire. Acceptez le désir que j'éprouve en mon cœur, et que votre tendresse y réponde. Si vous n'étiez pas tout puissant je ne vous adresserais pas cette demande...
Mais comment pourrai-je réaliser les aspirations que j'éprouve
en mon cœur? Gomment pourriez- vous regarder avec indifférence ces transports de mon âme? Est-ce que vous mépriseriez des désirs mis par vous-même dans un cœur? Pareille pensée ne me vient même pas à l'esprit.
Oui, Jésus, mon pauvre pécheur je vous le recommande avec instance... C'est le mien, Jésus; figurez-vous si je veux le sauver !
Je le sais, Jésus, je le sais, il vous fait pleurer ; mais croyezmoi, Jésus, à présent vous ne devez plus songer à ses péchés; vous devez songer au sang que vous avez répandu. Combien miséricordieux n'avez-vous pas été à mon égard ! Toutes ces amoureuses délicatesses que vous avez eues pour moi, je vous en prie, ayez-les aussi pour mon pécheur.
Souvenez-vous que je veux le sauver avec moi. C'est votre enfant, c'est mon frère, sauvez-le, Jésus! Pourquoi ne m'écoutez-vous plus aujourd'hui?
Il vous a beaucoup offensé; mais moi, j'ai encore plus péché. Sauvez-le, sauvez-le. Pour une seule âme vous avez tant fait, et celle-ci vous ne voulez pas la sauver?
Soyez miséricordieux, ô Jésus, ne me parlez pas ainsi.
Vous n'accueillez pas ma requête? A qui dois-je recourir? Votre sang vous l'avez versé pour lui comme pour moi... Je ne me relèverai plus d'ici; sauvez-le. Dites-le moi, dites-le moi que vous le sauvez. Je m'offre comme victime pour tous, mais pour lui particulièrement. Je vous promets de ne rien vous refuser... Me l'accordez-vous? Il s'agit d'une âme! Pensez-y, ô Jésus; une âme qui vous a coûté si cher! Elle s'amendera, elle ne commettra plus le mal, vous verrez...
Est-il sauvé, Jésus, est-il sauvé? J'ai donc obtenu quelque chose pour celui-là. Vous lui avez pardonné, de la façon la plus complète? Vous êtes juste, Jésus, mais vous êtes aussi miséricordieux! Je ne fais pas appel à votre justice, mais à votre miséricorde. Vous me le rendez pardonné ? Alors il n'est plus mon frère, puisqu'il est devenu bon, et que je suis toujours mauvaise. Vous avez la victoire, Jésus, vous l'avez...! Triomphez toujours, je vous... Triomphez, triomphez, je vous le demande par charité.
Je le vois, ô Jésus; vous ne pouviez trouver une âme pire que la mienne. Pour la gloire de votre saint nom vous venez; de m'accorder le salut de ce pécheur : grande est ma joie... Si
vous me donniez un converti chaque jour!... 0 Jésus, ne les abandonnez pas les pécheurs. Les plus misérables sont le mieux accueillis... Je prie pour eux et pour moi.
Ètes-vous content de moi, Jésus? Quand je vous ai satisfait j'ai satisfait tout le monde. Si vous saviez comme je suis chargée de péchés !
Je vous suffis? Mais comment pourrais-je vous suffire? Venez vous-même, Jésus, régner dans mon cœur. 0 saints du Paradis, prenez à tâche de me faire parvenir au ciel... Avec vous, Jésus!... Ah! dans le monde il n'y a que peines et ennuis.
Mais souvenez-vous des pécheurs; je veux qu'ils soient tous! sauvés... tous... Je ne dois songer qu'à eux; pour le reste, à vous d'y penser.
Me demandez-vous des sacrifices ? J'en ferai autant que vous en voudrez ; toute ma vie doit être une continuelle immolation; je supporterai tout.
Et je le sais, Jésus : plus la croix me contrarie, plus elle est conforme à la vôtre...
2. — Elle contemple la beauté de la T. S. Vierge, et demeure confuse de sa propre indignité. Elle voudrait se retirer, mais Marie l'engage à s'approcher. Elle se repose auprès de la divine Mère et lui demande de garder toujours son cœur prés d'elle. Elle se plaint doucement de leur séparation, demande la réunion dans le ciel et chante une hymne sublime à l'Immaculée.
Qu'y a-t-il aujourd'hui ? Où suis-je? 0 ma Mère, où suis-je?. . . 0 ma Mère... oh... quelle beauté, que vous êtes belle!
Mais ne me voyez-vous pas?... Je suis très mauvaise et me reconnais tellement indigne que ces faveurs m'affligent au lieu de me consoler. Néanmoins, si je l'avais mérité, je voudrais bien venir avec vous, m'approcher de vous...
Pourquoi cela, aujourd'hui? Je ne veux pas rester ici; ma Mère, je ne suis pas digne de votre présence.
Vous m'invitez? Je voudrais, je voudrais bien; mais... puis-je vous appeler du doux nom de mère? J'ai tant de fois offensé Jésus !
Ainsi je suis encore votre enfant? Je puis avec confiance vous appeler ma Mère?
Mais comment voulez-vous, douce Mère, qu'aujourd'hui je vienne avec vous... que je m'approche de vous? Vous le voulez?... Gomment puis-je résister?...
