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documents, écrits ou envoyés à Sa Majesté, soit par ordre exprès du roi , soit de leur propre chef, pour se rendre agréables ; car tout le monde aime à chasser la caille lombarde, gibier gras et facile à prendre. On envoie ces documents aux ambassadeurs , et quelquefois à part à Cagnola ; uli major, minor cessât, et je ne répète pas volontiers ce que Cagnola juge assez intéressant pour vous le faire connaître.
Les lettres du roi vous ont appris à quel point en sont les affaires de la Franche-Comté ; il a écrit à toute la ligue. Celles de monseignenr d'Argenton à Cagnola vous en ont encore instruit plus clairement. Aussi je crois qu'il serait oiseux d'en parler davantage. On attend Sa Majesté de jour en jour. Elle doit se rendre à Notre-Dame de la Victoire , à quelques lieues d'ici, où elle a coutume d'aller rendre ses actions de grâces chaque fois qu'il lui arrive de réussir dans une entreprise. On croit que les ambassadeurs pourront lui parler et lui communiquer les nouvelles qu'ils auront reçues. Donné à Paris le 12 juin 1479.
De Vos Excellences le très-fidèle serviteur, Charles Visconti v.
Huit jours après Charles Visconti écrit de nouveau :
Illustrissimes et excellentissimes dame et seigneur , Le roi vint loger, le 15 de ce mois, dans un château à deux lieues d'ici , où il demeura deux jours ; le lendemain il alla entendre la messe à Saint-Denis, à environ trois milles italiens de Paris, puis il se rendit immédiatement au Te Deum, pour rendre grâces à Dieu et à Notre-Dame des bonnes nouvelles qu'il avait reçues de la Franche-Comté, de sorte que les ambassadeurs ne purent le voir , ni lui parler. Monseigneur d'Argenton est arrivé : le roi lui a remis un bref du Pape, une lettre du collège des cardinaux et une lettre du comte Jérôme, closes eomme elles étaient arrivées, pour qu'il les ouvrît en notre présence et nous les montrât. Comme je vous en envoie la copie, je n'ai rien à
1 Archives de Milan (trad.).
DE COMBINES. "-iOl
ajouter à ce sujet. Il nous a aussi montré une lettre des ambassadeurs du roi, qui sont à Rome, annonçant à celui-ci que le Pape aurait consenti à remettre le différend entre les mains de Sa Majesté, du roi d'Angleterre et d'un légat a latere, en leur adjoignant, en cas de divergence, l'Empereur et le duc Maximilien; mais les ambassadeurs de la ligue n'ont pas voulu y consentir, et ils en ont témoigné autant d'étonnement que de chagrin. Je vois clairement, d'après ces lettres, que les ambassadeurs du roi penchent pour le Pape, et je soupçonne, que d'un côté ou d'autre, ils ont été étranglés par des dons ou des promesses. Soit que Sa Majesté sache par quel artifice et dans quelle vue ces lettres sont fabriquées, soit par tout autre motif, elle nous a fait dire par monseigneur d'Argenton , à qui elle avait envoyé tout exprès un secrétaire , porteur des dites lettres , que la guerre lui donnait en ce moment beaucoup d'occupation, et que bien que la plus grande partie de la Franche-Comté fût en son pouvoir, il lui restait néanmoins beaucoup à faire encore. Ce qui veut dire, à mon sens, que ce qu'il y a de plus difficile à écorcher, c'est toujours la queue, et c'est ce qui fait qne le roi ne s'occupe pas de nous. De plus, il semble à monseigneur d'Argenton que ce n'est pas l'intérêt de la ligue; que ses adversaires n'ont pas l'intention de mettre fin à leurs discordes, quoi qu'on fasse ; que malgré la grande amitié qui semble régner entre Sa Majesté et le roi d'Angleterre;, et quoiqu'ils aient envoyé ensemble leurs ambassadeurs, ils ne pourront néanmoins jamais s'accorder but une question, oe qui se fait pour l'un étant ;iu détriment de l'autre, et l'ami do celui-ci étant nécessairement l'ennemi do celui-là. Il avertit chacun de nous d'écrire à ses commettants qu'il ne semble pas à 8a Majesté que les différends puissent être remis h rarbitirage dont il est question ci-dessus; qu'il faudrait, pour dàla, envoyer des ambassadeurs en Angleterre et es Allemagne; que cr venait éveiller des soupçons et des défiances qui gâteraient tout et empiViirniimt de rien mener à bonne lin ; qu'on envoyer à l'un et pas à l'autre, ce serait tout compromottro. Puis