LftTTBI^fi
|uy-{p<||pq, pn.ne scauroit déterminer à quel sujet il appartient; et je tiens pour démoqstrable qu'il n'y fl* mW^ figure exacte dans les corps.
. Platon avoit reconnu quelque chose de tout cela, fnM§ il PQ pouvoit sortir de&i doutes. Cest qu'en son ternps I4 géon)étrie et ranajyae n'estoient p^^i asse;^ avancées, Aristote aussi » ponnu 1^ nécessité de mettre quelqu'autre chose df^Rs 1§S corps que l'étendue} mais n>y*pt pa^ $fpeu le mystère de la 4iirée de^ sii^stances, il a crû des véritabl63 gênéfatioqs et corruptions, ce qui luy a renversé toutes ces idées. Les pyt^iagoriciens ont enveloppé la vérité par leur météchympsose^ ; ai} Heu de concevoir les trpsformatlons d'un mêrpe jiniojal, ils ont cru , ou du moins débité, les passages 4'une ànie d'un animal dan3 l'autre , ce gui n'est rien c^irs- Me-is ces sortes de considérations ne sont pas propres k e^tre reçues de tout le monde, ej) le vulgaire n'y gpauroit rien comprcncjre avant que d'avoir Te^Rrlt préparé. Monsieur Tspbjrnhaus estoit autrpfoi§ bien plus cartésien qu'il n'e^t à présent; mais j'^y contribué quelque chose à Ip désabuser; et je* luy ay fait voir qu'on ne i&'Cauroit fonder sur aucun raisonnement, avant que de scavoir si la notion est possible, en quoy M, Pes Cf^rtes a manqué ; apssi la conception prétendue claire et distjncte est §ujelte f tjjeu (J'iJl*^"
DM LJÏIBNfZ. 71
sion3. Oepçndapt i) ne faut pas sMmaginer que poqs .pui3siop3 toujours pousser l'analyse à bout jusqu'au)^ premiers po^sibIes, aqssi ne Test-il pas nécessairi^ popr la science. Il est vray qu'eq ce cas elle seroit sxîcomplie. dépendant il y ^, q^antité de ))Qnqe^ pensées (j|àns ie Ijvrp de M. Tspl^irnh&us ; b^ mafli^re de concpvoir des foyers qui soyent de^ lignei? pu d^s points» est une \)el\e inveptioq; mais il y ^ quelques particularités e\ des conséquences où je tien? qu'il ya trop viste. Car il croit de pouvoir de terminer ^.iséipent le ppmbre de tous les courbes de chaque degré, ce que je 6ça.is de ne pouvoir estre aiqsi. ^t je voudrais avoir sceu son dessein de faire ilTjpriiper l'ouvrage pour je désabuser de bonne J)eur^- M^'is cela, pe dipiinue rien de l'estime i^ue je fais de sop esprit.
Pour ce qui est des loix c|u ipouven^ent, sans doute [es règles de la statique sont bien différentes de celles de la percussion ; niais elles s'accordent dans quelque chose de général , scavoir dans l'égalité de la cause ayec son effect. C'est par là. que je puis déterminer tant les unes que les autres. 11 est constant que les jojx de M. Des Cartes ne s'accordent point avec l'expérience; priais j'en ay fait voir la véritable raison, c'est qu'il a mal pris sa force. Je ne croy pas que ce que vous dites d'un pendule qui rencon
tre un autre çn repos, et remporte avec soy pour aller ensemble de compagnie, après le choc, pour en composer un seul, si une partie de la force n^estoit amortie par leur mollesse, c'est-à-dire transférée à leurs petites parties. Et cette partie de la force qui est perdue, en ce cas, est justement celle du choc. II est bien manifeste que le soutien d'une romaine, où 1 livre et 20 livres sont en équilibre, n'est chargé que de 21 livres, parce que leur centre de gravité y est attaché. Et cela se trouve aussi véritable dans le cas de l'équilibre des liqueurs. Je me souviens bien de l'expérience curieuse que vous fistes voir dans la maison de M. Delanée, en présence de M. de Mariette (1) et d'autres. On a parlé dans le journal de Hollande de quelque chose de semblable. Mais je n'ay besoin que d'un seul principe pour rendre raison de toutes ces choses.
M. de Mariette et quelques autres ont fait voir que les règles de M. Des Cartes sur le mouvement s'éloignent tout à fait de l'expérience; mais ils n'ont pas fait voir la véritable raison ; aussi M. de Mariotte se fonde le plus souvent sur des principes d'expérience
(i) Edme Mariotte, Traité des mouvemens des eaux y etc. * Paris, 1686, \si'i2, —Essais de physique, ib,, 1676.
DB LHIBNIZ. 73
dont je puis faire voir la raison par mon axiome général duquel, à mon avis, dépend toute la mécha* nique. Les règles de la composition du mouvement, sur lesquelles plusieurs se fondent en ces matières, souffrent plus de difficultés qu'on ne pense.
P. S. Nostre amy (1) vous est bien obligé de
vostre bonne volonté, mais il avoit cru qu'on ne vou-
loit plus guères d'estrangers. C'est de quoy il faudroit
estre éclairci, et en tout ce cas (ce qui est assez
vraisemblable) si on croyoit néantmoins qu'il pour-
roit estre utile, le meilleur expédient de se servir de
luy seroit de l'engager à des correspondances pour
donner part, non seulement de quelques découvertes
curieuses et de conséquences qu'il apprend de temps
en temps , mais particulièrement des observations
qu'il fait depuis quelques années , et qu'il apprend
continuellement dans ses voyages et recherches
touchant les mines et minéraux ; car bien des gens
se sont attachés aux plantes et animaux, mais cette
matière des minéraux est encor la moins éclaircie. Il
croit d'avoir des ouvertures considérables là-dessus,
pouvant monstrer à l'œil qu'Agricola, et tous les
autres qui ont parlé de l'origine des choses, sont
bien éloignés de la vérité, et que les idées que les
(i) Nostre amy^ c'est Leibniz répondant aux avances qu'on lui faisait pour l^attirer à Paris.
74 f-BTfnB*
livra» et les personnes prévenues pg,r \w livres çj Qj)t, 3on|; souyçnt fort jT|a| fondées^ \\ ^vq\\ môm§ pra§t de venir d« iPnfips çn temps, pp pçrspnn^, f^ire (îeg rftppfir^ ît rAP9'4ép)ie, et dQ rfjQçvpir d@i
instructions poiir 1^ çQDtinufttipp de pes rephçfcbçi auxquelles T^Uemagne et {es pays voisins f<(urnis<sent principalement de la matière, et particulîèrernenl ce pays*ci^ au }ieu que les mines sont pioin§ exercées en France, en Espagne et en Italie. Bien des gens amassent des cabinets où ïi y a des minéraux, mais à moins que d'avoir des observations exactes du lieu d'où elles ont esté tirées, et de toutes les circonstances , ces collections donnent plus de plaisir aux yeux que de lumières à la raison. Car une plante ou un animal est un tout achevé, au lieu que les minéraux sont ordinairement des pièces détachées, qu'on ne sçauroit bien considérer que dans leur tout. 11 a fait aussi de la dépense pour faire faire quantité de modelles curieux des instrumens, machines et structures dont on se sert effectivement aux mines ; car les choses se trouvent encor nulle part décrites de la manière qu'elles se pratiquent, et on scait maintenant bien des choses inconnues à Agricola, à Esker, et à d'autres.