0 ma Mère, ma tendre Mère... oh!... maintenant je n'ai plus rien à désirer... Maintenant je suis... je suis heureuse! Oh! près de vous quel délicieux repos!
Impossible de vous parler; mon bonheur est trop grand; mais mon cœur ne vous dit-il pas assez ?
Pensez, ô ma Mère, à cette dame que vous aimez tant ; songez à sauver mon âme...
Et vous me quittez ainsi ? Oh ! je ne puis demeurer sans vous; votre présence ne me fut jamais plus nécessaire.
Quelle satisfaction pourrai-je avoir si vous ne revenez plus? O ma tendre Mère !
Vous souvenez-vous du jour où en allant au ciel vous avez emporté mon cœur ? Gardez-le toujours là-haut, toujours avec vous; près de vous il aura toute chose. Que vous en semble? Une petite fille peut-elle ainsi rester privée de sa maman?
Gomment je vais? Oui, ma Mère, je me sens un peu mal. J'éprouve une douleur à la tête, mais ce n'est pas la douleur de Jésus. Voulez- vous me donner encore celle-ci? Toutes les deux volontiers...
O ma Mère, vous n'êtes pas contente de moi? Eh bien, moi non plus je ne suis pas contente de vous. Voilà quinze jours que je ne vous ai pas vue ! pas même l'Ange gardien. Qu'il est sévère mon bon Ange ! Pourquoi me punir ainsi ? Qu'ai-je donc commis? Une curiosité? Je ne m'en souviens pas... Ma Mère, venez me voir vous ; il est trop exigeant cet ange ! Ne m'abandonnez pas... je ne puis rester sans vous. Si du moins vous vouliez et si vous pouviez m'envoyer Confrère Gabriel...
Ma Mère, mon confesseur m'a imposé quelque chose : il m'a dit de prier pour cette famille. Je l'ai déjà fait. Obtenez ce que je ne pourrais espérer par moi-même : beaucoup de grâces, une infinité, vous entendez, ma Mère? une infinité. Si Jésus avait l'intention de lui envoyer quelque épreuve, dites-lui de se montrer miséricordieux... A vous d'arriver où je ne puis atteindre...
Dois-je vous l'avouer, ma Mère? Quand je souffre un pou, je suis tout heureuse, parce que je crois le moment venu d'aller en paradis; et mon confesseur ne le veut pas. Mais
qu'est-ce qui le retient? Vous, ma Mère, voudriez-vôus de moi?
Quand donc viendra Jésus? Dites-le-lui, vous aussi : je veux aller avec vous... Il y a si long-temps que je l'importune ! Et Jésus m'emporterait vite au ciel si je parvenais à obtenir la permission.
Ma Mère, je désire vous posséder toujours et ne veux plus me séparer de vous. Oh ! emmenez-moi en paradis. Je ne puis plus demeurer sans vous. Voyez-vous la souffrance que vous me causez? J'ai besoin de votre cœur. Oui, chaque jour je vous cherche pour épancher dans ce cœur les douloureux transports du mien. Ah! si vous le vouliez! Ne me quittez pas...
0 ma Mère, ô ma Mère ! Si vous êtes réellement touchée de compassion, oh ! pourquoi vous séparer d'une enfant qui vous aime tendrement? Si vous n'êtes pas là, qui écoutera mes prières? Qui exaucera mes vœux? Sans vous je suis... comme une pauvresse dépourvue de tout secours. Ma Mère, pourquoi me délaisser? Conduisez-moi aussi en paradis. O ma Mère, ma Mère, vous êtes une fleur très pure, de la blancheur du lis. Reine du Ciel, qui captez aux créatures la plus noble portion de leur amour, vous m'avez aussi ravi mon propre cœur. Et maintenant que sous vos étreintes ce cœur n'a plus rien de la terre et devient tout céleste, je ne l'ai plus. Rendez-le-moi. Eh! vous ne voulez pas me le rendre, bonne Mère, craignant de le voir de nouveau tout occupé de mon amour-propre. Alors dites-le vous-même à mon Jésus.
Oui, Jésus m'aime d'un amour extrême, parce qu'en moi chaque respiration, chaque désir et chaque affection ne sont que pour lui.
Avant de me quitter, ma Mère, allons, emportez-moi en paradis... Ne m'abandonnez pas... Quand reviendrez-vous ? Quelle peine me cause votre éloignement!... O ma Mère, ne me laissez pas; je ne puis vivre sans une mère... ma Mère!...
S. — Elle conjure les saints et tous les anges du ciel de l'aider à livrer son âme à la Très Sainte Vierge. Mais l'humilité lui montrant que cette âme est sans beauté, elle veut la retirer des mains de Jésus qui va la donner à sa divine Mère. Elle donne un libre cours à ses élans d'amour envers Marie, lui remet aussi son cœur, et tout en sollicitant quelques faveurs, la supplie de rappeler le Sauveur déjà disparu.
Venez, Saints du paradis, prêtez-moi votre cœur, prêtezmoi vos sentiments... Je suis devant la mère de Jésus, et je ne sais... 0 Saints du ciel, vous n'avez aujourd'hui pour moi que de l'indifférence! Ma Mère, je veux vous aimer beaucoup; mon âme n'est plus à moi; elle est à vous... Prenez-la, Jésus, ma pauvre âme, remettez-la à votre Mère, et l'enfer lui-même ne pourra m'ef frayer.
