INTRODUCTION, UX
par l'une il prétend loucher DieU; par l'autre il touche le corps ; il se nourrit de ses affections el meurt avec lui(-l). Remarque^ en effet que, s'il s'interdit le repentir et l'humilité comme indignes de la raison, le sage de Spinoza ne se défend en revanche rien de ce qui peut
Chatouiller de son cœur Porguellleuse faiblesse ;
Et stoïcien par l'orgueil, il ne l'est point par Tabstinence (2), Il éprouve pour le corps une secrète préférence qui lui fait rechercher la joie et bannir la tristesse. 11 ne comprend rien à la douleur, rien à l'épreuve, rien môme à cette pensée de la mort dont un vrai sage a dit : Philosopher^ c'est apprendre à mourir.
« La chose du monde à laquelle un homme libre pense le moins, répond Spinoza, c'est la mort. » 11 ne cherche que le calme d'une vie reposée en soi, açguiescentia in se ipso. Il est impossible de plus nettement accuser l'intervalle qui sépare Spinoza de Platon et la sagesse menteuse du vrai courage philosophique. Telle est la décadence de l'homme moral affaibli par cet amoiir et cette raison pan^
(i) £st enim hic amor junctus omnibus corpods affectionibus quibus omnibus fovetur^ prop. XVï, p. 5, Eth. Hune ergà Oeum amorem [concludere possumus] quatenus ad corpus referlur non posse deslrui nisi cum ipso corpore.
(2)^Viri sapientis est moderato cibo et potu se reûcere et recreare, ut et odoribus, plantarum viventium amo^niiate, ornatu,