Si vous voyez, Monsieur, que cette proposition, qui paroist assez plausible, ne (,ef)l^ point, c'est pfle
DB (.BIlINiZ. 75
marquQ que leg bellen choses qu*au vous a dites ne m4 q^e de^ Qonf)pliment$, ou bien, si on a de Ift bonne volonté poqfjnfïe je l'espère, qu'on n> guères d'e$pérance de réussjr. Cependant je vous supplie» Monsieur, de faire en sorte q)je la chose n'éclate inutilement et qii'on ne se con)n)ette point*
pOypHER A tpiBNIZ (ij,
4 Pari», du § fù9jf iWf
Je ne scais pas le logis de M. Tabbé Catelan, et ne puis estre assuré en quel tems je pourray conférer avec luy sur le sujet de vostre problesme du niouvement. D'ailleurs je m'imagine que ce Monsieur aura bien de la peine à se rendre , et d'abbandonner Des Cartes quand même vous auriez raison, ce que je crois du moins en partie, car pour vous dire vray, je ne pense pas que ni M. Des Cartes, ni aucun autre, ait encore bien expliqué l'essence et les loix du mouvement. Pour ce qui est de ce qu'en a dit M. Des- Cartes, je suis assez persuadé que cela n'est pas trop conforme à la réalité de la chose, d'autant plus que ses loix sont extrêmement métaphysiques et ne con-
(1) InddU. La coph*, faile d'apri-s rorlginal autographe conservé daos la bibliothèque de Hannover, nous a éié communiquée par j^, prptiçfcp.ij,
viennent pas & Testât présent de la nature. Il me paroist que M. Mariotte, dans son livre de la percussion, a montré suffisamment que les loix de M* Des Cartes ne s'accordent point du tout avec l'expérience. Pour moy, qui suis académicien à la manière de Platon, je ne me rends pas si facilement, ni suivant le pour ni suivant le contre. J'ay peur qu'il n'y ait quelque chose d'irrationel dans la communication du mouvement. Et en effet, il faut avoir égard à la masse du corps, laquelle n'est pas toujours la même raison que la superficie et environ nemens. Supposez un pendule AB. M, Mariette veut que le corps C, qui est le quadruple du corps B, venant à se chocquer avec un degré de vitesse, les deux corps continuent à se mouvoir du mesme costé et fassent une vitesse composée ; le petit corps, néantmoins, recevant plusieurs degrés de vitesse et le gros en conservant encor une partie de celle qu'il avoit auparavant; ces deux corps étant supposez de mesme matière, etc. D'ailleurs, il ne faut pas juger des machines fixes par les loix des corps qui ont des mouvemens acquis, ni des loix des méchaniques statiques par celles de la percussion. On s'imagineroit,
par exemple, que supposant une romaine en équilibre , ayant 20 livres d'un costé et 1 livre d'un autre, le soutient A soit aussi chargé que si cette romaine portoit deux poids égaux, ce qui n'est pas. Autrement on auroit le mouvement perpétuel, car si
le soutient estoit chargé de deux fois 20, scavoir de &0, les poids étant inégaux et la romaine estant penchée, il n'y auroit qu'un équilibre à vaincre, et alors ce qui ne pèseroit que 21 en pèseroit 41. La romaine pourroit estre attachée au bras d'une balance, et toute la machine augmenter sa force ou en perdre d'une manière surprenante. Mais cela ne se fait pas et ne se doit point faire parce que toute la romaine n'a raison que d'un corps unique et d'un seul poids à l'égard du soutient. Il en est de mesme que dans la machine de l'équilibre des équilibres , que M. Pascal a proposée et que j'ay réduite en pratique comme vous sçavez, Monsieur. Sî on soutient le
f 8 LÉTtREÔ
tiiyàtl à codtè en B, oti m sent que le poidë de là ttaëe qui esl ddns le tuiau et celuy du tuyau; mais bi on soutient par A, on sent tout lé poidii d'une quantité d'eaU pareille h celle qui seroit dans Urt tillaU d'Uné grôsseùf pa* reille à la base selon toute la hauteur du tuyau. C'est assez parler de méchaniqueenattendantque l'occasion se présente de vous en écrire davantage : je joins à la présente un petit imprimé, sçavoir la deuxième partie de ma réponse d dom Rob^tdks Gabels touchant la phi- /«fopAte des académiciens par rapport à Id religioni Si vostre grande lettré est imprimée quelque jour Je répondray d'jilne manière qui ne vous sera point désa^ gréable. Je souhaiterois que vous eussiez vu ma première pièce, sçavoir, les Dissertations sur les rècherches de la vérité^ que j'ay faire imprimer avant ma critique et avant le l" volume du P» Malbranché ; le livre n'a point esté exposé en vente, ni mesme achevé entièrement» 11 ne m'en reste plus que très peu d'exemplaires. J'espère vous le pouvoir faire voir quelque jour; en attendant je puis voue dire (|ue vous avez raison de refuser la démonstratioh qtfe M. D...... aporteaprès»
11 en aporte encor un autre qui est un peu meil*
DÉ IBIBNÎZ. 7d
Iteilré, tnais taalgré cela, je ne penôe pas qu'on |)Uisse triieux démonstrer l'existence de Dîeii (|Ué par leà pfîncîpeè de Platoh. J'eli ày touché qdelqliè chose^dans le livre dotit je vièhs de vous paHet*, Je suis fort obligé à M. le ptésidenl de l'Horiettëté qliMl tïle fait de me doiiner vos lettres. Oii m*â prësté le livre dé ttiortèîéur vostf e ami Thilfnous, De medicina fhentts et côr^off* * je n'en ay la encor que le comhiehcèhienï et le trouve excellent. Le public éri est enrichi. H ^ a de beaux sentlmehs. Je l'estime fort et je voudt-bis aussi en avoir un de vosthe façon. Je ëiiis, rtionsieuf , vostrë trèfe humble et trèâ obéis* Sâtit tervlteùr, Poocebtt.
M. l'abbé de la Roque ne fait plus de journaux nî de conférences. Nous avons pêne de voir les journaux de Holende. Le P« Malbranche vous salue.
J'ai feçeu trois de vos lettre* auxquelles je h*ai pu faire réponse sitôt que je l'aurois souhaité. 'M. Prestét est mort et à esté regretté des Scavàns
Jl)- Inédit; LVrIgItial âUloi^aphe est coHMrVé dune \é Uibiiothèque de Hannover.
géomètres. J*ay fait vos civilités au R* P. de Malbranche qui vous baise les mains. M. d'Avranche est bien aise de ce que vous estimez son livre de la Censure de Des Cartes. Depuis peu M. Régis lui a repondu lâi dessus et n'a presque rien dit à mon avis que ce que Dom Robert des Gabets; de sorte qu'en répondant à cet auteur^ j'ay répondu par avance à M. Régis. Néanmoins on m'a dit qu'un ancien professeur en philosophie à Paris travailloit actuellement à luy répondre. Vous scavez comme je pense que M. Régis a donné au public un grand système de philosophie en â in-4" avec plusieurs figures, cet ouvrage renferme plusieurs traités de plus considérables comme de la percussion de M. Mariotte, de chymie de M. l'Emeri (1), de la médecine de M. Vieuxsang (2) et de M. Duvernai (3). Il y parle mesme de mon traité des hygromètres, quoyqu'ilne me nomme pas. La physique de M. Rohault (ft) y a bonne part, il y réfute le
(1) Nicolas Lemery, de Rouen (i6/i5— ITIS), Cours de chimie. Paris, 1676, in-i2.