Je sais, Jésus, que vous méritez d'être aimé par dessus tout. Mon âme, la voulez-vous? Avant de la prendre, laissez-moi me confesser encore. Voyez-vous sa laideur? Je ne vous la donne pas aujourd'hui ; regardez comme elle est vilaine. L'amour-propre qui a perdu le monde, ô Jésus, voudrait aussi causer ma ruine. Laissez-moi aller, je suis trop confuse.
Pourquoi me montrez-vous mon âme? Quelle honte pour moi, ô Jésus! Et vous la voulez ainsi? Prenez-la, Jésus, mais pour la cacher. O Dieu ! Mon Jésus, cachez-la, que personne ne la voie. Jésus, ôtez-la de mon regard... Je n'en puis plus, Jésus... Jésus... ô Dieu!
Que faites-vous? Vous la remettez à votre mère ? Laissez-lamoi, Jésus, laissez-la-moi encore un peu avant de la lui confier.
Mais la désobéissance est un mal si grave? Et cela, qu'estce? O Dieu! Jésus, je n'en puis plus : éloignez mon âme... je n'en puis plus... Que vois-je. Jésus? Vous la remettez à votre mère? ..
Je suis â vous... Je suis à vous... O ma Mère! Ayez pitié de mes grands péchés; je suis votre enfant; Jésus l'a dit. Mon âme, Jésus, ne vous appartient donc plus? Pensez à moi, Jésus! Vous ne voulez plus de moi? No m'abandonne! pas consolez-moi, secourez-moi dans les moments d'épreuve...
O ma Mère!... Oh! quel bonheur... Je vous ai été confiée
par Jésus. Mais désormais, ma Mère, venez comme venait Jésus; il arrivait presque tous les jours.
Oui, vous êtes ma bonne mère. Oh ! une mère, je sais comment elle agit avec ses enfants, et vous ferez de même. Que suis-je, moi, pour que vous me traitiez ainsi?
Voyez-vous comme je suis faible? Ayez pitié de ma faiblesse. Ne voyez-vous pas comme je suis pauvre en vertus... aidez-moi... Les voyez-vous, les besoins de mon âme? Vous savez, ma Mère, toutes les douleurs qui m'attendent. Alors, faites-moi donc entrer au couvent. Après Jésus, c'est là tout mon désir! Voyez, si j'étais au couvent, j'irais avec allégresse au devant des croix; mais ainsi hors du cloître !... Remarquezvous comment je passe mes jours et mes nuits? Soyez touchée de compassion ; dites-le à Jésus, dites-le-lui, vous, mon unique espérance. Si vous ne m'écoutez pas je dois donc me désespérer? Voyez : Jésus vous a donné mon âme; moi, d'autre part, je vous ai livré mon cœur. Ne considérez-vous pas combien ce cœur est affligé?
J'ai beaucoup de personnes à vous recommander. Je voudrais que Jésus me fît connaître à tout le monde. De la sorte, on ne me demanderait plus des prières. Une grâce, ma Mère, une grâce : Jésus est très irrité contre les pécheurs ! Dites-lui de se venger, non sur eux, mais sur moi. Encore ceci : je dois vous recommander une âme qui vous est bien chère... Oh! sûrement elle ne craindra pas de comparaître devant Jésus.
Je ne vous rappelle pas son nom de peur d'avoir une dispute avec Jésus comme cela m'est déjà arrivé bien des fois. Encore autre chose : mon confesseur veut que vous fortifiiez aussi mon corps... Et puis...
Ma Mère, vous devez l'établir la paix entre Jésus et moi. Bien des fois déjà vous avez pu retenir Jésus quand il était sur le point de m'abandonner. Interposez-vous encore entre Jésus et moi. 0 ma Mère, réconciliez-moi avec lui, et assurez-le que je serai plus obéissante.
J'ai tout aperçu, tout aperçu. Mère de miséricorde, allez chercher Jésus, et ramenez-le-moi. Ma Mère, ne m'abandonnez pas... Trouvez Jésus, faites-le revenir... Ma Mère, ma bonne Mère, rendez-moi meilleure. Ma Mère, ma bonne Mère, rendez-moi pure. Voilà ce que je désire ardemment, et ce dont j'ai un extrême besoin...
4. — Elle proteste aimer Jésus, non pour ses dons, mais pour luimême. Elle lui rappelle ses miséricordes envers elle et ne veut être dépassée par personne dans l'amour divin; elle désire même expirer d'amour. Elle sent le cœur de Jésus battre avec le sien, et s'étonne que son âme, comblée de tant de faveurs, ne brise pas les liens du corps. Consciente de son insuffisance à louer et remercier le Seigneur, elle offre au Père Éternel le Sacré-Cœur de Jésus.
Mon Jésus! — Oui, ce Jésus, qui me tient si fortement captive de son amour, ce Jésus est à moi, c'est mon affectueux Seigneur. Ce Jésus qui m'aime et qui compatit à mes misères... c'est le véritable Jésus. Voyez, mon Dieu : si vous aviez départi toutes ces grâces, ces dons, ces faveurs à une âme qui eu retour vous eût offert un trésor de vertus, tant de bienfaits ne fusseut pas restés stériles. Mais en les accordant à une âme comme la mienne, par pure miséricorde!...
