‹ Lettres et instruction pastorale de monseigneur l'évêque de ChartesChapitre 12 sur 15 · QUINZIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LETTRE

Sur une accusation récemment formée contre- Renseignement du Clergé en matière de morale^

Chartres, le 22 mai 18AS»

Un spectacle bien curieux s'offre à nous en ce tnoment. Le changement de scène le plus imprévu fait prendre un tour nouveau à la controverse qui a l'Université pour objet. Se» chefs et ses apologistes , pressés et poussés à bout par les preuves évidentes de la direction très funeste donnée à l'enseignement public , ont résolu de faire une forte diversion aux attaques qu'ils essuyaient de toute part. Les cris de tant de pères de famille les importunaient , les alarmaient : ils ont mis tout en œuvre pour détruire , pour suspendre du moins la vive impression produite par la tendresse paternelle effrayée et par les gémissemens de la foi menacée d'une entière ruine. Oui, ils s'efforcent de tournel* ailleurs l'attention de la

France. A la place des seniimens d'opposition qui s'élevaient contre eux, et dont les motifs étaient si réels, ils veulent , par une adroite substitution , présenter à Taversion publique des objets vains et factices. Après avoir gardé un long silence causé par Tinexlricable embarras où ils étaient, ils ont enfin choisi deux points de vue d*oCi ils ont fait jaillir un jour faux et trompeur qu'ils ont jugé propre à opérer cette grande distraction et cet éblouissement universel nécessaire à leurs desseins. Ils espèrent se sauver par cette marche nouvelle, ils se flattent par là de s'assurer la douceet tranquille possession de leur tyranniquemonppolc et de tous les avantages qu'ils en retirent.

Ils semblent obtenir, àr l'heure qu'il est, un demi-succès qui les enivre , et ils font lout retentir du bruit de leur triomphe imaginaire. Mais , j'ose le prédire, leur joie ne sera pas de longue durée ; l'illusion se dissipera plus tôt qu'ils ne pensent et tous les yeux dessillés mesureront de nouveau aveceuroi la profondeur de l'abtme creusé sous notre patrie et dont on ne peut leur ôter la vue par quelques nuages répandus avec art sur cet affreux spectacle.

El d'abord on a donné un mot d'ordre ; et jamais commandement ne. fut exécuté avec plus d'ensemble, d'activité et d'ardeur. On a décidé qu'on ressusciterait un fantôme disparu depuis treize ans et qu'on le jetterait , avec un air d'épouvante , au milieu de la multitude crédule. Quel est ce fantôme? qui le croirait? C'est un petit nombre d'hommes retirés du monde et dont on veut faire croire que la main toute puissante y remue tout par des ressorts invisibles. Et voyez comme on

( 135) obéit ûdèlement , promptement au signal donné. On ne parle plus que des Jésuites.

Soyez-en bien sûr, pendant quelque temps on ne parlera d'autre chose. Toute instruction utile et sérieuse estsuspenduepour remplirles cours universitaires de ce nom terrible. On ne le prononce qu'avec des mouvemens d'iiorreur et des frémissemens simulés , dont je vous garantis qu'on s'amuse avec une délectation extrême, la leçon finie et quand ou se reïrouve dans des réunions privées. Et en effet , quelle dérision! Quel texte à des déclamations violentes par calcul et furibondes par ordre ! Pour tout dire en un mot , quelle misérable comédie ! Que sont aujourd'hui les Jésuites ? Oii sont leurs biens , où est leur fortune ? Ont-ils donc en leur pouvoir quelqu'un de'ces moyens qui , par la nature des choses, mettent seuls en état d'agir sur lu disposition générale des esprits et sur la marche des affaires humaines ? Mais je n'insiste point là-dessus. Je procurerais par ma simplicité un sujet de rire trop divertissaht aux alBdés de rUniversiié. J'aurais l'air d'ignorer qu'ils savent ces choses tout aussi bien que moi. Oui , ils savent combien il serait absurde de supposer que les Jésuites aient , dans le moment présent , quelqu'accès auprès des maîtres de la France et des dépositaires du pouvoir. Il présument bien aussi que notre faiblesse et la persuasion de noire incapacité n'est pas poussée au point de leur livrer à discrétion le gouvernement de nos diocèses et la direction de nos démarches ; et si , par hasard , les panégyristes du corps enseignant avaient quelque doute à cet égard , nous déclarons ici hautc-

ment que cette supposition n'est qu*une fa1)Te ridicule, une Oction grossière et sans ombre de réalité. Rien de plus avéré que ces faits. N'importe , on croit réussir à l*aide de cette parodie usée. On se trompe. Ce jeu fut heureusement joué , il y a quinze ans ; mais les bommes à qui il valut un si gros bénéfîce , ont avoué publiquement depuis que cette peur qu'ils faisaient des Jésuites , d*un petit nombre de prêtres dont ils s'inquiétaient fort peu , n'était qu'une ruse de guerre. Les troupes universitaires veulent s'approprier à leur (our cet instrument de victoire ; mais , je l'ai indiqué plus haut, il se brisera dans leurs mains. Une tromperie si grossière ne peut réussir deux fois , surtout en France et dans un si court intervalle.