(2) Raimond Vieusseas, deRouergue (16&i— 1716), iV6t;ro%ki universalis, Lugd., 1685, in-fol.
(3) Joseph Guichard du Verney, de Feurs en Forez (1648-1730), Traité de Vorganede l'ouïe. Paris, 1683, in-12.— ÛEuvres ana-' tomiques. Paris, 1761, II, in-Zi.
(û) Jacqnes Rohault, d'Amiens (1619-^675), Traité de physique. Anesl., 1672, IV, in-12.
DE LBlBiNTZ. 81
P. de Malbranche, M. Perraut (1), M. Varignon ("2), le 1*' touchant les idées, le 2* touchant la pesanteur, et le 3% lequel a esté nouvellement receu de TAcadémie royale des sciences, touchant la pesanteun Aussi les metheores du P. Lami sont encore une partie des ornemens de cet ouvrage et le reste est de M. Des Cartes. Ce n'est pas que M. Régis ne se soit conduit assez adroitement dans son système, surtout dans sa morale. M. d'Avranche (vous scavez qu'il a permuté son evesché de Soissons pour celu d'Avranche) lui répondra, je pense, par une préface qui sera ajoutée à son livre dans la 2* édition qui en sera faite. Vous scavez encore, si je ne me trompe, que M. Hugens a fait un Système de la lumière et de la pesanteur qu'il a envoyé à messieurs de l'Académie. Il y parle de vous et de M. Newton en bonne part. Pour ce qui est de la table que vous demandez de tous les livres derniers elle ne se fait pas, mais seulement dans le dernier journal de cet anné il y a une table des principales matières et cela par ordre alphabétique. Je vous l'envoiray avec un journal qui contiendra vostre pièce que vous m'avez envoyée. C'est M. le président Cousin qui fait les
(1) Claude Perrault (1613+16), Recueil de machines pour élever et transporter les fardeaux.
(2) Jacques Varignon, de Caen, d654— 1722, Nouuelles conjectures sur la pesanteur. Paris, 1690, in- 8.
82 LRTTRES
journaux. Autrefois M. Régis et M. Guillard qui est habile géographe et historien, s* en mesloient, mais présentement M. Cousin les fait luy seul, il ne trouve ps^ bon de mettre vostre pièce ^ rpoins que vostre nom n*y soit. Carie sujet dppt vous traités est up peu su et vostre noin est assez célèbre pour y attirer de l'attention. Ma Philosophie des académiciens ne va pp^ à si grand pas que je souhait^roisi ; s'y j'étois aussi heureux en librairie que plusieurs autres, vous vairriez bientost inon systhème achevé. Je joindrai à la présente lettre une table nouvellement ipiprimée, qui contient les mattières d'un volun^e achevé des Dissertations ; pour ce qui est de ma Logique des académiciens je ne scaurois vous l'envoyer, car je n'en ay presque plus d'exemplaires ; elle a esté imprimée à Dijon en l'aimée 1674. J'espère qu'on voui$ enverra bientost une édition nouvelle bien plqs correcte et bien plus aqaple ; j'ay cpramencé le 2* volume de mes DisserfationSf en fesant imprinaer le 1" livre contenant l'histoire des académies ; je vous en envoyé un exemplaire en attendit que le reste soit achevé. Pour ce qui est de l'essence de la matière, il y a longtemps que je me suis déclaré sur ce point dans ma critique, et ailleurs où je prétends que l'on se trompe de prétendre que toute étendue soit matérielle. Je suis bien aise de "^oir que vous
DE immz. 83.
vous accordez avec moy en ce point M. Lantin est fort joyeux quand il apprend de vo3 nouvelles, il travaille à l'arithmétique de Diophante, ej il nous donne ce que Ton peut appeler l'algèbre des anciens.
Pour ce qui est de son histoire du plaisir et de la douleur, j« ne sçais quand elle paroistra; il m'a fait espérer qu'il sefoit bientôt )iJ3re de sa charge qu'il va remettre à M. son fils, après qijoy }1 aura plus dft temps pour s'adonner aux let|ires, *yous aurej peut^ estre vu une préface qu'il a ^.djoutép k i|n livre pogthuipe des plantes ^e M, de Spnofnaise- Je n'^y encor pu le voir ; elle a esté imprimée en Holande : Eœtrema in iderp, rçcid^n(; c'est upp maxime dont M. Lantin fait bien de l'estime et qui est de plu« profonde pénétratjop qu'jl ne paroist d'^fford. Ejjp e§^ vraye du nioins en plusieurs c}îose§ : on ne fait plus dç conférence à Paris. Celle de M. 4'Haumor)t avoiept été transférées chez M. de Bignon, mais (Jepuis qiie ce monsieur est premier président au grandi conseij elles ne se font pas. Pourtapt quelque^ un§ s'a§* semblent à la bibliothèque du roy pour çqnféfei? touchant les médaille^. MM. Pelissop, ^acfpe, D'Espréaux travaillent à l'hi^toirp du roy. M- Jh^: venot m'a dit que si vous étiez à Paris on vous reccvroit de l'Académie royale des scienpe^ ; JQ VpucÎFpîs
Sk LETTRES
que vous tenssiez la place de M. Hugens. M. Tabbé Galois est principal du collège royal.
Je suis, etc.
De Paris, le M décembre 1691.
J'ay attendu jusqu'à cet heure, Monsieur, afin de vous donner des nouvelles de M. Lantin ; mais parce quMl tarde un peu trop à faire réponse , je suis obligé de vous prévenir par ce mot , de peur que vous ne me blâmiez d'être trop paresseux à vous répondre. Votre problème de la chaisne pendante de Galilée sera inséré dans le premier journal. Le père de Malbranche vous fait ses civilitez. Il a souhaité de voir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, sçavoir vostre dernière. Il dit qu'il est de môme sentiment que vous sur la manière d'agir de la nature, par des changements infiniment petits et jamais par saut. Pour moy je vous avoue que j'en doute encor, car je crains que cela ne revienne à l'argument des pyrrhonniens, qui foisoient marcher la tortue aussi vite qu'Achile ; car toutes les grandeurs pouvant être divisées à l'infini, il n'y en a
(1) Inédit. L'original autograptie est conservé dans la bibtiohèqitte de Hannover.