Que vous en semble, Jésus? Il ne faut pas raisonner de la sorte. Non, non, vous n'avez pas mal agi. Ce que vous faites est bien fait. Mais, du moins, accordez-moi la grâce de vous témoigner ma gratitude.
L'amour, Jésus, n'est-il pas la meilleure récompense de vos libéralités? Et alors, moi aussi, je vous aime. Ce n'est pas toutefois pour vos seuls bienfaits, mais parce que vous êtes mon Jésus. Je vous aime parce que vous êtes l'unique objet digne de mon amour. Je vous aime parce que vous êtes la bonté même. Je vous aime parce que vous m'avez promis, vous m'avez juré de ne pas m'abandonner... Je vous aime, ô Seigneur, pour une infinité de raisons.
Où pourrais-je aller chercher le bonheur, sinon près de vous, ô Jésus, qui plusieurs fois me l'avez offert? X? vous semblet-il pas que mon cœur soit un peu moins dur? Oui aurait pu, sinon vous, allumer en lui quelques flammes d'amour?
0 Jésus, vous dites que vous m'aimez; et moi je dis que non, parce qu'on ne peut aimer deux choses contraires. Vous aimez la perfection, et moi je n'en ai pas du tout.
Croyez-vous, ô Jésus, que mon cœur soit pour vous un séjour convenable? Y êtes-vous bien, vous y trouvez-vous content? Moi, oui, Jésus, je suis heureuse... O Jésus, quand mon cœur ne sera plus de la terre, mais du ciel, quelle gloire pour vous! Comme les Anges seront en lete!
Craigniez-vous, Jésus, qu'en votre absence je ne vinsse à changer de sentiments? Non, jamais! Vous souvenez- vous, Seigneur, que lorsque, parfois, j:étais sur le point de tomber vous me communiquiez une force extraordinaire? Vous souvenez-vous que parfois je vous arrivais toute en pleurs, parfois pénétrée de repentir... et que pour moi vous vous montriez toujours le même? 0 Jésus, pourquoi vous aimerais-je uniquement à cause de vos dons et ne vous aimerais-je pas à cause de cette croix. 0 croix, fais-moi une petite place à moi aussi près de Jésus ! Mais quel amour singulier vous m'avez témoigné ! Vite, Jésus, embrasez-moi, mais du même feu qui vous a consumé !
0 amour, amour infini. Oh! dépouille-moi de cette chair, retire-moi de ce corps, ou laisse-moi, car je n'en puis plus. Mon corps, ô Seigneur, ne peut plus supporter cette continuelle défaillance. Donc enlevez-moi de ce monde, ou laissezmoi... O amour, amour infini ! Je ne me séparerai jamais de votre amour, non, jamais! O amour! O délices d'amour! O amour qui tant me délecte et plus encore me tourmente ! O amour, amour de Jésus, je ne te céderai jamais à personne! Quelque peu d'amour que je possède, je ne m'en dessaisirai pas même en faveur des Saints du ciel, ni pour vous, créatures de la terre. Ce peu d'amour est à moi. Je veux que personne ne me dépasse dans l'amour de Jésus. O amour, amour infini ! Voyez votre amour, ô Seigneur, il me pénètre avec une véhémence par trop grande jusque dans mon corps... Quand donc, quand m'unirai-je à vous qui déjà sur la terre opérez une telle union dans l'amour? Je n'en puis plus, je défaille! Que je meure, et que je meure d'amour. Quelle belle mort, ô Seigneur, victime de votre amour, victime pour vous!
Modérez, ô Jésus, modérez votre amour, sinon je finirai par en être consumée... O amour, amour infini! O amour de mon Jésus ! Faites que votre amour me pénètre entièrement; je ne vous demande pas autre chose. Mon Dieu, mon Dieu, je vous aime. Peut-être je vous aime trop peu, ô Jésus! N'en êtes-vous pas satisfait?
Mais, alors, accordez-moi ce qui ne peut venir que de vous : faites que je vous aime davantage. Je devrais même vous aimer d'un amour extrême.
Oh ! je vous l'ai dit bien des fois, Seigneur, si je n'expire
pas en voyant souffrir Celui qui m'aime tant, quelle autre peine sera capable de me donner la mort ?
Je vous ai déclaré, Seigneur, que vous avez assez souffert pour moi et pour les pécheurs. Oui, c'est assez. — A mes épaules de porter désormais votre croix !
Que demandez-vous, mon Dieu? Je vous ai déjà tout donné. Que désirez-vous, ô Jésus, que désirez-vous si ardemment? Désirez-vous mon amour? Je vous l'offre tout entier. Mais qui pourra vous aimer assez? Personne... personne.
O Jésus... ô Jésus... Qu'est-ce donc que ces fortes attractions qui m'unissent si puissamment à vous? Est-ce votre cœur qui palpite si près du mien...? Quelle puissance dans votre amour! Expliquez-le-moi, Jésus; comment cette pauvre âme ne s'échappe-t-elle pas de sa prison pour aller au ciel et jouir de votre divine présence? Elle ne peut plus résister... tous les matins j'entends vos accents bien-aimés... je goûte de si ineffables douceurs...