A ce fantôme , TUniversité joint un autre épouvantail , qu'on me passe ce terme. Les hommes qui lui servent en ce moment d'organes s'efforcent d'attirer aussi les regards sur le Clergé, qu'ils représentent, ou sans détours ou par des insinuations perfides , comme des instrumens de corruption et une collection d'hommes dangereux. Ils veulent surtout nous épouvanter en nous faisant envisager de leur part des représailles qu'ils croient très-formidables. Si l'on peut, disentils , nous reprocher des erreurs , que le Clergé tremble , nous dévoilerons les siennes. Non , quoiqu'ils fassent, nous ne tremblons point.

Qu'ils cherchent, qu'ils fouillent partout ; jamais ils ne feront rougir le corps de la tribu sainte des doctrines qu'elle annonce après les avoir puisées dans une source divine. L'Univers entier le sait, partout où nous enseignons.

là fleiirissent aussitôt Tordre et les vertus. Du moment que les âmes » après avoir erré dans des voies criminelles et ténébreuses , nous écoutent et nous croient , elles renaissent au bonheur» elles commencent à vivre de la véritable vie. Tel est relTet constant et général de notre ministère. Et si quelques particuliers avancent» du moins avec quelqu'éclat et queU que danger, des paroles de mensonge et d'erreur, un remède infaillible est«préparé pour purger de ces semences de mort le champ de l'Eglise. Je donnerai bientôt plus de jour à cette importante vérité. Mais hâtons-nous de répondre aux provocations qu'on nous adresse :

comparons les erreurs dont l'Université est convaincue avec celles que ses défenseurs nous imputent. Mais je dois remarquer d'abord qu'étant évèque catholique » et n'écrivant ceci que pour justifier et appuyer de tout mon pouvoir les réclamations des parens catholiques qui se plaignent qu'on les force d'envoyer leurs enfans dans des écoles où leur foi est méconnue et outragée , je dois compter parmi les erreurs capitales celles qui blessent essentiellement notre croyance et notre symbole. Ce principe posé , commençons le parallèle. Allons par ordre. Occupons-nous d'abord de l'Université, le Clergé viendra à son tour.

Nous avons démontré (car nous ne pouvons répéter éternellement des choses que nous avons déjà prouvées, et auxquelles onn'apoint répondu) nous avons démontré (1) que des hommes qui sont les oracles et comme l'âme

(i) Voyesuna lettre, au Clergé de mon Diocèse, du 2û décembre 1842 , où ce que j'aYance ici est prouvé en détail dans toutes ses parties.

de riTniversité ont soatenu des doclrînes inouïes dans le Christianisme , doctrines qui ont pénétré nécessairement dans toutes ies^ parties du corps enseignant. Nous sommes entrés dans le détail le plus exact, nous avons produit des textes parfaitement clairs , dont il est impossible d'obscurcir le sens. Ces textes énoncent le panthéisme le pins explicite : ils ont été constamment reproduits sans aucune note , sans aucun correctif, dans toutes les éditions des livres oCt ils se trouvent On déclare et on répète sans cesse dans ces ouvra* ges que Dieu n'a point tiré le monde du néant. Par là on fortifie, on confirme la doctrine du panthéisme. De plus on s* écarte de renseignement invariable de toutes les communions chrétiennes. On méprise la décision de Fun de ces conciles généraux dont l'autorité est parmi nous irréfragable. Nous lisons en effei dans le quatrième concile de Latran ces pro*pres termes : « Dieu , à l'origine des temps ; a tiré du néant, de nihilo^ la nature spirituelle et corporelle, en un mot toutes choses. » (1) Enfin on choque ouvertement la raison ; il est facile de s'en convaincre par ces paroles de Bossuet : « Nous voyons avec clarté que cet être parfait qui fait tous les autres > les doit avoir tirés du néants car, outre que s'il est parfait , il n'a besoin que de lui-même et de sa propre vertu pour agir, il parait encore que s'il y avait une matière qu'il n'eût point faite... cette matière serait Dieu , égalant Dieu même en ce qu'il a de principal qui est d'être de soi. » (2) Le même écrivain à qui sa célé^

[i] Cstp, \. De fide eathoticâ.

(2) Traité du Ubre arbitre , ch. A.

