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que par de vaîas chagrins auxquels Us auraient bien souvent trouvé un facile remède. En veuton la preuve ? On la trouvera dans ces révoltantes paroles du professeur philosophe que j*al cité plusieurs fols : « Le corps tient à TAme » par des rapports trop intimes , il luiest trop « nécessaire comme instrument â*act1on , » pour être traité avec indifférence. Non qu'en » lui-même il ail ées droits à des soins qui » lui soient propres ; en lui-même il n*est que » physique. Effet de Tordre , partie du monde • » il y aurait sans doute de la folie et par con- » séquent quelque mal à le détruire sans rai- » soiî , à le mutiler par caprice. Cependant, » après tout, il n*y aurait pas crime et injure ; » ce serait une atteinte à la nature » et non à » un être moral. » (1) C'est aipsi au*une doctrine repoussée avec horreur par la religion, par tous les siècles et par tous les peuple» , par rinsti net même des animaux ; qu'une doctrine qui plonge dans la désolation des familles sans nombre^ et nous rend en ce moment le scandale de Tunivers , est consacrée , est scellée par les enseignemens de ceux qui se flattent d'avoir seuls parmi nous la suprême direction de la pensée , et sur qui reposent les futures destinées de la France. Oui , ils déchirent , ou plutôt ils souillent le code entier de la morale , ils détruisent toute la sainieié de ses préceptes , ils corrompent tous les pri ncipes de bonheur qu'il renferme , ils en font unesource de sang et de larmes.
Voici donc à quoi se réduit toute celte philosophie. Elle n'est qu'un amas de témérités
(1) Suaiuir l'hist Oetu pML en France au xiv sièité, tome II , paffc 257.
intolérables, de principes faux qui portent une atteinte sacrilège à l'essence de Dieu et à ses perfections , qui font évanouir le dogmie de rimmortalité'^de rame, qui anéantissent le le Christianisme , qui bannissent du monde la vertu, et mettent en pièces la règle dès mœurs. Je le demande à présent : le caractère de ces écrivains',xonsidérés comme écrivains et comme philosophes (car je suis loin de toucher à leurs qualités privées), leur caractère , disje > mérite-t-il qu'on remette aveuglément dans leurs mains les plus précieux trésors de la patrie , sa félicité et sa grandeur à venir, le sort d'une religion qui fut si lotig-temps son appui, sa gloire , l'objet de son respect et de son amour ? Quelle est leur manière de philosopher? oCi est leur logique? où est l'enchaînement, la gravité, l'utilité de leurs maximes ? Quel respect ont-ils pour les lois qui ont toujours dirigé la raison ? Ceux 'qui les oiit lus avec discernement, le savent. En général , ili se croient dispensés de prouver ce qu'ils avancent, et bien souvent ils mettent à la place de la démonstration un torrent d'asâertians tranchantes, d'expressions inintelligibles , dé figures violentes pour étourdir le lecteur , de logomachies , de phraséologie vide et fastueuse, de tours sophistiques pour montrer . cacher , reproduire , celer ehcqre des propositions contraires aux opinions générales et vraies.
Après cette llexibilité et cette soupjesse » ce qui distingue le plus leurs ouvrages , c'est une obscurité plus ou moins profonde. Aussi n'éstil pas rare de trouver des hommes de sens , qui , après avoir étudié leurs livres avec un vrai désir de s'instruire , ont avoué que celte
lecture avait fatigué horriblemeut leur cerveau^ et qu'ils n'en avaient rapporté, qu'une lassitude accablante , et des ténèbres. Malheureusement ces ténèbres ne sont pas .toujours impénétrables , et les passions ne savent que trop bien lire à travers les nuages. Non , ces doctrines ne méritent point le nom de philosophie. Au lieu d'éclairer l'esprit , elles n*y produisent que des doutes , des perplexités cruelles, qu'une horrible confusion d'idées. Je puis empruntera ce sujet les paroles de saint Paul : Videte ne quis vos decipiat per phUosophiam et ' inanem faUaciam ; (1) Prenez garde de vous laisser égarer par une philosophie trompeuse , et vide des lumières et des biens qu'elle promet. Tel est le vrai caractère de ces systèmes qu'on pare aujourd'hui d'un nom qui ne leur appartient pas. lis sont semblables à ces vases sur lesquels on a écrit un nom pompeux , pour persuader qu'ils renferment des essences rares et précieuses , mais qui ne cachent en effet qu'une vaine poussière mêlée aux plus mortels poisons.