Jésus, vous ne me demandez qu'amour; et moi, pour pouvoir vous aimer, je vous demande aussi beaucoup d'amour, car je n'en ai pas assez. Voyez, Jésus, quand, le matin, je sens votre présence à la communion, je n'ai plus conscience de moi-même. Et quoi, Jésus, qui aurait jamais pensé que votre cœur unirait ses palpitations à celles du mien? Oh! mettez le comble à mon bonheur, accordez moi la consolation que je vous demande ; répétez-moi ces douces paroles que vous me dites dimanche. Quand, Jésus, deviendrez-vous mon céleste Epoux?
Vous voulez, ô Jésus, que je renonce à mes vues humaines, terrestres? Puisque vous le désirez, à partir de cet instant je vous fais le sacrifice de toutes les tendances de la nature. Vous me donnez, Jésus, une entière bonne volonté; mais j'aurai vite fait de la pervertir.
Je brûle, Jésus. Quel bonheur pour moi si j'étais toute embrasée de votre pur amour!... O Jésus, j'implore votre miséricorde, mais je ne demande pas vos douceurs que je ne mérite aucunement. Il me suffirait, ô Jésus, d'être nom rie île votre pain céleste. Laissez-moi, Jésus, me plonger dans l'ahîme de votre amour.
Mon Ange !... 0 Jésus, mais vraiment vous êtes tout à moi f
Non, rien ne peut me plaire sur la terre. Permette/, permettez que ce matin mon cœur se dégage... Il se sent comme
écrasé sous le poids de vos bienfaits... Mais pourquoi, Jésus, deraeuré-je toujours si imparfaite? Parlez-moi clairement, vous ne pouvez être content de moi.
Du moins tant de visites stimuleront-elles un peu mon cœur? 0 mon Ange, aidez-moi, ne me laissez pas ainsi oisive parmi toutes ces grâces, vous qui m'avez toujours supportée avec tant de patience.
Oui, je suis heureuse, ô Jésus, parce que je sens mon cœur palpiter avec le vôtre; je suis heureuse parce que je vous possède.
O chers tourments de Jésus! précieuses prières... suaves protestations!... Parlez, Jésus, parlez; dites-moi ce que vous avez fait durant votre vie mortelle. Et lors de votre Ascension, dites, que fîtes-vous? Quelle fut l'occupation de votre cœur? Si je reg-arde ce cœur très aimaût, ô Jésus, il me paraît entouré de nombreuses flèches d'or et d'amour. Et vous, Jésus, qui me demandez mon amour, quel besoin pouvez-vous en avoir? Vous êtes si ardemment aimé des Ang-es ! Ah !... je le sais, ce n'est pas la nécessité qui vous presse de solliciter mon amour. O mon Jésus et mon Dieu, combien peu je vous aime ! Mais faites que je vous aime davantage, beaucoup, le plus possible... Jésus, je vous aime : suppléez vous-même à ce qui manque à mon amour. Bon Jésus, je vous bénis; mais suppléez à ce qui manque à ma louange. Je vous offre à votre divin Père... Je n'ai rien; offrez-lui, ô Jésus, l'amour de votre cœur...
Je suis à vous, oui. Ne craignez pas, ô Jésus, que je vous sois ravie... Faites que je vous aime, que je vous aime toujours plus... Une fois ou l'autre, Jésus, vous me causerez la mort en faisant palpiter ainsi votre cœur dans le mien.
S. — Elle pleure ses ingratitudes et cherche dans l'Eucharistie une heureuse compensation pour l'amour de Jésus. Son désir d'une toute petite place dans le ciboire. Elle s'offre à Dieu et se livre au feu divin du Sauveur. Tout en se reconnaissant indigne d'aller à la communion, elle se jette dans le sein miséricordieux de son divin Époux.
Jésus!... Qu'est-il mon Jésus pour avoir un nom rempli de tant de force et de puissance? Qu'est-il mon Jésus pour me combler de délices au moindre souvenir que j'ai de lui?... Je
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sens que c'est vous, ô Jésus... C'est vous, ô Jésus! Et de ma part, ô mon Dieu, quelle correspondance! Gomment ai-je pu, ô Jésus, répondre par tant de péchés à la douce familiarité dont vous m'avez honorée? Comment ai-je pu, par mon ingratitude, rouvrir toutes vos plaies à vous qui m'avez guérie des nombreuses blessures de mes péchés? Comment ai-je pu vous donner la mort avec les flèches de mes iniquités, à vous qui par votre grâce m'avez donné la vie?... Le voyez-vous, ô Jésus, comment je corresponds à vos bienfaits? En commettant le péché.
Mais je connais, ô Jésus, ce que peut et ce qu'opère votre aliment... Adorable Sacrement, accueille-moi, accepte-moi. Laisse-moi une toute petite place dans le ciboire, afin que je m'y repose en paix.
Oh ! je le crois, ô Jésus, que vous m'acceptez... Mais il me semblait... serait-ce vrai?... Il me semblait que vous aviez fait droit à toutes mes requêtes, exaucé toutes mes prières. Cela peut-il m'être accordé? Je l'espérerais, et même je l'attendrais avec certitude si j'étais une âme qui vous eût toujours fidèlement servi...