( 139) brilé el ses lalens assignent le ppemier rang dans la nouvelle école , a , par reffet de cette sympathie qui résulte de la conformité dea sentimens , exalté jusqu'aux nues Spinosa , type du panthéisme moderne. Il trouve qu'au* cun auteur ne lui ressemble plus que celui de rimitalion de Jésus-Christ. Le médiateur re-* connu par ce même philosophe de nos jours , celui qu'il appelle le Ferbe fait chair , Dieu ei homme tout ensemble ^ c'est la raison humaine. Que devient Jésus-Christ? Le chef de Téclectisme le dépouille visiblement de tous ces ti* très divins qui ne peuvent être partagés. Ses collaborateurs et ses échos sont entrés dans cette vue. Ils ne voient dans le Dieu Sauveur qu'une espèce d'être fantastique dont ils sont fort embarrassés. Pour tromper plus sûrement les hommes les plus simples parmi les chrétiens , et pour conserver un nom , objet de leur culte , ils ont fait du Fils de Dieu le sym* bole et le précurseur de la religion nouvelle qui doîtêlre leur ouvrage. Enfin ils ne parlent guère qu'avec dédain ou avec mépris de TEglisc catholique , et toute la France sait, à n'en point douter , avec quelles paroles burlesques el méprisantes le plus fameux d'entre eux a reculé ^ par grâce , jusqu'à trois cents ans la chute de la religion de nos pères, ou , en d'autres termes, a déclaré sa fausseté.

C'en est assez : n'estil pas évident qu'indé* pendamment de ces railleries et de ces boutades anti -catholiques , tant d'ouvrages de philosophie, d'histoire et de littérature , cornposés dans le même esprit par les écrivains universitaires, ne peuvent que produire leurs fruits ? Gomment la jeunesse des collèges pour-

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ràlt-clle ne pas lire , relire ces livres • se Tes passer de main en main, les goûter , les estimer, les prendre pour règle de toutes ses opinions ? Eh quoi ! elle voit leurs auteurs portés aux places les plus élevées, pourvus des plus riclies traitemens , comblés d'honneurs par rUniversité, laquelle témoigne ainsi pour ces hommes une sympathie et une confiance qui ne peut que se communiquer à ses agens et à ses élèves. De là doit se former incontestablement cet esprit général qui s'étend à tout, qui entraîne tout, qui pénètre et anime tout, lors même qu'on voudrait sérieusement en restreindre Tempire.

Je pourrais invoquer les faits, la notoriété» mais je néglige ce moyen qui est entre les mains de tout le monde.

J'ai retracé des erreurs bien propres à tirer des larmes de tous les yeux chrétiens. Je l'ai fait parce que notre siècle oublieux aurait bien pu ne conserver qu'une idée confuse de ce qu'on lui a rapporté plusieurs fois à ce sujet D'ailleursce tableau, ou plutôt ce léger crayon des égaremens les plus incroyables semblait être une partie nécessaire du parallèle que j'ai entrepris. Cependant au fond j'aurais pu m'abstenir de le tracer^ En effet, dans un moment oCi une diversion très-hardie, sinon trèshabile f jetait les esprits dans la perplexité et dans le doute, affaiblissait notre témoignage^ et peut-être faisait soupçonner nos intentions « la Providence est venue avec éclat à notre secours. Je ne crains pas de m'exprimer ainsi ; car qu'y a-t-il de vrai sous le soleil , si notre Religion , marquée de tant de caractères diyins« ne l'est pas ? Et qu'y a-t-il de plus digne

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de la bonté souveraine que de tendre une DQain protectrice, dans des momens périlleux et critiques , à ceux qui ne cherchent , dans toute la sincérité de leur cœur , qu'à venger .sa gloire et à soutenir son ouvrage? Oui, Dieu a frappé de vertige, au milieu de leurs vains trionoiphes, des hommes qu'inspire une haine vive et profonde envers le culte que son Fils adorable a fondé. Au moment même où , au milieu d'une assemblée auguste , un chef de l'Université proclamait, il y a quelques jours, l'innocence et la catholicité de l'enseignement actuel donné dans toutes les écoles publiques, un autre membre , presque aussi fameux , de ce même corps , adressait dans un lieu voisin , à de nombreux auditeurs qui se pressaient autour de lui , les enseignemens qu'on lira dans un instant.

On a prétendu que j'étais au nombre de ceux qui, par la véhémence de mes réclamations^ avaient poussé cet orateur à une explosion si étonnante de dénigrement et de mépris pour la Religion de trente millions de Français. S'il en est ainsi , j'en rends grâces au ciel : car jamais un rayon plus vif de lumière n'a découvert ce qu'on enveloppait de ténèbres. Ceux qui dès ce moment n'ont pas ouvert les yeux sont atteints d'un aveuglement qui tient du prodige.

