DE L USAGE DE LA MÉDITATION
Je voy que peu de gens méditent, soit parce quMIs sont plongés dans les plaisirs des senSy ou parce qu'ils se trouvent enobarassés dans les affaires. Mais il est aisé de leur faire voir qu'ils s'en repentiront un jour, et que tous ceux qui ont négligé de méditer s'en sont repentis. Car méditer est faire des réflexions générales sur ce qu'on est, et sur ce qu'on deviendra ; faire pour ainsi dire une confession générale de sa vie à soy-méme ; calculer souvent la recette et la dépense de nos talents, et imiter un marchand sage qui rapporte toute la substance de tous ses journaux dans un livre secret, afin d'y voir d'un coup d'oeil tout Testât de son négoce. Or, il est manifeste que celuy qui ne le fait pas fera une infinité de fautes, que le temps et les événemens luy découvriront trop tard, et il en sera d'autant plus f&ché.
(1) Ce morceau, malheureusement trop court, où le métaphysicien sublime descend aux simples règles de direction, est tiré de la bibliothèque de Hannover.
DB l'dsagê de la méditation. 237
qu'il connoistra de les avoir peu éviter par la méditation.
Mais ce chagrin sera sans égal, quand il s'agira de mourir, parce qu'on se trouvera hors d' estât et d'espérance de réparer sa faute, et qu'on sera allarmé terriblement par la juste crainte d'un avenir inconnu.
Car c'est alors que les plaisirs des sens nous abandonnent, et que nous abandonnons les affaires.
Ainsi l'ame sera réduite en elle-même, mais trop tard et malgré elle ; les pensées seront confuses et mal asseurées, les résolutions vagues et précipitées ; et l'esprit déchiré par des inquiétudes mortelles, pourra porter le caractère de son malheur jusque dans une autre vie.
Les plus libertins, qui souhoiteroient peut estre d'estre anéantis, ne sçauroient se dépouiller de' cette crainte ; sans entrer dans les grandes raisons de la philosophie solide, ils ne laissent pas d'être frappés par des apparences très fortes, augmentées par la crainte de la mort présente, et par les paroles touchantes des assistans.
On peut juger par là, que ceux qui ne méditent pas, s'en repentiront à mesure qu'ils auront laissé écouler plus de temps.
En échange, d'autant plus qu'une personne aura
mécUté ppmme il fafit, cl^aui^pt plus serart^-etle en estât d'éviter les péchés et fautes pour s^épargpeir dps repentirs inutiles et des regrets fd^sheux.
Car ayanl une fois pris 4es n)esur0St que la pru-* depce peut dopner après un^ feveue générale, et ayant {pi§ l^on Qr4re poqF rexécufipn d^ ifi résc^fiUoci prise ; on sera doresnavant content de tout ce qui arriver* cqpforméqf^eijt h (çetteréspluti9q, qpoy qu'on tombe qpelques fois ^a^s des fautes et erreurs} Ç^pe qu'oi) reconnoistrfk ef| ipême ^epaps que ces fautes estpjent inévi};al)le§ daps Testât où Ton^estoit alprs, h cause <iQ l^ foil)|esse c^e la pâture (lum^ip^i qui ne ppus permet p^s de songer ))eaucpup ^opt à 1^ fois, py f|e nous sopyenir ^e topt à* poin| nompié,
Or, ceux qui sçavent de n'avoir pn mieu^jf f^-ife sppt jcoptepts, s'ils sont sages ; et ceux qui sont contents sont bepreux. pt Cppx qpi put dessein ^e méitr » ^, ç'est-à-cjire ^e fa-ire une reveue général^ des » rencontres op circppstapcps de la vie, k âp 4^ « mettre ordre h Tjtvepjr, dqiyppt surtppt pljercbpr » quelque fissprappe ^e çp qp'ils doiyept proire pu » suivre, à l'égard de Dieu, (Je TûfWf? pt du pfayi ^ Iml^^- ^¥ c*P§t 0e 1^ qpe 4éPPP(| !^ fé§o}R^en
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