Que dites-vous? aimable Jésus, ne parlez pas ainsi. Oui, peut-être vous ai-je vénéré, mais seulement de bouche. Peutêtre même vous ai-je aimé... Mais quand cela? Alors que vous me supportiez malgré toutes mes résistances? Maintenant, ô Jésus, ce n'est plus le moment de vous aimer seulement de bouche. Il faut que, clans ma conduite, je prouve mon amour par des actes. Je vous donne, ô Jésus... Mais que puis-je vous offrir puisque je n'ai pas un seul de mes sens en bon état? Mortification du corps, abnégation de la volonté... je vous offre cela. Je vous offre aussi, ô Jésus, les quelques fruits de ma souffrance... Je vous offre enfin, ô Jésus, tout ce que peut offrir une âme rachetée par votre Passion.
Très Sainte Trinité, pour réparer mon ingratitude, je vous offre mon intelligence. Que l'Esprit- Saint m'enrichisse de vertus et de grâces...
Que votre amour est suave, ô Jésus! On ne penserait jamais que je vous ai offensé. Ne permettez pas que mou ingratitude ait l'air de mettre en défaut votre infinie sagesse.
O Jésus, comment dérober mon cœur à vos brûlantes ardeurs. Venez, Jésus, je vous l'ouvre ce cœur; vous pouvez y
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introduire votre feu divin. Vous êtes tout flammes, et vous voudriez que mon cœur fût réduit en flammes... Aimable Jésus, ma paix, mon sommeil, mon repos, accordez-moi une toute petite place dans votre ciboire. Mon Dieu, ouvrez-moi votre cœur. 0 Jésus, ouvrez-moi votre cœur eucharistique; je veux y déposer toutes mes affections... Vous m'avez plusieurs fois promis un généreux accueil, n'est-ce pas, mon Jésus?... Quel amour j'ai pour vous! Je vous en rends grâces; mais pourquoi me témoigner tant de tendresse pendant que je vous offense avec tant d'ingratitude ? Cette seule pensée bien considérée devrait me transformer en flamme d'amour... Je vous aime, ô Jésus. C'est, en effet, bien doux d'aimer, d'aimer celui qui ne s'irrite pas de mes offenses... O Jésus, Jésus, si je considérais toutes vos sollicitudes pour moi, comme je devrais me distinguer dans la pratique des plus éminentes vertus! En vérité il est une chose dans laquelle je me distingue; en quoi? dans le péché... Pardon, Jésus, pour ma grande négligence; pardon, pour ma profonde ignorance. Mon Dieu ! ô Jésus, mon amour, bien suprême, que serait-il advenu de moi si vous n'aviez pris soin de m'attirer à vous? Ouvrez-moi votre cœur, ô Jésus, votre cœur eucharistique ; moi, je vous ouvre le mien. Placez-y votre feu divin. Embrasez-moi, ô Jésus, consumez-moi. Mais je le sens en moi ce feu ; puissé-je en être entièrement consumée !
Ne vous indignez pas, ô mon Dieu, si le matin je viens à vous telle que je suis. Vous le voyez : mon âme est remplie de péchés, ou, pour mieux dire, c'est un repaire de toute sorte d'animaux. Et vous, lis de pureté, source de beauté, comment pouvez-vous vivre au milieu d'une telle confusion ? Vous êtes ma nourriture et mon soutien. Et moi, quel aliment vous ai-je offert? Vous vous nourrissez parmi les lis; mais ces fleurs manquent dans mon âme... Et qu'y a-t-il ? Avouez-le : des épines. Il ne s'y trouve pas même, ô Seigneur, un endroit qui soit pur... Vous le voyez, mon ennemi, le démon, m'a dénuée de tout. Et que vous donnerai-je pour vous reposer dans mon cœur? Au saint autel votre lit est d'ébène, vous avez des colonnes d'or, des gradins recouverts de pourpre... Mais dans mon cœur tous ces ornements font défaut.
J'ai peur, j'ai grand peurl Et, malgré un tel dénûment, je me jette à corps perdu dans les bras de mon céleste Époux...
J'ai une parfaite connaissance de mon indignité, mais je connais aussi votre miséricorde.
Quel aliment vous offrirai-je en ce jour? Demandez le-moi, «t puis revenez... Venez, Jésus... venez...
6. — Elle appelle Jésus son maître dans l'art de souffrir, et son père par le miséricordieux amour qu'il lui porte. Elle lui demande de boire au calice de sa Passion. Jésus la bénit et lui fait éprouver les tourments du couronnement d'épines.
Est-ce possible, Jésus?... Qu'ai-je donc fait pour mériter tant de grâces?... 0 Jésus! oh! pourquoi rester ainsi inactif dans mon âme? Oh! allons, aidez mon esprit et mon cœur à faire quelque acte d'amour... Je veux vous aimer sans interruption... Vous ne devez pas, ô Jésus, demeurer oisif dans mon âme comme ce matin. Quand vous ne m'aidez pas à produire quelque acte d'amour comme je suis mal à l'aise! 11 faut que vous soyez mon maître. Les précepteurs de ce monde enseignent tous par leurs discours; vous, vous instruisez par la souffrance. Toujours la souffrance... Et puis, voyez, Jésus, tous les autres enseignent par intérêt ; et vous, vous n'instruisez que par amour! Et puis, je suis heureuse, ô Jésus, je me réjouis de ce qu'ensuite je viendrai en paradis... Alors je vous aimerai sans discontinuer. Ces interruptions commencent à m'ennuyer.
