RÉFLEXIONS DB LEIBNIZ
De la modestie des femmes^
L'auteur Tattribue ordinairement à la froideur de leur tempérament. Je ne say si cette prétendue froi* deur est bien établie. L*éducation qui leur donne de Thorreur pour les paroles et pour les actions deshonnêtes est peut être une meilleure raison. Mais c'est une louange et non pas un blâme, lorsqu'on passe pour avoir été bien élevé. Les femmes sont louables aussi de ce qu'elles ont soin de leur réputation, et quand toutes ces impressions sont tellement passées en habitude, que l'immodeslie leur paroist une chose laide, on peut dire que leur modestie est une véritable vertu.
De la patience dans les maladies^
L'on veut que cette patience vienne du désir et de l'espérance de vivre, et de la réflexion qu'on fait, que les maux s'aigrissent par les inquiétudes et les chagrins. A mon avis, voilà des bons motifs.
Du mépris de la mort.
On remarque qu'un héros que la gloire fait mépriser la mort dans une bataille, est quelquefois troublé et abbatu par une maladie qui fait craindre pour sa vie. Je trouve qu'il est raisonnable de pré-