D£ LBIBNIZ. 85
point de si petite dans laquelle on ne puisse concevoir une infinité de divisions que l'on n'épuisera jamais, d'où il s'ensuit que ces mouvemente se doivent faire tout à coup, par rapport à de certains indivisibles physiques et non pas mathématiques. Si vous pouviez rompre la barrière qui est entre la physique et la métaphysique par vostre problème, comme vous avez pensé, je vous en scaurois bon gré ; car le plus d'uniformité que l'on trouve dans les objets est le meilleur. L'art de mesurer les lignes courbes est beau, si on le scait conduire à la perfection, et même il est nouveau. M. Des Cartes n'est pas si blasmable d'en avoir douté que s'il avoit cru l'avoir avec présomption. M. Osannan dit qu'il est vray que vous lui avez donné l'ouverture de sa quadrature du cercle; mais il se plaint de ce qu'ayant esté trop lentà découvrir ce que vous en scavez, vous lui avez donné lieu de faire là-dessus ses méditations, et d'en trouver ce qu'il en a trouvé, de sorte qu'il prétend avoir droit, aussi bien que vous, à cette découverte ; mais avec tout cela, je voudrois qu'il vous eust nommé. Je n'aurois pas cru que vous eussiez esté contreversiste. Monsieur; mais je viens de voir un imprimé qui contient quelques unes de vos lettres, auxquelles M. Pélisson a fait réponse. Je ne toucheray point cette matière, parce qu'elle ne doit point
86 LETTllBS
estre inenéë k moitié ; je dii-ôiâ èeuleihént que Vouà pkêèet pour un homme qui écrit bien en fratiçois, et ptitit celftj*etii»uiâ persuadé cotiimë lès aùtresôt eticore pluâ : le IJrdblème etclrefna in idem recidunt eât bon étl quelque choâe, mais il ti'eu faut tiret* âilbahecoii- Ééquencë pour ce qui regarde la divinité, car où il y tt dé rinfini Ifes idées peuvent esthe changées et nous «e dommeàpftd capables de comprendre les jJroprîétez fies éstres qui ftoHt plus parfaite qufe le hôàtrê, t)arce que toutes nos idées feônt des façonâ d'festre de nos ftttleô; héantmoifas,la feiippositiôti d'une Vitesse iilfinie dàtis les tiointéi d'un cercle en mouvement, me semble ettfermer quelque absurdité^ car qui dit vitesse dit fluféej et qui dit durée dit Un tettlà fini àbni les tnottlelitë he sdul point lotit ensemble. Il H'àtjjîaHietit qd'à Tôtemité tfestre totaèimUl, auàsî l'idée de l'estre ne conf iendrâ jamiis avec l'idée dii néàut; ÏI semble que Platoii ait apprufbhdi celte pensée dans son Sopkikt&i i)è enté) et dans son PurméAidè.
Enfm, qutty qu'il eh soit; il faut estre assliré que i'bïi ne peut tirer que de bôtmes côhséqueiîceS dé la vérité 5 et fcDihnil! il y A quelque véHté étërhelle, il doit aussi f avttir de certaines diStîtlfclidhs îrtirtluâblés et essentielles , qui coiltiénheht des diltérëhces nécessaires ; Dr, parce que la première de toutes les différences est celle de l'estre et du néant, Il s*ensuit
qu'elle éÈi immuable et que jamais le néant ne se confondra avec l'estre, nî Testre avec le néant. On ne fait polfat de table dans le journal suivant l'ordre des livres dont il y est parlé, mais seulement suivant Tordre alphabétique. Je vous en envoyé une, à quoy je joyns le second livre de ma philosophie des Aca- . démiciens , dans lequel il est traité des premiers principes de la première philosophie. Une tient pas à tnoy que vous n'ayez la suite ; mais vous scavez, monsieur, les difficultés qu'il y a à faire des livres, Surtout en ce lieu où les libraires ne veulent rien entreprendre. Je suis étonné de ce que l'auteur des Actes de Lypsick. ne voit point les journaux de France. Nous voudrions bien voir icy ceux de flolahde , îrlaife cela ne se peut. J'en ay vu quelques uns dd Lypsick , dans lesquels l'on parle de vous honorablement. M. Thévenot est fasché de ce que Vous ne nous avez pas fait part de vostte méchaniqUe, que vous avez laissée à Florence. M. d'Avranché à fait nouvellement un livre de la situation du Paradis Terrestre : c'est un in-douze fort rempli d'érudition à sa manière. M, du Hamél, qui est aussi vostre ami, a composé une théologie entière en sept volumes. M. de Louvegastrin gouverne à cet heure l'Académie des sciences. On y a reçu trois personnes, entr'autres un habile pour.la science des plantes qui
s*appelle M. Tournefor, comme aussi pour la chimie. Je souhaiterois que vous y vinssiez tenir la place de M. Hugens. Je vous suis, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur.
Je vous remercie, monsieur, de vostre lettre et de vostre présent. Je lis avec plaisir ce que vous nous donnez sur les académiciens. Je suisde vostre avisqu*il seroit bon de chercher des preuves de toutes les vérités importantes qui se peuvent prouver. Ce n'est pas que cela soit absolument nécessaire , ni qu'il faille qu'on s'arreste jusqu'à ce qu'on puisse prouver tous les principes par les premiers. Car si les géomètres avoient voulu attendre à chercher les solutions des problèmes et les démonstrations, jusqu'à ce qu'ils eussent rencontré les premiers principes (ils n'eussent rien fait). Cependant je vous invite à expliquer en cela vostre sentiment, de peur que ceux qui ne l'entendent pas assez, ne s'imaginent mal à propos que les académiciens se sont opposés au progrès des sciences.
(1) Eavoyé avec modifications au Journal des savants, (Voy. Journ. des savants^ 2 juin 1692.)
M. Des Cartes ne me semble pas avoir eu assez de soin de bien établir ses axiomes, lui qui a commencé néanmoins par le doute raisonnable , dans lequel vous académiciens, faisoient profession d'entrer d'abord.
On sçait d'ailleurs que Proclus, et même Appolonius, avoient déjà eu quelque dessein de travailler à la preuve des axiomes. Mais ceux qui aiment à entrer dans le détail des sciences, méprisent les recherches abstraites et générales ; et ceux qui approfondissent les principes, entrent rarement dans les particularités. Pour moi j'estime également l'un et l'autre.
Mon axiome , que la nature n'agit jamais par saut , est d'un grand usage dans la physique. Il détruit les atomes, les petits repos, les globules du second élément, et les autres semblables chimères. Il rectifie les loix du mouvement. Ne craignez point, monsieur, la tortue que les pirrhoniens faisoient aller aussi vite qu'Achille. Vous avez raison de dire que toutes les grandeurs peuvent être divisées à l'infini. II n'y en a point de si petite, dans laquelle on ne puisse concevoir une infinité de divisions que l'on n'épuisera jamais. Mais je ne vois pas quel mal il en arrive, ou quel besoin il y a de les épuiser. Un espace divisible sans fin se passe dans un tems
90 LÊttABd
aussi divisible sans flfi. Je ne conçois point dMndivisibleâ physiques sâtià miracle , et je crois que la nature peut réduire les corps à la petitesse que là géométrie peut considérer.
