REMARQUAS CRITIQUES DE LEIBNIZ
simples. Ainsi nous ne pouvons pas nous étonner raisonnablement que Dieu regarde les maux que nous souffrons comme presque rien, luy seul qui a une idée complète de l'éternité et qui regarde le commencement et la fm de nos souffrances comme infiniment plus proches que te èommencement et la fin d'une minute. Il faut raisonner de même des vices et des actions vertueuses, qui à l'égard de Dieu ne durent pas longtemps, et qui dans le fond ne changent rien dans l'univers. Si un horloger faisait une pendule, qui estant montée une fois, alloit bien pendant une année entière , excepté dans une ou deux secondes qui ne seroient point égales lorsqu'elle commenceroit à marcher , pourroit on dire que cet ouvrier ne se piqueroit pas d'habileté ny d'exactitude dans ses ouvrages ?
M. Bayle répond à l'origéniste au nom du Manichéen que la bonté de Dieu doit estre parfaite , et le vice et la misère pour un temps qui peut estre assez long, luy est contraire.
Pour moy, je crois que Parrhasiana a eu raison de représenter que le mal n'est pas si grand qu'on pense. Mais M. Bayle a raison aussi de s'étonner ^u'Il y en ait quelque j;)etît ou grand (Ju'il pëurroit estre. Ce qui doit finir la difiicuîté eôt que ce petit mal augmente même le bien.
SUE LB DICIIONNAIAB 0£ BATLE. 175
Cette maxime, non facienda sunt mala^ lU eveniant 6ona, a besein de limitation. C'est qu'ordinairement les hommes manquent dans l'application . Par exemple quelqu'un croiroit de bien faire s'il se servoit df un empoisonnement pour établir la vraye religion. Mais cela ne luy est point permis. Les conséquences de la permission de l'empoisonnement sont plus grandes que le bien qu'il se promet qui n'est pas asseuré, et quand il le seroit, il n'est pas asseuré qu'on ne le puisse obtenir par une meilleure voye.
Le P. Doucin croit qu'on attribue à Origène d'avoir cru que les créatures se perdroient enfin dans l'océan de la Divinité.
(Mais M. Petersen est d'un autre sentiment à l'égard d^Origène.)
2* Ôtton ilî. Ovide.
» « « Dans l'histoire moyenne M. Bayle ne va pas assez
tL\xà Sources. Je le voy par son article Otton IIÏ. Il
f iâite Heiss. Meinbourg, Calvisius, misteire de fia*
yière de M. Leblanc.
M. Bayle rapporte que Meinbourg (1) ne parle
point douteusement de la femme d'Otton IIL II n'a
jam&id esté mariée Hé Bayle èroii qu'il est impos-
, (I) TojreK atttde mm» D^Aiu«aii, U U» pé 335.