Vous m'êtes si cher... vous êtes si aimable... Jésus, fortifiez mon âme...
A qui confierais-je mes misères? Laissez-moi vous appeler mon père... Comme je suis consolée par votre présence... votre amour, votre sourire!... Vous faites ainsi pour tous ceux qui vous aiment, n'est-ce pas, Jésus?
Est-ce possible?... Est-ce possible qu'un Dieu se soit renfermé en moi? Est-ce possible? Oh! quelle chaîne il doit exister de la terre au ciel pour réaliser une si mystérieuse union!
Mes gémissements trouvent toujours un écho dans votre cœur, mais plus encore dans voire amour. Laissez-moi, Jésus, oh! laissez-moi vous appeler mon père. Oui, parce qu'avec moi vous êtes par trop familier malgré votre grandeur. Laû
moi vous appeler mon père, car personne ne pardonne comme vous mes faiblesses et mes étourderies. Vous êtes un abîme d'amour, Jésus, et moi un abîme d'iniquité. 0 Dieu!... 0 Dieu!... 0 Dieu! je me meurs!... 0 ma céleste Mère... je vais expirer! Mais votre amour est si puissant! Jésus, Jésus, Jésus, mon cœur se dilate... soutenez-moi!
Et combien de temps encore pourrai-je ainsi résister à votre amour?... Faites-moi néanmoins souffrir, ô Jésus; je ne crains rien. Vous êtes le centre de ma vie... Laissez-moi vous redire : vous êtes grand; mais nonobstant votre grandeur, mon âme réussit à vous grandir encore. N'est-ce pas vrai, ô Jésus? Mais si, puisqu'en venant dans mon cœur si misérable, votre majesté est encore rehaussée par l'éclatant triomphe de votre miséricorde.
Vous restez, ô Jésus, mais mes sentiments sont trop froids pour apprécier de tels bienfaits.
Quels heureux moments on passe avec vous! Vous êtes un abîme d'amour, ô Jésus.
Je me réjouis de vos faveurs, mais je connais ma faiblesse...
Quelle heure délicieuse nous passons ensemble ! Je veux boire, moi aussi, à ce même calice où vous avez trempé vos lèvres.
Je vous rends grâces, Jésus, de ce que vous me tenez ainsi sur la croix! Que mes douleurs augmentent encore. Croyezvous que je formule cette demande pour éviter la souffrance? Mais si je devais rester en ce monde sans souffrir, je vous dirais : faites-moi mourir immédiatement.
L'amour, Jésus, vous a réellement tué ; faites que moi aussi je meure d'amour. La vie m'est un supplice. Nul autre que vous ne peut ici-bas satisfaire mes aspirations. Les épines, la croix, les clous, tout est l'œuvre de l'amour.
Pour aimer il faut agir ainsi?... Je l'ai maintenant compris, Jésus. Je ferai pour vous tous les sacrifices, et je vous serai fidèle.
Quel beau présent vous m'avez fait. Assez, Jésus, je vous ai vu... Est-ce là cette faveur que vous destinez à vos privilégiés?
Je l'embrasse volontiers, Jésus... (la croix). Que votre volonté soit faite, et non la mienne !
O Jésus. . . ô Jésus ! calmez un peu ma douleur à la tête. Jésus, calmez-la... Jésus, bénissez-moi une fois encore. Votre bénédiction me fait un bien immense.
C'est trop fort, Jésus... Jésus, je souffre, oui, énormément. Ma douleur a duré tout le jour. J'ai peur maintenant, Jésus... ma tête!... c'est trop fort, je n'y tiens plus, je n'y tiens plus... Mon Jésus, secourez-moi. Jésus, que personne ne s'aperçoive de rien... 0 Dieu! 0 Jésus!... C'est ainsi qu'on souffre?
Je suis bien satisfaite... Jésus, je me recommande à vous, soulagez-moi un tant soit peu... je ne voudrais pas que quelqu'un remarquât... Je me sens défaillir.
Continuez, Jésus, mais que ce soit entre nous deux. Si vous ne me souteniez je n'en pourrais vraiment plus. Maintenant, Jésus, il faut me laisser ainsi. Vous me comprenez? Vous et moi seulement...
Oh! ne voyez-vous pas, Jésus que lorsque vousm'envoyez un peu la croix je me lamente? Mais ne vous mettez nullement en peine de mes lamentations. Continuez de me crucifier. Ma joie suprême est de vous plaire. Je suis heureuse que vos épines pénètrent dans ma chair. Et quoi, Jésus, ne vous vois-je pas? N'ai-je point en vous un compagnon qui m'encourage et me fortifie?...
7. — Elle désire être humiliée et abandonnée de tous pour s'anéantir davantage et trouver ainsi Jésus. Elle se confond à la vue du Sauveur, et lui demande ferveur et persévérance.
... Je vous méprise, je ne vous veux pas'. Béni soit Jésus! Bénie soit Marie! Oh! est-ce vous? Ne voyez-vous pas, Jésus, que je suis toute confuse! Mais peut-il y avoir un cœur insensible pour vous?