On remarque quelquefois dans le discours dont je vais citer plusieurs passages , un style d'oracle , des expressions nébuleuses , des phrases entortillées , ce semble , à dessein* Mais ces petites obscurités d'ailleurs trèstnansparentes, ces légers efforts pour brouiller un peu la pensée, n'empêchent pas que

les vues elles doctriDes renfermées dans cetce harangue ne soient si clairement dévoilées , qu'il n'y a que la plus insigne mauvîiise foi oo la stupidité la plus complète qui. puisse s'y méprendre. Voici donc ce que ce professeur a avancé du haut de sa chaire :

lia soutenu que du moment qu'il n'y a plus de religion d'État, le professeur qui enseigne au nom de l'État, doit être également favorable à toutes les religions, même les plus contradictoires. Mais comment ne pas voir que cette indifférence universelle et profonde livre tous les cultes existaus au mépris et à la mort? Il s'en suit que l'enseignement universitaire doit être le tombeau de la Religion de nos aïeux , professée par l'immense pluralité des Français. (1) L'orateur ne recule point devîinl cette conséquence. Il en appelle aucontraire» de tous ses vœux , l'effroyable accomplissement. Rien de plus formel à cet égard , ni de plus tristement curieux que ce qui suit.

Il aperçoit , avec une joie mêlée d'un enthousiasme prophétique , une religion nouvelle dont l'aurore commence à poindre, il parle d'un Dieu que la raison a retrouvé dans ces derniers temps. Il ajoute que ce Dieu re^ naissant ne sera circonscrit dans aucune enceinte , c'est-à-dire , dans aucune religion particulière , qu'il y aura une unité ,.non pas de toutes les religions soumises à la seule véritable , mais de tous les cultes abjurautune partie de leurs dogmes; et, comme se transportant à cette époque à venir, il dit: Le Christ

(1) n est bon de rcmarqncr que M. le professeur foarnit ici rargumeat le plus invincible aux parens catholiques qui l'éclameut la Hberlé (l'enseigQement.

(148) agrandi^ renouvelé , se communique à tous , elc. Voità cette religion nouvelle dont j'ai déjà parlé, et par la fondation de laquelle quelques Messieurs de rUniversité doivent s'immortaliser. Nous réprouvons et nous devons réprouver hautement ce pitoyable iliuminisme. Car nous savons bien que dans les derniers temps , toutes les sectes , toutes les communions di^ verses entreront dans le sein de la seule véritable Église ; mais la foi et le bon sens nous obligent de croire qu'elles n'y entreront qu'en se dépouillant de leurs erreurs, et non par l'abjuration inconcevable que ferait la véritable Église d'une partie de ses dogmes.

Ajoutons une remarque essentielle sur ces mots: Le Christ agi^andi y renouvelé. Comme un Dieu infiniment grand ne peut être agrandi , et qu'un Dieu souverainement immuable ne peut être renouvelé, il s'ensuit que les auteurs de ce système ne voient dans le Dieu Sauveur qu'on mythe qu'on fait, suivant son caprice, grand, petit, de moyenne dimension, qu'on modifie en un mot de mille manières» au gré de l'imagination dont il est l'ouvrage et le jouet.

Enfin quels sont les précurseurs ^ les mis- ' sionnatres de cet évangile renouvelé qui sommeille et mCn it au fond de ces grandes intelligences universitaires qui doivent l'enfanter un jour ? Ce sont , suivant lui , les penseurs , les écrivains , les poètes , les philosophes , qui , en France et en Allemagne , ont commencé les premiers à rappeler ce grand fond de spiritualité qui est comme la substance de toute loi réelle.

Certes on ne se plaindra pas que cette pré-

diclion soit obscure. La France aura donc une religion à la façon de Voltaire, de Rousseau , de Diderot, qui auront eu pour co-opérateurs, dans la construction de cet édifice, Kant le sceptique , le panthéiste Hegel, comme aussi divers poètes athées de ces derniers temps , et enfin plusieurs professeurs de notre corps enseignant, instituteurs exclusifs de notre jeunesse et dépositaires de r avenir de la France.

Je ne saurais joindre ici aucunes réflexions; elles pâliraient devant le simple exposé que le viens de faire, elles affaibliraient ce que je livre à la méditation de tous les habitans de notre glorieuse, j'ajouterais presque de notre infortunée patrie. Je suis cependant obligé de remarquer que Fauteur du discours dont j'ai cité quelques traits, a parlé devant un auditoire nombreux , dans la ville même qui est le siège de FUnivcrsité ; qu'il n'a été ni improuvé, ni censuré par ses chefs , qu'il a exprimé , par conséquent , les maximes du corps dont il est membre, et que du moment qu'il n'a pas été désavoué, il est évident qu'il a reçu mission.

Passons au clergé ; j'ose dire que cette autre partie du parallèle que je me suis engagé à faire, mérite , surtout dans le moment présent, une vive et très-sérieuse attention.

Voyons quelles sont ces erreurs qui nous condamnent à la honte et au silence, et qui doivent nous faire déposer les armes que Dieu nous a remises pour combattre l'impiété et toutes les doctrines que l'orgueil enfante et accrédite pour le malheur des hommes.

