LETTRES ET MRAGMENTS DS LETTRES
la vieille Lutèce. J'ai toujours une confiance entière dans l'issue de la lutte. Les Anglais se frottent les mains et.crient déjà eur les tuits que la France est perdue. Bien que leurs intérêts commerciaux soient avec la nation française, le fanatisme religieux les entraîne du côté de la Prusse protestaute.
La France catholique vaincue, humiliée, c’est le commencement de la fin pour la race latine.
L'Angleterre, qui a toujours vu d’un œil jaloux le grand rôle que la France joue dans le monde, ne se sent pas de joie en voyant ses £insmen des forêts de la Germanie vaincre et rangonner cette nation gauloise qui tient depuis si longtemps le flambeau de la civilisation. Ce qu’elle a toujours été incapable de faire, la Prusse semble, pour le moment, en voie de l’accomplir. Mais qu’elle attende la fin, j'espère qu’elle rira jaune. Vous savez déjà que les Prussiens ont été rossés par Bazaine dans les journées des 14, 15, 16 et 18. Bien ‘que ces combats ne puissent avoir une influence décisive immédiate, ils ont cependant une importance congidérable, parce qu'ils empêchent le prince Frédéric- Charles d'opérer sa jonction avec l’aile gauche, comwmandée par le prince royal. Pendant que Bazainetient en haleine les Prussiens devant les murs de Metz, MacMahon concentre une armée formidable à Châlons pour livrer bataille au fils du roi de Prusse. st Si les Prussions perdent une grande bataille dans ‘les plaines de la Champagne, la retraite leur sera coupée par l'armée de Metz, Les hordes de la Ger-:
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manie laisseront cinq cent mille cadavres sur le 80l français, car leur déroute sera effrayante. Poursuivis par l’armée de ‘MacMahon, harcelés par les quarante mille francs-tireurs qui parcourent la Lorraine et l’Alsace, foudroyés par les canons. de Strasbourg et de Metz, leur désastre n'aura de comparable que la retraite de Moscou.
D'ici à quelques jours, la partie suprême sera jouéé, Peut-être au moment où je vous écris, les armées ennemies sont-elles aux prises entre Verdun et Châlons.
L'anxiété des premiers jours est disparue ; la confiance est revenue. Les boulevards sont aussi fréquentés que si l'utopie de l’abbé de Saint-Pierre étuit réalisée. On se presse à toutes les mairies de Paris, où le gouvernement fait afficher les nouvelles qu’il reçoit du quartier général. Depuis deux jours, cependant, nous sommes sans nouvelles, parce que les fils télégraphiques ont été coupés par les reconnaissances prussiennes, On n’ose pas dire, point de nouvelles, bonnes nouvelles, car on au toujours un revers possible.
En attendant, les partis politiques icbient ds faire leurs petites affaires. Les républicains offrent la convention de 92 comme une panacée universelle. Les d'Orléans versent des larmes sur le sort de la France et nous disent, en montrant le comte de Paris: ‘ Prenez mon ours.” Il serait un fin politique celui qui pour dire quel sera le gouvernement de la France +)
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