M. Ozannam ne disconviendra pas que jfe ne lui aye donné les premières vues dte la qUadtature du cercle, dont nous avons parlé lui, et moi, et j6 lui en auroid comtnuiliqué ma démonstration s'il me TàVolt demandée. Il aVouëra aussi que je suis le preinler qui lui ai montré l'usage des équations locales poul* les constructions ; dont il fut ravi. Il en a fait un fott bel uAage, coname je vois par son dictionnaire. 11 est vrai que cet usage des équations locales li*êst pas de mon irivehtidn, je Tàvois apptiâ dé M. Sluiftiuâ;
Il y ft quelque temps que j'eus une vue â son avantage i c'est le projet dé certaines tables analytiques od de Spécieuse fondées sui* les cdttibihaifcons qui, si elles étoiertt faites, seroient d'un secours merveilleux en analyse et en géométrie , et dans tôUle* lés mathématiques, et pousseroiënt l'analyse à une {Perfection au delà des borneâ présentes. Elles serviroient dans la géométrie profonde autant que le* tâbleâ anciènnéè deè sinuâ êervent dans la trigonométrie. Et comme M, Osannam est uil des hommes du monde qui a le plus de facilité et de practique
DÉ LÉiBNiz. 91
ptJiif le calcul ôrdihalté dé lAé|)éCleuse, j'atrbis pëilèé tju'une chbse slûêéi Utile qute cellfe-lâ se pourvoit faire par Sôti riioVèii;
La 1-aisôri cjuî tue fit laisser à Florence utl brouillon d'Urié nouvelle écieticis de dynârdique, e»t qu'il y élit un àbi qui ôe chatgeâ de le débrouiller, et de le riiéttré au net, fet ttiéiné de le faire publier. Il tie tient qu'à moi qu'il ne paroisse, je n'ai tju'à y envoyer la fin. Mètiâ toutes les fdi§ que j'y penêe, il îfne Vifertt une foule de hôUVeautës qué je n'ai pas eticoré teti le Ittifeif de digérer.
Ltes eipresâioUè Semblables à fcet axiôrtié, tci^miM fn idefà recidunt^ vont un peu trop loin ; comme Idrâqu'ôti dit que l'infini est une sphère dont le Centre est partoilt, et la circôtiférence nulle part, il ne faut pas les prendre à la tiguelirî héanmditlà elles ne laissent pas d'avoir un usage particulier pour l'invention, à peu près comme les imaginaires de l'algèbre. C'est ainsi que l'on conçoit la parabole comme une ellipse à foyer inflniitlent élcJigné ; et par là on maintient une certaine universalité dans les énonciations des coniques. Le calcul nous mène quelquefois â Tinfinî sans y pélisér. On pourroitdonc ainsi cbhclute qu'au moins, en cas de prétendue vitesse infinie, chaque point du cercle seroit toujours au même endroit ; quoiqu'âprés tout, Uiîfe
92 LBTTRBS
vitesse infinie soit impossible aussi bien qu*un cercle infini. Avec tout cela ce cercle infini peut avoir encore son usage, en calculant ; car si l'analyse me faisoit voir que le rayon du cercle demandé dans le plan donné est infini, je conclurrpis que le plan entier du cercle demandé est le lieu qu'on cherche. Ainsi si je ne trouvois pas ce que je cherche, sçavoir un cercle qu'on demande, je trouverois au moins ce que je devois chercher, sçavoir que le lieu demandé est le plan demandé, et qu'il n'y a point de tel cercle dans ce plan. De sorte que voilkomniama sanis; et l'analyse tire des utilités réelles des expressions imaginaires. C'est de quoi j'ai des exemples très importants. Il est vrai que des vérités on ne conclud que des vérités ; mais il y a des certaines faussetés qui sont utiles pour trouver la vérité.
De Paris, aoust 1693.
J'ay fait voir votre dernière lettre à plusieurs de vos amis, et ils m'en ont tous demandé une copie ;
(1) Inédit. L'original autographe est conservé dans la bibliothèque de Hannover.
DE LBIBNIZ. 93
de sorte que j'ay cru ne pouvoir mieux faire que d'en donner un extrait au journal auquel je répondray sur trois objets sur le sujet des académiciens, sur vostre axiome : Natura non agit saltatim^ et sur cet autre : Eœtrema in idem recidunl. Cependant je puis vous assurer que Ton a une grande estime pour tout ce qui vient de vous et que si Ton m'écoute sur ce sujet, on l'augmentera encore. M. l'abbé Galois m'a promis qu'il vous feroît présent de tous les mémoires de l'Académie, qui sont imprimez jusqu'à cet heure. Je vous avois fait une espèce de liste de tous les membres de cette illustre compagnie, qui ne laisse pas dans ce tems cy mesme de florir autant que jamais, et je vous l'enverrois, si je n'avois aprisde M. du Hamel, vostre ancien ami, que l'on travailloit à faire l'histoire de l'Académie royale de France ; de sorte que dans peu de tems vous aurez non seulement les noms des académiciens, dont vous connoissez dis-je la plus grande partie, mais encore un détail de tous leurs ouvrages. Cependant, monsieur, souffrez que je vous témoigne le déplaisir que j'ay de ce que vous avez déclaré dans une de vos lettres à M. Pelisson qui est imprimée, que vous n'estiez pas de cet Académie ; c'est vous en donner vous mesme l'exclusion : au lieu que si vous n'aviez pas ainsi affirmé sur ce sujet et que vous eussiez
esté en cela plus sceptique, ou auroit contiuué la pensée où l'on estoit que vous aviez part à cette compagnie de meçme que I^!. Thyrnaoug vostfe ami, Pour moy, je n'ay point trouvé çiucuq moyen ^^ vQus excuser là-dessus, si non de dirp que yous entendiez cela, comme si vous aviei; youlij| (lire que vous n'en estiez pas à la manièrp dp ceux qi^ sont gage?; pour y ^gsister régulièrement. Il faut donp vous accorder le titre d'académicien honoraire et il n'y a pas un de ces messieurs qui ne voqs le 4pn«et d'autant plus qu'il vous pstoit desjà. acquis du tpm§ de M. de Colbert, et qu'il ne ^'agiçsoit plu§ po|jf lors que d'acl^ever entièrempi^t de vou3 mettre sv|r le catalogue avec la perrpjssjon de M, de Pqntcharr train. M. Thévenot n'est plus h h bjj^liothèque du roy et il s'est retiré à son particulier. Je crois que vous le scavez à cet heure. % Clémei]!; qui est encor un fie vos amis est maii^teuant en ^a plape. Je jqindray aux mémoires de l'Apacjéfnie, deux fpuill^g nouvellement imprimées de ip^ façoi). Elles pQptie):}r nent le 3* Livre de^ Dissertations $uf l<i philosophie des académiciens . Vous y trouverez une réponse §ur leur manière de philosopher, qui n'pbjjgeoij P3^, comiqe on à coijtume de dire, h doijter de iQy^\^ choses, mais seulement dçs propositions pon 4émonstratives. J'ay a};s§i promis quelquei^ ^i^joqjps
que l'on peut î^ttribuer aux académicien^. Vous avez cela dans une 3' partie de mon apologie. Le 1" axiome est : Judicium veritatù non estin sensibus; le 3*, Non opinaturumes^e sapi^tem^ et le 3* F^rf^a non dant conceptm sed supponunt. Mais , mopiieur, il n'est pa§ bon que je nj' attache à prquyer des axiomeg détachez. |1 faut former un système. Je consens quç Ton démontre tant qwe l'on voudra les secondes véritez, en les réduisant dans lei^rs principes immédiats, mais cela n'empêche pas qu'il ne faille uns foi§ pour le moins, fi.ller depui§ les derniers principe^ jusqu'aux premier^ et vice versa.
