‹ Lettres et opuscules inédits de LeibnizChapitre 22 sur 49 · SUR L^ART DE CONNAITRE LES HOMMES · texte numérisé non relu

SUR L^ART DE CONNAITRE LES HOMMES

férer une mort utile à la patrie à une mort de langueur. On allègue aussi que la nécessité , la repu* tation, la coutume et quelquefois l'espérance d'écbap* per contribuent à faire prendre patience aux malades. Tant mieux» La conclusion de Tauteur est» que le mépris de la mort est faux dans les hommes du monde; mais aussi pourquoy la mépriser, et pourquoy ne pas estimer un bien aussi estimable que la vie? On peut être patient dans le mal sans mé* priser le bien. On ne méprisera pas la mort, on tachera de conserver la vie, mais on sera content de ce que la Providence suprême en a ordonné.

De la constance.

L'on remarque que la force de résister aux tormens peut venir d'une passion véhémente. Â mon avis c^est quelque chose de louable et de grand que de pouvoir avoir ces passions à propos, qui donnent de la force à Tesprit. L'auteur veut aussi, que la constance avec laquelle les grands hommes reçois vent et supportent les accidens inopinés, ne soit qu'une marque de la fermeté véritable, mais il ne le pense pas. Les disgraciés de la cour, qui ont un beau pis aller chés eux, s'en peuvent consoler fort aisément; cependant on les accuse icy d^être peu sincères lorsqu'ils se vantent d'être contents. Je veux croire

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qu'il y en a qui ne songenl qu^à être rappelles, mais tous ne sont pas de cette humeur. On conclue enfin/ que les hommes du monde ne sont constans que parce qu'ils font de nécessité vertu. Tant mieux. La vertu est toujours bonne, de quelque cause qu'elle vienne. Faire de nécessité vertu, c'est en user comme il faut. Au reste la piété noUs donne des sentimens plud relevés, car elle nous apprend' non seulement d'avoir la tranquillité^ que la nécessité est capable de nous donner ; mais de trouver même du contentement dans les événemens lorsqu'on considère que Dieu fait tôbt pour le mieux. »

Dé la fermeté,

On donne pour exemple icy^ un homme qui^ se fDidit contre un ministre au préjudice de sa fortune et de sa famille^ pour avoir la vanité d'éUre applaudi. On trouve qu'on a raison de blâmer cette espèce de fermeté, lorsque le ministre n^exige rien qui soit indigne. On parle aussi icy de ceux qui soutiennent opiniâtrement leurs sentimens. Mais quand on exige d'eux un aveu contraire à leur conscience, je tiens (}u*ilâ ont raison de le ref\iser.

Delà générosité.

On entend icy la générosité qu'on exerce envers

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