Op veut nous effrayer , et 1 on nous dit: On

(IM) peut aussi , prenez-y garde , relever dans vos livres ^ quelquefois dans vos discours , des propositions » des maximes qui blessent la vérité , heurteoi la raison , excitent Tiniprobation de tous les hommes éclairés et judicieux.

Nous en convenons ; il se trouve parmi nous des particuliers qui se trompent , qui «'égarent. Il y a de mauvais casuistes, commo il y a de mauvais jurisconsultes, des médecins mal instruits ou systématiques, qui donfient des préceptes plus funestes qu'utiles à l'art de guérir. Enfin dans toutes les carrières oii Ton s'engage à éclairer le public, on substitue assez souvent aux lumières qu'on lui promet de fausses lueurs et des ténèbres.

Mais voici l'immense disparité qui se trouve entre les^ erreurs où tombent quelques membres du Clergé et celles que l'Université souffle dans les esprits des jeunes gens de la France.

Les méprises des ecclésiastiques dont nous parlons consistent dans quelques mauvaises applications des règles de la morale, dans des idées erronnées sur quelques points particuliers delà Religion, dans quelques blâmables subtilités qui gâtent une décision et la rendent dangereuse. Mais a-t-on jamais vu un prêtre , uni de communion avec son évéque , publier impunément des doctrines monstrueuses , lesquelles eussent la moindre proportion avec des enseîgnemens qui attaquent directement le Ciel, qui réduisent Dieu à n'être qu'un composé d'esprit et de matière , qui représentent notre âme comme devant mourir avec notre corps, quifont du Christianisme, lequel a été l'admiration et le salut du monde,

une rêverie mise au jour par quelques aiéprisables visionnaires, enfin qiii tendent à bou-^ leverser , ù meltre en poussière les fondemens de loul ordre, de louie vertu, de toute humanité, de toute société, dans cette vie pas* sagère ?

Quoi donc ! On ne pourra plus attaquer aucune erreur sur la terre! Il faudra laisser circuler en paix les systèmes les plus insensés et les plus désastreux, parce que tout homme qui voudrait les repousser , étant lui-même sujet à Terreur, perdrait par cela seul le droit de les combattre et de s'opposer à leurs affreux ravages !

Mais qu'on écoute > et Ton verra par quelles considérations accablantes nous renversons la prétention de nos adversaires.

Quand une erreur grave et capable de troubler ou de corrompre la foi des fidèles se produit dans rÉgiise , elle est promptement aprètée dans son cours. Cn remèd« a été préparé par notre Législateur divin contre Tinvasion et les effets pernicieux d'un pareil mal. Une autorité forte, sacrée, à la majesté de laquelle on ne peut résister, juge, prononce, frappe.

Le désordre est bientôt retranché. Le mensonge guéri ou blessé à mort par cet acte d'une salutaire rigueur , se change en lumière, ou se traîne décrédité et sans force jusqu'à ce qu'il expire et disparaisse sans retour. Nous en avons vu récemment deux éclata ns exemples. Un prêtre d'un génie vigoureux, élevé, d'une éloquence entraînante, s'égara dans de vains et déplorables systèmes. Le nombre de ses sectateurs était immense* L'illusion allait, ce semble, tout envelopper

et tout perdre. Attendez « attendez, vous qui ne connaissez point TÉglise, ni la force invincible que Dieu a mise dans son sein. Une parole part de Rome: aussitôt le charme rompu, tous les yeux se rouvrent au jour de la foi, et jamais inventeur d'une opinion nouvelle et funeste ne fut plus complètement abandonné que ce puissant écrivain dont une ancienne et tendre amitié me porte h demander tous les fours au Ciel et à espérer le retour. Un autre ecclésiastique, ù force d'exalter dans ses écrits les droits de la foi , avait détruit ceux de la raison. Son évèque alarmé rend un jugement contraire à cette nouveauté, fruit d'un excès de zèle. Le prêtre se soumet , et sa voix , qui est aujourd'hui souvent recueillie dans la ca-

Întale par une foule empressée , pénètre tous es cœurs par les impressions que ne peut manquer de faire un rare talent qu'une vive piété anime , et que la plus touchante humi* lité accompagne.

Trouve-t-on ce remède tout-puissant dans l'Université ? Non , un rationalisme superbe y domine. On n'y reconnaît au-dessus de sa raison aucune autorité sous laquelle elle doive fléchir. Que s'en suit-il ? C'est que, si Dieu n'y met obstacle , ses docteurs et leurs successeurs formés par eux, traîneront à leur suite les plus détestables erreurs à travers je ne sais combien de générations naissantes dont elles rempliront les intelligences de visions Impies et des plus infortunés systèmes.

