JUSTICE
S'on doit Trajan, pour avoir justice Aymé au temps que d'empereur l'office
Il maintenoit, Louer, priser, comme es livres on voit, Que doit-1'on faire pour celuy que je voy Mort devant nous, qui, comme j'apersoy,
Estoit le plus Vray, juste et bon que jamais j'aperceus. Car luy ayant en France tel crédit Du roy unziesme Louys que contredit.
Jamais ne fut,
Justice faire sur tous plaisirs il heut.
Es siennes terres où il avoit puissance,
Tort ne s'est faict mains qu'en nul lieu de France ;
Car il sçavoit * Comme à tretous droit faire se devoit.
Oncques homme, tant fust foible ou fort, N'eut de par luy aucun seul desconfort,
Ne desplaisir ; Mais à chascun vouloit faire plaisir.
Je croys que puys que le sénat de Romme Plus ne s'est tins, qu'il ne fut trouvé homme
Tant vray et juste.
Plus à louer est que ung César Auguste. Las! doncques, nobles, prélats, peuple commun, N'arez-vous part d'un regrect tant commun
Qui nous démayne Pour l'acomply qu'a laissé vie humaine ? Or prions tous que l'àme soit saulvée De cestuy-ci qui, par sa renommée
Tant grande et ample, A délaissé ung si parfaict example.
DE PHILIPPE DE COMMISES