Oui, il y en a un. Que pourriez-vous faire de plus pour moi? Je vous ai demandé de me tenir lieu de père, et je l'ai obtenu ; je vous ai demandé de me nourrir chaque jour de votre chair, et je l'ai obtenu... Je vous demande encore une autre chose, ô Jésus, et vous savez laquelle, je vous demando de me cacher aux yeux de tous.
Oui, je désire ardemment être encore plus humiliée, abandonnée, mésestimée comme à présent...
i. Elle débute par le doute touchant la réalité de l'apparition et recourt aux moyens indiqués par l'obéissance et par le Sauveur luimême pour être entièrement rassurée.
Que vous en semble? On dirait que je vis uniquement pour donner des déplaisirs aux autres ; et presque toute la matinée je vous ai oublié. Mais je le sais, Jésus; vous m'avez dit que l'ingratitude est ce qui vous déplaît le plus. Moi, je la mériterais ; mais vous?
0 Dieu! pourquoi, Jésus, mon cœur est-il sensible pour tous excepté pour vous? Votre beau visage tout défiguré ne m'émeut plus. Ces blessures toutes d'amour, subies pour mon salut, ce sang1 précieux répandu pour mes péchés, plus rien ne m'attendrit... Votre miséricorde, Seigneur, voilà le grand motif de toutes mes espérances.
Mais pourquoi, Jésus, tout l'amour que je proteste avoir pour vous se réduit-il, en définitive, à de simples paroles? Ma nonchalance prétend vous aimer ; mais en réalité je ne vous aime pas. Vos grâces les plus abondantes ne me manquent jamais ; c'est moi qui néglige d'y correspondre.
Et pourquoi ce matin, Jésus, tant d'égarement de mes affections dans une si grande intimité de votre présence? Le savezvous, Jésus? Je viens de trouver un moyen de vous retenir : c'est de me placer dans mon néant... Mais comment, à une créature issue de la boue l'humiliation peut-elle être si difficile?...
Comment, Jésus, la vaine gloire peut-elle affecter mon âme si coupable et si dénuée de vertus? Et qui pourrait unir à des mérites si infimes d'aussi exorbitantes prétentions?
0 Jésus, qu'est-ce qui vous plairait davantage, du lis ou de la couronne1? Pour moi je préfère le lis. Quel bonheur de rendre à Dieu ce qui est de Dieu !...
Si tous me connaissaient, ô Jésus, on ne me demanderait pas des prières. Vous le savez, lorsque je m'entends adresser de telles paroles j'en suis confondue. Ecoutez-moi, Jésus, faites en sorte que tout le monde me connaisse.
Je le vois, Jésus, je suis petite et faible. Oh ! vous voulez me grandir, Jésus?
Non, non ; car il y a des âmes qui vous servent mieux que moi.
Mais, Jésus, est-ce avec vous que je parle aujourd'hui ?
i. Le lis de l'innocence qui croit et se maintient très pur dans un sol pauvre et aride; la couronne des vanités terrestres.
Allons, donnez-moi l'assurance que c'est bien vous toujours..- Béni soit Jésus ! Bénie soit Marie* !
Vous vous en allez, Jésus? Vous vous éloignez? Mais vous me laissez dans la joie. Mystère! Que s'est-il passé? Allons, Jésus, revenez.
Je la sens votre présence. Allons, Jésus, oh ! pourquoi faitesvous ainsi? Voyez, plus vous vous éloignez plus je vous sens près de moi. C'est vous que je veux, Jésus, et nul autre que vous. Allons, montrez-vous.
Voici Jésus, le voici : maintenant je vous vois et je vous sens. Ce que je veux, ce que je veux de vous, ô Jésus? Faites que je vous embrasse, céleste Epoux, source de toutes mes joies ! Oh! que suis-je, moi, pour oser vous parler ainsi?
11 est vrai que je suisvotre créature, mais créature méchante. Il est vrai que je suis l'œuvre de vos mains, mais ces mains je les ai percées de clous... Trop tard, ô Jésus, je me suis mise en devoir de vous chercher... Je vous ai trouvé, ô mon Dieu, je vous ai trouvé. Je vous appelle, je vous invoque, parce que j'ai confiance en vous.
Mais où êtes-vous, où vous tenez-vous caché? Donnez-moi des ailes pour m'en voler à votre séjour du Paradis... Où demeurez vous, Jésus? où êtes-vous?...
Vous savez, Jésus, que je ne cherche auprès de vous aucun remède à mes maux... Ce que je veux c'est un peu plus de ferveur et la persévérance finale.
O Jésus, quelle est celle à qui il est donné de jouir des délices de votre amour? Je dis toujours que je vous aime; mais ensuite je vois2...
Jésus, divin Epoux de mon âme, comme il m'est doux de vous appeler ainsi... Mais que deviendrais-je sans vos visites si fréquentes? Que serait devenu mon cœur si vous n'en aviez pas pris possession? Voyez, Jésus, si vous vous faisiez connaître à toutes les créatures comme vous vous êtes montré à moi, il n'y aurait pas tant de péchés.
O Jésus!... Et qui l'aurait jamais pensé?...
i . Jésus dissimulant de nouveau sa face adorable, Gemma recommençait à douter.