Comparez à présent , si vous l'osez, les erreurs médiocres , toujours remédia blés du Clergé , et les égaremens aussi énormes qu'incurables , justement reprochés à l'Université,

Mais venons à ces passages de tieux théologiens Tun de Strasbourg , l'autre de Greoo* ble, qu'on a mis récemmeot sous les yeux de toute la France. Oui, un journal qui est le plus dangereux ennemi de l'Eglise , qui couvre d'un vernis de courtoisie les attaques les plus perGdes et les plus malignes» qui s'est constitué le conseiller d'of&ce et le directeur des évëques» quoique certaines publications qui lui sont familières et dont tout le monde connaît la révoltante licence , s'accordent mal avec une telle mission, ce journal, dis>je,a cité des passages d'auteurs ecclésiastiques, dont quelques uns roulent sur des matières délicates que je n'ai pas besoin de désigner plus clairemenL

Pour ce qui regarde ces décisions que je n'ai point vues dans les livres d'où elles sont extraites, que je n'ai point en mon pouvoir, je ne me charge point de les justiQer. Ce soin regarde leurs auteurs. Je Pai dit , il y a des casuistes d'un profond savoir et dignes de la plus haute estime» il y en a de médiocres et même de mauvais. Je suis loin de croire que les moralistes attaqués sont de ce dernier nombre, mais enfin ils sont faillibles , ils ont pu céder à quelques vues peu sures » ils ont pu se tromper.

Tout ce que je puis et dois dire ici, c'est qu'on ne peut tirer de ces textes les énormités qu'on prétend y être renfermées. Après l'énoncé de chacune de ces propositions , le Journaliste s'écrie avec un ton d'épouvante : Voilà le vol , voilà l^meurtre , voilà l'adultère. Mais ce n'est là qu'un manège pour ébranler les imaginations , pour les noircir et les révol-

ter. Un examen attentif et une traduction fidèle des passages latins font évanonir ces interprétations sinistres, et un liomme instruit^ et non prévenu, reconnaît bientôt que les deux théologiens sont entièrement inuocens des excès qu'on leur prête.

Ce qu'il y a de plus important dans cette discussion , ce sont les décisions concernant les mœurs , qui donnent lieu aux plus violentes exclamations du journaliste , sur lesquelles il se récrie en témoignant une douleur très-sus-

fiecte sur le mal que ces citations (.qui sans ui n'auraient point couru toute la France) peuvent faire à la Religion.

Il dit qu'on n'enseigne point sans doute de telles choses dans tous les séminaires. 11 nous fait là-dessus de touchantes félicitations. Eh bieii ! je lui déclare que nous lui renvoyons son suffrage et ses approbations à ce sujet.

Elles n'ont aucun fondement. Oui , dans tous les séminaires on enseigne et Ton a toujours enseigné des règles qui se rapportent à tous les commandemens de Dieu sans exception , même à ceux qui obligent de sonder toutes les profondeurs et tous les rafBnemens de la corruption humaine, mais on l'a fait de la manière que je vais expliquer.

Je mettrai dans ces éclaircissemens tonte la sincérité et toute la précision qu'on peut souhaiter ; et pour confondre le Journaliste qui a voulu nous couvrir de honte aux yeux du monde entier, je lui prouverai que son procédé, dans cette occasion» découvre en lui la plus complète ignorance de ce qui a rapport à la Religion , la malignité la plus odieuse et un genre de courage dont ne se piquent

point » au moins, en général, les personnes qui ont seulement une ombre de délicatesse.

Premièrement , il ne sait pas que dans tous les temps on a fait , à l'égard de renseignement dont il est ici question , et avec les pré* cautions infinies qui sont nécessaires , ce qui se pratique encore à présent dans tous les séminaires de la Catholicité. 11 veut faire croire que c'est là un méfait de ce qu'il appelle, dans son jargon moqueur et anti-religieux, les iVeo- CathoUques ( expression aujourd'hui vide de sens )• Mais si l'on veut blâmer cette conduite, accusez donc les plus grands et les plus saints évéques des siècles passés , accusez saint François de Sales , accusez Bossuet, Fénélon , Massiilou et tous les prélats les plus illustres, qui avaient grand soin que les jeunes prêtres fussent instruits sur ce commandement de Dieu. Sans doute ces grands hommes savaient aussi bien que le Journaliste ce qui convient sur cette matière , jusqu'où il faut aller et ou il faut s'arrêter. Ils considéraient que le prêtre est le médecin des âmes ; que le médecia des corps étant obligé de connaître et d'étudier dans les livres la nature des maladies , leurs symptômes , les divers principes de leur malignité, etc. ^de même les prêtres devaient acquérir la connaissance de ce qui a rapport aux vices et aux passions , à leurs causes » à leurs effets , à leurs illusions , aux circonstances qui en aggravent ou en atténuent la malice, enfin aux mouvemens de l'âme et aux démarches qui les éteignent, ou les réveillent, ou les enflamment.