Vqstre sentiment de l'essence de la matière qui n'eçt point l'estendue, a esté mis dans le journal de l'année passée , peu de temps après que youii me l'avez envoyé et il »'est trouvé un homme qui y ^ répondu. Je puis vou3 dire en un mot qu'il me semble qu'il suppose ce qui e^t en question, car il 39 fonde sur cette proposition : tout corps, quelque in* différent qu'on le suppose au mouvement et au repoii doit tou3Jours retarder cejuy qui le chocque. Or, il est question de scavqir s'il ne peut donner une matière qui soit de soy-me§me indifférente au repos et au mouvement. Je suis de vostre avis que l'essence de la matière ne con3iste pa3 dans Testendûe , et c'est ce que j'ai prouvé dans ma critiqpe de \^ re-
cherche de la vérité et dans mes réponses c^u autres dissertations.
M." Tabbé Galois vous fait présent des huit premiers mémoires de TAcadémie ; il me les a donné aujourd'huy pour vous, et je vais les mettre entre les mains de M, de Brosseau pour vous les faire tenir. J'y joindray une nouvelle explication de la quadrature du cercle, ou du moins une nouvelle tentative. Comme vous avés travaillé sur cette matière, vous serez bien aise de voir le progrès que Ton fait ou que Ton pense faire là dessus. M. Osannam vous baise les mains; il m'a donné un problème pour vous, je le mets icy tel qu'il me l'a donné. Je vous fais aussi les civilités du P. Malbranche, de M. l'abbé du Hamel, de M. Foinard, de M. le président Cousin. M. l'abbé Nicaise n'est plus à Paris. Je n'ay point vu vostre Dinamique; on m'a promis de me la faire voir. M. l'abbé Galois m'a assuré qu'il en parleroit dans un de ses mémoires , mais comme ce ne peut estre qu'après ces vacances, si vous avez quelque chose à luy faire scavoir là dessus, vous pourrez luy écrire, il loge à cet heure au collège Royal, où M. de Roberual a enseigné*. Il est principal de ce collège : il y a une fort belle bibliothèque. Il me témoigne aussi bien de l'estime pour vous et voudroit vous eh donner des marques
encor plus considérables que celles de vous faire part de ses mémoires. Si vous avez quelque chose à communiquer à Messieurs de l'Académie, il suffit de luy envoyer cela ; il en parlera dans ses mémoires.
Pour ce qui est de cet amy, qui demande un livre de Raymond Lulle, vous me dispenserez, monsieur, de savoir son entêtement, car il n'y a point d'anaitié qui puisse prévaloir à celle que l'on doit avoir pour la vérité et la religion, amicits usque adoras. M. Ménage est mort depuis peu et a donné sa bibliothèque aux jésuittes. M. Lantin me promet un spicilegium sur Diogène Laerte. Nous avons une petite contestation dans les journaux, luy et moy, sur la question de scavoir si Carneades l'académicien a esté du tems d'Épicure. Il va bientôt se deiFaire de sa charge, car il aura plus de tems pour philosopher, et se réjouit extrêmement d'apprendre de vos bonnes nouvelles ; mais le tems n'y est pas favorable, silent leges inter arma.
Je suis^ monsieur, vostre très humble et très obéis-sant serviteur,
FOUCDER,
98 LBTTRBS
17 octobre 1692.
MONSIfiUA,
Je remercie très humblement M. l'abbé GpaUois(2) des mémoires de l'Académie royal, aussi bien que de toutes ses autres bontés qui passent mes mérites, je profiterai de vostre avis à son égard. Il y a des méprises dans le récit de l'invention du phosfore, je say les choses d'original ; j'envoyeray un récit seur si on lèvent bien. Je ne dis pas cela pour choquer M. Homberg (3) , pour lequel j'ay bien de Testime, mais je ne voudrois pourtant pas qu'on trouvât à redire, avec raison, aux mémoires d'une compagnie si illustre, et si M. Homberg a esté abusé là dedans par le rapport d'autruy , cela lui fera aussi peu de tort qu'à M. l'abbé Gallois luy-même.
Je n'avois garde de penser qu'on songeoit à m'accorder une place honoraire dans l'Académie que je n'aurois osé prétendre, et si j'avois dit, en écrivant à M. Pelisson, que j'estois de l'Académie, on auroit eu sujet de se moquer de moy. Cependant je vous avoue, monsieur, que si j'avois sçu que M. Pelisson,
(1) Inédit. L'original autographe est conservé dans la bibliothèque de Hannover : elle est sur une petite feuille courte.
(2) Il y a une correspondance scientifique de Leibniz avec Tabbé Gallois, membre de l'Académie française.
(3) Homberg, savant distingué. Y. Éloges de Fmienelle. Lewenhoeck.
DS lElBMZ. 9d
prévenu par la bonté qu'il a pour moy, Irouveroit dans les lettres que je luy écrivois quelque chose qu'il youdroit joindre à ses excellens ouvrages, ut pannum purpureum^ je me serois bien gardé d'entrer dans le détail des choses qui me touchent, qui paroistra affecté â ceux qui ne voyent pas les Occasions que la suite des lettres avoît fournies. Ainsi je né songêoîs à rien moins qu*à voir ces choses publiées jusqu'au moment que j'en agréeai l'impression.
Je vous remercie aussi bien fort de vostre continuation de la philosophie des académiciens , et je feuis ravi de voir que vous leur prestes des interprétations raisonnables. Le meilleur seroif de réduire tout aux premières vérités { niais en attendant il sera tousjours bon de prendre les secondes qu*on attrape en chemin.
L'auteur qui répond à mon argument contre retendue prise pour l'essence de la matière, m^accorde Ce que je veux sans y penser : il avoue que détendue est indifférente au mouvement et au repos , et que pour expliquer l'inertie de la matière, if faut employer autre chose , scavoîr la force. Je m'étonne souvent que des personnes d'esprit, et qui méprisent Aristote, s'éloignent tellement de la logique eitraisonnant. . -
Mes baisemftina surtout à M. Lantin.
100 LBTTAES
Paris, 12 mara 1698»
Je crois, monsieur, que vous serez content de ce quefai dit dans mon troisième livre des dissertations sur la philosophie des académiciens, au sujet du doute général qu'on leur attribue vulgairement ; car non seulement, j*ai prouvé dans ce livre que les académiciens n*ont pas douté de toutes choses, mais encore qu'ils avoient des dogmes ; et c'est ce que j'ai montré par le témoignage de Philon, duquel Gicéron parle ainsi : « Negarat duas academias esse, erro- » remque eorum qui ita putarunt coarguiU » C'est encore ce que j'ai montré par un fragment de Clitomaque, où il est dit que l'on se trompe d'attribuer aux académiciens d'avoir douté des sensations : « Yehementer errare eos qui dicunt ab academicis » sensus eripi, a quibus nusquam dictum sit, aut colo^ » ren), aut saporem, aut sonum nuUum esse : sed, etc.» Outre cela, on voit aussi par le même fragment que les académiciens ne doutoient point de ce qui étoit
(1) Un extrait de cette lettre a paru dans le Journal des savants, 16 mars 1693» et a été réimprimé dans Datens, t. TI, p. i, p. 2^0. Outre les Tariantes du commencement, toute la fin de cette lettre, à partir des mots: « Voilà, monsieur, ce que j'ay donné pour in- » sérer dans le Journal des savants^ » est inédite.
