‹ Lettres et négociations de Philippe de Commines (volume 4)Chapitre 7 sur 30 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

A ! mort mordant qui toutes choses mors, Ji ne mordras plus poignante morsure Que eestuy-cy qu'as mis avec les mors.

Dont deul me mort, qui me fait de mort sure Triste penser par trop; si me oo^ ave Par toy active des tribuladons

Qu'aux cueurs tu donnes par toutes nacions, Dont te blasmer assës l'on ne scauroit, Nj tes maulvaises et faulces actions.

Sans lesquelles nul des miens mal n'aroit.

LA MORT

Nature ! qui ditte est naturëe De par celuy qui est le naturant, Hault Créateur, lequel t'a asseurëe La tienne vie, tousjours en maturant, Aller avant en vieillesse acquérant, Si de par moy tu n'en es empeschée, Qui ta beaultë tourne souvent séchëe Par accident que je tiens de ma bende, Qui à maint homme la vie despeschëe A, tout ainsi que Dieu le nous commande !

l'acteur.

La controvei*se entendue de ces deux tant différentes statures quelque peu donna moyen de consolacion à mon despourveu de toute liesse corpusculle, lequel, s'évertuant quelque peu, getta son regard vers deux personnages venans en habis fort autentiques concernant déyté poétique, desquelx l'un avoit robe masculine, tenant en une main la verge cadussëe mercurialle, et de l'autre avoit ung dois au devant de sa bouche, dëmonstrant taciturnitë de fol langaige, lequel me fut nomme Mercure, dieu d'éloquence par la fiction des poètes; et l'autre Appelle, anciennement tenu dieu de sapience, vestu d'un radiant vestement plus lumineux que nulle artificielle lumière et tant réverbérant que le mien oeil n'eust peu comprendre l'excellence dont il estoit. Les-

quelx deux personnaigea se prindrent à totallement dëclairer, selon poèterie, leurs estas et condicions, et le regrect que concevoient dont de leur temps n*avoit este oeluy que tant louer avoient ouj, que mort avoit subcombë par trop furibonde détresse.

Page 1