Il est une passion , la plus terrible et la plus artificieuse de toutes , qui renverse les trônesi

( loi )

bouleverse les peuples, qui désole et déshonore les familles , dont on ne peut supputer les suites lamentables. Quoi ! le prêtre destiné à combattre cet ennemi si terrible , si fertile en ruses et en pièces , le prêtre appelé à guérir les plaies que ce vice a faites et à prévenir celles qu'il peut faire encore, doit donc ignorer tout ce qui est nécessaire pour remplir avec lumières une fonction si difficile ! 11 faut donc qie pour conduire des aveugles il soit aveugle lui-même ; qu'il ne puisse distinguer ce qui est criminel de ce qui est innocent; qu'aussi peu instruit que le chrétien ignorant qu'il dirige , il laisse celui-ci plongé dans une corruption qu'il ignore et dans des habitudes déplorables sur lesquelles il se fait illusion ! Quoi ! vous permettez au médecin pour la guérison du corps ce que vous refuseriez au prêtre pour le salut éternel de Tâme!

Surtout vous ignorez que si lé péril encouru témérairement conduit à la ruine, Dieu , suivant sa promesse , garde ceux qui l'affrontent par ses ordres et à Tabri du bouclier impénétrable dont il les environne.

En second lieu , vous laissez entendre qu'on' donne les instructions dont il s'agit à tous les élèves du sanctuaire. Mais vous ne savez pas ,= ou vous feignez de ne pas savoir, que cet enseignement est réservé aux jeunes gens qui , par le diaconat ^ sont engagés défuiitivement dans le sacerdoce. La prière, la fréquentation des sacremens , de saintes méditations les y disposent , et les vérités de la foi , aussi bien que ses terreurs , les fortifient et les préser^ vent. Du reste un seul mot suffit. Jugeons de l'impression de cet enseignement par les ef-

lÊm^^amm

. ( 152 ) fet^ Tandis que rUniversité , à laquelle vous voulez sacrifier la gloire et la pureté de nos fonctions , ne voit qu*un très -petit nombre de ses élèves sortir d'entre ses mains sans avoir perdu la foi et les mœurs , quelle est la conduite de ces lévites arrivés au sacerdoce ? Vers quel lieu se dirigent-il ? Que deviennent-ils ? Ah ! ils vont s'ensevelir dans des campagnes 0(1 ils n*ont ni consolation , ni distraction , ni le moindre agrément humain , et où , malgré tant de privations et de dégoûts y ils ne se lassent point d'édifîer , de consoler , de faire le bien : ils vont se préparer dans une profonde solitude à ces prédications multipliées et presque continuelles qui , dans les villes et les campagnes ^ raniment la foi , et tous les grands sentimens , toutes les vertus qu'elle inspire : ils vont soutenir la piété et le dévouement de ces vierges qui , encourngées par leurs instructions , se répandeut de tous côtés comme des anges mortels « franchissent les mers pour porter des secours aux plus lointaines infortuites , et se font admirer el bénir par les Musulmans» parles barbares de l'Afrique, parles sauvages eux-mêmes. Que dirai-je encore? Poussés parle désir ardent d'étendre les bienfaits de la foi et de la civilisation, ils vont eu Cochinchine braver lesdangers les plus affreux, se faire enfernier dans des cages de fer où ils sont torturés et tenaillés pendant des mois entiers. Enfm ils volent vers les iles de TOcéanie où ils sont exposés à être déchirés et dévorés par \es anthropophag;es. Voilà comme ces leçons qu'ils ont reçues au séminaire et dont votre modestie soutient à peine l'idée , souillent leur imagination ,

énenrent leur courage , les assujétissont à la tyrannie des sens et des passions honteuses.

Admirez donc , au lieu de poursuivre et de déprimer; ou, si tant de sacrifices, si des motifs si sublimes et un dévouement si coura* g'Cuxne vous touchent point , gardez du moins le silence et n* allez pas substituer le dénigrement et des dénonciations aussi mal fondées que pleines de malignité et de malveillance à l'estime que des vertus si pures devraient vou» arracher. ^

Troisièmement enfin , vous montrez une sorte de courage dont peu de personnes vou« draient se faire honneur. Pour ipasquer la désolante corruption qui règne , dit-on , dans les collèges , vous insinuez assez clairement que les ministres des autels sont aussi les esclaves de cette corruption dont ils n'étudient. Dieu le sait, la marche et les turpitudes que pour les combattre et pour les guérir. Non , ce ne sont point le» professeurs des séminaires qui sont coupables en donnant aux lévite» de» instructions nécessaires ; les seuls coupables sont ceux qui , comme vous , publient des détails secrets de leur nature et les divulguent avec fracas pour faire du scandale. Vous croyez avoii* signalé VQtre habileté , et vous n'avez fait qu'un acte que les convenances les plus sacrées vous interdisaient. Vous vous êtes montré semblable à celui qui , après s'être glissé dans un amphithéâtre d'anatomie oîi un professeur vertueux offre à ses élèves le spectacle innocent et nécessaire des objets les plus propres par eux-mêmes à blesser la pudeur»

irait, aidé de quelques-uns de ses compagnon» d-impiéCé et de libertinage , s'emparer

de tout cet appareil et le transporter effroolé^ ment sur la place publique.