DIS LEIBMZ. , 101
connu immédiatement ou aperceu par lui-même : Propterea quod nihil falsi cognitum et perceptum esse possiL D*où il s'ensuit que ce qui est connu immédiatement ou aperçu est toujours vrai, et ne doit point être révoqué en doute; et c'est ce que ces philosophes ont reconnu.
Outre cela j'ai fait voir que les académiciens n'ayant rien écrit, on en juge vulgairement sur le rapport de leurs adversaires, qui étoient les stoïciens, qui avoient coutume de dire que ces philosophes renvw*soient toutes les sciences en refusant le témoignage des sens, pour juger de la vérité des choses qui sont Jiors de nous.
Quant à ce qui regarde cet axiome^ Natura non agit saltatinif je vous avoue, monsieur, que j'aurois eu peine à concevoir là dessus votre sentiment s'il ne m'étoit tombé entre les mains deux traités, l'un De molu abstractOy et l'autre De motu concreto ^ que vous avez adressés aux deux plus fameuses académies de l'Europe. Il n'est pas nécessaire de vous dire ici combien j'estime ces traités, et quel a été le plaisir que j'ai eu d'y voir en très peu d'étendue de riches explications des plus considérables phénomènes de la nature. Mais cependant j'avoue que je ne comprends pas comment vous admettez des di* visibles et des indivisibles tout ensemble : car cela
103 , iBTTRES
iiedouble lu difficitllé et m résout point la question, Un dfet, pour ajuster les parties du tems avec eeiles de l'espace que les mobiles parcourent, il faut que rindivi^ibilité ou U divisibilité aâ rencontrent de Pftrt et d'uutre* Car si un instant t par exemple, étant supposé indivisible , correspond néanmoins à un point qui peut être divisé, U première partie de 9ç point sera pt^rcourûQ lorsque. Tinstant ne «era encore passé qu'& demi; et gela posé» il faudra bien que cet instant soit divisible, puisqu'il sera passé h moitié, »v»nt que son autre partie le soit. La même ohose se dira au sujet d'un point indivisible par rap* port à un instant qui peut être partagé. Mais d*autrè part, li l'on suppose que les points et lés instants .soient également indivisibles on ne pourra résoudre la difficulté des sceptiques, ni montrer cominent Achille pourrait aller plus vite qu'une tortue.
Lea ipatanta et les points sont divisibles en puis^ s^Qce, dirft'^t^Qn ; mais ils ne sont pas actuellement divisé^en toutes leurs pitrties possibles ; et cela posé^ ep un même instant, un grand point et un petit sont parcourus. Je le veux ; mais cela étant ainsi^ la nature agira par saut s car il se fera un transport momentané d^une extrémité d*un point à Tautre. Et eèia est contraire h votre axiome, bien loin de résou-^ drc la difficulté.
D£ LBIBNIZ. 105
Cet autre axiome, Extrema in idem recidunt^ n'empêche pas que l'on reconnoisse Texistence de rinfmi actuel ; mais seulement il peut servir à conclure que cet infini est incompréhensible à Tesprit humain, et que nous n'en avons point d'idées positives, non plus que du néant. Ces deux extrémités nous passent ; et ce n'est pas sans raison que Platon a dit que le philosophe se perd dans la contempla* tion de l'Etre, de même que le sophiste dans celle du néant, l'un étant ébloui de la trop grande lumière de son objet, et l'autre étant aveuglé par les ténèbres du sien. C'est suivant cette pensée qu'on lit dans le livre qui est attribué à saint Denis, que l'être souverain est au-dessus de toute conception humaine ; et cela revient à ces paroles de saint Paul : Lucem habitat inaccessibilem. Avec tout cela nous nous sommes toujours obligé de recourir à l'être infini, non seulement pour trouver la cause des prodiges et des miracles, mais encore, vous le recon* noissez fort bien, pour rendre raison des loix du mouvement et des actions réciproques des esprits sur les corps, aussi bien que des corps sur les esprits. Et après tout comment seroit-il possible qu'aucune chose existât, si l'être môme, ipsum esse, n'avoit l'existence. Mais bien au contraire, ne pourroit-on pas dire avec beaucoup plus de raison, qu'il n'y a
que lui qui existe véritablement, les êtres particuliers n'ayant rien de permanent ? Semper generantur et numqiuim sunt.
Voilà, monsieur, ce que j'ai cru devoir vous répondre en peu de mots au sujet des axiomes dont je viens de parler. Pour ce qui est d'en établir quelques uns par avance, avant que de travailler à la philosophie des académiciens, c'est une chose dont vous trouverez bon que je me dispense, si vous ne considérez que ce n'étoit point là leur méthode. Ils traitoient des questions par ordre, et suivoient toujours le fil des vérités par lequel ils se conduisoient pour sortir du labyrinthe de l'ignorance humaine.
Voilà, monsieur, ce que j'ay donné pour insérer dans le journal des scavans. Je crois que vous n'en seriez point fâché, car quoyque je dise que la difficulté ne m'en paroisse pas être résolue, ce n'est que pour vous donner l'idée de s'expliquer davantage. Je n'ay point encore vu votre dynamique. On m'a dit qu'elle estoit enfermée parmi lés papiers de M. Thévenot, sous le scellé. M. l'abbé du Hamel me fait voir une espèce de mémoire où vous parlez des tors des principes du mouvement par raport au sentimens du P. Malebranche et de M. l'abbé Catelan. Vous m'aviez dit dans cet écrit, que l'on doit recourir à la sagesse éternelle, c'est une chose dont
je demeure tf accord avec vous, car je crois aussi que toutes choses ont été faittes et le sont actuellement par le Verbe divin. Vous aurez fort bien raporté un trait de Platon, et à mon gré vous Tavez . fort bien tourné : Anpotesi aliquidexire afoniePlatonico quod non sit divinum ; c'est ce que je dis avec saint Augustin et je voudrois dire de moy mesme : jin potest exire aliquid a fonte Leibnizio quod non sit prœclarum, J*ay rendu vostre lettre àM. le président Cousin, qui a corrigé dans un de ses journaux ce que vous avez souhaité qu'il corrigeast. Je croyois faire un voyage en province, quand je vous ay écrit ma dernière lettre. C'est pour cela que je vous ay prié d'envoyer vostre réponse à M, Pelisson ou à M. l'abbé Galois. Je suis fâché de la mort de M. Pelisson. J'aurois envie de le connoistre à cause de vous. M. le conseiller Lantin est toujours bien aise d'apprendre vos nouvelles, et il redouble tous les jours l'estime qu'il a pour vous. Je voudrois .bien que nous nous vissions quelque jour ensemble comme nous nous sommes vus luy et moy avec le P, de Malbranche. M. l'abbé Bignon a commencé d'establir une nouvelle Académie, nommée l'Académie des arts. On en espère un grand succès. Il y a le mesme apointement qu'à l'Académie des sciences. C'étoit là le dessein de M, de Colbert. On nommoit aussi
nu commencement TAcadémie de la bibliothèque du roy, Académie des sciences et des arts. Il seroit à propos que ces deux Académies fussent réunies, car ceux qui sont bons pour Texécution et sont grands autheurs, ne sont pas quelquefois ceux qui inven^ tent le plus facilement. Il faut joindre la théorie à la pratique. Je ne scais, monsieur, si vous avez fait réflection sur les trois axiomes que j'ay prononces dans mon Apologie des académiciens. Je les ay prouvez ou démontrez par avance comme par estât, parce que ces, axiomes sont des ouvertures pour en» trer dans la philosophie des Académies. Le premier est : Judicium veritatis non est in sensibtAS; le se» oond : Non opinaturum esse sapientem ; le troisième : Ferba non daM coneeptus sed suppmunt. Je crois que vous en conviendrez avec moy, et si les sens nous font connoistre quelque vérité, ce n'est que de la part de nos dispositions intérieures ou façons d^estrc touchant quoy ils ne nous trompent jamais, car comme dit Clitomaque 2 Nihil percepti cognitigtt$ fàlsumesse potest, ce qui doit s'entendre pour [une connoissance immédiate], car quand on connoîst par quelque milieu on peut se tromper et à proprement parler on neponnoist pas mais on conjecture ; et Ton infère. Je vous prie de me conserver Thonheur dé vostre amitié. J'aîJ>ién sujet de louer rbonesteté de
M. de Brosseau et il me fera la faveur de me rendre la vostre.
Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Foucher.