Mais voici la grande objection. qu'on va me faire ; je la prévois , et je sais aussi quelle réponse je dois y apporter. On me dira que le chef delà nouvelle école a fait , Adin^^V Extrait^ une profession touchante d'attachement au Christianisme 5 de déférence pour l'Église > pour les saints Conciles , etc. ; que ces protestations doivent rassurer la France , et qu'elle peut désormais lui confier sans danger des espérances et des biens qui sont tout pour elle. ■Je réponds qu'il ne faut prendre qu'avec beau^ coup de maturité une semblable décision. Oui«
(l) COLOSS. II, 8.
dans les grandes afTaîres^ et surtout quand il «'agit d'intérêts si împortans , que le salut d'un royaume illustre, et l'existence d'une religion sainte et nécessaire en dépendent , on doit prendre de telles sûretés qu'elles ne laissent pas Oléine une ombre d'anxiété et d'inquiétude. Or, cette condition est-elle ici remplie ? Il est facile d'en juger. L'écrivain dont nous parlons , dans son Introduction à CHistoire de la philosoptiie , imprimée en 18^1 (page 59) , protestait de son profond et tendre respect pour la religion chrétienne , et trois lignes plus bas 5 il écrivait ces paroles que nous avons citées : La phUosopiUe est patiente.,., elle tend doucement la main au Christianisme pour C aider à s'élever plus liaut encore ; c'est-à-dire qu'il déclarait que le Christianisme est une imposture , puisqu'il est insensé de supposer qu'unereligion fondée et soutenue par la main d'un Dieu , ait besoin de la main de l'homme pour la secourir et pour l'élever plus haut.
Ce n'est pas tout. A la page 32 de la troisième édition des Fragmens philosophiques^ le même auteur s'exprimait ainsi : Suis-je donc un ennemi du Christianisme et de C Église ? Tai fait bien des cours et beaucoup trop de livres ; peut-on y trouver un seul mot qui s'écarte du respect dâ aux choses sacrées? Qu*on me cite une seule parole douteuse ou légère , et je la désavoue , comme indigne d'un philosophe. Quel dévouement plein de feu! quelle délicatesse , qui s'alarme de l'idée seule d'une irrévérence, même légère^ qu'il aurait pu commettre ! Quel témoignage d'une orthodoxie , d'une catholicité qui va presque jusqu'au scrupule! et pourtant, avant, pendant, et après cette cette dé-
cTaralion si expresse , il ne cessait de livrer ; dans ses écrits ou par d'autres voies, les plus violentes attaques à nos antiquçs croyances,- On vient d'en voir quelques exemples assurément bien signiQcatifs. Du reste , au sujet des blessures faites à la £oi par notre écrivain > je ne puis , du moins suivant ses principes ^ accuser sa volonté; car il ajoute un peu plus bas : Pi^est pas orthodoxe qui veut ; maxime , pour le dire en passant ^merveilleusement favorable aux changemens les plus prompts et les plus multipliés sur le fait de la religion ^ car à chaque évolution on peut dire : Dans cette ma^ tière on ne fait pas ce qu^on veut.
Que d'autres se contentent donc de ces ga->ranties ; pour moi , je l'avoue , il s'en faut beaucoup qu'elles me rassurent.
Finissons par les imputations dont nous chargent les philosophes du xix' siècle^ ou du moins ceux qui se rendent leurs interprètes ou leurs défenseurs. Et d'abord je vais détruire, par anticipation , un grief qu'on m'objectera peut-être : on me dira que cette lettre peut tomber dans les mains des maîtres ou des partisans de la nouvelle école , et qu'ils auront Heu de se plaindre du peu de ménagement dont j'ai usé envers eux. Je pourrais d'abord répondre que leur chef nous a fourni d'avance une excuse pour nos torts de ce genre , et eu général pour tous <;eux qu'on voudrait nous reprocher. Apres nous avoir assimilés aux poètes , dont l'emploi est d'embellie les ficr lions et les chimères > n*a-t-*il pas dit : Ce n^est V affaire ni du poète ni du. prêtre de savoir ce qu'ils font (1). Laissons ce grossier, outrage ;
(1) Histoire de ta Phil, au wnv siècle , page 436.
MB
}e ire veux pas m*en prévaloir» ni avoir l'air dé le tourner en jeu et en plaisanterie : Ten- {ouement serait ici déplacé. Je dis donc qu*il y a uneindignation excitée par la vue des plus grands intérêts profondément blessés , dont les sévérités et les saillies sont légitimes. J'ajoute que » parmi les errans » il en est (comme les athées et les panthéistes) auxquels saint Paul nous ordonne de ne point épargner les répréhensions vigoureuses et même dures ; increpa iUos duré (1). Enfin il ^*y a point de personne intelligente qui ne^ comprenne que les grands dangers dispensent des bienséances communes , et qu'un homme <iui a de la foi et un peu de cœur ne saurait iiacrifier le salut de son pays par cérémonie , ni perdre une religion divine par politesse.
Du reste , sans trop nous préoccuper de l'avenir , je vais dire quelques mots sur les accusations présentes. L'auteur de VExtrait insinue que nous sommes animés de la passion de nuire. Il nous connaît mal ; Dieu le «ait , nous ne cédons qu'à la passion de repousser bien loin ce qui peut nuire à ia foi et bouleverser notre patrie. Nous sommes des délateurs , s'il faut en croire un de ces écrivains. Il est vrai, nous sommes des délateurs^ mais comme le fut d'Assas» lorsqu'cntouré denuit par les ennemis prêts à surprendre ses troupes , il cria : A moi » Auvergne ! Qn dit que nous sommes guidés par Cesprit de parti; mais comment le sait-on ? oii en est la preuve ? N'est-il donc pas possible que nous soyons guidés par l'esprit de notre ministère »