Toutes Tos récriminations contre le Clergé sont donc inutiles et sans valeur. Vous avtz éleyé encore ici un fantôme pour cacher der* rière cette figure chimérique les effets lamentables et notoires des enseignemens de cette UniTersité dont vous êtes le défenseur et à laquelle çeut-étre vous appartenez vous-même.

Les traits que vous lancez contre la tribu sacerdotale sont émoussés et sans force. Peu troublés de vos impuissantes attaques » les ministres du Seigneur poursuivront tranquillement lei\r carrière « en s* efforçant d'arracher à l'erreur ses armes aujourd'hui si dangereuses et si acérées , aux passions funest&s leurs martyrs , à l'impiété ses victimes.

Quant à la liberté d'enseignement , il est incroyable qu'après les preuves actuelles^ /Zagranus^ incomparables par leur force et leur évidence de l'esprit anti-chrétien et anti-ca<~ tholique que l'Université communique à se»

élèves , on force des millions de parens catholiques à conduire eux-mêmes leurs enfans à cette source où ils s'abreuveront de doctrines directement contraires à leur foi. Je ne crains point de le dire ; cette épreuve , quoique exempte de violences extérieures et de persécution déclarée, est la plus terrible et la plus dangereuse à laquelle aient été jamais soumis les membres de la vraie Église.

«le dois faire observer , en finissant, que les réflexions contenues dans cette lettre et dans celles qui l'ont précédée , s'appliquent à l'enseignement primaire. Les nombreux directeurs de cet enseignement ne donnent aucun

gage de leur religion ; et comme d'une autre part, l'esprit général de l'Université, cet es-^ prit plus que hardi , comme on l'a vu , en ma-* tière de foi , s'y étend et y fait tous les jours des progrès, il est très à craindre que le sys-» tème adopté pour celte instruction moins élevée ne Qnisse par rendre, dans notre France, ou du moins dans un grand nombre de ses provinces , l' athéisme populaire. Conséquence effroyable , si elle devait se réaliser, puisque, du moment oCi la classe étrangère à l'étude et aux lettres a perdu la foi , elle est incapable de sentir les grandes considérations qui devaient l'y ramener. De plus , cette partie de la société en est le fondement qui cédera tôt ou tard au choc des passions les plus violentes et les plus effrénées , s'il n'est soutenu et affermi par la religion.

t Claude hippolvte, évéque de Chartres,

P. S, Je ne puis me dispenser de dire un mot sur une supposition du même Journaliste , lequel prétend qae je n'ai point lu^ ou qu&jen'ai point compris un écrit de M. Jouffroy , où cet auteur soutient que dans l'état présent de la science, on ne peut point prouver la spirilua<' lité, l'immortalité de l'âme. Je pourrais, si la politesse le permettait, déclarera mon tour k ce publiciste que sa dénégation m'autoriserait à supposer en lui la témérité ou le peud'inteU ligence qu'il m'attribue, car s'y aquelquechose d'évident et de palpable , c'est ce que j'ai avancé à ce sujet il y a plus d'un an. Il est très aisé d'en juger. M. Jouffroy , page viii de la préface qu'il a mise en tête des Esquisses, etc. De Dugald-Stewart , dit en propres termes

que tout ce qtCon peut apprendre de certain sisr les questions philosopliiques , se trouve dans le» faits de conscience, et ne se tbouvb roint AILLEURS ; et plas loin, page cxxwi, îl de* clare que la spiritualité de Tàme, dans Fétat actuel de la science concernant les faits de conscience ou intérieurs, ne pouvanl être prouvée, cette question est prématurée, U ajoa* te , au même endroit , qu'<7 faut donc la tais^ ser dormir. Quelques lignes après îl répète, ayec des expressions dont la clarté ne peut aller plus loin , que la science n'est pa» en me" sure pour V aborder. Enfin il dit encore deus fois la même chose en termes équivalens, pages cxxiii et cxxxiii. le do perdrai plu»

mon temps à revenir là-dessus ; et quant à la phrase que le Journaliste me reproche et qu'il taxe de vivacité outrée , tout ce que >*ai dît ^ c'est que le système de M. louffroy ayant pour effet d'ébranler la foi d'un avenir, ébranlait, par lu même , le fondement de toute religion , de Tordre social , et préparait tous les crtoie» et tous les malheurs ; >'en ai conclu que tout homme ( qu'il fût professeur de l'Université , ou non ) qui adoptait le principe de M. Jouffroy , devait en reconnaître les conséqueftces» et s'il était consulté, y conformer ses conseils^ à moins qu'il ne voulut enfreindre toutes les règles d'une exacte logique. 11 est difficile de comprendre qu'une telle réflexion excède les bornes de la liberté dont il est permis d'user dans une controverse.

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