. Au do6 de cette lettre est écrit de la main de l,eibnia.
Extrait de ma réponse,
Jç suis bien aise que vous approuvés ce que j'ay dit de la sagesse divine : j'ay trouvé que bien loin de négliger les causes finales en physique, on lea peut employer utilement et faire des découverleau Et c'est par là que je rends raison dans les Actes de Lypsick des loix de la réfraction et réflexion, ce qu'un Anglois nommé Molineux (1) a fort approuvé dans un ouvrage publié depuis peu sur la dioptrique. Ce n'est pag qu'il ne vaudroit mieux d'en scavoir la cause efficiente, mais il est plus difficile de la pénétrer.
Vos trois axiomes me paroissent bons pourveu qu'on les entende comme il faut. On peut douter s'il est vray : Non opinaturum esse sapientem. Mais je crois que le sens est qu'on ne doit pas prendre
(i) William M^lyuevx, de PtibUii (165M698« nioptriBa mva. Lotul. 1692.
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une opinion pour des vérités. Car du reste on a raison d'estimer les degrés de probabilité et de suivre en pratique ce qui a le plus d'apparence de raison : Judicium veritatis non est in sensibus doit encor estre bien entendu ; il est vray que nous avons des sentimens, mais les sens seuls ne scauroient faire connoistre l'existence des choses hors de nous. Le troisième axiome paroist sans difficulté ; néanmoins il a encor besoin d'explication : Ferba non dant conceptus^ sed supponunt. C'est à peu près comme dans les caractères des nombres, ils nous donnent moyen de trouver ce que nous ne trouverions pas sans eux. Mais il est vray qu'il faut toujours supposer leur signification.
De Paris, le 30 mars 1693.
Monsieur ,
Une de vos lettres que vous m'aviez écrite a esté
perdue , et c'est celle que vous aviez addressée à
feu M. Pelisson. J'ay pourtant vu un fragment entre
les mains de M. l'abbé du Hamel (2) , où vous rap-
(i) Inédit. L'original autographe est conservé dans la bibliothèque de Hannover.
(•i) Jean-Baptiste du Hamel, de Vire (162/i-f 1706), de TOratolre, membre de TAcadémie des sciences, De consensu veteris et novœ philosophiœf lib. VI. Paris, 1663, in-6.
portez un trait de Socrate, tiré de Platon, et où vous répondez au P* Malebranche et à M. Tabbé Gatelan. Vos deux petites pièces ont esté insérées dans le journal , sçavoir celle que vous avez envoyée à M, l'abbé Nîcaise (1), lequel m'a écrit de Dijon, me priant d'en parler à M, le président Cousin, ce que j'ay fait, et elle a esté insérée dans un journal après avoir esté gardée six mois. Cette pièce contientvostre jugement des ouvrages de M. Des Cartes, Vous m'en avez écrit une encor dans vostre dernière, et je suis bien aise de cç qu'elle n'a point esté perdue. Je vous By répondu dans le journal du 17 mars de cette année, sur vos axiomes de physique et sur le doute universel qu'on attribue faussement aux académiciens. Si vous souhaitez me répondre làdessus et faire mettre vostre réponse dans le journal, je vous offre pour cela mon service. Cela se fera fidèlement. Je voudrois avancer ma philosophie des académiciens , mais le tems est peu favorable aux libraires, à cause qu'ils ne scauroient avoir commerce dans les pays étrangers. Au reste la philoso-. phie, qui est asseurément le genre d'étude le plus important et le meilleur, n'a pas tant d'aprobateùrs
(1) Claude Nicaise, de Dijon (1623—1701). Voy. Fragments de M. Cousin, 18 letlres de Leibniz et de l'abbé Nicaise. M. Cousin en a omis quelques unes qui forment le complément de celle corres» pondance.
110 LITTRES^
en cette ville que les belles-lettres et la polimatie* Les Meniagiana viennent de paroistre, et on en espère bientôt un second volume. Quand vous me faites l'honneur de m'écrire , monsieur , écrivez jie vous prie à vostre manière ordinaire» car je lis fort bien vostre écriture, laquelle enferme beaucoup en peu de place; je Taime mieux que de gros caractères en lettres d*or. Je n'ay point encor vu la critique de la vie de M. Des Cartes, écrite par M. Baillet. Je crois que vous avez lu le livre de M. d' Avranches, intitulé Mémoires pour servir à l'histoire du Cartésianisme (4 )• C'est un dialogue addressé à M. Régis ; il ne contient que cinq feuilles au plus assurément 11 est écrit d'une manière adroite et pleine d'esprit; mais je ne voudrois pas qu'elle tournasse la philosophie en ridicule, et je ne pense pas que l'auteur regarde autrement ce livre que comme un roman ingénieux. On en pourroit faire une infinité de cette manière, et pour dire vray, il n'y a rien qu'on ne puisse tourner en ridicule parce que dans le monde il y a des esprits de toutes sortes de caractères. Vous vous accordez assez avec M. d'Avranches au sujet des ouvrages de M. Des Cartes, et je demeure d'accord avec vous que
(1) ATotlv^îaUir mémoires pout servir à ^histoire du Cartésia-* niaméy 1692, brochure in-16 publiée avec les initiales pseudôûymes M. 0. de TA.
DIS LEIBNIZ. m
sa métaphysique se contredit, et néanmoins j^avoue avec vous et avec plusieurs personnes d'esprit qu'on est obligé à ce grand homme de ce qu'il a mis les esprits en meilleur train qu'ils n'estoient pour philosopher.
Je suis, monsieur, votre très humble et très obéis sant serviteur, Foughbr»
• Je n'ay point voslre Dynamique. Il vaut mtetut envoyer des imprimés que des manuscrits, car les imprimez se peuvent communiquer h plusieurs personnes et sont deffendus par quelques uns.
De Paris, le 38 avril 1 699»
Je vous suis fort obligé de ce que vous vous souvenez de moy, nonobstant le silence que j*ay gardé si longtemps. La mort de M. le conseiller Lantin, nostre ami, est assurément une grande perte pour les gens de lettres, et surtout pour les philosophes. 11 vous estimoit extrêmement et avecque raison. Jamais je n'ay vu une plus grande érudition que la
(1) Inédit. LViginal autograplie est conservé dans la biblio* tbèqne de Hannover.